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Full text of "Pratique des accouchemens; ou, Mémoires, et observations choisies, sur les points les plus importans de l'art"

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PRATIQUE 

DES 

AGCOUCHEMENS, 



MEMOIRES ET OBSERVATIONS (CHOISIES* 

■■..'• "* 

si'K n-:s POINTS les plus impopta^-^ t%t: f'm'.t . * 

» 

PAR M-' LACHAPELLE. ; 

. K' FJIMM6 KS CHRF DK tA MAISON D ACCOOCHEBI^T D£ PABI> » 



V», 



PUBLIES 

Par Antoine DUGES , son nev^o , 
Docteur en médeciae , 
rofessîenrJd'accouchement à lafacalto de médecin'- 
de MontpelUer, 

Lfs exc-ople» persuadent bicu inirui qiie lfâ,,-i npli- 
raÎMDnempns, cl rex|iiri(iire Junm' h p'rffii ri:i ; 
lous les aflà. (Mi'i 



TOME PREMIER. 



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k PARIS, 



« 

9 

CHEZ J.-B. EAILLIÈRE, LIBRAIRE, | 

RLL DE l.'ÉCOLF. DE MEDECINE, s' I +. * 

1821. * 

» 

9 



1 



RAS 

noraie est écrite d'un style pur et 
c'ie'gant. Ce fut vers ce temps que 
Rasori conçut le projet de fonder un 
nouveau système de médecine. Tout 
en blâmant Brown, il prit pour base 
la doctrine des deux diathèses sténi- 
que et asténique de cet écrivain ( V. 
Brown , au Supplément ). Voici , en 
peu de mois, l'esprit de la doctrine 
rasorienne , ou du conlro-stimolo , 
dont celle de M. Broussais semble 
tirer son origine. Sur cent maladies 
qui affligent l'espèce humaine , il en 
est au moins quatre-vingt-quinze qui 
dépendent d'une cause slimulanle , 
tandis qu'il en est à peine cinq qui se 
rapportent à une cause déj|ililantc. 
Mais ces causes , qui produisent un 
état qu'on nomme diathèse sténique 
ou asténique, peuvent avoir divers 
degrés d'intensité : pour les combat- 
tre, il faut employer des moyens con- 
tre- stimulants dans le premier cas , 
et stimulants dans le second , divisant 
ainsi la matière médicale en deux clas- 
ses. Cest ce que firent Rasori et Bor- 
da de Pavie, dans leurs leçons de 
thérapeutique : dans la première 
classe , étaient placés l'opium , le 
quina , le musc , le camphre, l'al- 

kool , le froid , etc ; et dans la 

seconde , tous les remèdes tirés du 
règne minéral , tels que l'antimoine 
et ses préparations, les acides nitri- 
que, sulfurique, prussique, l'arsenic, 
le mercure , etc. ; la plupart des vé- 
gétaux, et surtout des poisons, com- 
me la ciguë , l'aconit , le laurier- 
cerise, la bella-dona; ainsi du reste. 
L'emploi de ces remèdes doit être 
dirigé à des doses capables de cora- 
Ijatlre et dedétrnire la dialhèse mor- 
hifique (i); ainsi , par exemple , le 



(i) CVsireiiormité inusilce à lafunllc les contra- 
sllnmlistfs poiliMit ((uflfiuifois le» doses <lis rcmè- 
<li'.s les |>liis actii's , rjiii a surtout cunlribus à décrier 
liur système. 

xxxvii. 



RAS wj * 

tartre émétique , réputé contre -sti- 
mulant, est prescrit à doses progres- 
sives, jusqu'à ce que, produisant des 
évacuations , il annonce que le ma- 
lade ne peut en supporter une dose 
plus forte , et que la diathèse est 
vaincue; alors on prescrit le remède 
à doses décroissantes. Quant aux 
symptômes nombreux qui compli- 
quent les maladies, le médecin con- 
îre-stimuliste n'y attache aucune im- 
portance , n'ayant égard qu'au seul 
degré de la diathèse , et ne s'atta- 
chant qu'à combattre celle-ci par des 
remèdes qu'il juge propices. C'est le 
contraria contrariiscuranliir.WuQit 
pas difficile de voir combien peut être 
nuisible un tel système , et à quelles 
erreurs funestes il conduirait. Cepen- 
dant , il trouva en Italie un grand 
nombre de prosélytes parmi les jeu- 
nes gens ; mais il eut un plus grand 
nombre encore d'adversaires chez les 
praticiens. Parmi ses partisans , on 
distingua les professeurs Borda de 
Pavie , Brera de Padoue , et Toma- 
sini de Bologne :ilsn'adoptèrent pour- 
tant le système de Rasori qu'en lui 
faisant subir de grandes modifica- 
tions , dont la principale fut de créer 
une nouvelle diathèse, intermédiaire 
des deux autres , qu'ils nommèrent 
irrilaliva. Ils créèrent aussi pour 
celle diathèse une troisième classe de 
reinèdes appelés calmants , et d'au- 
tres assoupissants. C'étaient les tor~ 
penli de Darwin. Le professeur To- 
masini a encore élaboré ce système, 
et l'a , pour ainsi dire , recréé sous 
une nouvelle forme, qu'il prétend 
lui avoir été enlevée par le profes- 
seur Broussais de Paris : adhuc sub 
judice lis est ; ce qui prouve le peu 
de solidité de ces systèmes, et les 
erreurs funestes qu'ds peuvent faire 
commettre aux jeunes médecirs. Ce 
n'est au surplus qu'une pure rap- 
8 ♦ 



r» 



PRATIQUE 



DES 



ACCOUCHEMENS. 



TOME 1. 




DE L'IMPRIMERIE DE FEUGUERAY, 

BUE DU CLpÎTRE SAIMT-BEMOIT , K». 4* 



PRATIQUE 

DES # 

ACCOUCHEMENS, 

ou 

MÉMOIRES, ET OBSERVATIONS CHOISIES, 

SUR LES POINTS LES PLUS IMPORTANS DE l'aRT ; 

Par ^r LACHAPELLE, 

SAGE-FEMME EN CHEF DE LA MAISON d' ACCOUCHEMENT 

SE paris; 

Publiés par Ant. DUGÈS , son neveu, Docteur en Médecine, 
Agrégé près la Faculté de Médecine de Paris. 



Les exemples persuadent bien mieux que les simples 
raisonnemens , et l'expérience donne la perfection à 
tous les arts. ( Mauriceau , tome ii , Préface. ) 



TOME PREMIER. 



A PARIS, 



CHEZ J.-B. BAILLIÈRE, LIBRAIRE, 

RUE DE L'ÉCOLE-DE-lvrÉDECINE, N° l\. 
1821. 



AVIS DE L'ÉDITEUR. 



VJET ouvrage aurait dû, peut-être, paraître 
sous le nom seul de madame Lachapelle , 
puisqu'il lui appartient tout entier 5 mais ses 
occupations multipliées ne lui permettant 
pas de donner ses soins à sa publication , elle 
m'a chargé de tous ces menus détails , et 
m'a permis pour récompense de rapprocher 
mon nom du sien. Ce rapprochement ne doit 
donc point inquiéter le lecteur : c'est madame 
Lachapelle seule qu'il va entendre. 

Si 5 parfois, elle m'a adjoint à ses travaux 
en me confiant la rédaction de quelques ob- 
servations 5 si elle a accueilli quelques déve- 
loppemens qui me semblaient utiles , n'est-ce 
pas également là son ouvrage. C'est à elle , 
et je saisis l'occasion de m'en glorifier, c'est 
à elle que je dois toute mon instruction théo- 
rique et pratique. C'est dans ses leçons , et 
plus encore dans ses conversations , ou dan3 
les opérations dont elle m'a rendu témoin , 
que j'ai puisé toutes mes connaissances dans 
l'art des accouchemens. Elle m'a transmis ; 



YJ AVIS DE L ÉDITEUR. 

comme un bien de famille , les excellens 
principes qu'elle avait reçus de sa mère (i) : 
elle me les a transmis avec tout l'accroisse- 
ment 5 tout le perfectionnement que leur de- 
vaient donner sa longue expérience et ses 
lumières naturelles. 

Dans ce volume , madame Lachapelle a 
rassemblé la plupart des points sur lesquels 
ses opinions sont le plus différentes de celles 
qu'on a généralement aujourd'hui. Ces diffé- 
rences sont surtout relatives au nombre des 
positions du fœtus, aux indications qu'elles 
présentent , etc. C'est donc là-dessus qu'elle 
a cru devoir baser son travail. Le plan qu'elle 
a suivi lui a permis d'entrer dans des consi- 
dérations assez étendues sur Taccouchement 



(i) Madame Dugès, mon aïeule, fut pendant vingt- 
cinq ans sage-femme en chef de l'Hôtel-Dieu. Madame 
Lachapelle lui a succédé immédiatement. Son habileté et 
son zèle dans l'exercice de ses fonctions ont été assez 
reconnus pour lui avoir mérité une pension sur la cassette 
du Roi. Sollier de la Romillaie , autrefois médecin à 
l'Hôtel-Dicu , s'est plu à rendre à son dévouement pour 
les malades toute la justice qui lui était due. C'est ce 
qu'on peut voir dans le Mémoire qu'il lut en 1782 à la 
Faculté de Médecine, et qui avait pour objet la maladie 
des femmes en couches ditej^èi^re puerpérale. 



AVIS r>E L ED ITEU Tv. VIJ 

naturel et sur la manière d'opérer dans les 
divers cas qui requièrent l'emploi de la main 
ou des instrumens, choses de première im- 
portance. 

Quant aux observations particulières, cha- 
cune est suivie de réflexions the'oriques et 
pratiques 5 c'est en quelque sorte une leçon 
clinique f et toutes ensemble composent un 
cours pratique d'accouchemens. 

Relativement à sa nomenclature des posi- 
tions, une crainte est survenue à madamie 
Lachapelle pendant l'impression des dernières 
feuilles : elle croit n'avoir pas assez fait enten- 
dre que les variétés n'en font pas partie essen- 
tielle ( c<î qui la rendrait trop compliquée ) ; 
que ces variétés ne sont, pour ainsi dire, 
qu'un commentaire abrégé, et qu'enfm ce 
commentaire serait également applicable à la 
nomenclature de Baudelocque, et qu'il néces- 
siterait même des développemens plus éten- 
dus. Elle craint aussi qu'on ne prenne le 
change sur quelques expressions dont elle 
s'est souvent servie. Ainsi, toutes les fois que 
la partie présentée par le fœtus est accompa- 
gnée des épithètes de transversale , antéro" 
postérieure , horizontale ^ inclinée y etc. , 



Vii] AVIS DE l'Éditeur.' 

ces mots n'ont point un sens absolu ^ mais 
relatif au plan du détroit pelvien avec le- 
quel la partie est en contact. Par conséquent 
la face transversale et horizontale au détroit 
supérieur , c'est la face dont le plan est 
parallèle à celui du détroit , et dont le 
grand diamètre est étendu d'un ilium à 
l'autre. 

Ce n'est là qu'une partie des matériaux 
qu'a recueillis madame Lachapelle \ c'est un 
essai auquel elle donnera une suite assez éten- 
due , si , comme il est probable , le public 
accueille favorablement cette épreuve. Les 
opinions d'une personne qui a vu Qifait 
autant qu'elle , obtiendront , j'en suis per- 
suadé , la considération qu'elles méritent. A 
part toute considération personnelle , la 
source oii ont été puisés ces faits et ces pré- 
ceptes , suffirait seule pour les rendre recom- 
inandables. Nulle institution analogue ne 
peut , dans toute l'Europe , rivaliser avec la. 
Maison d'Accouchement de Paris, 

Cette maison , qui , grâces aux soins de 
M. Chaptal , de M. Camus ; grâces à la 
bienveillance paternelle de M. Camet de 
Labonnardière, est devenue une des écoles 



AVIS DE l'Éditeur. ix 

les plus Lrillantes 5 cette maison, clis-je, 
reçoit tous les jours de nouveaux perfection- 
nemens , principalement dûs au zèle infati- 
gable et à l'active philanthropie de M. Pe- 
ligot. 

Combien je me félicite , pour mon propre 
compte , de la position ou m'ont place les 
circonstances ! Pouvais -je être à meilleure 
école ? C'est de cette source précieuse que 
j'ai tiré toutes mes connaissances sur les ma- 
ladies des enfans nouveau-nés , et sur celles 
des femimes en couches , comme aussi sur les 
accouchemens. 

Si je ne suivais que l'impulsion de ma 
reconnaissance , je rassemblerais dans un 
même tribut d'actions de grâces et les noms 
des administrateurs à qui j'ai dû cette faveur, 
et ceux des maîtres dont j'ai recueilli les 
préceptes et suivi la pratique. Les noms si 
connus de MM. de Labonnardière et Pé- 
ligot j ceux de MM. Chaussier et Dubois , dès 
long-temps immortalisés , n'ont pas besoin da 
mes éloges. Mais puisque je les ai prononcés, 
je me fais un devoir d'y adjoindre celui de 
M. Valdruche , agent de surveillance de la 
Maison d'Accouchement. Ce n'est pas à itioi 



X AVIS DE l'Éditeur." 

qu'il appartient de vanter son zèle pour le 
blendes pauvres^ son intégrité, son acti- 
vité bienfaisante ; je dois me borner à lui té- 
moigner ma gratitude pour toutes les mar- 
ques d'amitié dont je lui suis redevable. 



CORRECTIONS INDISPENSABLES. 



Page 93 , ligne 10 : qnand on vent fait sortir ; lisez ; qaand on vent 
faire sortir. 

— 122 , — 10 et II : à ne pas désespérer , à ne pas recourir j lisez : 

de ne pas , etc. 

— 373, — 16 : ainsi je ne me détermine 5 lisez : aussi je ne me 

dc'termine. 

— 3o2 , — 6 : de la cavité des viscères j lisez : de la cavité du 

viscère. 

— 3S8 , — 13 : à ce sujet , dans Delamotte , etc. j lisez : à ce sujet , 

voyez dans Delamotte , etc. 

— 4o3 , note : ne descend jamais j lisez : ne descend presque 

jamais. 
■~" 4^9 , — 3 : il y a cinq ans ; lisez ; quatre ^s. 



li~^ir^...t^,^.^T •.L.^i:i.. ■. ■■■ll-B'MJ'LJ.Hi ,' J). '^aJWBl 



PRATIQUE 

DES ACCOUCHEMENS. 

INTRODUCTION. 

\fuoiQUE cet ouvrage soit spécialement 
destiné à mes élèves j qiioi(jiie je ne le re- 
garde que comme un recueil de conseils 
appuyés sur l'expérience et destinés à per- 
fectionner leurs études , cependant peut-être 
attirera -t-il d'autres regards que les leurs ; 
peut-être les résultats d'une longue pratique 
obtiendront-ils quelque considération de la 
part de personnes étrangères à notre école : 
c'est cette pensée qui m'engage à tracer ici 
une légère esquisse de son organisation. 

Depuis un temps immémorial , la ville de 
Paris n'offrait pour tout asile au femmes en 
couches qu'une chétive salie de l'Hôtel-Dieu; 
une sage-femme en chef et cinq à six élèves 
dont les études n'avaient que trois mois de 
durée , sufûsaient niai au nombre des aç- 



2 INTRODUCTION. 

coucliemens qui s'y opéraient. Le local ëlait 
plus insul'fisant encore ; les femmes y étaient 
entassées, et couchaient d'ordinaire plusieurs 
ensemble dans un seul lit. Ces inconvéniens 
étaient trop graves pour ne point éveiller la 
sollicitude du Gouvernement. 

La Convention nationale se détermina, en 
1797 ( ^^ 4)5 ^ former une maison parti- 
culièrement destinée aux femmes en cou- 
ches. 

J'étais alorsadjointeà mamère, sage-femme 
en chef de l'Hôtel-Dieu , et je fus chargée de 
diriger le service de la nouvelle institution , 
jusqu'à ce qu'enfin tout arrangement et tout 
déménagement fût terminé. Réuniealors à ma 
mère, elle approuva la plupart des disposi- 
tions que j'avais établies , et c'est de concert 
avec elle que j'agrandis depuis le plan que 
j'avais tracé. Le nombre des élèves sages- 
femmes alla toujours en augmentant (i) , 
comme aussi celui des accouchemens (2], 



(i) Il est maintenant de cent vingt à cent trente par an. 

(2) F^ojez la table éiiumérative. Depuis la dernière 
époque dont cette table fasse mention , l'accroissement 
a coiilinué. Je donnerai par la suite le relevé des années 



INTRODUCTION. 5 

C'est à M. Chaptal , alors irJnislre , que 
uous dûmes cet accroissement, ainsi que 
Fomanisation de notre école. M. Baude- 

o 

locque fut alors nommé professeur ; il per- 
fectionna notre ouvrage ; son estime et son 
amitié pour moi lui acquirent à jamais la 
reconnaissance et l'affection la plus sin- 
cère. 

M. Dubois, dont le nom seul a tout dit, 
a conservé Tordre adopté par son prédéces- 
seur, et c'est celui que nous allons ex- 
poser. 

Les élèves sages-femmes admises à l'école 
d'accouchement doivent y servir au soula- 
gement des malades autant qu elles doivent 
s'occuper de leur propre instruction : tel est 
en effet le premier bat d'un hospice. Cette 

ultérieures; je joius ici seulement quelques déiftils sur 
celui de l'année i8i6, qui tient le milieu entre répoç[up 
susdite et l'année actuelle ; savoir : 
2422 accouchemens , dont 
23B6 naturels , ou spontanés 3 
36 artificiels , dont 
25 manuels , et - 
II teimints par le forceps. 
L'année 1819 i^<^"s a donné 2887 accoucLemens. 



4 introduction:! 

nécessite les force à une étude pratique à la- 
quelle elles doivent surtout la supériorité que 
ne peuvent leur disputer les élèves d'aucune 
autre école. Toutes doivent passer à l'hospice 
une année entière ^ et un quart environ d'en- 
tre elles double volontairement l'année , et 
sert alors à diriger les nouvelles venues. 

Art. P"". Instruction pratique. Les élèves 
nouvellement arrivées sont séparées en autant 
de groupes ou de divisions qu'il reste d'an- 
ciennes élèves qui doivent doubler leurs cours. 
Celles-ci dirigent la division qui leur est 
conliée , assistent aux accouchemens simples, 
et indiquent à leurs compagnes les particu- 
larités du toucher , etc. 

i*'. Les femmes qui arrivent du dehors 
sont d'abord touchées par la sage-femme en 
chef, qui les admet ou les renvoie ( on les 
reçoit au terme de huit mois ) ; elles le sont 
ensuite par une division d'élèves. 

i"". Les accouchemens simples sont tous 
faits par les élèves , en présence de la divi- 
sion et sous la direction de Xancienjie qui lui 
sert de chef. Chaque élève soigHe pendant sa 
couche la femme qu'elle a délivrée. A la 



INTRODUCTION.' 5 

moindre difficulté, la sage-femme en chef est 
avertie. L'accouchement exige-t-il les instru- 
mens , c'est elle-même qui l'opère ; est-il 
difficile , quoique la main seule suffise , c'est 
encore elle qui s'en charge j mais les accou- 
chemens manuels faciles sont terminés, sous 
ses yeux ^ par une des anciennes , en sorte 
que presque toutes ont , avant la fin de leur 
deuxième année , Jait un accouchement 
contre nature. 

Les cas très-compliqués , très-épineux , 
ceux qui exigent l'instrument tranchant 
requièrent la présence du professeur. 

3". Que l'accouchement ait été facile ou 
non f les suites peuvent en être défavo- 
rahles. 

La péritonite règne trop souvent dans nos 
salles , et une foule d'auti'es maladies peuvent 
frapper les femmes en couches. C'est alors 
que, transportées à \ infirmerie^ elles sont 
livrées à l'expérience consommée et à la vaste 
érudition du professeur Chaussier , médecin 
en chef. Sous ses yeux , plusieurs élèves 
sages-femmes notent , jour par jour et avec 
la plus scrupuleuse exactitude , les symptô-: 



6 I jVTRO D U C T I O W. 

mes , les périodes , la terminaison des mala- 
dies , l'effet des iiiédicamens , etc. ^ elles s'ac- 
coutaiiient ainsi à reconnaître le danger, à 
le ^ i ; cnir , et sinon à le combattre , du 
moins à réclamer à temps les secours de la 
médecine. 

Art. II. Instruction théorique, La partie 
essentielle , la partie la plus exploitée, a trait, 
on le pense bien , à L'art des accouchemens 
proprement dit. 

Trois fois par semaine le professeur leur 
en explique la théorie. Tous les jours une 
leçon leur est donnée par la sage-femme en 
chef, et îouslos jours aussi une jeune personne 
(mademoiselle Hucherard) imbue depuisliuit 
ans des principes de son art et décorée du titre 
d élève principale, leur en fait une semblable, 
et les exerce sur le mannequin à la manœuvre 
et au maniement des instrumens (i). 

Parmi les anciennes , celles qui ont le plus 
de facilité à s'énoncer et d'aptitude à s'ins- 



(i) M. Paul Dubois , que radminisiralîon vient d'ad- 
joindre à son père, répète chacune des leçons données 
par le proi'essear. Nouveau surcroit d'inslruciioa. 



INTRODUCTION. 7 

truire, sont chargées de faire aux nouvelles, 
distribuées comme pour la pratique , les 
répétitions des leçons du professeur , de la 
sage-femme en chef et de Fëlève princi- 
pale. 

Ce système se rapproche beaucoup de 
l'enseignement mutuel , et il en a tous les 
avantages. 

Les répétitrices , il est vrai , ne sont pas 
exemptes d'erreurs •, mais ces erreurs sont 
bientôt rectifiées par le livre de Baudelocque 
qu'elles ont entre les mains , et ces mêmes 
répétitrices mettent bien mieux les objets à 
la portée de leurs compagnes , que ne peut 
le faire un professeur parlant de son estrade 
à cent vingt élèves. 

Malgré tant de soins pour la partie prin- 
cipale , les accessoires ne sont pourtant pas 
négligés. Sous la direction du médecin en 
chef, le pharmacien développe aux élèves 
les principes généraux de la botanique , et 
leur fait connaître les plantes et les drogues 
les plus importantes. De la même manière , 
l'élève en médecine attaché à l'hospice fait 
quelques démonstrations sur l'anatomie gêné- 



8 INTRODUCTION. 

raie , sur celle des viscères , sur les princi- 
pales fonctions, sur les muscles de l'abdomen, 
et enfin sur la vaccine et la saignée. Pour ces 
deux opérations , on ne se borne pas à des 
leçons théoriques -, les élèves saignent et vac- 
cinent autant de fois que l'occasion s'en pré- 
sente 5 mais toujours devant l'élève en méde- 
cine. 

Tels sont les moyens d'instruction offerts 
aux élèves sages-femmes j une administration 
prudente y a joint des encouragemens utiles. 
A la lin de chaque année scolaire , on donne 
au concours plusieurs prix relatifs à l'art des 
accouchemens , et dont le premier est un« 
médaille d'or *, on donne aussi des prix rela- 
tifs à la vigilance clinique , à l'observation 
des malades , et enlin à l'étude de la bota- 
nique et de la vaccine. 

D'après ces détails , on concevra sans 
peine d'où provient la considération dont 
jouiesent généralem-. ntles sages-femmes sor- 
ties de notre école *, on concevra aussi com- 
bien un tel établissement est précieux , quel 
vaste champ il offre à l'étude et de quelle 
utilité il peut être pour accélérer le perfec- 



INTRODUCTION.' 9 

tionnement de notre art. Les observations 
rassemblées dans cet ouvrage seront , je l'es- 
père , une preuve de ce que j'avance. Les 
tableaux qui suivent les Mémoires pourront 
donner une idée de la masse de faits dans 
laquelle ces observations ontètë choisies, de 
la masse de faits sur laquelle sont basées les 
assertions et les préceptes généraux que j'é- 
nonce en plusieurs endroits. 

Ces tableaux embrassent un espace de 
près de neuf années et un nombre de 1 5,652 
naissances. J'aurais pu établir les mêmes 
calculs sur un nombre plus considérable, sur 
un laps d'années plus étendu -, mais neuf ans 
m'ont paru suffire pour donner des résultats 
généraux à-peu-près sûrs. Une plus grande 
quantité d'accouchemens n'aurait fait que 
rendre les comparaisons et les proportions 
moins claires et moins faciles (i). 

(i) Si cependant quelques personnes désirent des ù \, 
plus nombreux, elles seront satisfaites dans un prochain 
■volume. Elles y trouveront les mênnes calculs établis sut- 
dix années écoulées depuis 1811 jusqu'à 1821. Elles 
pourraient, en attendant, consulter les tableaux que j'ai 
fournis à M. Baudelocque et à M. Camus ^ Rapport sur 
les liôpitaux^ fructidor an 1 1). Ces derniers comprennent 



10 INTRODUCTION". 

Dans le premier tableau , ou table ënu- 
nie'rative , on trouvera , mois par mois , 
année par année , le dénombrement des 
15,652 naissances j on pourra y remarquer 
l'accroissement graduel du total de chaque 
année , comparer la quantité produite par 
chaque mois, chaque saison ; enfin , observer 
le rapport proportionnel des grossesses dou- 
bles ou triples aux simples , des enfans mâles 
aux femelles , des vivans aux morts et aux 
putréfiés 5 etc. 

Le deuxième tableau offrira le nombre des 
positions de chaque région et leurs propor- 
tions numériques. On y remarquera la fré- 
quence des positions du vertex {\l) , de la 
première en particulier [tc] , la rareté de 

un espace de cinq ans et demi , et ont ppur objet "yiSy 
naissances. En consultant ces tableaux, on poutra s'éton- 
ner ci'y rencontrer quelques-unes de ces positions que j'ai 
dit n'avoir jamais observées. Léo cas qui ont donné lieu à 
celle contradiction apparente ont tous été offerts par des 
enfans retenus au-dessus du détroit supérieur par une 
cause quelconque; on sait qu'on en est alors fort souvent 
réduit à des conjectures : aussi depuis long-t» inps je ne 
regarde plus comme positions réel'esque celles où bipartie 
présentée par l'eufani est engagée dans le détroit supé- 
rieur, oudumoios appuyée fixement sur sa circonférence. 



INTRODUCTION. Il 

celle des genoux. Enfin , on n'y trouvera 
aucune position du dos , des lombes , du 
devant du thorax et de Tabdomen , du col , 
des côtés , etc. Une des cases renferme les 
positions indéterminées , et celles-là apjiar- 
tiennent aux accouchemens qui se sont faits 
avant l'arrivée des femmes à l'hospice ; car 
nous y recevons sans difficulté les femmes 
en couches mal portantes. 

Dans le troisième tableau, j'ai rassemblé 
en divers groupes les 1 5,65 2 accouchemens 
d'après leur mode de terminaison. 

Ce rapprochement donne la facilité de 
comparer , d'une part , la fréquence relative 
des accouchemens spontanés et des artifi- 
ciels (i), tant en général que dans chaque 
position en particulier ; et d'autre part l'in- 
fluence de chaque mode de terminaison sur 
la vie des enfans. 



(i) On y trouvera 2^2 accouchemens artiflciels, sur un 

^^l de 1 5,652 accouchemens. M. Osiander comptait 

'^S pratique 4oo accouchemens artificiels sur un total 

^ / Voyez Schweighaeuser , Archives de Tait des 

"y^e^i5^ t. II, pag. 29.) La différence est assez 

marq - v ^'épargner tout cooimentaire. 



. 4F 



12 I N T H O I) U C T I O X. 

Dans les accoucîiemens spontanés , on n'a 
précise la proportion des enfans vivans aux 
morts que pour les positions rares ou d'un 
pronostic épineux. Quant aux plus simples 
et aux plus fréquentes , cette proportion étant 
purement éventuelle et indépendante de la 
position même , il était inutile de donner des 
proportions rigoureuses. 

Le litre seul de cet ouvrage indique assez 
sa composition. C'est un recueil d'observa- 
tions groupées et rassemblées en fascicules ; 
chaque fascicule est précédé de considéra- 
tions théoriques et pratiques , désignées sous 
le nom de Mémoires. Ces considérations 
générales doivent être regardées comme un 
résultat , conmie un résumé des faits consi- 
gnés dans les observations. Du rapproche- 
ment et de la comparaison des faits particu- 
liers naissent nécessairement des conclusions 
générales : il m'a paru utile de les rassembler 
ainsi en Mémoires, 

Dans un ouvrage de pure pratique J^^ 
importe Tordre qu'on suit, pourvri"^^^ 
réunisse tous les faits analogues, ''^ ^" 
faciliter la comparaison. Le prés' ^^cueit 



INTUOnUCTlOlV. l5 

sera composé de Mémoires et d'Observations 
sur les positions en général , et sur celles du 
verlex et de la face en particulier (i). Les 
nombreuses observations que je possède sur 
les autres positions du fœtus, ^ur les obsta- 
cles à son expulsion , les accidens , les ma- 
ladies qui doivent attirer l'attention des ac- 
coucheurs , etc. , ces observations prendront 
place dans un ou deux recueils subscquens. 

Je dois dire un mot aussi de la table ana- 
lytique qui termine ce volume ; peut-être la 
irouvera-t-on trop détaillée : c'est en cela que 
consiste , à mon avis , son utilité ; je la re- 
garde comme un résumé dans lequel on 
trouvera d'un coiip-d'œil les choses les plus 
importantes. Elle pourra aussi servir à indi- 



(i) Je me suis peu attachée à suivie rigounusement 
dans l'ordre des Mémoires ma classificalion des positions , 
parce que ces iVlémoires sont tout-à-fait indépendans les 
uns des autres. J'ai , d'ailleurs , ptéféré donner d'abord 
mes opinions sur les accouchemens p?r la face. C'est sur 
ce point qu'elles diflèrent le plus de l'opinion générale, 
et je désire , avant d'aller plus loin , obseï ver quels juge- 
mens le public portera sur ces diUéiences. J"ai eu encore 
quelques autres raisons pour rejeiei plus loin les positions 
des fesses. ( Voyez 3^ Mémoire. ) 



1^ 1 N T KODUCTI OTN". 

quer plus succinctement le pian et l'ordre 
que f ai suivis. C'est surtout pour les obser- 
vations particulières qu'elle offrira un grand 
avantage , en représentant en quelques mots 
leurs faits les plus remarquables. 



r MÉMOIRE, 



COMP REWANT 



L ENUMÉUATION , LE DIAGNOSTIC, LE PRONOSTIC^ 
LES IIYDICATIONS , ClC. 

DES POSITIONS DU FOETUS , 

Et l'Exposition générale des principaux proce'dés 
ope'ratoires. 



r MEMOIRE. 



^ Positions du fœtus en général. 

Par ce mot position du fœtus , on entend géné- 
ralement aujourd'hui la situation particulière de 
la partie que présente le foetus à l'orifice de l'u- 
térus, ou mieux au détroit abdominal du bassin. 

Antoine Petit est le premier qui ait consacré ce 
mot dans l'art des accouchemens , en déterminant 
l'acception que nous lui donnons aujourd'hui. C'est 
d'après lui aussi que nous devons à Solayrès et à 
Baudelocque la classification complète et régulière 
des nombreuses positions maintenant adoptées. 
Cette classification, bonne en elle-même dans un 
ouvrage dogmatique, ne serait pas sans Jnconvé- 
nieas dans un ouvrage de pure pratique : nous ver- 
rons dans un instant combien peu elle s'accorderait 
avec les résultats de l'expérience. Telle est la raison 
qui m'a engagée à traiter en général des positions 
du fœtus avant de passer à aucun détail sur cha- 
cune en particulier. 

ConsidératioTis générales. 

Elles seront relatives^ i'' au nombre et à la fré- 
quence, 2° à la fixité des positions, 3° à leur dia-. 
gnostic, 4° à leur prognostic_, 5" aux indications 
qu'elles présentent et aux moyens de les remplir. 



îiS PRATIQUE t)ES ACCOUClIEMENSd 

ARTICLE PREMIER. 

Nombre et Fréquence. 

§ î<=^ Bawdelocque, en développant le plan tracé 
par Solayrès, a singulièrement multiplié les posi- 
tions, et les ouvrages qui ont paru après lui, presque 
tous fondés sur de pures spéculations théoriques , 
l'ont imité sous ce rapport comme sous tant d'au- 
tres. Baudelocque, cependant , avait fini par sen- 
tir lui-même l'inconvénient de cette multiplicité. 
Long-temps il fut retenu par un respect outré 
pour l'œuvre de Solayrès , et peut-être par une 
complaisance paternelle pour un cadre et une di- 
vision qu'il avait perfectionnés et qu'il avait en- 
seignés publiquement pendant longues années» 
Cependant , s'il n'eût été enlevé par une mort 
qu'accélérèrent les trames de l'envie, je crois forte- 
ment qu'il se serait décidé à réduire et à simpli- 
fier sa classification. 

En effet , pareille complication n'a pas seule- 
ment l'inconvénient de surcharger la mémoire des 
élèves ; elle leur fait voir ou attendre dans leur 
pratique des choses qui n'ont jamais existé ; elle 
peut , par cela même , les tromper dans leur dia- 
gnostic, et, qui pis est, dans leurs procédés opé- 
ratoires, jusqu'au temps, du moins, où l'expé- 
rience leur a appris à distinguer le certain de l'hy- 
pothétique. . 

Comparez le nombre des positions établies et 



]PREMlEtlîHÉiM[OtilÉ. tQ 

^Rstatées par une pratique journalière et par une 
multitude de faits incontestables; comparez-la, 
dis-je, avec cette foule de positions indiquées dans 
les ouvrages de théorie : quelle énorme différence 
n'apercevez- vous, pas au premier coup-d'œil ! Sur 
les 94 positions admises par Baudelocque, il n'en 
est que 22 dont trente années de pratique m'aient 
confirmé l'existence. Je puis assurer n'avoir ja- 
mais rencontré aucune position du col ni du troat 
proprement dit (i). 



(1) Presque »ous les auteurs parient de ces posilionS; vaaiê 
presque tous semblent s'être uniquement copiés à ce sujet. A 
peine en Irouve-t-on quelques exemples dans les recueils 
d'observations; il n'y en a pas un dans celui deMauriceau, 
■un seule et bien vague dans celui d'Aœand. Peu ( page 4^6 ) 
parle des difficulte's qu'il a e'prouvées quand les mains et les 
pieds se présentaient avec le ventre : ce n'est pas là une posi- 
tion de l'abdomen. Smellie (t. îi , pag. 553) dit vaguement 
qu'il a reconnu la poilrine à l'orifice de la matrice , et qu'il y 
a ramené le vcrtex : il y a , si je ne me trompe , bien du 
louche dans cette histoire. 

Delamotte et Portai sont les seuls , à ma connaissance, qui 
parlent d'une manière bien positive de quelques-unes de ces 
positions. Deux fois Delamotte a trouvé le devant du col ; 
mais un des deux cas (obs. i5i ) est évidemment une posi- 
tion imparfaite de la face. Quant à l'autre, elle lui a causé 
une telle surprise , qu'il craint d'être soupçonné de mensonge 
( obs. i5o ). Il assure aussi avoir senti une fois la nuque et le 
haut du dos ( obs. 277 ) ; et une autre fois l'abdomen (obs. sg^ji 
cette dernière est bien vague. Portai cite deux enfanS dont il 
a senti les lombes et l'épine du dos; tuais la chose ait si peu 



ZO PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

Un seul fœlus a présente directement la région 
dorsale ou détroit supérieur , et quelques autres 



delaillce , qu'on pourrait regarder le fait comme une position 
imparfaite des fesses. Il ne. s'explique guère sur les présenta- 
tions du ven're, dont il apporte trois ou quatre exemples. Ce- 
pendant , dans l'un d'eux, l'enfant se préieclait , dil-il, en 
double. Je ferai remarquer , à ce sujet , que souvent la pré- 
sence d'une partie mollasse , telle que les fesses , accompagnée 
du cordon ombilical, a pu en imposer et faire croire à la 
présence de l'abdomen. C'est le jugement que je porte des 
deux observations de Viardel ; car il n'en donne pour signe 
que l'issue du cordon ombilical, qu'il appelle souvent, commrj 
tous les anciens accoucheurs , le nomhrilei V ombilic (p. 169 
et 3.63). Portai parle aussi d'une position de la partie posté- 
rieure des côtes : sans doute l'épaule était là. 

Deux accoucheurs plus modernes, Smellie (pi. xxxiii ) et 
Burton ( pi. XIII , fig. 2) ont donné d'assez bonnes figures de 
l'attilude du fœtus dans la prétendue position de l'abdomen. 
Un coup-d'œil jeté sur ces figures fait sentir l'impossibilité 
du fait. L'enfant peut-il se ployer en double, en arrière, 
comme l'avance Portai ? Burton n'a donné cette figure que 
pour faire reconnaître l'absurdité d'une telle opinion ', mais il 
admet une autre présentation de l'abdomen (pi. xiv, fig. i ) 
qui n'est pas moins invraisemblable. Il semble qu'il ait attri- 
bué à l'abdomen certaines positions des genoux Irès-écartés 
l'un de l'autre, et laissant tomber entre eux une anse du cordon 
ombilical. Les raisons qu'il donne (t. 1*% pag. 807) contre la 
position généralement admise,, sont tout aussi bonnes et aussi 
valables contre la sienne propre : cependant c'est celle-là que 
Baudelocque paraît avoir adoptée, sans doute sur parole , car 
Je ne lui ai jamais entendu dire qu'il eût rien trouvé de sem- 
blable dans sa pratique. 



PU EMI E R MEMO I RE. 21 

ont pu offrir l'abdomen , les côte's ou les lombes; 
mais tous e'taient des avortons àgës au plus de six 
mois , et on sent combien sont faibles les induc- 
tions qu'on voudrait tirer de pareils faits. Nous 
avons vu une fois dans un cadavre le fœtus fort 
petit et tout entier au-dessus du détroit supérieur , 
offrir au-dessus de Torifice ute'rin la re'gion lom- 
baire. Le col de la matrice n'était point dilaté, 
et il est indubitable que sa dilatation aurait favo- 
risé et produit la descente et la présentation des 
fesses. J'ai trouvé quelques positions du verlex où 
l'occiput se rapprochait beaucoup du centre du 
bassin ; d'autres où le pariétal occupait ce centre 
même. J'ai touché très-distinctement la poitrine 
dans la plupart des cas où l'épaule s'avançait la 
première ; j'ai pu toucher les lombes ou les han- 
ches ou le bas de l'abdomen dans certaines posi- 
tions des fesses; mais il aurait fallu être bien in- 
fatué des préjugés et des systèmes théoriques pour 
trouver là la poitrine ou le dos, l'abdomen ou les 
lombes, la nuque ou l'oreille, etc. 

Peut-être trouvera-t-on beaucoup de hardiesse 
de ma part à annuler ainsi des principes reçus ; 
peut-être croira-l-on me faire grâce encore en 
attribuant tout au hasard, qui a éloigné de mon 
observation ce qu'il a soumis à d'autres. Je me bor- 
nerai alors à témoigner mon étonnement d'un ha- 
sard aussi singulier, et, sans plus ample commen- 
taire , je me contenterai d'affirmer que je n'ai rien 
rencontré de semblable dans plus de quarante mille 



32 PRATIQUE DES ACCOUCIÏEMENS. 

accouchemeos opérés naturellement ou artificiel-* 
lement soit par moi-même, soit sous ma direction. 
Un aussi grand nombre de faits pourrait cepen- 
dant, ce me semble, servir de base à des principes 
généraux. D'après ces principes, j'ai composé une 
classification méthodique des positions du fœtus. 
On y trouvera toutes celles que Vexpériçnce m'a 
permis de conserver. 



PREMIER MEMOIRE. 



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s/f. PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

Dans celle classification, les positions sont ran- 
gées suivant l'ordre de leur plus grande fre'quence r 
celles des genoux fout seules exceplion ; mais il fal- 
lait nécessairement les rapprocher de celles des 
pieds et des fesses. Malgré celle le'gère irre'gula- 
l'ité, la nomenclature que je propose est plus uni- 
forme, plus simple et plus méthodique qu'aucune 
autre. Cependant, jusqu'à ce que le public médical 
l'ait jugée et ait prononcé sur elle , j'éviterai de 
l'employer; et, pour ne point fatiguer l'esprit des 
élèves , je continuerai à me servir de la nomencla- 
ture de Baudelocque , à laquelle elles sont accou- 
tumées. 

§ II. Parmi les positions ci-dessus indiquées , 
loules ne sont pas , à beaucoup près , également 
fréquentes. Des calculs exacts ont été faits à ce sujet 
sur un nombre déterminé d'accouchemens. Ou 
peut en voir les détails dans la table comparative 
mise à la fin des Mémoires. En voici les principaux 
résultats. Sur 1 5,652 enfans nés dans l'espace d'en- 
viron neuf ans, i^j^yy ont présenté le vertex, 549 
les fesses^ 235 les pieds, 72 la face, 68 l'une ou 
l'autre épaule^ et 2 les genoux. 

Les positions du sommet ont donc formé à-peu- 
prèsles '-^ de la totalité ; celles des fesses n'en ont 
fait que la 44^ partie environ ; celles des pieds la 
66e partie; celles de la face la 217e, et celles des 
épaules la 2 5o<= partie. Celles du vertex sont donc 
de beaucoup les plus fréquentes , et c'est un fait 
connu de tout le monde. 



PREMIER MÉMOIRE. 25 

C'en est assez mainlenant sur la diversité de 
fréquence : de plus amples détails doivent être ré- 
servés à des dissertations particulières. 

ARTICLE II. 

Fixiié. 

Ija manière stricte et rigoureuse dont on déter- 
mine les positions dans les ouvrages de théorie et 
dans les cours d'accouchemens pourrait faire croire 
au premier abord que les positions sont toujours 
fixes et invariables : cependant leur mobilité est si 
bien connue , que l'on a fait un précepte général de 
les fixer dans certains cas, et que, dans beaucoup 
d'autres, on a conseillé de changer, avec la main 
ou les instrumens , des positions défavorables. Les 
anciens étaient si prévenus de cette idée, qu'ils 
croyaient que, dans le plus grand nombre des cas_, 
l'agitation du corps de la femme pouvait produire 
cet effet. 

Les causes qui peuvent rendre variables la po- 
sition du fœtus sont quatre principales : i** la peti- 
tesse du fœtus ; 2° la grande quantité d'eau de l'am- 
nios ; 5° la conformation du bassin ; 4° la mauvaise 
direction de l'utérus et du fœtus même. 

La première est trop sensible pour nous y arrê- 
ter : elle est ordinairement jointe à la seconde. 

Ces deux causes réunies sont celles qui produi- 
sent les plus grands effets sous ce rapport, surtout 
si le fœtus, mort depuis long-Iemps, est devenu 



af) PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

extrêmement flexible : c'est alors qu'on le sent 
changer de place , fuir le doigt, ou lui présenter 
successivement des parties très-différenles ; c'est en 
pareil cas qu il sera quelquefois ployé en double, et 
qu'il fera sentir des parties que jamais fœtus à terme 
ne pourra présenter. J'ai vu mainte fois dans ces 
circonstances l'épaule remonter , le côté du tronc 
et la hanche glisser devant l'orifice , et les fesses 
descendre. Ce phénomène _, bien observé par Den- 
raan (tom. ii, pag. 5oo ), a reçu de lui le nom 
^'évolution. Ajoutons-y l'épllhète de spontanée, 
pour la distinguer de l'évolution artificielle que 
nous produisons en allant chercher les pieds. Une 
évolution en sens inverse a eu lieu une fois à la 
Maternité, Je venais de reconnaître l'épaule et le 
côté du thorax d'un fœtus de six mois : à peine 
avais-je quitté la femme, que les élèves de ser- 
vice m'envoyèrent avertir que l'accouchement se 
terminait seul. J'arrivai : le fœtus était sorti , et 
toutes m'assurèrent que la tête s'était avancée la 
première, et, la première, avait paru au de- 
hors (i). 

(i) Schweighaeuser a observé quelque chnse de plus 
étonnant encore : il a vu une position de la fosse gauche 
réduite à une position de la lète lors de l'écoulement des 
eaux. i^AivItives de l'art des accauchemens , t. ii , p?ig. ic). ) 
Serait-il indiscret de penser que M. Schweighaeuser a pris 
d'abord la lète pour la fesse, et qu'il n'y a eu aucune évolu- 
tion du fœtus ? J'avoue que telle est mon opinion , et que ce 
fait isolé ne prouverait pour moi pas grand'chosç. 



PREMIER MEMOIRE. 27 

La seconde cause peut exister iode'pendam- 
siient de la première. C'est alors surtout qu'on a 
conseillé de fixer les positions favorables en rom- 
pant les membranes , et en déterminant ainsi la 
contraction de l'utérus sur l'enfant. 

Ce moyen , soit dit en passant, demande cepen- 
dant d'autant plus d'attention qu'il est d'ordinaire 
fort difficile de reconnaître la partie à laquelle on 
a affaire. Comment , en effet , distinguer à travers 
les membranes tendues un pied d'avec une main, 
ia face encore élevée et mobile d'avec les fesses , 
etc., etc. ? Et de quelles ressources ne se prive-t-oii 
pas si, dans un cas défavorable, on vient a déchi- 
rer les membranes avant une dilatation complète de 
l'orifice ? 

La même cause occasione souvent le glissement 
d'une main ou d'un pied sous la tête. Doit-on re- 
garder cet événement comme un changement de 
position ? Oui, quand par suite la tête remonte et 
fait place à l'épaule ou aux fesses ( phénomène rare 
mais qui se voit) ; non , quand la tête reste là; 
car alors ce n'est plus qu'un accident analogue à la 
procidence du cordon ombilical. 

La conformation ordinaire du bassin est telle, 
comme on sait, qu'elle change nécessairement la 
direction de la tête du fœtus , et c'est ordinairement 
d une manière favorable à la terminaison de l'ac- 
couchement. \ 

Un certain degré d'étroitesse favorise même ces 
changemcns utiles, car, suivant la remarque du 



28 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

professeur Dubois, ua bassin large exposerait da- 
vantage à l'enclavement qu'un bassin médiocre. 
Mais lorsque le bassin est par trop rétre'ci, quand 
il est vicié , soit dans ses diamètres , soit dans la di- 
rection de ses ouvertures, il peut changer défectueu- 
sement la position de la tète , car ce n'est guère 
que sur la tête qu'il peut agir ainsi. Sans doute , 
c'est souvent le vice du bassin qui amène la face ou 
plus encore le front ou l'un des pariétaux, quoique 
dans le premier temps du travail on eût senti , 
sans aucune équivoque, le sommet dans une posi- 
tion directe et franche. 

Même dans un bassin bien fait , si l'utérus est 
fortement oblique, si le fœtus est dirigé presque 
horizontalement , les efforts utérins vicieusement 
dirigés engendreront les mêmes effets ("voj'. Baude- 
locque , accouchement l'enfant présentant la face )■, 

C'est la quatrième cause : c'est à celle-là que l'on 
oppose quelquefois avec avantage la situation de 
la femme et la réduction de l'utérus (r). 



ARTICLE III. 



Diagnostic. 



C'est surtout sous le rapport de la facilité ou des 
difficultés qu'il otïVe que nous devons le considérer ici. 

Les difficultés du diagnostic peuvent regarder la 
' ' < ■ 

(i) ,Ce précepte a été donné bien avant Deventer par Louise 
Bourgeois , et par plusieurs des auteurs (jui l'oul suivie. 



PREMIER MÉMOIRE. 2^ 

partie que l'enfant présenle et la position particu- 
lière de cette partie. 

§ P*". Difficultés relatives à la partie présentée. 
Elles de'pendent de la difformité primordiale , de la 
déformation et de l'élévation de la partie (i). 

ud. Les diflbrmilés peuvent varier à Tinfîni. Les 
principales pour la tête sont l'hydrocéphale et l'a- 
nencéphale ou acéphalie : il en sera parlé ailleurs. 

B. La déformation a pour cause la plus ordi- 
naire la tuméfaction. Elle peut aussi résulter de 
rfl//o/zge/?ie/2/, de l'aplatissement, choses que l'on 
voit, surtout quand le bassin est difforme et l'en- 
fant mou et flexible , putréfié _, par exemple. Cette 
cause-là peut d'ailleurs se joindre à une sorte de 

(i) Les comniençans se créent souvent à eux-mêmes, dans 
le diagnostic, une difficulté qui n'existe réellement pas. Elle 
consiste dans l'idée qu'ils se font du volume des diverses 
parties du fœtus. Senîent-ils une fontanelle, ils se 'figurent 
l'autre fort voisine; il faut l'aller chercher, ils s'étonnent de 
la longueur du trajet; et si elle est trop éloignée , trop élevée 
pour qu'ils puissent l'atteindre , les voilà coinplèlemenl dé- 
roulés; ils ne peuvent se représenter les fontanelles aussi dis- 
tantes que le toucher le leur indique. L'exercice seul met à 
l'abri de cette erreur, qu'une parfaite connaissance du fœtus 
ne fait pas éviter. Autre chose est , en effet , de mesurer par la 
vue ou par le toucher isolé , surtout quand on n'y peut em- 
ployer qu'un seul doigt. Il n'est peut-être personne qui n'ait 
expérimenté combien la langue juge mal du volume des corps 
mis dans la bouche ; elle les apprécie toujours d'une manière 
exagérée. Eh bien ! si je ne me trompe , c'est ici absolument 
La même chose. 



k.. 



60 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

gonflement et faire prendre la tête pour les fesses/ 
Si l'enfant est putréfié depuis long-temps , le sang 
dissous s'infiltre dans le tissu sous-cutané j souvent 
en grande abondance il s'épanche entre le crâne 
et ses tégumens. Les tégumens s'étendent , se sé- 
parent en partie des os; les os eux-mêmes se dis- 
joignent ; la tête , en filant par le bassin , s'al- 
longe et se tend. On lui trouve alors une consistance 
particulière , et on peut croire à l'existence d'une 
bydrocéphale médiocre , même après l'expulsion 
du fœtus , et lorsque les yeux peuvent juger de 
l'état des choses. La mollesse des parties les ea 
ferait aisément distinguer ; mais l'inspection ana- 
tomique jette là-dessus un jour bien plus grand 
encore. Tout alors est , à l'intérieur, baigné d'ua 
liquide sanglant j du sang séreux parait épanché 
par-tout ; mais on ne trouve nulle part de véi'i- 
table hydropisie. 

On peut aussi, en pareil cas^ prendre au lou- 
cher la tumeur pour la poche de l'eau de l'amnios , 
.si on ignore qu'elle a déjà été rompue. Elle peut, 
en effet, l'avoir été avant l'arrivée de l'observateur^ 
et celui-ci fera des tentatives sans doute peu dan- 
gereuses, mais toujours désagréables si elles lais- 
sent des traces que les parens puissent apercevoir. 

La tuméfaction est bien plus ordinaire. Un ac- 
couchement ne peut se prolonger, surtout après 
la rupture des membranes , sans que la partie voi- 
sine de l'orifice ne soit plus ou moins tuméfiée ^ 
souvent ecchymosée ou affectée (si c'est la tête) 



PREMIER ME MOIRE. St 

d*un véritable thrombus (i). S'il est facile, après 
la rupture des membranes, de distinguer la tête 
tuméfiée d'avec les fesses, il ne l'est pas de recon- 
naître sa position. Même après la rupture des 
membranes ^ il faut souvent beaucoup d'habitude 
et d'attention pour ne pas prendre la face tuméfiée 
pour les fesses. Les moyens d'éviter de pareilles 
erreurs seront indiqués dans les descriptions parti- 
culières. 

La tuméfaction de la partie qui se présente la 
première est si ordinaire que le professeur Chaus- 
sier n'hésite pas à la regarder comrpe constante. 
Lui présente-t-on un fœtus mort peu avant ou peu 
après sa naissance, il fait chercher avec le scalpel 
une ecchymose dans le ti^su lamineux sous-cutané, 
et le siège de cette ecchymose est pour lui le sur 

(i) Ces tbrombus eux-mêmes peuvent être des causes d'er- 
reur après la naissance , on peut les prendre pour une encé- 
phalocèle , et Lcdran me paraît avoir commis celle erreur 
( obsetvations chirurgicales). Le moyen de les en bien distin- 
guer c'est d'appuyer lentement le doigt au-delà de leur bord 
dur et saillant : on touGiie bientôt ainsi l'os au milieu du foyer* 
On sait que J. L. Petit a , le premier ( OEm^res posthumes) , 
averti les praticiens de se défier de l'apparence dans les con- 
tusions à la tête : c'est ici la même chose. 

Les résolutifs suffisent souvent pour dissiper les tbrombus ^ 
d'autres fois il faut y faire une petite ponction • le sang eu 
sort toujours liquide et noir, et on peut s'assurer qu'il étaïÈ 
épanché sous le périoste du crâne. Ils guérissent très-bien, 
quoique l'os soit ainsi dénudé ; rarement des abcès en ont été 
la auile , et les abcès eux-mêmes ont guéri en pou de temps. 



52 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

indice de la position qui avait lieu. Le plus souvent 
au crâne cette ecchymose est latérale. Qu'on n'aille 
pas inférer de là que la tête a présenté son coté , 
ou du moins la moitié latérale de son sommet ou 
détroit supérieur. Il est une explication bien plus 
naturelle, bien plus conforme au mécanisme de 
l'accouchement. 

C'est dans le deuxième temps du travail, c'est quand 
la tête est dans l'excavation, avant d'avoir exécuté sa 
rotation horizontale , que l'ecchymose s'opère prin- 
cipalement : la tête est alors serrée de toutes parts , 
excepté du côté de l'arcade du pubis : or , dans ses 
positions diagonales , comme dans les transversales, 
c'est son côté , c'est sa partie latérale qui correspond 
plus ou moins directement à cette arcade. Là il n'y 
a pas de résistance, là les humeurs, le sang peuvent 
s'accumuler; ces humeurs y séjournent , parce que 
leur passage dans les vaisseaux voisins est gêné par 
îa compression des parois du bassin ; là , donc , il 
doit se former une tumeur, une ecchymose, et, si 
cela dure davantage, un thrombus. Qu'on se repré- 
sonle une ventouse soustrayant à la pression atmo- 
sphérique une portion de la peau , et on aura l'idée 
de l'arcade du pubis dont l'aire vide et libre soustrait 
un côté de la tête à la pression du bassin. 

C. L'élévation de la partie qui se présente rend 
souvent le diagnostic très - difficile , quelquefois 
même impossible , comme quand les membranes 
sont encore intactes. 

Dans ces circonstances , si on n'est pas prêt à 



P RE MIER M É MOIRE. 3S 

opérer , si on a par conse'quent intérêt à conserver 
les membranes , on ne peut explorer la partie du 
fœtus qu'en glissant le doigt entre l'orifice et la 
poche membraneuse ; on ne peut , si cette poche 
est tendue ^ faire des recherches qu'à sa circonfé- 
rence ; son centre est trop éloigné de la partie que 
le fœtus présente , et on risquerait trop de le percer 
en y appviyant le doigt. On sait que la tension de 
la poche produit une augmentation apparente dans 
l'élévation du fœtus ( vojez Levret , Art des accou" 
chemens ^ p- 99 ) > parce qu'il devient moins acces- 
sible : il suffit d'en être prévenu pour éviter cette 
erreur. Plus la poche des eaux sera tendue , et plus 
le diagnostic sera difficile. Mais la forme de cette 
poche ne peut elle pas être, sous ce point de vue, de 
cjuelque utilité ? C'est une opinion tombée aujour- 
d'hui dans le mépris qu'elle mérite. Personne n'i- 
gnore maintenant que la forme ronde n'est pas plus 
exclusive à la tête qu'aux épaules, ni la forme cylin- 
droïde aux bras qu'aux fesses. 

Il n'en est pas de même , à mon avis , de la forme 
du ventre. A cette forme, j'ai maintes fois reconnu 
l'attitude du fœtus , lorsque les eaux écoulées per- 
mettaient à l'utérus de se mouler sur lui. La tête , 
surtout quand elle occupe la partie supérieure de 
l'organe , se dessine très-bien à travers les parois 
abdominales , si l'embonpoint ne s'y oppose pas. A 
cette forme j^ai reconnu (aidée pourtant d'autres 
symptômes ) une rupture de l'utérus. Celui-ci fai- 
sait, en avant et en bas, une tumeur médiocre et 

5 



34 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

circonscrite , tandis que l'enfant , placé en travers 
derrière lui, distendait irrégulièrement l'abdomen. 
Il faut pourtant , quand on procède à un pareil 
examen , se souvenir que la vessie remplie d'urine 
peut simuler un relief volumineux ( vojez Smellie^ 
pi. XXI ) qu'on pourrait attribuer au fœtus. 

Cette forme, cette disposition du ventre me ser- 
vent même souvent, pendant la grossesse et quelque- 
fois dès le sixième mois, à porter mon prognosticsur 
la facilité de l'accouchement. J'ai toujours eu mau- 
vaise idée d'un ventre saillant et conique , ou bien 
très-élevé vers l'épigastre, et rarement mon attente 
a été déçue. ,T'ai vu alors la tête rester immobile au 
détroit supérieur^ ou bien se présenter quelque 
partie défavorable, l'épaule, les fesses, etc. 

Revenons à l'élévation réelle du fœtus : elle peut 
tenir h diverses causes (i). L'abondance de l'eau de 
Tamnios et la petitesse du fœtus produisent nalurel- 

(i) Les personnes peu exercées dans la pratique du toucher 
croient souvent la partie bien plus haute qu'elle ne l'est en 
effet. Cela dépend de la manière dont elles louchent , et on 
en trouve la raison dans la différence des axes du bassin. 
Presque tous les coinmençans négligent de faire soulever les 
fesses de la femme ; ils portent leur doigt sons les pubis et dans 
Taxe da détroit inférieur : aussi faut-il pousser le doigt fort 
loin pour rencontrer une partie médiocrement élevée, mais 
placée dans le plan du détroit supérieur. Celte équivoque 
disparaît si on appuie en arrière le doigt sur la fourchelle, 
abaissant le p'oign».'^ pendant que la femme levé le bassin ; le 
bout du doigt se porte alo.-s suivant ra:.e du déiroit supérieur, 



P REMI £R M ÉMOI RE. 55 

îement ccUe élévalion , du moins dans le premier 
temps du travail. 

La résistance, la dureté des membranes paraît 
évidemment la produire quelquefois, puisqu'on 
voit souvent la tête ou les fesses, restées long-temps 
au dessus du détroit, se précipiter dans l'excava- 
tion lors de la rupture des membranes. 

Mais il est des cas où celte résistance n'y est pour 
lieu, où le fœtus reste au-dessus du cjétroit, même 
après la rupture des meniibranes, quoique conve- 
nablement dirigé^ enfin sans cause, sans raison vala- 
ble. La faiblesse des douleurs y est sans doute pour 
beaucoup; mais j'ai vu souvent le même effet se 
produiremalgré des douleurs énergiques et une dila- 
tation suffisante de l'orifice utérin. Ces deux cas sont 
donc biendifférens,et il importerait beaucoup de pou- 
voir les distinguer : car la déchirure des membranes 
qui accélère l'accouchement dans un cas le rend 
plus difficile et plus dangereux dans l'autre. Pres- 

c'est-à-dire qu'il se dirige vers l'ombilic de la femme. La partie 
présentée est quelquefois tellement élevée au-dessus du bassin 
qu'on ne peut pas l'atteindre du tout; d'.uitres fois il faut pour 
là toucher que le doigt se recourbe derrière les pubis pour 
s'accommoder mieux à la direction des axos. En général, c'est 
moins par la profondeur à laquelle il faut porter le doigt, 
i\»e par le vide de la courbure du sacrum , que je m'iissura 
que la lèlc n'est point engagée. La profondeur varie îiop sui- 
vant la conformation et l'embonpoint des individus; au con- 
traire, il est toujours facile de parcourir du cîoiVjt touie la 
concavité du sacrum quruid elle est libre. 



56 PRATIQUE DES ACCOUCUEMENS. 

que toujours j'ai su les distinguer, poussée par une 
sorte d'instinct me'dical, c'est-à-dire, par un en- 
semble de petites probabilités qui, insuffisantes 
isolément, me déterminaient par leur masse. L'ab- 
sence de toute obliquité utérine et de tout vice du 
bassin , la forme favorable ( basse et d'une ron- 
deur régulière) du ventre, la dilatation commen- 
cée, la souplesse et l'amincissement de l'orifice, 
une tendance sensible qu'a la tête à s'engager dans 
le détroit, dans lequel elle semble faire un peu sail- 
lie, et enfin l'existence d'une petite quantité d'eau 
entre la tête et les membranes {vo/. Puzos,p. 120), 
etla forme plate de la poche membraneuse, tels sont 
les signes dont la réunion me détermine à rompre 
les membranes. « Je ne crains pas les eaux plates ,» 
disait souvent ma mère. L'expérience lui avait ap- 
pris que cette forme de la poche membraneuse an- 
nonçait un travail long , mais un accouchement 
spontané. Pour moi, j'aime mieux accélérer la 
marche du travail, et c'est ce que produit infailli- 
blement la rupture des membranes. On peut ren- 
contrer des cas douteux; on peut n'avoir pas en- 
semble tous les indices que je viens d'énumérer, et 
alors le mieux serait d'attendre, et (si rien ne pé- 
riclite) de confier la rupture des membranes aux 
seuls efïbrts utérins. J'avoue que plusieurs fois l'im- 
niobilité de la tête au détroit supérieur m'a for- 
cée d'employer le forceps, après avoir rompu les 
membranes : peut-être en attendant davantage les 
choses auraient-elles pu changer de face et la tête 



PREMIER MÉMOlREr 5^ 

s'engager , puisque ce n'étaient pas les membranes 
qui lui résistaient (i). Je le répèle , si le cas est 
douteux et si l'on n'a pas une expérience consom- 
mée , la prudence veut qu'on respecte les mem- 
branes et qu'on conserve les eaux. Quelquefois , 
après avoir attendu plusieurs heures et même un 
jour , la tête descend , puis les membranes s'ou- 
vrent et tout va bien. Si elle ne descend pas, on 
sera toujours à même d'opérer quand il ne res- 
tera plus d'espoir. 

La difformité du bassin retient souvent le fœtus 
au-dessus de l'excavation :1a raison en est palpable ; 
mais ceci a trait à un autre article. 

Le bassin bien conformé retiendra aussi le fœtus 
au-dessus de ses ouvertures si celui-ci s'y présente 
défavorablement : cela rentre dans l'histoire des 
rapports diamétriques du fœtus et du bassin ( Voyez 
Pronostic). 

§ IL Difficultés relatives à la position de la partie 
présentée. Toutes les difficultés qui empêchent de 
reconnaître la partie présentée doivent nécessai- 
rement empêcher de reconnaître la position parti- 
culière de cette partie. Cela pourtant n'est pas sans 
exception. Une épaule peut être trop élevée pour 



(i) Osiander s'est cru, à ce qu'il paraît, souvent dans la 
nécessité de rompre les membranes ( Schweighaeuser , ou- 
vrage cité, t. II, pag. 340 ). N'est ce point à cela qu'est due 
l'immense proportion des accouchemens qu'il s'est vu forcé 
d'opérer arlificiellement? {^Ibid. , t. n, pag. ^9. ) 



38 PIIATIQC'E DKS ACCOUCU EM ENS. 

qu'on puisse dire si c'est la droite ou la gauche , 
et ceoeudant le coude d'un coté , Tacroraion de 
l'autre , etc. , indiqueront que celte épaule , quelle 
quelle soit , est dans telle ou telle position. 

11 arrive bien plus souvent qu'on puisse dire c'est 
In tête , sans pouvoir ajouter dans quelle position ; 
et cette obscurité tient souvent moins à la dilîiculté 
du toucher qu'à l'existence d'une position intermé- 
diaire aux positions connues. Ces positions intermé- 
diaires déroutent d'ailleurs beaucoup dans les re- 
cherches que ion lait , et la plus grande habitude 
est souvent nécessaire pour s'y reconnaître. Pour 
donner les éclaircisscmens nécessaires sur .cette im- 
portante partie du diagnostic, j'entrerai dans quel- 
ques dél'dWs (vojez la nouvelle nomenclature des 
positions ). Les positions intermédiaires peuvent 
avoir une direction moyenne entre les positions 
cardinales dans deux sens diflérens : verticalement 
et horizontalement. 

A. ^Verticalement. Ce sont celles-là que , dans 
ma nomenclature, j'appelle inclinées. Que les po- 
eitions de la tète viennent à changer dans le seijs 
vertical, et nous aurons celles du (Vont proprement 
dit (voyez Smellie, pi. xxii), celles de l'pcciput, 
celles de l'un ou l'autre pariétal ^ qu'il ne faut pas 
prendre pour des positions du côté de la lêle ou 
de l'oreille. Que les fesses soient un peu portées 
vers l'un des bords du détroit supérieur cl le fœtus 
penché en arrière , les lombes deviendront plus 
accessibles; qu'il soit penché en avant j on trouvera 



PREMI ER MÉMOIRE. Sg 

de prime-abord les parties génitales ; qu'il s'in- 
cline latéralement , et une fesse seule sera au centre 
du bassin , l'abdomen sera dans le voisinage et la 
hanche presqu'au centre. 

Avec les mêmes modifications , les pieds et les 
genoux nous approcheront les jambes et le devant 
des cuisses , ou même leur partie latérale. 

La face , en s'inclinant dans un sens ou dans 
l'autre , offrira , au centre du bassin , le menton et 
une partie du col , le front , une seule Joue , et , 
dans ce dernier cas , une oreille se trouvera assez; 
voisine du centre du bassin. 

L'épaule nous donnera, de la même manière, les 
prétendues positions du bras , du coude , du côté du 
col ( vojez Smellie, pi. xxxiv)^ de la poitrine et du 
dos; toutes positions qui jamais ne sont franches 
et pleines comme l'indiquent les auteurs. Toutes 
ces positions imparfaites se rapportent aux sept 
genres que nous avons établis ; presque toujours 
elles offrent les mêmes indications que les espèces 
cardinales , auxquelles elles sont rapportées dans 
ma nomenclature ; quelques-unes pourtant offrent 
un pronostic et des indications tous différens et 
tous particuliers. 

B. Horizontalement. Ce sont les positions que 
j'ai appelées intermédiaires proprement dites , ou 
hybrides: elles pourraient être multipliées à l'infiiii, 
car il n'est pas un point de la circonférence du 
bassin qui ne puisse se trouver en rapport avec les 
principaux diamètres des parties du fœtus , et sur- 



4o PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

tout de la tête. Entre chacune de nos six positions 
cardinales, il en est, je ne dirai pas une, mais 
cent possibles. Pour éviter une complication inutile, 
bornons-nous aux principales. 

Le verlex pourra se présenter de six façons in- 
termédiaires aux six positions cardinales que j'ad- 
mets. Toute position diai^onale des fesses sera re- 
gardée comme intermédiaire , et il en faut dire 
autant des cinq genres qui suivent (t) , puisque 
toutes leurs positions cardinales soûl ou transverses 
ou antéro-postérieures (2). 

Pour les indications , ces intermédiaires sont 
absolument dans le même cas que celles des car-, 
dinales, dont elles se rapprochent le plus. Rare- 
ment offrent-elles des indications spéciales ; en gé- 
néral 3 leur diagnostic est aussi plus difficile à 
énoncer qu'à établir. Leur histoire est donc bien, 
moins importante que celle des précédentes. 

ARTICLE IV. 

Causes. 

Avant Solayrès on n'avait point remarqué l'obli- 
quité de la plupart des positions de la tête. Smellie, 

(1) Suivant Rœderer (§ Gao ) , la face peut se présenter 
dans trois directions cardinales. « On observe cependant aussi 
(les sîlualions intermédiaires qu'on peut rapporter aux car- 
dinales. » 

(2) C'est relativement à leur grand diamètre qu'elles sonî 
ainsi désii?nçes. 



PRE3I1ER MÉMOIRE. 4^ 

qui a bien connu la rotation horizontale , croyait le 
veriex transversal dans le premier temps du tra- 
vail , et les autres lui croyaient la même direction 
dans le premier que dans les derniers temps. 

On n'avait donc aucune notion des causes de 
cette obliquité; mais de tout temps on avait re- 
marqué la fréquence de la présentation de la tête 
et son volume : son poids considérable en avait 
bientôt donné la raison ; soit qu'on admit sa pré- 
pondérance pendant tout le temps de la grossesse , 
soit qu'on imaginât qu'elle ne se déclarait que dans 
les derniers mois. 

Solayrès trouva dans la diminution du diamètre 
Iransverse du détroit supérieur occasionée par les 
psoas j il trouva , dans la saillie convexe de l'angle 
sacro-vertébral , l'explication de l'obliquité du 
vertex. L'élroitesse générale du détroit et le frot- 
tement qu'elle occasione, lui parurent des causes 
valables de la flexion qui rapproche le menton de 
la poitrine; comme aussi la disposition des plans 
inclinés et de l'arcade lui rendirent raison de la ro- 
tation horizontale de la tête. 

Voilà , en effet , les causes générales des posi- 
tions les plus fréquentes du vertex. 

La mobilité du fœtus et toutes ses causes (voyez 
article ii ) peuvent produire des positions diffé- 
rentes et plus ou moins désavantageuses. Par 
exemple^ lorsque le fœtus , déjà grand;, nage en- 
core avec quelque liberté dans l'eau de l'amnios _, 
si un mouvement brusouc , une cbulc de la met c 



42 PRATIQUE DES ACCOUCHEM ENS. 

le relournent et readenl la tête supérieure au reste 
du tronc , il pourra arriver qu'il reste ainsi place' , 
parce que son grand diamètre égaiera ou sur- 
passera même un peu les diamètres horizontaux de 
Tutèrus. Il faudrait une secousse , une impulsion 
aussi violente que la première pour lui rendre sa 
première situation : sinon il présentera les pieds 
ou les fesses. Chaque position dans sa description 
particulière nous fournira l'occasion de parler en 
détail de ces causes soit certaines, soit conjecturales. 
Disons quelques mots sur les causes des positions 
hj'hrides ou imparfaites. 

L'article deuxième m'a déjà donné occasion d'en 
parler. J'ai mentionné surtort les vices du bassin 
et l'obliquité de l'utérus. Je remarque que celle-ci 
intluesurla position _, non-seulement dans le sens 
vertical, mais encore dans le sens horizontal. Cela 
tient à la torsion qu'éprouve , en pareil cas , l'uté- 
rus , et cela est si vrai , qu'en relevant la matrice 
j'ai plus d'une fois déterminé la réduction d'une 
cinquième position du vertex ( Baudelocque) à la 
première. 

ARTICLE V. 

Pronostic. 

Je parle ici du pronostic inhérent aux positions 
elles-mêmes , et non aux accidens ou aux compli- 
cations. 

Le pronostic doit être considéré comme favo- 



PREMIER MÉMOIRE. 4^ 

rable toutes les fois f{ue Teufanl présentant de petits 
diamètres aux ouvertures du bassin, peut sortir sans 
beaucoup soufïVir et par lesseuls efl'orts de la nature. 

Ces conditions se rencontrent dans les positions 
desexlrémilés de l'ovoïde que repre'sentc le fœtus 
pelotonné dans la matrice. 

Cependant tontes ne sont pas ée^alement avanta- 
geuses: la quatrième et la cinquième du sommet 
de la tête passent^ avec raison , pour défavorables ; 
les fesses, les genoux , les pieds , ont plus souvent 
besoin que la tète d'être aidés des secours de l'art. Le 
pronostic sera néccssai remeut moins favorable en- 
core dans toute position qui présentera au bassiu des 
diamètres supérieurs aux siens par leur étendue. 

Généralisons davantage, i". Par rapport au fœ- 
tus , toute position qui ralentira le travail , et , à 
plus forte raison, toute position qui enjpêcliera 
la terminaison de raccouchement, sera dangereuse. 
Par rapport au fœtus , toute position qui changera 
son altitude pour une situation gênante, sera dan- 
gereuse, et pourra devenir funeste si le travail n'a 
pas une marche très-rapide. 

2°. Par rapport à la mère, un retard dans le tra- 
vail est souvent de peu d'importance; par rapport 
à la mère, peu importe ï attitude du fœtus, pourvu 
qu'il offre des diamètres favorables. Mais, par rap- 
port à la mère, comme par rapport à l'enfant, 
toute position qui retarde beaucoup i'accouche- 
menl devient dangereuse, et toute position qui 
Vempêche absolumenr peut devenir fuueslc. 



44 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

Voilà donc les faits qu'il faut combiner ensemble 
pour e'tablir un pronostic raisonnable. Le pronos- 
tic porté par les auteurs sur certaines positions me 
paraît trop rigoureux : j'en parlerai ailleurs. Qu'il 
suffise, pour le moment , de dire que j'ai vu sou- 
Tent la cinquième et la quatrième du sommet se 
terminer aussi facilement que la première ou la 
deuxième, et que j'ai vu plus souvent encore la 
face sortir avec promptitude et facilité ; tout cela 
aïec des enfans très-volumineux et vivans. 

C'est surtout à cause de la difficulté des divers 
mouvemens du mécanisme de l'accouchement na- 
turel, que les positions imparfaites sont fâcheuses; 
elles le sont encore en tant qu'elles obscurcissent 
le diagnostic , car cette obscurité est toujours d'un 
mauvais augure , à cause de l'incertitude où elle 
mel^ par rapport aux indications et à la manière 
d'opérer. 

L'époque du travail à laquelle on est parvenu 
doit entrer pour beaucoup dans le jugement 
qu'on porte sur le pronostic : plus il y a de temps 
que le travail dure ^ plus , par-dessus tout, il y a 
de temps que les membranes sont rompues , plus 
la mère et l'enfant sont en péril , surtout si on a 
déjà fait des tentatives plus ou moins nombreuses 
cl plus ou moins énergiques. 

L'indication même fournie par chacune des po- 
sitions, et par les circonstances qui l'accompa- 
gnent, la nature des moyens qu'on est forcé d'em* 
ployer, sont encore des incideus à considérer dans. 



P R E M I E R M É M O 1 R E. 4'J' 

rétablissement du pronostic. 11 est favorable si 
raccoucliement marche seul , si la main , les lacs , 
le crochet mousse , suffisent pour le terminer 
eu aidant h. la nature. 11 l'est bien moins quand 
il faut en venir à la version de l'enfant oii à l'ap- 
plication du forceps ; il est plus fâcheux encore 
quand il faut entamer le fœtus ou les parties de la 
mère. 

Les dangers de la version sont relatifs à la mère 
et à l'enfant. i°. Relativement à la mère , ce ne peut 
être sans une vive douleur que la main traverse les 
parties de la femme pour aller chercher les pieds 
du fœtus ; ce ne peut être sans grand danger de 
rupture qu'on retourne le fœtus dans un ute'rus 
moulé et serré sur lui, comme la chose est ordi- 
naire quand un certain temps s'est écoulé depuis 
l'ouverture des membranes. 

2**. Par rapport à l'enfant , le pelotonnement 
auquel on le force, le tiraillement qu'on fait éprou- 
ver au rachis et aux membranes , la compressioa 
à laquelle sont exposés et l'abdomen et le cordon 
ombilical , voilà les sources du danger qu'il court 
en pareil cas. Remarquez qu'on voit des enfans 
bien constitués succomber à des manœuvres fa- 
ciles ^ promptes et mesurées; qu'on en voit d'au- 
tres, au contraire, résister aux tractions les plus 
vigoureuses et les plus longues , aux torsions, aux 
compressions souvent indispensables alors. Quelle 
en est la raison ? elle m'est tout-à-fait inconnue, et 
je n'ai rieu observé de constant à cet égard dans 



46 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

l'apparence extérieure ou intérieure des enfans , 
ni dans leur âge, ni dans la dure'e du travail; j'ai 
même vu des enfans vivre et se bien porter quoi- 
que, dans les efforts qu'on exerçait sur le tronc , il 
se fût produit un craquement et une secousse sen- 
sibles, qui paraissaient tenir à la distraction des ver- 
tèbres du col. Soyons donc extrêmement réserve's 
sur le pronostic , par rapport à la vie ou à la mort 
de l'enfant ; ne prononçons que dans les cas de 
nécessité , et appuyons-nous sur des symptômes 
réels et actuels , et jamais sur des conjectures. 

Le forceps a aussi ses dangers. Introduit avec 
précaution , jamais il ne détachera le vagin d'avec 
l'utérus ; mais , malgré les plus grands soins , une 
tête mal dirigée s'accommodera mal à sa cour- 
bure ; un de ses bords pourra faire saillie et sillon- 
nera l'orifice uléro-vaginal , pour peu qu'il soil 
tendu et contracté. En outre ,1e forceps , appliqué 
sur une tête molle et putride, peut glisser, s'é- 
chapper brusquement , sillonner le vagin et rompre 
le périnée. Dans le dernier temps du travail, il déter- 
minera presqu'inévilablement cette rupture , si on 
n'a soin de le retirer quelques inslans avant la 
terminaison complète. 

Par rapport à l'enfant, s'il faut serrer beaucoup, 
on confond toujours , quoiqu'à un degré variable , 
la partie saisie. On n'est pas toujours bien sûr de 
la direction de la tête ( voyez Difficultés du dia^ 
g7îostic)y et, par conséquent , on peut quelquefois 
le faire agir sur la face ^ le haut du col (positions 



pp. EMIE R M t MO I p. F. 4? 

imparfaites), etc.; mais alors même qu'il tient 
la tête par les côtés , ne comprime-t-il pas toujours 
un peu le cerveau , et n'esl-ii pas la cause de la 
disposition aux convulsions qui suivent souvent son 
emploi ? ne peut-il pas même fracturer quelquefois 
le crâne? Ce dernier fait, je ne l'ai jamais constaté 
par l'examen anatomique, mais j'en conçois la pos- 
sibilité', et on la concevra comme moi ^ je pense , 
quand on saura que cet accident n'est pas très-rare 
dans desaccouchemens sponlane's et simples. 

La pression latérale est quelquefois assez forte 
alors pour aplatir le crâne transversalement et 
rompre les pariétaux longitudinalementel très-près 
de la suture sacrillale. Des enfans surveillés exac- 
lément , et chez qni nulle chute, nul coup, nulle 
pression ultérieure à la naissance ne pouvaient être 
soupçonnés , sont morts sans cause connue un , 
deux ou trois jours après la naissance. La dissection 
a démontré l'existence d'une fracture à chaque 
pariétal , longue de quatre à cinq ligues , parallèle 
à la commissure sa^iltaîe , et baignée de sansr , dont 
une partie était épanchée sous le péricrâne , et 
l'autre sur la méninge. 

ARTICLE VI. 

Indications. 

Il en est trois différentes : i». laisser agir la na- 
ture, 2". aider à la sortie de la partie qui se pré- 
sente, 5^. changer la position. 



48 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

Chacune de ces indications peut être plus oii 
moins distincte et précise^ et les deux dernières re- 
quièrent des procédés opératoires plus ou moins 
énergiques , suivant les circonstances» 

§ P''. Première inciicalion. Toutes les fois que 
l'enfant hien portant présente , dans une attitude 
commode pour lui-même , des diamètres com>e- 
nables à ceux du bassin ; que la mère n'éprouve 
aucun accident j et que la matrice, douée de toute 
sa force , se contracte avec vigueur , il faut laisser 
agir la nature , ou seulement la diriger. 

Je veux dire par ce dernier mot qu'il suffit (i) 
de faire pousser à propos ou de retenir les efforts 
de la femme , de soutenir l'orifice utérin poussé 
par le fœtus , et de préserver le périnée de la rup-* 
ture en opposant une pression extérieure à la pres- 
sion intérieure , qui tend à le déchirer. Lorsque 
la vulve est étroite et l'enfant volumineux , on ne 
doit pas se contenter de soutenir le périnée pen- 
dant la sortie de la tète; il faut avoir le même 
soin quand les épaules passent , surtout si la tête 
a déjà un peu endommagé la fourchette (2) , car 
alors les épaules achèvent la rupture totale. 



(i) J'en excepte pourtant les cas dont, j'ai parlé plushaut. 
Dans ces cas , malgré les dispositions en apparence les plus 
favorables, rien n'avance , et on se voit obligé d'agir conirae 
si un obstacle quelconque entravait la marche du travail. 

(2) Celte enlaniure préliminaire n'est pas toujours néces- 
saire. Ou voit souvent les épaules rompre un périnée jusque 



i>REM 1ER mÉm 01 RÈ. 49 

§11. Deuxième indication. On aidera à la sortie 
deTenfant, ou bien en agissant sur la mère, ou bien 
en agissant sur l'enfant. 

1°. La mère étant suppose'e bien conforme'e (i)j 
pour qu'il suffise d'agir sur elle , on doit supposer 
que l'enfant n'offre que des diafiièlres qui puissent 
s'engager dans ceux du bassin. Favoriser la dilala- 
lion des parties molles, les lubrifier, exciter les 
contracions expulsives , les diriger convenablement 
dans le cas d'obliquité , soustraire les obstacles 
présumables : telles sont les diverses manières de 
favoriser l'accouchement, en opérant sur une mère 
non difforme. 

^. Pour favoriser la dilatation des parties , il ne 
s'agit point, comme le faisaient autrefois les accou- 
cheurs et les sages-femmes, de distendre, de ti- 
railler l'orifice , le vagin et la vulve. Les hommes 
instruits ont , de tout temps , reconnu le danger de 
pareilles manœuvres , « et surtout en cet acte icy , 
dit un des plus anciens auteurs , le devoir de la 
sage-femme sera tel de ne rien précipiter ni haster, 
se donnant de garde d'eslargir par force le passage 
de l'enfant w (Guillemeau^, p. î25). Cette dila- 
tation forcée, jamais je ne cherche à la produire , 

là intact, lorsque le bras qui est en arrière sort ployé : le 
poignet sort avec l'épaule, le coude pousse le périnée en 
arrière j il s'échappe brusquement et déchire pour se faire 
place. 

(i) Il ne s'agit pas ici de l'opération ce'sarienne, etc. : c'est 
le vice du bassin et non la position du fœtus qui l'indi juc. 



So PRATIQUE DES ACCOÙCHEMENS. 

non pas même dans le cas d'hémorrhagie, puisque, 
comme je le prouverai ailleurs , le tampon me four- 
nit alors un moyen d'attendre avec sécurité l'o- 
péralion de la nature; mais on favorise souvent, 
d'une manière incontestable , l'tlargisseraent et 
l'ampliation des passages en les humectant, en les 
ramollissant , en diminuant leur ëre'lhisme. C'est 
ainsi qu'agissent les fumigations d'eau pure, les 
injections tièdes , surtout les bains et la saigne'e du 
bras. J'ai vu mainte fois tel accouchement qui ne 
faisait aucun progrès depuis huit à dix heures , à 
cause de l'état slationnaire de l'orifice , se ter- 
miner avec une vélocité étonnante à la suite d'un 
demi-bain ou d'une saignée de huit à douze onces. 
II a de tout temps régné sur ce point une opi- 
nion que je ne puis partager. Tout le monde croit 
que la dilatation des passages est plus difficile chezj 
les femmes avancées en âge ; il n'est pas un accou- 
cheur qui ne redoute un premier accouchement 
chez une femme de trente, trente-cinq à quarante 
ans ; il n'est pas une femme de cet âge qui ne voie 
avec effroi arriver le moment de sa première couche. 
L'expérience m'a trop souvent prouvé la fausseté 
de ces préventions pour que je puisse les adopter. 
Sans doute on voit souvent le travail lent et pé- 
nible chez une femme âgée et qui n'a point eu d'en- 
fant ; mais n'en est-il pas de même des plus jeunes? 
La proportion , j'ose l'assurer , est parfaitement 
égale. Si quatre sur dix ont , parmi les jeunes pri- 
mipares, un accouchement facile^ quatre sur dix j, 



PREMIER MÉMOIRE. Si 

parmi les plus âgées, accouchent avec promptitude 
et facilité. 

B. Lubrifier les parties génitales est une pré- 
caution qui ne devient guère utile que lorsque le 
fœtus est fort bas. Elle est de peu d'importance, 
et tout corps gras ou mucilagineux peut servir 
dans cette intention à enduire l'intérieur de la 
vulve et les parties basses du vagin. 

C. Il n'en est pas ainsi de l'excitation des or- 
ganes expulseurs. Cette indication est d'une toute 
autre importance , et malheureusement elle est 
bien moins facile à reitiplir. 

On peut bien , en effet , exciter les contractions 
des muscles de l'abdomen , puisqu'ils sont soumis 
à la volonté ; mais on ne peut déterminer de la 
même manière celles de l'utérus , et sans celles-ci , 
les premières sont presque entièrement inutiles. Ce- 
pendantreffortmêmedes muscles abdominauxpeut 
exciter quelquefois l'utérus et le faire contracter; 
souvent il sufïil de faire marcher la femme souffrante 
pour déterminer le même effet. Dans ce cas, sans 
doute , la pression du fœtus sur l'orifice utérin est 
une cause d'excitation aussi forte que la mise en 
jeu des muscles de l'abdomen. Des frictions circu- 
laires sur l'abdomen réveillent fréquemment l'u- 
térus assoupi , mais non complètement inerte. On 
parle de lavemens irritans, de lavemens purgatifs: 
le peu d'effet que j'ai vu résulter des lavemens or- 
dinaires m'a détourné de l'emploi des autres. 

Dans ces derniers temps , on a proposé , on a 



52 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS, 

préconisé et vanté comme infaillible l'usage <3tl 
seigle ergoté. Ce médicament agissait à coup sûr ,- 
et son efficacité était incontestable. On verra plus 
tard qu'il n'a nullement répondu aux brillantes es- 
pérances qu'on voulait nous donner sur son compte, 
et que son innocuité est sa plus grande vertu. 

Reste enfin un dernier moyen d'excitation. Je 
parlais tout-à-l'heure de l'inconvénient des dilata- 
lions forcées. Comme dilatations, leur effet est plus 
nuisible qu'utile; mais, comme excitations, elles 
peuvent rendre de grands services. Les pressions 
exercées soit sur l'orifice utérin, soit sur lapartie pos- 
térieure des lèvres de la vulve et sur la commissure 
antérieure du périnée, contribuent souvent beaucoup 
à l'augmentation des douleurs. Rarement , comme 
l'a remarqué Solayrès, amènent-elles des douleurs 
qui ne seraient pas venues sans elles ; m'iis il est 
certain qu'elles rendent plus intenses celles qui 
devaient avoir lieu. C'est surtout sur la vulve que 
j'exerce les pressions : j'agis très-rarement sur l'o- 
rifice utérin. En appuyant ainsi sur les muscles 
Iransverses du périnée et le releveur de l'anus , sur- 
tout quand la tête est dans le vagin ^ j'obtiens des 
résultats d'un avantage non équivoque; je déter- 
mine un ténesme qui force la femme à pousser, 
en même temps qu'il accroît sympathiquement 
le spasme de la matrice. Guillemeau , déjà cité, 
avait aussi connaissance de ce fait. « Luy faisant 
par en bas , et principalement vers le siège et os 
pubis, qui sont les deux extrémités du conduit nalu- 



PREMIER MÉMOIRE." 53 

rel , de petits linimens avec le bout et extre'mité 
des doigts , ayant premièrement rogué ses ongles 
de fort près : ce qui fera irriter et aiguillonner la 
matrice à l'expulsion dudit enfant. » ( L'heureux 
Accouchement , pag. i54. ) 

D. Diriger les forces utérines dans un sens con- 
venable , c'est souvent un moyen d'accroître beau- 
coup la céle'rité du travail. L'obliquité utérine, quand 
elle est considérable, ralentit toujours les progrès du 
fœtus et peut même s'opposer à sa sortie : détrui- 
sons-la donc , et remettons l'utérus à sa place. Ici 
doit se trouver également la réduction de l'orifice 
utérin dévié (ordinairement en arrière, quelquefois 
sur un des côtés ) au centre du bassin : on sait que 
l'index suffit ordinairement à cette opération^ et que 
le décubitus sur le côté opposé à l'obliquité est le 
premier des moyens de la corriger. 

E. En considérant d'une manière générale les 
obstacles qui s'opposent à l'accouchement , on les 
subdivise au premier abord en ceux des parties dures 
et ceux des parties molles. La plupart de ces obsta- 
cles et leurs indications spéciales sont assez impor- 
tans pour mériter un mémoire particulier. Je ne 
parlerai ici que de quelques obstacles purement 
accidentels. Le premier est la plénitude de la vessie. 
Cette plénitude , comme Pigrai l'avait jadis observé, 
peut empêcher les progrès du travail, moins parle 
volume de l'organe qui se porte aisément en avant 
et en haut , que par la douleur qu'elle produit , la- 
quelle fait diversion à celles de l'utérus et le para- 



54 PRATIQUE DES ACCOUCIIEMENS. 

lyseen quelque sorte. Portai (pag. 217 ) en a fait 
la remarque ; « car j'ai vu plusieurs femmes, dans 
pareille occasion , dont la vessie se trouvant pleine, 
leur causait d'extrêmes douleurs, même jusqu'à 
retarder leur accoucbement. n 

Le professeur Dubois attribue cette suppression 
des douleurs utérines à une sorte d'instinct qui fait 
que l'utérus se refuse aussi-bien que les muscles 
abdominaux à des efforts qui menacent la vessie de 
rupture. Rien de plus facile , fort souvent , que de 
remédier à cet obstacle. Quelquefois pourtant la 
léle du fœtus écrase l'urètre derrière les pubis , de 
manière à gêner beaucoup, sinon à empêcher tout- 
à-fail le passage de la sonde. Dans ce cas , il est utile 
de faire coucher la femme en travers sur le bord de 
son lit , et les jambes fléchies comme pour un ac- 
couchement difficile ; il est utile aussi de porter en 
haut la pointe de la sonde et d'abaisser son pavillon 
vers le périnée. Quelquefois encore on a plus de fa- 
cilité en tournant la concavité de la courbure vers 
le sacrum : elle s'accommode mieux alors à la forme 
de la tête. Au reste , on tâtonne, on essaie d'une 
sonde élastique, et si malgré tout on ne peut par- 
venir à son but , on attend et on s'occupe des autres 
indications. J'ai bien entendu parler de rupture de 
vessie : ma pratique ne m'a rien fait observer de 
semblable. Plus raisonnablement on pourrait crain- 
dre la parai)' sie de cet organe. Est-ce à elle ou au 
boursoufïlement inflammatoire du canal qu'est due 
ja dysurie qui suit si fréquemment les accouc^e-r 



PREMIER MEMOIRE. 55 

mens longs et pénibles ? Quelle qu'en soit la cause, 
cette dysurie n'a jamais été' redoutable à mes yeux 
que quand elle a été suivie du détachement des- 
carres gangreneuses , et de la formation de fistules 
à l'urètre ou au bas-fond de la vessie. Ordinairement 
ces fistules sont ou urétro ou vésico-vaginales : une 
seule fois j'en ai observé une vésico-utérine : j'en 
parlerai dans la suite. 

Le deuxième obstacle dont je veux parler encore, 
c'est la résistance des membranes : j'ai indiqué les 
caractères qui annoncent cette résistance ( voyez 
Diagnostic). Dans les cas même les plus évidens , 
on ne doit les rompre que quand l'orifice est assez 
large ou assez mou pour livrer impunément pas- 
sage à l'enfant expulsé ou extrait. On sait que cette 
rupture des membranes su (lit souvent pour réveiller 
les douleurs; soit que l'utérus, rétréci par sa force 
tonique et appuyésur l'enfant, s'irrite du contact de 
ce corps étranger , soit que cette coniraclion ne soit 
que le résultat de la liberté où il entre par l'évacua- 
tion de l'eau , et que son inertie antérieure ait été 
produite par sa distension , « qui empêcbe ainsi que 
la vertu expulsive ne peut jeter l'enfant dehors 
qu'avec très-grande difficulté, ainsi qu'on voit quand 
la vessie est trop pleine d'urine, etc. » ( Ambroise 
Paré, pag. 714)' 

2°. Pour flzV/f?/' l'accouchement , on ne peut agir 
que sur certaines parties du fœtus : ce sont celles 
qui , à la rigueur, pourraient sortir spontanément 
les premières, amenant le reste du fœtus à leur suite. 



^6 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

savoir , les pieds , les fesses, les genoux et la léle. 

u^. Sur Jes pieds, les fesses elles genoux, les seuls 
moyens à mellre en usage sont les mains, les doigts, 
Jes crochets mousses et les lacs. Pour les mains elles 
doigts , voyez les positions en particulier. Les cro- 
chets mousses doivent être rarement mis en usage ; 
les doigls peuvent presque toujours en tenir lieu. 
Cependant j'en ai tiré un parti avantageux en les 
appliquant sur les aînés , et quelquefois aussi sur la 
mâchoire inférieure, ou dans une ouverture faite au 
crâne : c'est pour cela que je préfère à toute autre 
forme celle que Burton veut qu'on leur donne (t. i^^^^ 
p. 356), c'est-à-dire, qu'ils soient très-ouverts et que 
leur courbure dépasse à peine le sinusd'un angle droit. 
C'est le moyen d'empêcher que leur pointe ne con- 
londe les parties , et c'est aussi celui de rendre plus 
facile leur application. 11 est presqu'impossible d'in- 
troduire dans la bouche ou dans une ouverture du 
crâne d'un enfant mort, un crochet dont la courbure 
forme une anse ou un demi-cercle ; au contraire , 
celui qui ne forme qu'un simple coude à angle droit 
esl facilement engagé dans une ouverture , même 
Irès-étroile. 

Quant aux lacs, je ne me rappelle pas avoir ja- 
mais rencontré la nécessité de les appliquer ailleurs 
qu'aux malléoles ou aux poignets , pas même à 
l'aîne ou à l'aisselle. Les lacs de soie sont ceux que 
je préfère : la soie résiste beaucoup , elle est très- 
souple, très-flexible, et ses nœuds coulent aisément, 
'(iiême quand elle est mouillée. Les avantages quq 



P REM I E R MÉ M O I RE. 5^ 

je trouve dans un simple ruban de soie , je les cher- 
cherais en vain dans ceux de laine ou de fil . Ces lacs 
ne sont utiles qu'autant que les parties sont encore 
contenues dans le vagin ; une fois sorties on n'en a 
plus besoin ; un linge sec dans lequel on enve- 
loppe le membre les remplace alors avec avantage ; 
il ne contond , n'étrangle pas la partie et ne glisse 
que difficilement sur elle. 

B. Sur la tête du fœtus, quand c'est elle qui se pre'- 
sente la première, on ne peut guère se servir de la 
main ou des doigts seuls. Parmi les auxiliaires dont 
on a proposé de s'aider alors , il en est beaucoup qui 
sont tombés dans un juste oubli: le filet, les lacs, le 
tire-tête, le levier sont aujourd'hui tombés dans une 
entière désuétude. Il faut, pour agir sur la tête, des 
intrumens solides, d'une prise ferme et d'une appli- 
cation facile. De ces instrumens, il eu est qu'on n'em- 
ploie qu'après la mort de l'enfant; il en est d'autres 
qui_, n'agissant pas sur lui d'une manière nuisible(pour 
l'ordinaire) , peuvent être employés pendant qu'il 
vit encore. La première classe comprend les crochets 
aigus ou mousses et le perce -crâne. La deuxième 
est composée d'un seul instrument , le forceps. 

Première Classe, l^e crochet aigu, tel qu'on l'em- 
ploie aujourd'hui, est toujours simple. On ne se sert 
plus des pinces armées de pointes, ni des deux cro- 
chets de Mesnard, ni des crochets à deux pointes de 
Smellie. Cet instrument ne doit point être ouvert et 
élargi comme le crochet mousse : c'est par sa pointe 
qu'il doit porter et non par toute sa portion recour- 



58 PRATIQUE DES ACCOUCHEMF.NS. 

bée, comme ce dernier doit le faire. La pointe doit 
reca'der vers le manche dar^s le crochet a^^n : elle 
doit être dans une direction presque perpendiculaire 
à celle du m^mche dans le crochet mousse. On ne 
■pevA donc, à mon avis , faire qu'uri mauvais instru- 
ment si , en renfermant la pointe dans une olive, 
on veut avoir sur la même tige un crochet aigu et 
un crochet mousse. Une tige droite rend l'applica- 
tion plus facile et les Irnclions plus sûres; mais une 
lige recourbée (vojez les planches de Smellie ) 
pourra quelquefois être utile et favoriser l'action du 
crochet sur la partie de la tête qui regarde le fond 
de l'utérus , et donner ainsi plus de prise. Dans les 
règles de la bonne théorie , cet instrument devrait 
toujours être fixé , non-seulement sur des points 
solides etrésistans, mais encore sur des points dé- 
terminés , et toujours sur une des extrémités des 
grands diamètres de la tête. Ainsi , quand le som- 
met se présente, c'est sur l'occiput qu'il faudrait 
appuyer Tiustrument ; la tête se fléchirait , et sa plus 
grande longueur filerait perpendiculairement aux 
détroits. Quand c'est la base du crâne qui s'avance 
la première , soit que le reste du tronc soit séparé 
de la tête, soit qu'il y tienne encore, c'est sur le 
front et la face qu'il faudrait porter son efilbrt : on 
tournerait la face en bas, et on oblienelrait encore 
des rapports très-favorables entre les diamètres de 
la tête et ceux du bassin. On ne devrait jamais , 
d'après ces principes , accrocher les parties latérales 
de la tête ; mais quelle différence quand on en vient 



P R E M I E R M É M O 1 R E. 5g 

a rexeculion , surtout quand un bassin vicié dé- 
range ou empêche les manœuvres les plus ration- 
nelles ! Alors on s'altaclie où Ton peut , heureux 
encore si on peut saisir une partie résistante qui 
entraîne le reste , et si les parties successivement 
saisies ne viennent point pièce à pièce à la pointe de 
l'instrument. 

Le crochet mousse ^ appliqué sur la télé sans l'ac- 
tion préliminaire d'aucun autre instrument, ne peut 
guère trouver de prise que sur la mâchoire infé- 
rieure: cependantcommecetosesltrès-mobiléet qu'il 
cède aisément, le crochet glisse et s'échappe. Quand 
on n'a pas besoin d'un très-grand effort _, on peut le 
fixer d'une manière plus Rire en l'appuyant sur les 
parties molles entre la joue et la mâchoire. Mais 
quand on a d'abord fait agir le perce-crâne , le cro- 
chet mousse devient d'un emploi plus commode, 
plus sûr et moins dangereux que le crochet aigu ; il 
ne déchire pas comme lui les parties , il appuie sur 
une surface plus grande , et s'il s'échappe , il ne 
blesse pas dangereusement la mère ou l'opérateur. 

Le perce - crâne a quelquefois suffi pour faci- 
liter et déterminer l'accouchement (i) : la tête 
amoindrie a cédé aux contractions utérines. Le 
plus souvent il ne fait que préparer la voie aux cro- 
chets, ou bien il diminue le volume de la partie et 
permet l'extraction à l'aide du forceps ou de la 
version. 

(() C'est ce (jui ..e voit souvent dans le cas d'hjdroce'i haie. 



6o PRATIQUE DES ACCOUCHEMEW S. 

Par rapport au procède opératoire , ce que j'ai dît 
du crochet aigu , je le répète pour le perce-cràne. 
On ne devrait le faire pénétrer que dans une su- 
ture ou dans une fontanelle. Il entrera où ou trou- 
vera place , et souvent il faudra qu'il perce les os 
du crâne si les jonctions membraneuses sont trop 
distantes du centre du bassin : j'en parle par ex- 
périence. Nommer les ciseaux de Smellie , c'est 
dire assez comment j'ai l'habitude de m'en servir. 
C'est en effet le perce-crâne que j'ai adopté comme 
la plupart des modernes. Chacun sait qu'il agit ea 
perçant d'abord , puis en agrandissant l'ouverture 
par l'écartement de ses branches. 

Deuxième Classe. Le levier, qui a fait tant de 
bruit entre les mains de Roonhuisen , est tombé 
maintenant dans une telle défaveur , que je crois 
inutile d'ajouter aux critiques qu'on en a faites. Le 
forceps, au contraire, jouit d'une considération mé- 
ritée à tous égards. Nous devons entrer ici dans 
quelques considérations générales à son sujet ; car, 
quoique exclusivement destiné à la tète, il est ap- 
plicable aux positions de la face aussi-bien qu'à 
celles du vertex et de la base du crâne. Depuis sa 
première origine _, le forceps a subi un très-grand 
nombre de modifications, qui tantùtont contribué à 
son perfectionnement , et tantôt l'ont mal à propos 
altéré. D'abord droit , il fut courbé sur les bords 
par Smellie (t. i*^%p. 270), et dans le mêhie temps, 
Levret , en lui donnant la même courbure , y joi- 
gnit les crochets mousses, lui donna plus de Ion- 



PRE M I E R M EMO I RÉ. Of 

gueur et de largeur, et enfin raccommoda parfai- 
tement à la forme de la têle et à la direction du 
bassin. C'est celui-là que je préfère à tous. J'aime 
que sa courbure soit modérée j que sa longueur soit 
médiocre , et telle seulement que le pivot répon- 
dant au centre du détroit inférieur, l'extrémité des 
cuillers dépasse de trois pouces et demi le niveau 
du détroit supérieur d'un bassin bien fait. Je désire 
qu'il soit intérieurement bien évidé et privé de ce 
filet saillant qui borde les anciens forceps ; je pré- 
fère aussi que le col du pivot soit formé par la ren- 
contre de deux cônes et non brusquement rétréci : 
l'articulation en devient bien plus facile et moins 
rude; enfin, pour la raison ci -dessus exposée et 
pour la commodité même de l'instrument , je de- 
mande que les crochets soient très-ouverts et pres- 
que en angle droit. Les branches du forceps se dis- 
tinguent généralement sous les noms de mâle et de 
femelle; ses courbures, sous les noms d'ancienne et 
de nouvelle. N'aurait-on pas des idées plus nettes et 
plus essentielles à la pratique en nommant les bran- 
ches <^7'o/Ve et gauche j d'aprèsla position des cuillers 
entre les mains de l'accoucheur (i); en désignant 
les courbures sous les noms de courbure des faces et 
courbure des bords? C'est de ces dénominations 
que je me servirai constamment dans le cours de cet 

(i) La branche mâle représente la main droite de l'accou- 
cheur ; branche droite. La femelle représente la main gauche j 
branche gauche. 



62 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

ouvrage : j'espère qu'elles ne laisseront pas d'équi- 
voque. On me comprendra tout aussi aisément, je 
pense , quand je dirai la concavité des faces , la 
co?ii'ejc'Ué des bords , ou quand j'emploierai les ex- 
pressions àeface convexe et bord concave , etc. 

Principes généraux. Cesi toujours sur la léte 
que doit s'appliquer le forceps , et nul accoucheur 
ne s'aviserait aujourd'hui de suivre le conseil de 
Levret , par rapport aux fesses. C'est toujours sur 
la tête , et c'est, autant que possible , sur ses côtés. 
Déjà Smellie en avait donné le précepte ( tom. I". , 
pag. 277 ). Baudelocque ne reconnaît qu'une cir- 
constance qui puisse changer cette règle générale 
( enclavement transversal ). Oui , sans doute , il 
faut , autant que possible , appliquer le forceps sur 
les côtés de la tête et parallèlement au diamètre 
occipito-mentonnier ; mais, dans un bassin diffor- 
me , fait-on comme on veut? Mais, quand l'éléva- 
tion de la tête, quand sa tuméfaction empêchent de 
reconnaître sa position ^ peut-on être sûr d'em- 
brasser la têle par ses côtés ? INe peut-on pas soi- 
même changer la position par l'introduction de 
la première branche ? La règle n'est donc pas sans 
exceptions , il s en faut de beaucoup. 

Un jeune accoucheur russe nous assurait il y a 
quelques jours , qu'à Saint-Pélersbourg on était 
beaucoup moins difficile que nous sur cet article. 
On y applique constamment , nous disait-il , le 
forceps sur les côtés du bassin , sans s'inquiéter 
beaucoup de la position de la tcle , et ou ne s'en 



P R E M I E R M É M O I R E. 63 

trouve pas mal. C'est un point de pratique qui 
nous arrêtera encore^ et que nous discuterons alors 
plus amplement. 

Toujours les branches doivent être place'es de 
manière que , la rotation une fois opérée , la con- 
cavité des bords regarde les pubis. Jamais, comme 
Deleurye l'indique d'après Levret, jamais, dans 
quelque cas que ce soit , on ne doit tourner la 
convexité ailleurs que dans la courbure du sacrum 
à laquelle elle est accommodée. Tout au plus _, dans 
les premiers momens, peut-on se permettre delà 
tourner vers un des côtés du bassin; jamais il ne 
faut tourner la concavité des bords vers une des 
symphyses sacro-iliaques, même avec l'intention de 
la ramener sous les pubis : ce serait vouloir tordre le 
cou de l'enfant et meurtrir toutes les parties molles 
du bassin (i). 

Procédé opératoire. Dans quelque opération 
que ce soit , relative à l'art des accouchemens , je 
ne trouve aucune situation de la ferame qui réu- 
nisse autant d'avantages que celle que j'emploie 
journellement à la Maternité. En un moment ou 

(i) Oa ne peut s'appuyer pour cela de ce qui arrive dans 
certaines positions du sommet. Si la quatrième position se 
réduit à la première par les seuls efforts de la nature , et qu'en- 
suite l'occiput , par une nouvelle rotation sur-ajoutèe h la pre- 
mière, se' tourne sous les pubis, c'est que le tronc était déjà 
en partie tourné dans ce sens, et que par conséquent la r>a- 
ture a trouvé plus de facilité dans celte rotation que dans k-» 
rotation opposée. 



64 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

a transforme le lit de travail ordinaire en lit dop^" 
ratioji. Un des bords du lit est appuyé contre la 
muraille , et , de ce côté , nous accumulons , vers 
son milieu , des oreillers destinés à soutenir les 
épaules et la tête de la femme. Le sacrum appuie 
sur le bord libre du lit ; les pieds sont portés sur 
les genoux de deux élèves assises l'une vis-à-vis 
l'autre ; deux autres élèves , assises à côté des oreil- 
lers , maintiennent les épaules , et retiennent la 
femme lorsque je tire sur l'enfant. Nul fauteuil , 
nul lit mécanique n'est préférable à celui-là , ni 
pour la commodité , ni pour la simplicité. Rien de 
plus facile ^ après l'accouchement , que de rétablir 
le lit ordinaire : on transporte les oreillers vers une 
des extrémités ; on n'a qu'à tourner la malade , et 
elle se retrouve couchée dans l'altitude convenable 
pour dissiper la fatigue qu'elle vient d'éprouver. 

Je ne sais jusqu'à quel point un fauteuil méca- 
nique peut remplacer les aides : pour moi je n'en 
ai jamais manqué dans ma pratique particulière , 
et je ne crois pas que rien puisse avantageusement 
les suppléer, surtout quand on les a aussi nombreux 
et aussi exercés que dans notre école. 

Debout entre les cuisses de la femme , j'opère 
de la manière suivante. Avant de la décrire , rap- 
pelons d'abord le judicieux précepte de Baude- 
locque. Je ne manque jamais , ainsi que lui, de 
faire voir le forceps à la femme , et de lui expli- 
quer à-peu-près son usage et sa façon d'agir. Il 
n'en est aucune auc celte démonstration ne Iran- 



PREMIER M Ê MO IR E. 65 

quillise , et j'en renconlre souvent qui , à leur 
deuxième accouchement , sollicitent l'application 
du forceps qu'elles ont vu mettre en usage pour 
les débarrasser au premier. 

Graisser l'instrument, réchauffer, etc., ce sont 
des précautions trop connues pour que Je m'y ar- 
rête : je passe à l'exécution. 

Je m'assure d'abord de l'état de l'orifice utérin , 
et jamais je n'essaie l'application si l'instrument doit 
y entrer avec peine : ce serait vouloir tout déchirer. 
Si la tête a franchi l'orifice, et qu'il soit rétracté 
vers la poitrine , deux doigts suffisent pour diriger 
la cuiller. Mais si la tête est encore dans l'utérus , 
il faut que les doigts entrent dans l'orifice pour 
conduire avec certitude l'instrument sur elle, et 
l'empêcher de heurter l'union de la matrice et 
du vagin ; il peut être nécessaire , à cet effet , d'in- 
troduire toute la main dans le vagin , quand la tête 
est haute , par exemple. C'est en négligeant ce soin 
que les ignorans déchirent le vagin , et pénètrent 
dans l'abdomen : ne connaissant pas la cause de 
l'obstacle qui les arrête, ils le franchissent par la 
force , et la déchirure une fois faite , ils l'agrandis- 
sent par de nouvelles tentatives. Nous en avons en 
trop souvent la déplorable preuve chez les femmes 
qu'on uoas apporte après des manœuvres aussi fu- 
nestes qu'infructueuses. Un de ces accoucheurs nous 
écrivait qu'il n'y avait plus de ressource que dans 
l'opération césarienne : un quart d'heure après , la 
femme accoucha spontanément. 

5 



66 PRATIQUE DES ACCOUCHEMEIVS. 

Cette précautioa prise , j'introduis la cuiller çn 
la glissant sur la face palmaire de la main ou des 
doigts. Levrel veut qu'on la fasse entrer toujours 
sur le côté du bassin , pour la conduire ensuite au 
lieu convenable. Baudelocque semble n'admettre 
celte manœuvre que quand la tête est au-dessus du 
détroit supérieur; dans les autres cas, il laisse à 
penser qu'on doit la passer sur-le-champ du côté 
où elle doit rester après la jonction des deux bran- 
ches. Pour moi , je l'introduis constamment sur le 
ligament sacro-sciatique. C'est là que le bassin est 
plus droit ; on y trouve encore l'espace agrandi 
par la courbure du sacrum , et on n'y trouve point 
l'obstacle qu'opposerait, en haut de cette courbure_, 
la saillie vertébrale. 

Quant à la branche à placer la première , on sait 
bien que cela varie suivant les circonstances ( P^oj\ 
le Mémoire suivant ). Je ne veux faire ici qu'une 
remarque. S'il fallait qu'une branche fût toul-à-fait 
en avant et l'autre en arrière (position transversale), 
faudrait-il , comme on le conseille , commencer 
par placer celle que j'ai nommée la première? Trou- 
vera-t-on plus de facilité dans la courbure du sacrum 
que sous les pubis? Je ne le crois pas. Au moyen du 
mouvement spiral que je vais décrire tout-à-l'heure, 
je parviendrai plus aisément à glisser une branche 
sous les pubis qu'à en enfoncer une en arrière. Eu 
effet, la première branche poussera la tête dans la 
concavité du sacrum , et la deuxième branche étant 
moins courbée sur ses faces que cet os, son extré- 



l'REMICR MÉMOIRE. fy 

mite heurtera contre lui ou contre l'angle sacro- 
vertébral , et elle ne pourra avancer : Texpérieuce 
me Ta démontré plus d'une fois. 

Il n'en est pas de même si les branches ne doi- 
vent être opposées que dîagonalemeiit , c'est-à-dire 
l'une en arrière et d'un côté, l'autre en avant et du 
côté opposé. Il me suffira , dans ce cas , de pousser 
directement la branche qui doit rester en arrière sur 
le ligament sacro-sciatique, rien ne l'arrêtera; je 
puis donc me ménager plus de facilité pour l'autre 
en commençant par elle. 

Voici comme je procède à son placement : la 
branche à placer, tenue comme une plume et ap- 
puyée en travers sur l'aîne opposée au côté où elle 
doit passer, j'insinue l'extrémité de la cuiller au- 
devant du ligament sacro-sciatique; puisa mesure 
que j'enfonce, j'abaisse le crochet et je le ramène 
peu à peu entre les cuisses , jusqu'à l'incliner fort 
bas au-dessous du niveau de l'anus : par ce mouve- 
ment, je fais décrire a l'extrémité de la cuiller un 
mouvement en spirale^ que les doigts introduits 
dans le vagin dirigent et perfectionnent. Ce mou- 
vement porte la cuiller en même temps en avant 
et en haut ; il lui fait cerner la tête par un trajet 
oblique que représenterait une ligne étendue du 
ligament sacro-sciatique à la branche horizontale du 
pubis et tracée à l'intérieur du bassin. Ce mouve- 
ment est opéré en un clin d'œil , et il se fait sans 
la moindre douleur, sans le moindre froissement ; 
il diffère beaucoup de celui qu'indique Levrel, qui 



68 PRATIQUE DES ACCOUCHFMEXS. 

enfonce d'abord la cuiller , puis la ramène en sciant 
au point voulu. Dans son procédé, c'est le bord, 
ici c'est l'extrémité qui chemine ; c'est sur cette 
extrémité que doit porter toute l'attention de l'ac- 
coucheur; c'est elle qu'il doit toujours suivre et 
diriger. 

Je dois avertir que le mouvement spiral n'est 
facile que quand la tête a dépassé le détroit supé- 
rieur ; au-dessus de lui ce mouvement n'est plus 
possible ; il faut enfoncer tout de suite la cuiller, 
et on ne peut la conduire obliquement que par le 
procédé de Levret^ si même on le peut. La péné- 
tration facile et le défaut de résistance à l'intro- 
duction ultérieure , la résistance à l'extraction ; 
tout cela annonce, comme Ta remarqué Rœde- 
rer , que la branche du forceps a saisi dans sa ca- 
vité la convexité de la tête. 

J'introduis presque constamment la deuxième 
branche au-dessus , ou , si on veut , en avant de la 
première. Il est toujours difficile de l'introduire 
entre celle-ci et le périnée , et plus difficile encore 
de la bien diriger alors. Il résulte quelquefois de là 
que la branche droite se trouve sur la gauche ; le 
contraire est nécessaire pour que le pivot entre 
dans la mortaise : eh bien ! alors je décroise len- 
tement et doucement les branches , et je fais passer 
la gauche (femelle) sur la droite (mâle). 

Les deux branches placées , je les articule sans 
effort et sans secousse. Si la tête est solide , si elle 
est amplement saisie , si elle l'a été convenablement 



PREMIEp. MÉM0IRE7 69 

et sans peine ^ je rapproche seulement avec leâ 
mains les crochets du forceps. Dans le cas contraire, 
je les serre avec une ligature solide pour empêcher 
l'instrument de lâcher prise. 

Cest alors qu'il s'agit de donner a la tête une di- 
rection favorable , et de lui faire exécuter une rota- 
tion qui rende sa plus grande longueur parallèle au 
grand diamètre du détroit inférieur. Je la suppose 
dans l'excavation. La manière dont Baudelocque 
conseille de le faire m'a toujours paru un peu brus- 
que. Bien souvent le seul effort (tout léger qu'il est) 
nécessaire pour unir les branches ou pour les dé- 
croiser, a suffi , sous mes mains, pour ramener ces 
branches sur les côtés, et en même temps faire 
rouler la tête. Quelquefois même le placement d'une 
branche a suffi pour occasioner cette rotation ; en- 
fin , dans le plus grand nombre des cas , en tirant 
simplement sur le forceps obliquement placé , j'ai 
vu la lêle tourner avec Tinstrument en même temps 
qu'elle s'avançait vers l'extérieur. Dans les cas , au 
contraire, où ces simples efforts ne produisaient pas 
la rotation, quand j'ai voulu employer le procédé 
de Baudelocque, je n'ai changé que la direction du 
forceps , qui dès-lors s'est trouvé défavorablement 
appliqué ; la tête est restée oblique , et les cuillers 
Font saisie dans un diamètre oblique. 

La tête ainsi ramenée ^ les tractions, qui jusque là 
avaient été dirigées en bas, doivent l'être dans un 
sens différent : je relève les crochets , non tout-à- 
coup _, mais lentement et par degrés, à mesure que 



70 PRATIQUE DES ACCOUCIIEMENS. 

la tête descend davantage , jusqu'à ce qu'en (lu je les 
aie éleve's presque perpeadiculairemeut au-dessus 
des pubis. A celle époque, la lête doit avoir f'i ancbi 
le détroit inférieur et rester seulement engagée dans 
les parties molles extérieures. L'occiput et le front 
ou le menton (i) sont entièrement en dehors , sui- 
vant la région que présentait la tète, et celle por- 
tion qui paraît à l'extérieur entr'ouvre largement la 
vulve; le reste fait saillir, le périnée et distend 
ranus.SuivantBaudelocque,il faut continuer à tirer 
en renversant le forceps Vers l'abdomen; il faut 
tirer d'une seule main et de l'autre soutenir le péri- 
née. Baudelocque a-t-il pu croire qu'une seule main 
soutiendrait suffisamment le périnée pendant qu'on 
fait effort de l'autre ? En suivant son précepte, la 
rupture de cette partie est inévitable ; car le forceps 
augmentant le volume de la tête, écarte davan- 
tage les lèvres de la vulve, et accélérant la sortie de ia 
télé , rend la distension bien plus forte et bien plus 
brusque. Dire qu'une main suffira pour achever 
l'extraction, n'est-ce pas dire que la tète ne tiet)t 
presqu'à rien, et qu'un faible effort la fera sortir ? 
Eh bien ! ce léger effort , c'est à la mère que je 
le confie. Quand une fois la télé est hors des parties 
osseuses, elle ne rétrograde plus. J'ote doucement 
les branches du forceps , je les désarticule avec la clef 
placée entre elles en forme de levier ; je les extrais 

(i) Occiput , 1'' et 2^ position du vertex ; front , 4* et 5*; 
menton , positions de la face. 



PREMIER MEMOIRE. 7I 

en les inclinant graduellement , car souvent l'extrac- 
tion un peu brusquée d'une branche produit l'ex- 
pulsion de la tête. Le forceps ôté , la tête achève de 
dilater les parties par un bref séjour; la distension 
est plus graduelle , et je puis d'ailleurs porter toute 
mon attention , toutes mes forces sur le périnée 
pour prévenir sa rupture. S'il le faut, je fais pousser 
la femme ; mais la présence de la tête à la vulve 
l'y engage assez par les ténesmes qu'elle occasione. 
S'il est utile , dans les cas ordinaires , doter le for- 
ceps à la fin de l'accouchement , il l'est bien plus 
encore quand on n'a pu saisir la tête par ses côtés, 
quand on l'a prise diagonalement. Si on voulait alors 
achever l'extraction avec le forceps , on ferait tra- 
verser la vulve par des diamètres défavorables , et 
le périnée serait plus que jamais en danger, ainsi 
que les nymphes, etc. (i). Au contraire, détachez 
le forceps au moment où la tête est engagée dans le 
détroit inférieur et les parties externes, et vous ver- 
rez sa rotation s'achever et sa direction devenir fa- 
vorable, sans qu'il en coule beaucoup d'efforts aux 
muscles abdominaux et à la matrice. Je sais bien 
qu'aux yeux des gens du monde, si l'accouchement 
ne se fait pas à la première douleur, on parait 



(0 Quand la vulve est un peu étroite , il n'est pas irès- 
rare qu'une des nymphes se sépare en partie de la grande 
lèvre , et qu'elle forme par la suite un Janibeau désagréable. 
Cela a lieu surtout quand la têt* sort un peu oblique après 
une rotation incomplcle. 



J2 PRATIQUE DES ACCOUCIIF.MENS. 

avoir manqué l'opération ; je sais qu'ils peuvent 
prendre pour impéritie une saiçe prévoyance. Qu'en 
concluera-t-on ? Ne sont-ce pas les mêmes per- 
sonnes qui croient tout vous devoir dans l'accou- 
chement le plus simple, le plus facile et le plus 
prorapt , et qui semblent vous imputer les diffi- 
cultés d'un accouchement laborieux qui a exigé tout 
voire savoir , tout votre sang-froid et toute votre 
habileté? 

Voiià les généralités applicables à la plupart 
des cas d'emploi du forceps ; mais il est deux c/r- 
constances qui peuvent se rencontrer dans toutes 
les positions qui requièrent cet instrument, et qui 
doivent modifier les préceptes : je veux parler de 
lélévalion de la tête au-dessus du détroit supérieur, 
et de la sortie du tronc avant la tête. 

i". Depuis l'invention du forceps, un très-grand 
nombre d'accoucheurs ont conseillé, dans certains 
cas , son application même lorsque la tête était en- 
core au-dessus du détroit supérieur. Sraellie et Le- 
vret avaient en tout ou en partie destiné à cet usage 
la courbure nouvelle qu'ils donnaient au forceps; 
Deleurje dit avoir plusieurs fois exécuté cette pra- 
tique, et tout récemment encore M. Lobstein a rap- 
porté d'assez nombreuses observations (^Bulletin de 
la Soc. med. cTEmul. ySeplemhre 1817) à l'appui 
de son sentiment sur cette manœuvre. 

II faut avant tout bien distinguer les cas où la 
tête est au-dessus du détroit abdominal de ceux où 
ç]\e est déjà engagée dans ce détroit. Ces derniers. 



PREMIER MÉMOIRE. yS 

un peu plus difïicuUueux que si la lête e'iait dans 
l'excavation, n'exigent guère de soins particuliers. 
Mais lorsque rien n'est engagé dans l'excavation , 
l'application devient très-difficile et souvent dange- 
reuse : on a bien plus de facilité alors à aller cher- 
cher les pieds , et plusieurs fois j'ai été forcée d'en 
venir là après avoir cherché sans succès à employer 
le forceps. Je ne condamne point pourtant tout à- 
fait son usage ; mais je crois qu'il exige beaucoup 
de sagacité et d'habitude. Examinons en détail ses 
difficultés et ses dangers. 

Difficultés. On les concevra sans peine. La hau- 
teur de la tête rend souvent le diagnostic impossi- 
ble ; donc on agirait en aveugle. La position étant 
connue , la tête libre au-dessus du bassin se dé- 
range aisément sous la première branche et peut 
rendre fautive l'application de la deuxième. Celle 
mobilité fait encore que la tête, poussée par les 
branches, remonte plus haut et n'est prise que par 
le bout du forceps. L'application sera*d'autant plus 
difficile que les branches arrivées à une certaine 
hauteur n'auront plus de guide; la main remplirait 
le vagin et les empêcherait de marcher convenable- 
ment, bien loin de leur être uliie. La tête est trop 
mobile et trop haute pour leur servir de conduc- 
teur _, comme quand elle est dans l'excavation. Joi- 
gnez à cela la difformité du bassin, cause ordinaire 
de l'élévation de la tête, et qui détourne et dévie 
les branches du forceps. 

A toutes ces causes s'en, joint encore une ualU" 



74 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

relie qui doit rendre l'application du forceps irré- 
guiière dans certains cas. Quand la tête est trans- 
versale, il faudrait, d'après les principes, qu'une 
branche fût en avant et l'autre en arrière : ce serait 
une chose absolument indispensable dans les posi- 
tions transversales de la face. Eh bien ! c'est chose 
impossible : le périnée repousse en devant le for- 
ceps et lui donne une obliquité telle (par rapport 
au détroit supérieur ), qu'il ne pourra laisser entre 
les cuillers l'espace suffisant pour contenir la plus 
petite télé. Il faudrait , pour cela faire , qu'il fût di- 
rigé suivant l'axe du détroit supérieur; mais, 
pour lui donner celle direction , il faudrait faire 
reculer le périnée jusqu'au niveau du bas du sa- 
crum. C'est celle difficullé-là sans doute qui a si 
souvent fait croire à l'enclavement transversal que 
je n'ai jamais observé. Enfin, dernière difficulté, 
si c'est le vertex qui se présente, on saisira la tète 
soit par les côtés , soit du front à l'occiput , à une 
époque oîi elle ne s'est point encore fléchie, où 
elle présente au bassin son diamètre occipito-fron- 
lal , et c'est dans cette direction vicieuse qu'on la 
forcera de descendre. Ajoutez à cela que , pour la 
même raison , la face se trouvant sur la même ligne 
horizontale que l'occiput, si on applique le forceps 
sur les extrémités du grand diamètre, une branche 
portera sur la face. Dans l'excavation , au con- 
traire, la tête s'est ûéchiey le front (et non toute 
la face) est au niveau de l'occiput, et c'est sur lui 
qu'agit le forceps. Si c'est la face qui s'avance même 



PREMIER MÉMOIRE. ^5 

€n prenant la tête par les côtes , on la prendrait le 
plus souvent ( positions secondaires ) dans un temps 
où le front est encore au centre et où le diamètre 
occipito-mentonnier mesure encore ceux du bassin. 
Nous reviendrons là-dessus : c'en est assez pour 
le sujet qui nous occupe. 

Dangers. Le premier, le plus fréquent, mais 
non le plus important par lui-même , c'est le glis- <■ 
sèment du forceps. Cet instrument peut glisser 
sur la tête dans deux sens diflerens , dans le sens 
vertical, et dans le sens horizontal. C'est dans le 
sens vertical que le glissement a lieu plus souvent. 
Il arrive toutes les fois que la tête est au-dessus 
de la pleine portée du forceps, ou qu'elle a remonté 
pendant l'application , de manière à n'être saisie 
que par le bout des cuillers : elle leur échappe aisé- 
meut, et l'instrument vient seul , quelle que soit 
la force avec laquelle on serre ses crochets. Ce 
glissement est favorisé par la mollesse et la flacci- 
dité du crâne (putréfaction). Le glissement dans 
le sens horizontal n'est pas rare dans les bassins dif- 
formes qui contrarient la marche des branches et 
empêchent de les bien opposer l'une à l'autre. La 
mobilité de la tête peut aussi en être cause. Le 
rapprochement facile des crochets indique alors 
que le forceps n'a rien saisi , que la tête a fui devant 
ou derrière les cuillers ^ qu'elle n'était prise que 
par leurs bords , et pincée par une petite partie de 
sa surface ^t dans deux points rapprochés. Il faut 
bien alors retirer les branches , après les avoir dés- 



yÔ PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS.' 

articulées (i). Ces accidens ne seraient rien par 
eux-mêmes; on en serait quitte pour recommen- 
cer. Mais si le forceps s'échappe pendant qu'on tire 
vigoureusement, l'orifice utérin et le périnée pour- 
ront fortement en souffrir. L'orifice sera bien plus 
exposé encore si la tête glisse devant ou derrière 
le forceps comme un noyau de cerise pressé entre 
les doigts. Les bords du forceps portent sur lui à 
nu, le distendent et le coupent plus ou moins pro- 
fondément , surtout si on tire sur l'instrument 
sans avoir séparé ses branches. La tête le pousse 
contre le bord de l'orifice , et en le tirant , on le 
fait agir comme un instt nnient sciant. Nous voyons 
souvent arriver à l'hospice des femmes qu'on a 
long-temps tourmentées avec le forceps : souvent 
l'orifice est fendu, sillonné, et quelquefois la lésion 
s'étend au col et au corps de la matrice. J'ai trouvé 
quelquefois l'orifice tellement tendu sur les bords 
du forceps quoique assez bien appliqué, que je n'ai 
pas osé tirer sur lui et que j'ai préféré la version. 
Tout cela est relatif à la mère : voyons maintenant 
si l'enfant n'est pas aussi plus exposé. Je ne parle 
pas des lésions que le forceps peut produire sur la 
face dans les cas incertains ; mais même sur les 
côlés du crâne , est-il exempt de dangers? Plus on 
craindra le glissement et plus il faudra serrer le 
forceps ; plus la tcte sera haute et plus les extré- 
mités de l'instrument porteront sur la tête. C'est en 

(r) Précaution essentielle: on en sent la raison. 



PREMIER ME>IOIRE. 77 

dire assez pour faire comprendre que Tenfaut est 
bien plus exposé dans ces circonstances que dans les 
cas simples. 

Je ne tenterai donc d'appliquer le forceps sur une 
tête au-dessus du détroit supérieur que quand la po- 
sition sera suffisamment connue, quand la tête sera 
peu mobile , quand elle offrira une solidité conve- 
nable, quand le bassin ne sera pas par trop difforme, 
et surtout qu'il ne sera point irrégulier dans sa dé- 
formation; enfin quand l'utérus , vide d'eau et serré 
sur Fenfant , rendra la version difficile et dange- 
reuse. Pour appliquer le forceps dans ce cas, je sui- 
vrai toujours les règles ci-dessus tracées : la main 
conduira la cuiller dans l'orifice ; celle-ci montera 
sur le côté du bassin et le plus souvent y restera 
placée. Les branches réunies, je lierai les crochets 
ensemble, et je tirerai en bas jusqu'à ce que la tête 
soit descendue dans le fond de l'excavation. Dès- 
lors je me conduirai comme dans les cas simples. 

2°. Tous les accoucheurs modernes , si je ne me 
trompe , conseillent le forceps pour extraire la tête 
retenue par une cause quelconque après la sortie du 
tronc. Smellie semble leur avoir ouvert la marche 
(planche xxxv) (i), et cependant Smellie con- 
naissait très-bien la manière de se servir des doigts 
en pareille circonstance (t. j^% p. 335). J'ai plu- ' 

(i) Les planches de Smellie sont à pea-prcs les seules 
bonnes que je connaisse en fait d'accouchement : voilà pour- 
quoi je les cile si souvent. 



n8 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS." 

sieurs fois fait l'essai du forceps après la sortie du 
tronc, et chaque fois sans véritable utilité'. Il est dif- 
ficile et de l'appliquer^, et de s'en aider convenable- 
ment après l'application. Si la face est sous les pubis, 
l'indication est delà tourner vers le sacrum , ce que 
les doigts font très-bien seuls. Si la face est dans la 
concavité du sacrum , il est évidemment impossible 
de prendre la tête par les côtés en étendant la lon- 
gueur des branches du menton à Yocciput. Vous 
avez beau faire relever le tronc, pour peu que la tête 
soit élevée dans le bassin , le périnée empêchera 
le pivot du forceps de répondre au menton^ il se 
trouvera sous la base du crâne,, et la tête avancera 
en présentant son diamètre occipito-frontal à l'exca- 
vation. Si la tête est encore au-dessus du détroit , le 
menton s'arrêtera sur l'angle sacro-vertébral , et la 
tête offrira au bassin son diamètre de cinq pouces, 
son diamètre occipito-mentonaier. Il faudrait (lors 
même que la tête est dans l'excavation), pour que 
l'instrument fût parallèle au diamètre occipiJo-men- 
tonnier, repousser énormément en arrière le périnée 
et le coccyx : vous en prendrez une idée en consultant 
les planches de Smellie , de Baudelocque et de ses 
imitateurs. On n'évitera ce désavantage qu'autant 
que la tête sera très-basse et le menton prêt à se 
dégager; mais alors à quoi bon le forceps ? Saisissez 
la mâchoire inférieure, la tête sort ordinairement 
sans peine, et presque sans autre effort que l'éléva- 
tion du tronc au-dessus des pubis : c'est la pratique 
que j'ai toujours suivie avec le plus grand succès. 



PREMIER MF. MOIRE. yf) 

§111. 3*^ Indication. — Changer la position. Celle 
indication ne peut être remplie , suivant la masse 
des auteurs, que de deux manières : en ramenant le 
verlex, et en saisissant les pieds. 

A. Ramener le vertex. La chose doit être consi- 
dére'e dans deux circonstances différentes : ou bien 
c'est une partie très-éloignée de la tète à laquelle on 
veut substituer celle-ci ; ou bien c'est la tête elle- 
même mal située qu'on veut rectifier. 

Première circonstance. Depuis Hippocrate jus- 
qu'à Ambroise Paré , le premier conseil de tous, 
dans les mauvaises positions , c'était d'amener la 
tête à l'orifice { P^ojez Hippocrate, Celse, Rho- 
dion , etc. ). L'accouchement se fait naturellement 
par la tête : donc c'est la tête qu'il faut substituer à 
l'épaule, à la hanche, etc. Le raisonnement était 
spécieux ; je ne m'attache point à le réfuter : c'est 
dans les livres de Paré, de Mauriceau , de Delamotte, 
d'Antoine Petit, qu'il faut en chercher la réfuta- 
lion (i). Dionis a voulu l'essayer, et n'a pu y réus- 
sir (p. 282 ). Les conseils que Mauriceau donne à 

(i) Smellie est presque le seul des modernes qui ait employé 
celte pratique et qui ait réussi. Il a , dit-il , repoussé une fois 
l'épaule et l'autre fois le côté du thorax pour ramener le 
vertes ( 1. 11 , pag. 332 et 333). 

Plus récemment , un soi-disant accoucbeur a osé écrire qu'il 
avait amené la tête dans un cas ou l'enfant avait présenté les 
pieds : le moyen dont il dit s'être servi est plus ridicule encore 
que le but qu'il se proposait. (Plessmann, Médecine puer- 
pérale. ) 



8o PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

ce sujet sont très-sages , et ses propres paroles me'- 
ritent d'être transcrites. 

ce Les auteurs qui ont e'crit des accouchemens 
sans les avoir jamais pratiqués , comme ont fait 
plusieurs médecins, recommandent tous, par un 
même précepte souvent réitéré , de réduire à la 
figure naturelle chacune des situations contre nature 
dans lesquelles l'enfant peut se présenter , c'est- 
à-dire, de le faire venir la tête la première; mais 
s'ils avaient eux-mêmes mis la main à l'œuvre, ils 
connaîtraient bien que cela est plus souvent impos- 
sible , à moins qu'on ne risquât , par l'excès de la 
violence qu'il faudrait faire à ce sujet, de crever la 

mère et 1 enfant Toutes les fois que l'enfant se 

présente en mauvaise posture par telle partie du 
corps que ce soit , depuis les épaules jusqu'aux 
pieds y il est plus sûr el plus tôt fait de le tirer par 
les pieds. » (^Maladies des femmes grosses ^ p. 3 14») 

Deuxième circonstance. Il n'en est pas de même 
des mauvaises positions de la tête : Smellie (t. 11 , 
p. 3ii) et Burton ont plusieurs fois changé la 
direction horizontale de la tête : par une rotation 
artificielle ils ont conduit la face dans le sacrum. 
Baudelocque a fait la même chose; Peu a réduit la 
face à une position du sommet ; Smellie a réduit 
l'oreille et la face ; Viardel etRœderer veulent qu'on 
l'essaie toujours : tel est aussi le sentiment des moder- 
nes, et dans les ouvrages théoriques les plus récens, 
la chose est proposée comme peu difficile. Tous 
les anciens n'en ont pas ainsi jugé : « Ce n'est pas 



PREMIER MÉittOiREi 8l 

line petite afl'aire pour ua accoucheur que de re- 
dresser une lèle, a dit Dionis. Les observations de 
Delamotle, Mauriceau, Portai, nous font voir qu'ils 
allaient en pareil cas chercher les pieds. Smellie lui-" 
même dit que_, quand une fois l'accoucheur a in- 
troduit la main dans la matrice , il doit aller au plus 
sûr, c'est-à-dire, prendre les pieds. Il avoue qu'il 
lui est bien plus souvent arrivé de ne pas réussir 
quand il voulait redresser la tête offrant le front, la 
face, la fontanelle ou l'oreille (t. i", p. Syy ). 
M. Dubois pense qu'on doit rarement chercher à 
changer la position , parce que, dit-il, fort souvent 
on n'est pas assez sur de la position qu'on veut chan- 
ger, et qu'on pourrait la transformer en une plus 
mauvaise (i). Pour moi, j'ai quelquefois réussi à 
changer les positions de la face ou du pariétal. ( Voy. 
Pos. de la face.) Souvent aussi j'ai échoué dans mes 
efforts. 

Exécution. Smellie dit avoir repoussé l'épaule 
peu à peu , lentement et en agissant dans l'intervalle 
des douleurs. C'est ainsi que tous les anciens vou- 
laient qu'on opérât pour amener la tète , et quel- 
ques auteurs plus récens ont donné le même conseil 
pour amener les pieds à l'orifice. Cela est bon pour 

U) Yoici comment s'exprime à ce sujet Schweighaeuscr 
{^Archives de l'art des accouchemens , \. ii, pag. 33^): 
Il Je n ai d'ailleurs pas encore pu me convaincre de la facilité 
que quelques auteurs trouvent à changer la position de la lèle 
en une plus favorable , ayant de recourir à l'applicnlion du 
forceps. » 

6 



82 PRATIQUE DES ACCOUCnEME]?ïS. 

un fœlus aborllf nageant dans une grande quanlîlé 
d'eau. Hors cela, comme dit encore Mauriceau, ce 
serait chose « un peu plus difficile que de retourner 
une omelette dans la poêle. « Mais pourquoi nous 
arrêter encore sur ce sujet ? Re'pétons seulement 
que ce conseil d'amener le vertex n'est admissible 
qu'autant que c'est la tête même qui se pre'senle dans 
une position plus ou moins inclinée. Je compte cinq 
procédés proposés pour remplir cette intention : la 
situation de la mère , la main ou les doigts de l'ac- 
coucheur, le levier, le forceps et le crochet aigu. 

C'est , depuis Devenler , un précepte général que 
de détruire les obliquités utérines pour faciliter 
l'accouchement. Tantôt on n'a pour but que de ra- 
mener la direction des efforts utérins vers l'axe du 
bassin, et c'est ainsi que Solayrès a obtenu une fois 
un suces éclatant : tantôt on se propose de changer 
la direction du fœtus et la position de la partie qu'il 
présente, et d'empêcher cette partie de se dévier 
davantage (Baudelocque, chap. ni, art. 1^^^,). J'ai 
tiré de cette précaution l'utilité la plus évidente sous 
le premier rapport; jamais je n'ai rien obtenu sous 
le deuxième j jamais la position n'a changé , et tou- 
jours la déviation commencée a continué sa marche. 

La main ou les doigts m'ont souvent servi à re- 
dresser la tête inclinée ou sur le dos, ou , quoique 
plus rarement , sur une épaule. Ma mémoire ne me 
fournit aucun fait dans lequel elle m'ait servi pour 
déterminer la rotation horizontale du crâne ou de 
la face. J'ai vu sortir , sans pouvoir l'empêcher, Is 



î> R È M I E R M É M O 1 R E. 85 

crâne et là face obliquement ou transversalement à 
la vulve. 

Quant au redressement j]e n'ai même pu l'opérer 
que quand la tête était au moins au niveau du détroit 
Supérieur, et que l'utérus contenait encore de l'eau. 
C'est dans l'intervalle des douleurs que j'ai opéré , 
et j'ai opéré , non en repoussant la région la plus 
basse (i), mais en attirant le vertex ou l'occiput avec 
trois ou quatre doigts courbés sur lui. Jamais je n'ai 
eu l'occasion d'employer le moyen proposé, un peu 
à la légère, par Baudelocque ; je veux dire de pousser 
la tête dans le bassin en appuyant sur Thypogastrci 
Je n'ai jamais trouvé la tête inclinée dans ce sens-là ; 
c'est toujours l'angle sacro-vertébral qui , dans ma 
pratique , a produit de pareilles inclinaisons. 

Je ne dis rien du levier y que je n'ai jamais em- 
ployé : je ne vois pas en quoi il l'emporterait sur les 
doigts : ce n'est pas de la force , c'est de l'adresse 
et des circonstances favorables qu'il faut ici. 

Autant en dirai-je du forceps , soit qu'il s'agisse 
de l'application d'une seule branche ( 'voy, Levret, 
j4cc. laborieux ) , soit qu'on les emploie toutes 
deux. Je n'ai jamais avec cet instrument redressé 
immédiatement la tête inclinée. 

Il n'en est pas ainsi du forceps employé pour 
changer la direction dans le sens horizontal , pour 

(i) Plusieurs auteurs ont conseillé ce procédé d'après 
Viardel. Il conseille de pousser en haut la mâchoire inférieure 
quand la face se présente -, inais il avoue qu'il vaut mieux 
allirer l'occiput , ainsi qu'il l'a fait lui-même ( p.^g. 1 1 1; ). 



S4 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

produire une rotation favorable. La simple applica- 
tion du forceps, l'articulation de ses branches , sou- 
vent même le placement d'une seule cuiller, fait rou- 
ler la tête, et change ses rapports avec le bassin. 
J'ai vu , pour cette raison , plus d'une fois l'accouche- 
ment marcher rapidement et se terminer spontané- 
ment après une application infructueuse du forceps. 
Je ne doute pas que ce ne soit de cette façon qu'une 
seule branche a suffi pour terminer l'accouchement 
dans des cas où on avait cru à l'enclavement de la tête 
( Jankius cité par Levrel^ jr^cc. labor.,Y>' 3i2). Il 
suffît souvent, dit Levret , de conduire la branche 
vers l'obstacle, après l'avoir introduite dans un lieu 
libre , pour que la tête se déclave et descende. Il 
semble attribuer cet effet à l'introduction de l'air 
dans l'utérus : nous l'attribuons bien plus vraisem- 
blablement au déplacement horizontal des diamètres 
du crâne. Ajoutez à cela que le forceps dilate les par- 
ties molles, excite les sécrétions muqueuses du va- 
gin , et stimule vivement les muscles abdominaux 
et l'utérus. 

Le crochet aigu est un puissant moyen de réduc- 
tion quand la mort de l'enfant permet son emploi, 
et qu'une connaissance exacte de la position fournit 
les moyens d'une application avantageuse. Dans les 
cas contraires, surtout s'il y a difformité du bassin , 
nous avons dit quelle était l'incertitude de son usage. 
Au reste, cet instrument si souvent mis en pratique 
par les anciens, l'est bien moins par les modernes, 
qui lui préfèrent par prudence et le forceps et la 



PREMIER MÉMOIRE." 85 

version. Ce n'est que dans la ne'cessilé absolue que 
nous nous en servons ; et il faut , pour en venir là , 
que le forceps ou la version ne soient plus proposa- 
blés. C'est ainsi que nous évitons de renouveler les 
cruels exemples cités par plus d'un auteur. Quoi de 
plus déplorable , en effet , que la naissance d'un 
enfant vivant déchiré et mutilé par le crochet aigu ! 
(^ Vojez Mauriceau , obs. 654; Delamotte , 
obs. 219; Saviard, obs. 84.) 

B. Amener les pieds. Je ne m'arrêterai pas à ré- 
futer la manœuvre indiquée déjà plus haut , et qui 
consiste à repousser peu à peu les parties qu'on sent à 
l'orifice jusqu'à ce qu'on y ait amené les pieds de l'en- 
fant. Je ne parlerai pas de la béquille que Burton pro- 
pose dans cette vue pour repousser l'épaule (t. i^"", 
p. 378). L'impossibilité de ces mouvemens est trop 
facile à comprendre. Je ne m'oceupe maintenant 
que de la version ou évolution artijicielle opérée en 
allant saisir les pieds dans le lieu où ils se trouvent. 
Suivons cette opération dans tout ce qu'elle offre 
de général ; nous aurons alors peu de choses à dire 
quand nous décrirons chaque cas particulier. 

Conditions nécessaires. 1° 11 faut, pour qu'on 
puisse opérer avec espérance de succès, ou du moins 
avec une sécurité parfaite ; il faut, dis-je, avant toutes 
choses _, que l'orifice soit assez dilaté. Sa dilatation 
doit permettre un libre passage , non-seulement à la 
main , qui n'en exigerait pas un bien large _, mais en- 
core à la tête du fœtus. On est aujourd'hui bien plus 
réservé que les anciens sur la dllalalion forcée de l ori^ 



jS6 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS, 

fîce. Baudelocque donne pour précepte général de ne 
point forcer l'orifice : l'hémorrhagie seule lui semble 
requérir la dilatation graduelle faite par l'introduc- 
tion successive des doigts. Pour moi , je tamponne 
Je vagin , et je me garde bien d'aller tirailler, déchi- 
rer peut-êtrelecolde l'utérus, dont les vaisseaux sont 
plus développés que de coutume , à cause de l'inser- 
tion du placenta. Ce précepte est donc pour moi sans 
restriction : il est bon pourtant de faire une re- 
marque. Si l'utérus inerte ne peut expulser l'enfant 
ni faire franchir à la tête son orifice , quoiqu'il soit 
largement ouvert; si, dans cet état de choses, les 
membranes s'ouvrent , on pourra sentir l'orifice se 
rétrécir et retomber sur son centre ^ parce qu'il 
n'est plus soutenu. Quelle différence de ce resserre- 
ment passif à la rigidité d'un orifice qui n'a pas 
encore été ouvert ! Ici l'orifice ^ bien qu'étroit et 
même épais, est mou, souple, facile à distendre ; 
il n'est point tendu , point serré ; rien ne fait effort 
contre lui ; il n'y a plus de poche membraneuF^, et 
la tête n'est pas assez descendue pour le presser; ou 
bien ce n'est pas la tête qui se présente, c'est une 
partie qui ne peut descendre , qui ne peut faire 
effort sur l'orifice, l'épaule, par exemple. En pa- 
reille circonstance, opérez sans crainte : dans le cas 
contraire, attendez. Lorsque, moins expérimentée 
çt par conséquent plus inquiète, plus impatiente;, 
je négligeais d'attendre un temps suffisant, je voyais, 
souvent l'orifice menacé de rupture , je ne pouvais, 
pas toujours l'éviter, et même, quand j'y parye-? 



PREMIER MÉMOIRE." 87 

nais à force de me'nagemens , je le voyais tiraillé et 
amené au dehors de la vulve par la tête, au-dessous 
de laquelle il s'était resserré de nouveau. Quelle 
peine n'avais-je pas alors pour le repousser , le sou- 
tenir et le conserver intact ! 

2°. La deuxième condition est que la tête (quand 
c'est elle qui s'avance) ne soit point trop basse, 
et surtout qu'elle n'ait pas franchi l'orifice utérin. 
Quand elle n'a point en totalité franchi l'orifice, 
bien qu'elle soit en partie dans l'excavation , on peut 
souvent opérer en la repoussant au-dessus du dé- 
troit pour se faire place. Il est utile , pour cela , 
que la matrice contienne encore de l'eau et soit peu 
contractée : cependant il m'est arrivé assez souvent 
d'extraire par les pieds des enfans dont la tête avait 
été amenée dans l'excavation et déchirée par les 
crochets sans avoir franchi l'orifice de l'utérus; cet 
organe était serré sur l'enfant avec d'autant plus de 
force que des manœuvres mal dirigées l'avaient sti- 
mulé et irrité davantage. Mais si l'orifice est re- 
monté et resserré sur le col de l'enfant , ce serait 
vouloir séparer le vagin de l'utérus et ouvrir la ca- 
vité abdominale, que de repousser la tête. Plus 
d'une malheureuse femme , soumise dans Paris aux 
tentatives de personnes peu instruites , est venue 
apporter à l'hospice la preuve de ce que j'avance. 

3". Enfin, une dernière condition indispensable,, 
c'est que le bassin ne soit pas déformé au point de 
refuser tout passage à la base du crâne du fœtus, 
ou , à plus forte raison , à la main de l'accoucheur. 



68 PRATIQUE DES ACCOUCIIEMENS. 

Précautions et soins préliminaires. Dans cet 
article^ je comprends la situation de la femme , le 
choix de la main , etc. 

1°. La situation de la femme est toujours pour 
nous la même , quelle que soit la position du fœtus. 
C'est celle que j'ai décrite à l'occasion du forceps. 
Les changemens prescrits par Smellie , Levret et 
autres dérouteraient et gêneraient plus qu'ils ne 
seraient utiles. D'ailleurs , la femme ne peut être 
bien maintenue et rester sans grande fatigue que 
dans cette situation. Dans cette situation seule on 
peut maintenir et fixer l'utérus , le protéger pen-» 
dant l'évolution, corriger ses obliquités, etc. Tout le 
changement que j'y fais faire, c'est de recomman- 
der à la femme de s'appuyer davantage sur une 
fesse ou sur l'autre, pour me faciliter l'introduc-» 
lion de la main, 

2^. Le choix de la main destinée à opérer ne 
paraît pas avoir occupé les anciens. Antoine Petit 
même nomme toujours la main droite , et je ne 
vois point d'accoucheur qui , avant Baudelocque , 
lui ail préféré la gauche. 

Celte précaution, souvent fort utile, n'est pour-i- 
tant pas aussi nécessaire que Baudelocque l'assure. 
Dans une multitude de cas , il est impossible 
de choisir, vu l'obscurité du diagnostic. Ira-t-? 
on alors , si c'est la tête qui se présente , em- 
ployer la main gauche , généralement moins 
^droite, dans l'espoir d'avoir plus probablement 
affaire à la première position ? Mou avis est quQ 



P R E >I I E n "M É M O I R E. 8g 

le choix n'est point nécessaire quand l'ulérus est 
encore rempli d'eau , et que la position est dou- 
teuse. En pareil cas je conseillerais même plutôt 
de faire usage de la main droite , quoique, pour 
mon compte^ Ibabitude m'ait rendu l'usage de l'une 
aussi familier que celui de l'autre. Quand même, 
en pareil cas , on reconnaîtrait que l'on a affaire à 
]a première position du vertex , par exemple, rien 
ne serait plus facile que de saisir les pieds avec la 
main droite , en forçant un peu la supiualion. On 
en trouvera des exemples dans les observations qui 
suivent le deuxième Mémoire. 

Lorsqu'on peut et qu'on veut, et plus encore lorS" 
qu'on doit choisir (l'utërus vide d'eau), il est de règle 
de porter la main qui , dans un état moyen entre la 
supination et la pronalion , a la paume tournée vers 
la face antérieure du fœtus : la mère est supposée 
dans la situation convenable pour l'opération. 

5°. Une autre précaution indiquée par Rœderer, 
et qui n'est pas à dédaigner , c'est de ne graisser 
que la face sus-palmaire de la main et des doigts , 
et de conserver aussi sèche que possible leur face 
palmaire. L'eau de l'amnios ne rend déjà que trop 
glissans les membres^u fœtus. 

4°« Enfin , l'utérus est quelquefois si mobile, qu'il 
rendrait par cela même fort difficile la recherche des 
pieds : il faut alors le maintenir avec la main libre, 
ou le faire fixer par des aides. Dans d'autres cas il est 
si serré sur l'enfant que la main ne peut y pénétrer 
qu'avec effort : des aides doivent encore en sou- 



90 PRATIQUE DES ACCOUCIIEMENS.' 

tenir le fond pour l'empêcher de céder à la pro- 
pulsion de la main , et de se séparer d'avec le va- 
gin ; enfin les mêmes aides serviront encore a pro- 
léger, à soutenir du plat de la main la région de 
l'utérus ainsi tendu , que doit frotter et distendre 
la tête dans le moment de l'évolution, 

Exécution, La main , quelle qu'elle soit, est 
introduite de manière à présenter sa moindre 
épaisseur au diamètre transversal de la vulve. Pour 
pénétrer dans l'utérus, on attend l'intervalle des 
douleurs, afin d'éviter la roideur et le rétrécisse- 
ment de l'orifice , comme aussi pour éviter la ten- 
sion des membranes , qu'on a intérêt de ména- 
ger (i). Quand les membranes sont entières, Le- 
vret ( Art des Accouchemens , pag. i5g ) veut 
qu'on ait soin de les crever sur-le-champ, et qu'on 
prenne garde dç glisser entre elles et l'utérus. Pour 
moi, j'ai toujours, au contraire, trouvé un grand 
avantage à insinuer la main jusqu'aux pieds de 
l'enfant, et à n'ouvrir les membranes qu'en saisis- 
sant ces derniers. Je prends même une précaution 

(i) Suivant M. Dubois, la douleur uléiine cesse instanta- 
rétnent à cause de la diversion puissante que produit l'intro- 
duclion de la main dans le vagin, et on peut, par consé- 
quent, choisir ce moment pour commencer l'opération. La 
femme ne s'aperçoit pas , dit-il , de l'entrée de la main dans 
Je vagin, occupée comme elle l'est par la douleur utérine. Il 
arrive aussi quelquefois qu'elle attribue , au contraire , à 
î*in(roduclion de la main la douleur d'une contraction qui 
survient alors. 



PREMIER MÉMOIRE. 9' 

nouvelle : c'est de ne déchirer les membranes que 
pendant le relâcheraenl de l'ute'rus , de peur que 
sa contraction n'expulse une grande partie des 
eaux. En les conservant, je rends re'volution du 
fœtus très-facile et tout-à-fait innocente : l'extrac- 
tion en devient aussi et plus prompte et moins 
chanceuse. 

Il est presque toujours ne'cessaire de repousser 
du côté opposé à celui où l'on passe la partie qui 
se présente : ce précepte n'est pas toujours facile à 
suivre, quand, par exemple, la matrice est serrée 
sur l'enfant. Néanmoins, je le regarde comme très- 
bon quand il est possible. Il en est un autre auquel on 
attache aujourd'hui beaucoup d'importance : c'est 
celui de suivre le côlé du fœtus et d'arriver ainsi 
à coup sûr aux jambes et aux pieds. Ce conseil est 
presque entièrement dû aux modernes ; car , parmi 
nos anciens , on voit que Paré et Viardel (p. 171) 
.se bornent à conseiller de couler la main par-dessus 
les fesses pour descendre aux pieds. La plupart des 
autres, Levret même, disent qu'il est ordinaire- 
ment nécessaire de suivre la poitrine et le ventre. 
D'autres ont suivi le dos , et d'autres n'ont rien suivi 
du tout, ou bien ont , comme Dionis (p. 284) , 
suivi le côté qui s'offrait le plus commodément à 
la main. 

Ce conseil de suivre le côté du fœtus , puis de 
passer, comme Viardel, sur les fesses et les cuisses, 
peut être précieux dans beaucoup de cas : il ne 
me parait pas cependant applicable à tous sans 



92 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS." 

exclusion; souvent il est impraticable (voyez ci-' 
après, article Difficultés) ; d'autres fois je le crois 
inutile. Ainsi , lorsque les membranes sont entières 
et que l'on connaît la position , on peut porter û?i- 
rectement la main sur les pieds , et cela d'une ma- 
nière presque infaillible. Il suffit pour cela de la 
porter à l'entre'e de l'utérus, du côté de la face an- 
térieure de l'enfant. Les pieds de l'enfant ne sont 
pas en effet fort éloignés de sa tête; son attitude 
recourbée les en rapproche beaucoup , et en agis- 
sant , comme je viens de le dire , on y arrive aisé- 
ment. On évite donc une manœuvre longue , dou- 
loureuse et difficile , on épargne l'eau de l'amnios , 
et on peut plus facilement prendre les deux pieds 
à la fois. On m'opposera sans doute la crainte de 
prendre les mains au lieu des pieds : un peu d'ha- 
bitude met à l'abri de cette erreur : la pratique 
me le confirme tous les jours. Baudelocque lui- 
même a sans doute souvent opéré ainsi dans le cas 
ou les eaux ne Jais aient que de s' écoule?' ( § iSiy). 
« Connaissant mieux la position de l'enfant, dit-il 
dans une note , je ne portai la main gauche qu'à 
la hauteur du poignet pour accrocher les pieds. « 
Réservons donc cette recherche lente mais assez 
sûre pour les cas douteux , et les positions équi- 
voques pour les cas dans lesquels l'utérus est vide 
d'eau et médiocrement serré sur l'enfant. Je dis 
médiocrement , car la matrice , fortement appli- 
quée sur l'enfant , pourrait bien la rendre impos- 
sible et forcer Topéraleur de marcher au hasard. 



P R E M I E R IVI É M O I R E . 9^ 

Doil-on amener constamment les deux pieds au- 
dehors avant de tenter l'extraclioa du fœtus ? Sans 
doute il est plus prudent, plus sur, plus commode 
de tirer sur les deux pieds que sur un seul. Je suis 
loin de prétendre , avec Puzos , que la traction sur 
un seul pied ait des avantages re'els. Je conviens même 
que quand la tête se présente , il est fort difficile de 
terminer l'accouchement en agissant sur un seul 
pied : les fesses agissent alors comme le nœud d'une 
corde quand on veut fait sortir un bouchon enfoncé 
dans une bouteille : elles appuient sur la tête , la 
font descendre avant elles et se ferment ainsi le pas- 
sage. Mais on ne peut se dissimuler que dans bien 
des cas on se trouve forcé de tirer sur un seul 
membre. Toutes les fois qu'une partie autre que la 
tête s'offre au détroit supérieur , on peut très-bien , 
à mon avis , tirer sur un seul membre _, et s'éviter la 
peine d'aller à la recherche de Tautre, pour peu 
qu'il soit difficile à trouver. Cet autre membre s'é- 
tend sur l'abdomen et sort avec lui : il y a long- 
temps que Portai en avait fait la remarque , et 
avait réduit son observation en précepte (p.5.g). 

Les pieds extraits , je tire sur eux en choisissant 
pour cet effort l'intervalle d'une douleur : l'évolu- 
tion en est plus facile et la rupture de l'organe moins 
à craindre. On sait assez que ces tractions doivent 
être graduelles et lentes , et que les mains de l'o- 
pérateur doivent embrasser le plus de parties pos- 
sibles, et saisir toujours celles qui sont plus voisines 
de la vulve. On sait qu'il faut agir toujours sur des 



g4 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENT. 

OS et non sur des parties molles ; sur les malléoles , 
les genoux , les os du bassin , et non sur l'ahdo- 
men , etc. On sait encore qu'il faut prévenir le ti- 
raillement du cordon en le dégageant dès qu'il pa- 
rait à la vulve (Levret) , ou même en le coupant 
(Baudelocque) , etc. Mais faut-il tirer davantage 
sur un membre que sur l'autre ? Faut-il imprimer 
au tronc la rotation destinée à tourner la face en 
dessous ? 

De ces deux moyens de diriger la face , le pre- 
mier me semble seul strictement indiqué. Je tire 
toujours sur celui qui est le plus voisin des pubis , 
et si je n'en ai qu'un , je lire en le tournant de ce 
côté. Non-seulement je fais ainsi tourner favorable- 
ment la face en dirigeant les orteils en arrière; mais 
encore je fais descendre beaucoup à la fois le fœ- 
tus, parce que je tire dans l'axe du détroit supé- 
rieur; car, remarquez bien qu'en tirant sur le 
membre placé en arrière , je serais forcée de tirer 
dans l'axe du détroit inférieur : je n'agirais donc 
pas en ligne directe sur la totalité du fœtus , puis- 
que ce membre est courbé dans la concavité du 
sacrum. Le deuxième moyen me semble, dans 
presque tous les cas , difficile et dangereux. Dès que 
les jambes sont au dehors , je tâche de diriger con- 
venablement les hanches ; mais dès que celles-ci 
sont sorties , je tire directement en bas, ou si je les 
fais tourner , ce n'est qu'en suivant leur tendance 
naturelle, en consultant, en interrogeant la na- 
ture. Toute conduite opposée est, ai je dit^ diffî- 



P K E M I E R M É M O I R E. f)5 

cile et dangereuse. Difficile; car, peut-on conseiller 
sérieusement de pousser et tirer allernaiivement le 
tronc en lui imprimant à chaque fois une légère 
rotation? Le fœtus est-il donc si mobile pour qu'on 
puisse ainsi l'enfoncer et le tirer alternativement 
en dëpit des contractions utérines? Dangereuse; 
car, qu'arrivera-t-il si on parvient à imprimer de 
force au tronc une rotation qui tourne le sternum 
en bas? 1° Ou aura tordu la poitrine et l'abdomen, 
non sans danger pour leur contenu; 2^ si l'utérus 
est contracté sur la tète , il retiendra la face en des- 
sus ( ou en avant , c'est-à-dire vers les pubis) , et on 
aura inutilement tordu le col (i); 5° en supposant 
même que la face tourne^ certainement le frotte- 
ment retiendra les bras ; ils ne tourneront pas , et 
l'un des deux restera derrière la tète et croisera la 
nuque en travers: or, on sait quelle difficulté. 



(i) « Je fis faire ensuite un demi-tour au corps de l'enfant 
pour lui mettre la face en dessous, qu'il avait en-dessus , et 
je continuai de le tirer jusqu'aux épaules et jusqu'au col. Après 
que j'eus dégagé les bras , je tirai assez fortement et à plu- 
sieurs reprises j mais ce fut inutilement; ce qui m'obligea , 
suivant ma métbode ordinaire , à lui mettre mon doigt dans 
la bouche. J'y fus trompé 5 en ce qu'au lieu de la bouche je 
trouvai la nuque, et que le col n'ayant pas sui^'i le moin'e- 
ment du corps , il s'était tordu ; en sorte que la face élait de- 
meurée en haut , etc. » (Delamotte , observaîion 2^5. ) 

Ce serait pis encore si, d'après le conseil de Smellie , on 
tournait le tronc « d'un quart plus loin que l'endroit oii il faut 
fiier la tête. » (Smellie , t. i , pag. 026. ) 



qG pratique des accouchemens. 

quels dangers entraîne celte mauvaise situation 
des bras. Mais, dIra>t-on , si une tendance naturelle 
dirige les hanches de façon que le sternum se tourne 
en avant , suivrez-vous cette tendance ? Oui , si elle 
est très-marque'e , et si je présume l'utërus forte- 
ment contracté, et si l'enfant me paraît gros. Le 
tronc sortira ainsi sans peine , sans peine aussi je 
dégagerai les bras (i) , et après cela il ne me sera 
pas très - difficile de tourner la face en arrière , 
comme je vais l'indiquer dans un instant. 

Quant au dégagement des bras, il est de règle de 
commencer par celui qui est dans la concavité du 
sacrum , et cette règle est bonne. 11 m'est arrivé 
cependant de trouver beaucoup plus de facilité à 
commencer par celui qui était sous les pubis ; je n'y 
suis arrivée qu'en tâtonnant : il faut quelquefois, 
comme on dit , prendre conseil des circonstances. 

Les bras dégagés , la tète reste encore au détroit 
supérieur. Deux doigts introduits dans la bouche 
abaissent le menton , l'enfoncent le premier dans 
l'excavation , et font ainsi passer des diamètres fa- 

(i) Que le sternum regardeen avant ou en arrière toujours 
en arrivant au délroit inférieur , les aisselles se tournent obli- 
quement, ou bien même longitudinalement Tune en avant» 
l'autre en arrière. Si par hasard elles restaient latérales, le 
sternum étant en dessus, on pourrait, si on trouvait la ma- 
nœuvre ordinaire un peu difficile, repousser le coude vers 
la concavité du sacrum , et faire descendre l'avant-bras le 
premier : tel est du moins le conseil cjue donne dans ses leçons 
le professeur Dubois. 



I 

1^ R È i\I I E R JVi É JM O I R E. g^ 

torables. Pour que les diamètres soient plus favo^ 
tables encore , il faut que la face regarde un des 
côtés du bassin pour franchir le détroit supérieur, 
et qu'elle regarde le sacrum pour traverser l'ex- 
cavation. Pour cela, i* si la face est en avant, 
j'introduis dans la concavité du sacrum la main 
dont la paume embrasserait plus aisément l'occi- 
put : je suppose la têie un peu diagonale. Si la 
face était tout-à-fait au - dessus de la symphyse 
pubienne , le choix de la main serait indifférenli 
Les doigts glissent sur un des côtés de la tète, après 
avoir passé derrière elle , et parviennent assez aisé- 
ment (et plus aisément que la théorie ne semble 
l'indiquer) jusque dans la bouche : ils ont alors la 
plus grande force pour tourner la face vers un 
des côtés du bassin : c'est vers le côté opposé à la 
main introduite. Arrivés là, ils enfoncent le menloa 
dans l'excavation , puis le tournent en arrière , et 
enfin le tirent au-devant du périnée pendant que 
l'occiput remonte derrière les pubis , et que, de 
l'autre main appliquée sur les épaules en forme de 
double crochet, j'élève la totalité du tronc, que 
soutient d'ailleurs un aide. Je pourrais faciliter 
la sortie de la tête en repoussant , d'après Smeîlie 
(tome I, p. 35o), l'occiput au haut des pubis. Je 
n'attache pas beaucoup d'importance à cette pré- 
caution-là^ qui ne m'a guère réussi. 2°. Si la face 
au détroit supérieur est tournée vers un des côtés , 
si surioul elle regarde un peu en arrière , il est pré- 
férable d'introduire la main dont la î-aume pouriait 

7 



g8 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

s'appliquer sur elle dans un élat intermédiaire à la 
pronation et à la supination. On la glisse entre le 
col de l'enfant et le bassin de la mère , on introduit 
deux doigts dans la bouche , on abaisse la face , puis 
portant la main en dessous , on la place dans la 
concavité du sacrum. L'autre main s'applique na- 
turellement et facilement sur les épaules en lais- 
sant le col de l'enfant entre l'index et le médius. 

J'insiste sur le précepte d'introduire les doigts 
dans la bouche, non pas comme jadis Portai 
(p. 54) et Mauriceau , pour avoir une prise sur la 
tête , mais bien pour lui faire suivre les axes du 
bassin dans le sens de sa plus grande longueur, et 
empêcher le diamètre occipito-mentonnier de se 
mesurer avec le détroit supérieur on l'excavation. 
Avec les soins que je viens de détailler, je me suis 
toujours très-bien passée de l'emploi du forceps , et 
j'attribue la nécessité où beaucoup d'accoucheurs 
se sont trouvés d'y recourir , je l'attribue , dis-je, 
à la négligence de quelqu'une de ces importantes 
précautions. 

Difficultés. Telle est ma conduite dans les cas 
ordinaires. 11 est des circonstances fâcheuses qui 
m'ont quelquefois forcée à m'écarter des règles, et 
quelquefois même à les oublier presque lout-à-fait. 
La rigidité de l'orifice et sa dilatation médiocre , la 
position basse delà tête , le resserrement de l'utérus 
vide d'eau, rendent toujours l'opération très-difficile. 
On sait que cette dernière disposition engourdit la 
main de l'opérateur, et l'empêche de rien sentir oa 



P Jl E r.T 1 E R M É M O 1 R K. f)g 

de rien faire, et même le force de la retirer pour 
la reposer ou la remplacer par l'aulre. Plusieurs 
fois j'ai rencoutré une difnculté d'un genre tout 
particulier : c'est le resserrement exclusif de l'ori- 
fice interne ou cervico- utérin. C'est sur le col de 
l'enfant que le resserrement se remarque d'ordi- 
naire : il m'a quelquefois rendu presque injpossibîe 
l'accès des pieds ; il fallait attendre le relâchement 
de son spasme ^ il fallait passer du côté qui otïVait 
le plus de liberté, et glisser la main la plus com- 
mode (i). On sent bien aussi quel risque il y aurait 
eu à vouloir forcer cet obstacle (si même on l'avait 
pu) : l'utérus n'était déjà que trop exposé à la rup- 
ture lors du passage des pieds et de l'évolution du 
fœtus. Je faisais alors presser fortement la région où 
passait la tête de l'enfant pour prévenir autant que 
possible une distension outrée des parois de la 
matrice. 

On ne s'étonnera donc pas que je range de pareils 
faits parmi ceux où le choix de la main devient im- 
possible, et où il devient impraticable de marcher 
régulièrement sur le côté du fœtus. On prend les 
pieds où on les trouve, et avec la main qui peut 
arriver jusqu'à eux après plusieurs lâtonnemens. 

(i) Cet orifice a constamment une grande tendance à se 
resserrer après l'évacuation de l'eau. Quelque temps après un 
accouchement ordinaire, on trouve l'orifice externe mou , 
lâche et ouvert, ainsi que tout le col , tandis que l'orifice 
interne est déjà serré et étroit : de là le chatonneœeul du 
placenta , etc. 



5 00 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS.' 

Les difficultés dont nous venons de nous occuper 
appartiennent à la mère : il en est qui regardent 
spécialement le fœtus. On les rencontre dans di' 
verses périodes de l'accouchement. 

1^. Dans les premiers momens du travail , une 
position inconnue peut donner de l'embarras; mais 
en avançant la main dans l'utérus, on établit son 
diagnostic , et on agit aussitôt en conséquence. 

Lorsqu'on connaît la. position de la partie qui 
se présente à l'orifice , on peut d'ordinaire en dé- 
duire assez sûrement la direction générale du fœtus 
et la situation respective de ses différentes parties. 
Cela n'est pourtant pas sans exception ; on en voit 
des exemples nombreux dans les traités pratiques 
d'accouchement. Ainsi Delamolte ( Obs. 290 ) et 
Portai ( pag. 287) ont trouvé la tête appuyée pisr 
le sommet ou l'occiput sur le ]>ras , placé en tra- 
vers à l'orifice; Peu l'a rencontrée entre les cuisses, 
ou bien embarrassée des deux bras (Peu , p. 589). 
A. Paré dit que quelquefois les jambes sont ren- 
versées sur le dos ou même sur le col. J'ai moi- 
même quelquefois senti la tête au-dessus de l'épaule, 
qui s'engageait à l'orifice : elle était probablement 
renversée sur le dos , et gênait beaucoup le pas- 
sage de la main. Quelquefois j'ai suivi le côté de 
l'enfant jusqu'aux hanches, et, arrivée là , il m'a 
été impossible de trouver les cuisses et les jambes, 
et de déterminer leur situation. Plusieurs fois celte 
confusion fut spontanée , et je la trouvai au pre- 
mier abord ; p'us souvent encore je la rencontrai 



PREMIER MEMOIRE. 101 

après que des mains inexpérimentées avaient tenté 
la version , avaient tiraillé et déplacé les membres. 
C'est surtout quand cette coîifusioîi existe qu'il est 
impossible d'agir avec régularité. En vain glissez- 
vous la main sur une surface bien reconnue , elle 
ne vous conduira point au but , et vous serez bien- 
tôt dérouté. En pareil cas je cherche le passage le 
plus facile , et si une main ne réussit pas, j'intro- 
duis l'autre; je cherche , je talonne , et je n'exerce 
d'effort que quand j'ai saisi une partie favorable : 
si j'ai un pied , je l'amène , et je me conduis sur 
la jambe pour aller chercher l'autre , ou bien je 
lire sur celui-là seul ^ comme il a déjà été dit. Re- 
marquez que l'introduction répétée de la main 
( faite avec tous les ménagemens convenables ) 
est bien moins douloureuse qu'on ne pourrait l'i- 
maginer : la première fois seule cause une douleur 
très-vive; mais quand la voie est frayée, l'intro- 
duction est de moitié moins pénible , et pour la 
mère et pour la sage-femme. R.emarquez encore 
que quand cette confusion existe , l'évolution est 
plus que jamais dangereuse , et demande aussi 
plus de soins , plus de précautions que de coutume. 
L'atlilude du fœtus est changée , et peut-être , au 
lieu de favoriser le pelotonnement , ne ferez -vous , 
en tirant , que déployer les membres , le rachis , 
la tête, etc. , et, par conséquent , augmenter le 
diamètre de l'enfant , et distendre l'utérus d'une 
manière inégale. 

2". Lors même qu'on a saisi et amena les pieds^ 



lOâ PRATIQUE DES ACCOUCIIEMENS. 

l'evolntion peut être rendue impossible , soit que 
]a coJiJLision ait préexisté, soit que l'attitude ait 
été naturelle. Cette difTiculté est produite par la 
iL'te , qui descend dans l'excavation , poussée par 
les fesses du fœtus. J'en ai déjà parlé , el j ai fait 
entendre que cet accident était bien plus ordinaire 
quand on n'avait saisi qu'un seul pied. Quand les 
deux pieds ont été amenés au dehors, il est fort 
focile de repousser la tète et de terminer l'accou- 
chement. On a à vaincre de plus grands obstacles 
quand on ne tient qu'un pied ; mais , avec de l'a- 
dresse , on en vient encore assez aisément h bout. 
Pour cela il faut ordinairement que deux personnes 
iii»issenl ensemble; on ne peut guère pousser avec 
Jovce d'une main et tirer avec force de l'autre : or, 
ces deux mouvemens en sens contraire doivent 
ctre assez énergiques , et surtout ils doivent être 
.simuUanés. Si la main qui repousse la tête gêne 
celle qui tire sur le pied , on applique un lacs aux 
ïnailéoîes. 

5". L'nccouchemenf peut être bien plus avance, 
et cependant arrêté encore par une cause nouvelle: 
c est le croisement d'un bias derrière le col ou 
!;ous l'occiput. Si, dans une telle circonstance , on 
continuait des tractions vigoureuses , on amènerait 
la tête , mais on fracturerait le bras : cependant 
\\\\ bras ainsi placé est si difficile à dégager que 
je rne suis vue plus d'une fois forcée de tirer sur la 
tète en le laissant dans sa mauvaise position. Jeti- 
|\?is avec ménagement , et je suis ordinairement 



PREMIER MÉMOIRE. 105 

parvenue à extraire le tout sans fracture. J'avais eu 
soin de dégager avant le bras placé vers le sacrum 
( car , comme je l'ai déjà dit , c'est toujours vers 
les pubis qu'on observe ce croisement). Vourdé'» 
gager l'autre , il faut qu'il passe sur l'occiput et 
sur le côté de la tète : or, on sent bien quelle dif- 
ficulté apportent à cette opération la forme de la 
tête et ses rapports avec le bassin (i). C'est là le 
seul cas oii je me sois exemptée du dégagement des 
deux bras. On ne craint plus aujourd'hui la stran- 
gulation ( A. Paré ) , et on trouve , avec raison , 
que la tête seule est plus facile à dégager qu'accom^ 
pagnée d'un bras. 

Ici se borne ce que j'avais a dire de général sur 
les positions du fœtus. Je vais entrer maintenant 
dans les détails particuliers à chaque position. Celles 
du verlex m'occuperont d'abord. Le même plan 
me guidera dans les Mémoires qui vont suivre , 
en évitant toutefois , autant que possible , les ré- 
pétitions. 

(i) f^qyez à ce sujet une note de l'éditeur jointe à l'obser- 
vation n" 66 du premier fascicule. 



J04 PRATIQUE DES ACCOUCIIEMENS. 



ir MÉMOIRE. 



Positions du Vertex, 

oous le nom de -positions du vertex ou positions 
(lu sommet y les accoucheurs modernes ne com- 
prennenl que celles de l'ovale supérieur de la tête : 
ils font des articles à part de celles de l'occiput et 
des côtés de la tête. L'observation journalière se 
prononce trop formellement contre une pareille 
distincùon, et, quoiqu'en conservant pour les po- 
sitions franches les dénominations de Baudelocque, 
je suis 'forcée de regarder celles de l'occiput et des 
côtés de la tête comme de simples variétés des pre- 
mières. Je comprends donc toutes ces positions 
dans un seul Mémoire : on les appellera , si l'on 
veut, pour plus d'exactitude, positions du cjYine , 
et dans ce titre on trouvera un nouvel avanta^'e , 
celui d'une division simple des positions de la tête : 
première division , positioTis du crâne ; deuxième 
division; positions de la face. 

ARTICLE PREMIER. 

Subdivisions. 

Ce que je viens de dire indique assez que le 
présent Mémoire a trait au premier genre de ma 
classification ( Voyez le tableau du premier Me- 



DEUXIÈME ME moire;" 1o5 

moire). Je dois donc rappeler ici la subdivision 
de ce ^enre en espèces et en variëlës. J'y ajouterai 
quelques éclaircissemens. Les espèces sont au nom- 
bre de six , savoir : la première^ la deuxième, la 
quatrième et la cinquième de Baudelocque ; plus 
deux positions transversales dont la première offre 
l'occiput à gauche et la deuxième à droite. 

Chacune de ces positions peut èlre francl/e et 
non équivoque; elle peut être, au contraire, plus 
ou moins altérée , incomplète , douteuse. De là 
de nombreuses varie'lés applicables à chaque es- 
pèce. Ces variétés sont de deux sortes , ou bien la 
position est intermédiaire entre deux positions 
franches du vertex , comme quand elle est pre^- 
que transversale , ou quand l'occiput , au lieu d'être 
derrière la cavité cotyloide , se trouve derrière un 
des pubis, etc.; ou bien elle est intermédiaire au 
verlex et à une autre région de la tête , comme 
quand le front, l'occiput, le pariétal se présentent 
eq plein au détroit supérieur. Il peut même exister 
inclinaison en deux sens à la fois. Ainsi la tête in- 
clinée vers l'épaule peut encore être renversée vers 
le dos et offrir une suture frontale au centre du bas- 
sin. Dans tous les cas , la variété portera le nom de 
l'espèce dont elle se rapproche le plus , ou bien, 
pour abréger, elle portera quelquefois le nom de 
la partie même qui est la plus avancée ( frontales , 
pariétales, etc.) 

Le mécanisme de la terminaison naturelle , les 
iadic;;tious et les procJdJs opératoires applicables 



I06 PRATIQUE DES ACCOUCnEMENS. 

à chaque variété sont presque toujours déduits du 
înécauisme et des indications des positions franches 
auxquelles elles se rattachent , et voilà en quoi une 
bonne classification est suitout utile; voilà pour- 
quoi elle me paraît nécessaire. 

ARTICLE II. 

Fréquence. 

Aujourd'hui que le mécanisme de l'accouche- 
ment est si bien connu , on ne regarde plus comme 
la plus ordinaire celte position dans laquelle l'oc- 
ciput répond à la symphyse pubienne : c'était la 
première des anciens , d' Anl. Petit même et de So- 
layrès. Celte position , ainsi que son opposée (oc- 
ciput sur l'angle sacro-vertébral), a été conservée 
par Baudelocque , qui a cru la rencontrer quelque- 
fois. S'il faut en dire mon avis , je crois que Baude- 
locque ne l'a conservée que par respect pour Solay- 
rès ; il a cru faire beaucoup en la reconnaissant 
pour très-rare, et en la plaçant la troisième dans sa 
nomenclature. Pour moi , je n'ai jamais touché la 
lête dans celle direction longitudinale au détroit sU' 
périeur , ni même à une certaine hauteur de l'exca- 
vation du bassin. Je n'ai trouvé cette direction qu'au 
détroit inférieur , et lorsque l'occiput était venupar 
un mouvement horizontal s'enfoncer dans l'arcade 
pubienne. Je regarde donc comme purement ima- 
jçinaires la troisième et la sixième position de Bau- 
<3c''iOcque. On trouvera dans Smellic un passage qui 



DEUXIÈME MEMOIRE. IO7 

prouve qu'il ne partageait pas Topinioa de ses con- 
temporains à cet égard , et que la rotation , si bien 
décrite par Solayrès , ne lui était pas inconnue 
(t. I , p. 25o). 

Solayrès , Baudelocque et tous les modernes , 
s'accordent à regarder comme la plus fréquente 
de toutes la position du verlex dans laquelle l'occi- 
put est en avant et à gauche ( i"^" B.) 

D'après mes calculs , sur i5,652 enfans , 14.677 
ont offert l'une des régions du crâne, et de ces der- 
niers , 1 1 ,634 avaient l'occiput en avant et à gauche 
du bassin , ou si on veut vers la cavité colyloide 
gauche ; 2,855 avaient l'occiput en avant et à droite 
(2'' position B.); 1 12 en arrière et h droite (4*^ posi- 
tion), et 78 en arrière et à gauche (5^ position ). 
On ne trouve dans ce nombre aucune position trans- 
versale ; toutes ont été réunies approximativement 
à l'un ou à l'autre des quatre groupes précédens. 
Ces positions sont pourtant plus fréquentes que la 
5« de Baudelocque , mais moins que la 4^- 

Dans ces positions transversales on trouve aussi 
plus souvent l'occiput à gauche qu'à droite. Dans 
cette énumération , je n'ai pas non plus distingué 
les positions inclinées des directes; celles du front 
seront rapprochées plus convenablement de celles 
de la face ; mais celles de l'occiput et des pariétaux 
méritent ici quelques considérations spéciales. 

1°. Une partie inîportante du mécanisme de Tac- 
couchement naturel, c'est la flexion de la tête au 
moaieul 014 elle péaèireduu&i"e.\cavalioa : ce mou- 



I08 PRATIQUE DES ACCOUCIIEMENS. 

vemenl abaisse l'occiput et le rapproche du centre.' 
Rien de plus réel que ce fait : d'où vient donc que 
l'on a fait des positions particulières de l'occiput 
et qu'on les a regardées comme défavorables? Je 
sais bien que d'ordinaire c'est plutôt l'extrémilë oc- 
cipito-pariëtaîe de la tête que l'occiput même qui 
occupe alors le centre; mais que l'occiput soit plus 
ou moins rapproché du centre ou même l'occupe 
iout-à-fait , la tête n'en offrira que des diamètres 
plus petits et plus favorables. Si quelquefois , l'oc- 
ciput au centre du bassin , l'accouchement est long 
et difficile , c'est qu'une obliquité utérine a donné 
lieu à celle ce/itraliié de l'occiput, c'est qu'elle existe 
encore _, et c'est elle qui retarde l'accouchement. La 
présence de l'occiput au centre du bassin ne gêne 
ni la rotation ni la prépulsion de la lêle , ni enfin 
aucun des mouvemens nécessaires pour la prompte 
expulsion du fœtus. 

2<>. Les positions du côté de la tête ou de l'oreille 
sont décrites dans les auteurs comme complètes , et 
lelles que le temporal occupe le centre de l'aire de 
l'excavation du bassin : jamais je n'ai rencontré une 
position semblable; mais souvent j'ai trouvé la tête 
inclinée et la bosse pariétale d'un côté au centre du 
détroit supérieur. Ces positions-là sont plus rares 
qu'aucune des positions franches du vertex ; mais 
elles ne sont pas néanmoins excessivement rares. 
L'inclinaison latérale des positions i"^^, 2^, 4<= et 5% 
«st aussi beaucoup plus rare que celle des positions 
t;ansversaies. 



DEUXIEME MEMOIRE. 3 O9 

ARTI CLE III. 

Causes. 

Ceci est presqu'entièremenl de pure llieorie et 
offre fort peu de remarques pratiques. Le poids de 
la tête peut bien faire concevoir la fréquence de sa 
présentation : on pourra regarder les obliquités 
utérines comme favorables à la production des 
positions de l'occiput, du pariétal, du front. 
L'angle sacro-verlébral et sa saillie nous expli- 
queront suffisamment la rareté ou mieux la nul- 
lité de la troisième et sixième position de Baude- 
locque. ^x\Ç\n la situation du rectum nous rendra 
plus explicable la fréquence de cette direction delà 
tête qui produit la première et la quatrième posi- 
tion. Mais comment expliquerons-nous la prédilec- 
tion que le front semble avoir pour la partie pos- 
térieure du bassin ? Est-ce que le foetus courbé sur 
sa partie antérieure ofTra vers le dos sa plus grande 
pesanteur , et que l'utérus incliné ordinairement 
en avant reçoit cette partie plus pesante sur sa paroi 
antérieure qui est la plus basse? Voilà qui est bien 
quand la femme est debout, mais qu'elle se couche 
sur le dos, et l'enfant devra se retourner par son 
propre poids dans un sens absolument inverse. 
Pourquoi d'ailleurs les positions transversales sont- 
elles plus rares que les obliques ? Le diamètre trans- 
versal du bassin n'est-il pas le plus grand ? Les psoas 
relâchés dans les premiers temps du travail et sur- 



IIO PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

tout avant qu'il commence , diminuent à peine ce 
diamètre, et leur résistance est presque nulle quand 
la femme est couchée et qu'elle a les cuisses fléchies. 
Est-ce la direction des axes du bassin qui détermine 
ces différences? Comment les détermine-t-elle ? 
Laissons là le vague des hypothèses. Nous ne trou- 
verons de véritable utilité que dans les choses que 
nos sens nous démontrent et dans les faits que l'ex- 
périence nous fait prévoir. Nous savons, par exem- 
ple, que la projection de l'angle sacro-vertébral 
amène souvent l'inclinaison de la tète et les posi- 
tions pariétales ; nous présumons aussi qu'une obli- 
quité du fœtus indépendante de l'utérus (Gardien, 
tom. II, pag. 326) peut produire le même effet, 
en arrêtant le sommet de la tête, soit sur la saillie 
vertébrale, soit sur l'un des iliums ; mais tant que 
cette inclinaison n'a pas eu lieu , tant que le toucher 
ne nous a pas appris qu'elle existe , à quoi nous ser- 
vent ces présomptions ? Et , quand une fois le dia- 
gnostic est bien établi , à quoi servent encore ces 
causes présumées? Le toucher nous fait reconnaître 
la présence du pariétal dans telle ou telle position ; 
l'expérience nous apprend qu'il est fort rare que la 
nature se suffise alors à elle-même, quelle que soit 
la cause productrice de la position, et de cela seul 
noue tirons des coaclusious pratiques. 



DEUXIEME .>; E M O I R K. III 

ARTICLE IV. 

Diagnostic. 

Des sutures, des fontanelles, des os, c'est-à- 
dire, des espaces mous séparant des espaces durs, 
convexes et e'gaux, tels sont les principaux signes 
de la présence du vertex. Les caractères distinctifs 
de chaque position sont tires de la direction des su- 
tures et de la situation des fontanelles : c'est chose 
connue. Des fontanelles , c'est ordinairement la 
postérieure qui est la plus accessible , c'est aussi 
la moins étendue ,• souvent même elle n'est recon- 
naissable qu'à l'angle aigu de la suture lambdoide. 
Il faut une certaine habitude pour bien distinguer 
la suture lambdoide de la frontale : celle-ci est bien 
plus large et ses branches plus écartées; mais quaud 
l'angle de la première est caché par la tuméfaction 
delà peau, on ne mesure pas aussi aisément qu'on le 
croirait d'abord l'étroitesse de l'occipital. L'occi- 
pital est toujours un peu enfoncé sous les pariétaux ; 
le frontal l'est souvent aussi un peu , mais toujours 
moins que l'occipital ; il est d'ailleurs plus convexe j, 
et quelquefois on peut sentir sa suture médiane. La 
différence des fontanelles est trop marquée quand 
elles sont bien accessibles pour que j'en retrace les 
caractères. 

Si la tête est solide et le cerveau bien développé, 
l'enfant vivant et fort , il ariive souvent qu on 
ne sent , vers la jonction des os , que des plis sait- 



ÏI2 PRATIQUE DES ACCOUCHEMEnS. 

laiis à la peau. Ces plis suivent le trajet des sutures j 
et leur formation eist diie au léger croisement des 
os du crâne. J'ai déjà dit que le frontal et rocci- 
pital glissaient un peu sous les pariétaux; un parié- 
tal s'enfonce aussi un peu sous l'autre : de là résulte 
que les sutures ne sont plus appréciables. Celte dis- 
position ne se rencontre que lorsque la tète est basse 
et poussée énergiquement par l'utérus : elle produit 
une légère réduction dans les diamètres du crâne. 
J'en ai dit assez dans le premier Mémoire sur les 
ditricultés du diagnostic pour m'en dispenser ici (i\ 
Disons seulement que, dans quelques cas, il devient 
nécessaire d'introduire toute la main pour acquérir 
une certitude complète. Suivez alors le précepte de 



( I ) On a vu que la tuméfaciion de la tête s'opère à trois eu' 
droits différens : au détroit supérieur^ à l'orifice uleiin , au 
détroit inférieur et à l'arcade pubienne. C'est surtout quand 
le détroit supérieur est uu peu resserré que la lêles'j luiué- 
fie : cela peut même arriver avant la rupture des membranes : 
nous en avons eu tout récemment une preuve évidente. Une 
femme déjà une fois accouchée, mais très-péuiblement , et 
dont le bassin était resserré, fut opérée par la version le 
2.1 mars 1821. La tête n'avait pu descendre j la tumeur et 
l'ecchymose étaient sensibles sur le pariétal droit , ce qui in- 
diquait que l'apgle sacro-vertébral avait retenu le pariétal 
gauche. Dans les cas ordinaires ^ pareille tuméfaction a lieu 
sur le vcrlex , ou, pour préciser davantage, sur lesynciput. Jl 
n'en est pas de même de celle qui se forme à l'arcade pubienne, 
ou même à l'orifice utérin après rupture des membranes. 
( yojez premier Méaioire. ) 



DEUXIEME MEMOIRE. Il3 

Smellie (tom. i, pag. 276 ). Cherchez rorellle ou 
la face : ce sont des jalons infaillibles. 

Rapporter les caractères des positions franches , 
ce serait répéter des choses rebattues. Arrélons- 
nous seulement aux incliiiées latéralement , c'est-à ; 
dire aux pariétales. 

Delamotte et Mauriceau ont trouvé le côté de la 
tête couvrant en plein le détroit supérieur, une 
oreille en haut et l'autre en bas. Delamotte a senti 
deux fois la tête ainsi inclinée^ ayant la face à droile 
et l'occiput à gauche (pag. 798 et 801 ). Mauriceau 
a vu deux fois sur le cadavre la tête renversée sur 
l'épaule et la face vers le pubis (obs. 149 et 25 1 ). 
Voilà quatre faits bien constatés : les mêmes auteurs 
en contiennent d'autres , mais moins clairs et moins 
précis. Celui de Smellie (t. 11 , pag. 52 3 ) offrait le 
vertex sur les pubis. 

Je ne sais s'il faut en attribuer la cause au hasard, 
ou si quelqu'un de nous s'est trompé; mais jaînai s 
une seule Jois il ne m'est tombé entre les mains un 
cas semblable. Dans tous les cas analogues que j'ai 
examinés, suivis et étudiés même avec le plus grand 
soin, j'ai trouvé la bosse pariétale et non l'oreille au 
centre du détroit, la suture sagittale très-rapprochée 
le plus souvent de l'angle sacro-vertébral , quelque- 
fois du bord d'un des iliums : l'oreille était fort 
voisine ou du pubis, ou de l'ilium opposé. C'est cette 
oreille, c'est la suture sagittale qui m'ont surtout aidée 
dans le diagnostic : si quelquefois il a été difficile à 
établir , c'était à cause de l'élévation de la tête ; si 

8 



Il4 PRATIQUE DES ACCOUCIIEMENS. 

quelquefois j'ai ële' un peu long-lemps à fixer mes 
ide'es et à bien reconnaître l'état des choses , c'est 
que d'ordinaire on ne porte pas sur-le-champ ses 
soupçons vers ces cas rares; c'est , comme dit Dela- 
motte , u parce qu'on ne s'en défie pas ». 

J'ai dit dans quelle direction nos trois célèbres 
auteurs avaient trouvé la tête : pour moi, je l'ai 
trouvée ainsi inclinée à-peu-près dans toutes les di- 
rections des positions franches. Cependant lorsque 
l'angle sacro-vertébral avait arrêté le verlex, la tête 
était presque toujours transversale, ou bien, quoi- 
que diagonale, elle se rapprochait beaucoup de la 
direction transverse. Quand, au contraire, la su- 
ture sagittale s'était arrêtée vers un des iliums , la 
tête était diagonale et rapprochée de la direction 
autéro-poslérieure. On en trouvera des exemples 
dans les observations annexées à ce Mémoire. Les 
autres sont beaucoup plus ordinaires, mais ils se rat- 
tachent pour la plupart à la mauvaise conformation 
du bassin dont nous nous occuperons par la suite. 
Je dois rappeler ici ce que j'ai dit dans le premier 
Mémoire au sujet du diagnostic. La tuméfaction 
et l'ecchymose pourraient, ai-je dit, faire croire 
souvent que la tête s'est présentée inclinée (/^o;ts 
encore la note d'une des pages précédentes). C'est 
peut-être ce qui a plus d'une fois trompé Lëvret 
( Accoiichemens laborieux ) , qui ne connaissait 
qu'imparfaitement le mécanisme de l'accouche- 
ment naturel. Cette méprise , on pourrait la com- 
îîicttre pendant le travail même , en négligeant , 



Ideuxième mémoire. iï'J 

lors du toucher, la précaution que j'ai indiquée 
dans le même Mémoire. Si on ne baisse pas suffi- 
samment le poignet _, si on ne dirige pas le doigt 
d'arrière en avant et dans Taxe du détroit supérieur, 
il est certain que le doigt ira heurter directement 
un des pariétaux. Remarquez bien que la tête, qui 
s engage directement dans le détroit supérieur , est 
inclinée par rapport au détroit injérieur, autant 
que Vaxe d'un détroit est incliné par rapport à 
celui de Vautre. La tête s'enfonce dans la même 
direction jusque vers le bas de l'excavation, et alors 
le doigt, porté suivant Yaoce du détroit ififérieur , 
trouvera plus distinctement encore le pariétal au 
centre , la suture sagittale vers la concavité du sa- 
crum _, ou plutôt vers un des ligamens sciatiques. 
Ce n'est point là le fait dont je viens de parler tout 
à l'heure : dans celui-là vous aurez beau porter le 
poignet en arrière et la pointe du doigt en avant, 
vous trouverez toujours la bosse pariétale au centre^ 
parce qu'elle y est réellement. 

ARTICLE V. 

Mécanisme. 

§ I«'. Positions franches. Rien de plus connu 
maintenant que le mécanisme de l'accouchement 
naturel : c'est dans Solayrès et Baudelocque qu'il 
faut chercher des détails sur sa théorie (i) : arrê- 

(i) Une chose sur laquelle on insisle beaucoup et avec 



Il6 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

tons-nous seulement à quelques cousidératlons pra- 
tiques. 

yi . La première a trait à toutes les positions du 
verlex : c'est que la rotation horizontale qui ra- 
mène dans le sens antéro-postérieur le grand dia- 
mètre auparavant oblique ; cette rotation, dis-je , 
s'opère plus ou moins haut dans le bassin. Jamais 
pourtant elle ne s'opère assez haut pour que l'oc- 
ciput ne soit pas au niveau de l'arcade pubienne , 
ou le front au milieu de la symphyse (4^ et 5^ p.) ; 
mais quelquefois l'occiput est à peine derrière un 
des trous sous-pubiens y que la rotation a lieu et 
qu'il entre dans l'arcade ; d'autres fois la tête est tout 
au bas du bassin et dans le détroit inférieur quand ce 
mouvement s'opère ; quelquefois même la tête a 
franchi le détroit inférieur; elle n'est plus contenue 
que par le périnée et la vulve, et pourtant la suture 
sagittale est encore diagonale : tout-à-coup elle 



raison , c'est que l'enfanl sort non par \&bas mais par le dC" 
vant de l'excavation. La vulve est dirigée en avant , dit-on. 
Les commençans conçoivent difficilement la vulve ainsi diri- 
gée : qu'ils se rappellent que dans les derniers temps du tra- 
vail , le périnée , élargi, distendu , est fortement poussé en 
bas : c'est là ce qui donne à la vulve la direction susdite. Le 
périnée représente une grosse tumeur arrondie ; la vulve re- 
présente une fente pratiquée sur la face antérieure de cette 
tumeur^ elle regarde alors en avant et un peu en bas , jus- 
tement dans la direction de l'axe du détroit inférieur et de 
l'arcade pubienne. ( Voyez, pour cela, la planche que Levret 
a sur-ajoulée à son An des accouchemens. ) 



DEUXIEME MEMOIRE.' IJJ 

roule sur son axe , l'occiput fait saillie hors de la 
vulve , et le reste sort un instant après. 

Dans le premier cas, la sortie totale se fait quel- 
quefois long-temps attendre après la rotation ; la 
tête rentre et sort à chaque douleur , et le pe'rine'e 
n'est presque pas distendu dans l'intervalle; dans 
le deuxième , la sortie est presqu'instantanée, et le 
périne'e était de'jà fort distendu même avant la 
rotation : aussi la têle ne rétrograde plus , car on 
sait qu'elle ne rétrograde ainsi sous l'influence de 
l'élasticité des parties extérieures qu'autant qu'elle 
n'a pas franchi le détroit inférieur du bassin , ou , 
pour parler avec plus de précision, les lubérosités 
sciatiques. 

On rencontre quelquefois des cas plus irréguliers; 
on voit quelquefois la têle sortir obliquement di- 
rigée , et franchir la vulve sans avoir subi aucune 
rotation horizontale, telle enfin qu'elle était dans 
l'excavation pelvienne. Elle sort plus difficilement , 
mais elle sort. Solayrès avait déjà fait cette remar- 
que ; je n'ai point vu comme lui que cela fût plus 
fréquent quand le front est à gauche et en arrière, 
que quand il est à droite: jepencherais plutôt même 
vers l'opinion contraire. 

J'ai été trois à quatre fois témoin de faits plus 
élonuans encore : j'ai vu la tête sortir transversale, 
le front vers une des lèvres de la vulve, et l'occiput 
vers l'autre. Dans ce cas-là l'occiput se dégage le 
premier , puis le front se dégage par un mouve- 
ment d'extension analos^e à celui du mécanisme 



Jl8 PRATIQUE DES ACCOL'CHEMENS. 

ordinaire. Tous deux passent immédiatemeut au 
devant des tubérosites sciatiques , comme font les 
bosses pariétales dans le mécanisme ordinaire. 
( VojeZy pour plus de détails , les observations qui 
suivent. ) 

j5. La deuxième considération a rapport aux 
positions dans lesquelles le front est vers un des 
pubis ou une des éminences ilio-peclinées {face 
en dessus ) , et aux positions transversales. 

Elles sont quelquefois susceptibles de permuta- 
tions spontanées par un mouvement de rotation 
extraordinaire. Ce mouvement ramène le front 
en arrière , et réduit ces positions à l'une des deux 
premières du vertex. C'est ainsi que la quatrième 
et la deuxième transversales se réduisent à la 
deuxième franche , et que la cinquième et la pre^ 
mière transversales se réduisent à la premièie fran- 
che. Ce mouvement fait même partie essentielle 
du mécanisme naturel et favorable des positions 
transversales , car il est rare et fâcheux qu'elles 
roulent le front en avant , et bien plus rare encore 
qu'elles restent transversales jusqu'à la fin de l'ac- 
couchement (i). 

§ H. Positions inclinées. Je parlerai ailleurs des 



(i) Je ne dis rien Ju ruécanisine des positions directes in- 
termédiaires aux six cardinales dont je viens de parler^ leur 
rotatioa est plus ou moins considérable , suivant qu'elles se 
rapprochent plus ou oioios du sens antcro-postérieur ou du 

trans'^^efja!. 



DEUXIEME MEMOIRE.' IIQ 

positions du front. Celles de l'occiput n'ont rien de 
particulier ; la rotation ( deuxième mouvement ) 
est la même ; la flexion (premier) est seulement un 
peu forcée , et , par conséquent , l'extension ( îroi- 
sième) doit être un peu plus considérable : du reste, 
ce sont les mêmes diamètres que quand la fonta- 
nelle postérieure est au centre. Il n'en est pas ainsi 
des positions du pariétal. Si aucune cause (obliquité 
utérine , etc. ) ne tend à augmenter ou à repro- 
duire l'inclinaison latérale de la tête, si le bassin 
est bien ouvert et le fœtus bien conformé, on verra 
souvent , à mesure que la tête pénétrera dans le 
bassin , le verlex se rapprocher du centre et la tête 
se redresser peu à peu (i) (Smellie, fom. ii , 
pag. 323 ). Si le contraire a lieu , ou si l'utérus, 
fatigué , cesse de se contracter avec force , alors 
souvent l'accouchement spontané devient impos- 
sible et requiert les secours de l'art. Ces deux faits 
sont également vrais , soit que la tète se soit ren- 

(i) Le 3 novembre 1820 , au moment ou j'écrivais cet ar- 
ticle, un cas de celte espèce s'est offert à la maison d'accouche- 
ment. La tête est resiée long-lemps au détroit supérieur , la 
suture sagittale appuyée sur le bord mousse de l'ilium droit 
et sur la partie voisine du sacrum , le pariétal gauche dans la 
fosse iliaque droite, le pariétal droit répondant à l'ouverture 
de l'excavation 3 la tête était eu outre un peu renversée vers 
le dos , en sorte que le milieu de la suture //-ow/a/e droite 
occupait le centre du détroit supérieur, comme le prouva la 
tuméfaction et l'ecchjimose de la peau qui recouvre cette 
partie du crâne : c'était une 4* position (B.) doublement 



120 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

versée sur la saillie sacro-vertébrale _, soit qu'elle 
l'ait fait sur le bord d'un des iliums. Nous l'avons 
pourtant vu descendre quoiqu'incline'e et opérer sa 
rotation , puis sortir de la vulve précédée d'une 
bosse pariétale. 

ARTICLE VI. 

Pronostic. 

§ I". Le pronosticse tire ou des positions en elles- 
mêmes , ou des complications , des accidens , etc. 
Tout cela sera traité à part ; mais il me parait utile 
de consacrer ici quelques mots à l'enclavement et 
àl'inerlie. 

A. Il est fort ordinaire de voir la tête s'arrêter 
dans sa marche et suspendre ses progrès j ou même 
rester indéfiniment immobile. La plupart des ac- 
coucheurs regardent l'enclavement comme la cause 
ordinaire de cet accident. Qu'est-ce donc que cet 
enclavement ? est-ce un état tel ^que la tête _, ser^ 
rée par deux points diamétralement opposés , 7ie 
puisse plus ni remonter à moins d'un violent effort, 
7ii s'enfoncer davantage , ni tourner à droite ou à 
gauche? 

inclinée. La dilatation était complète et les eaux écoulées 
depuis plusieurs heures. Enfin, vingt-quatre heures après le 
commencement du travail, la tête descendit dans l'excavation 
du bassin après s'être complètement redressée et réduite à une 
4^ franche du vertex. L'inertie de l'utérus et l'épuisement delà 
femme me forcèrent d'appliquer le forceps : la chose futsimple 
ft facile ; l'enfant était mort ; c'était une deuxième grossesse, 



DEUXIEME MEMOIRE. 121 

Je n'ai jamais vu un pareil enclavement , à 
moins que le bassin ne fût très-étroit , ou l'enfant 
hydrocéphale. On peut prendre une idée du pre- 
mier cas dans les planches de Smellie. Mais , avec 
un bassin bien fait , avec une tête bien conformée, 
quelles que fussent sa grosseur et sa position^ je n'ai 
pas vu une seule fois pareil enclavement. Appelez- 
vous enclavement cet état dans lequel la tête offre 
au bassin des diamètres plus grands que les siens , 
et ne peut y pénétrer plus aidant ? La chose est 
bien différente : encore est-elle rare dans les posi- 
tions directes ; elle ne se voit guère que dans les 
positions où la flexion de la tête ou sa rotation 
sont rendues difliciles par une cause ou par l'autre : 
mais je l'ai vue quelquefois quand le front s'avan- 
çait le premier , et que le diamètre occipito-men- 
tonnier mesurait l'excavation ou le détroit supé- 
rieur : j'avais alors un bon moyen d'y remédier , 
et ce moyen prouvait assez que la tête était mobile 
et non enclouée ou enclavée dans le bassin. 

B. Dans les trois quarts des cas, je suis sûre qu'oa 
a pris pour enclavement V inertie de l'utérus. Plus de 
douleurs, plus de progrès. Les douleurs de reins, 
généralement si peu efficaces , et la suspension des 
douleurs se voient avec les positions les plus favo- 
rables et dans les circonstances les plus avanta- 
geuses. On voit au contraire de bonnes douleurs 
faire marcher rapidement la tête, quoique mal dis- 
posée. On voit avec une position quelconque le tra- 
vail rester long-temps slaliounaire, puis toul-à-coup 



122 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

reprendre de l'e'nergie^ et chasser le foetus. Dans 
toutes ces circonstances, il faut bien convenir que 
l'inertie est indépendante de la position. Je ne veux 
pas nier que certaines positions (face en dessus) i^e 
demandent plus d'efforts , ne fatiguent davantage la 
matrice, et n'amènent quelquefois l'inertie; mon but 
est seulement d'avertir les élèves de ne point attri- 
buer à la position , ni à l'enclavement, ni à la con- 
formation du bassin , tout retard qui survient dans 
le travail, à ne pas désespérer trop tôt des ressour- 
ces de la nature, et à ne pas recourir trop tôt à des 
moyens violens. Plus d'une fois j'ai entendu accu- 
ser delà lenteur du travail une 4° et une 5^ position; 
j'ai entendu prononcer le mot d'enclavement ; j'ai 
vu même approcher le forceps , et tout-à-coup 
l'inertie cessait, et l'enfant s'échappait avec rapi- 
dité. Voyez même les exemples d'enclavemens don- 
nés par les meilleurs auteurs ; vous y trouverez 
qu'on a pu porter les doigts jusqu'à l'occipital , jus- 
qu'au col de l'enfant , même jusqu'à l'épaule. 
( V^ojez Levret , suite des accouchemens labo- 
rieux y 3oe , Si*' et 32^ observations. ) 

§ II. Les positions du vertex sont généralement 
regardées comme les plus favorables : cela est vrai 
jusqu'à un certain point. Dans les cas les plus sim- 
ples , la rupture du périnée est à-peu-près la seule 
chose qu'on puisse craindre. Il n'est pas toujours fa- 
cile de l'éviter, surtout dans un premier accouche- 
ment : la vulve est d'ordinaire si étroite; qu'on a 
peine à concevoir comment elle pourra parvenir à 



DEUXIÈME MÉMOIRE. I25 

se dilater convenablement. Ce n'est pas sur le dé-f 
ploiement des nymphes qu'il faut compter; c'est 
tout au plus sur leur aïloJigemejit. En effet, exami- 
nez-les pendant le cours du travail, pendant que 
ia tête sort et aussitôt après que l'enfant est né , 
vous les verrez plus ou moins tiraillées^ allongées , 
mais jamais développées et déployées comme les 
lèvres de la vulve. 

A. Les positions où la face est rapprochée du 
pubis passent pour fâcheuses, et sinon très-dan- 
gereuses , au moins fort désagréables et fort pé- 
nibles (Mauriceau , Jphor. i83.) Cependant, 
suivant Ant. Petit, elles n'ont rien de bien fâcheux, 
et l'accouchement n'en est qu'un peu plus long. 
On ne peut nier que dans ces cas l'accouchement 
spontané ne soit très - possible ; des multitudes 
d'exemples le prouvent tous les jours ; mais le 
simple raisonnement nous indique assez quelles 
nombreuses sources de difficultés découlent d'une 
semblable position. La station du front derrière 
les pubis après une rotation que la largeur des sur- 
faces rend difficile; la nécessité d'un violent abais- 
sement de Tocciput , d'une flexion outrée de la 
tête , de l'engagement des épaules dans le détroit 
supérieur ; la brièveté du levier sur lequel agit le 
rachis; enfin , le double mouvement d'arc de cer- 
cle nécessaire d'abord pour le dégagement de l'oc- 
ciput, puis pour celui du front , dégagemens dont 
le premier ne s'opère que par la présentation de 
loiit le diamètre occipilo fVoiilal k la vulve ; tout 



124 PRATIQUE DES ÀCCOUCHEMENS. 

cela doit rendre l'accouchement souvent long et 
toujours pénible. Si l'inertie (i) survient, soit sans 
cause connue, soit parla lassitudede l'utërus , épuisé 
contre tant d'obstacles; si les efforts d'une main ins- 
truite ne viennent pas remplacer ceux de la na- 
ture, la tête comprime les parties voisines et delà 
des rétentions d'urine , des escarres , des fistules 
urinaires ou stercorales. Dans des cas moins gra- 
ves , cette compression occasione un boursoufïle- 
ment de la muqueuse du vagin, et peut-être de la 
■vessie. Il en résulte une pesanteur fort incommode, 
qui se dissipe avec le temps; mais elle inquiète les 
femmes et embarrasse les personnes peu expéri- 
mentées : un des signes principaux qui la distin- 
guent, c'est lesoulagement que produit une pression 
légère : il suffît de soutenir du doigt la paroi anté- 
rieure du vagin pour la faire disparaître momen- 
tanément. Les malades elles-mêmes se soulagent 
en soutenant de la main les parties génitales (2), 

(i) Presque jamais, les douleurs se soulenanl avec le carac- 
tère des douleurs valables , il n'est devenu nécessaire de re- 
courir à l'accouchenient arlificiel. 

(2) Ce boursoufïlement ne doit point être confondu avec 
celui de la membrane muqueuse du méat urinaire. Bien des 
femmes , en eifet , sont affecte'es d'ardeur d'urine, de pesan- 
teur et de douleur vers le devant de l'orifice du vagin, et en 
recherchant la cause de ces accidens, on y trouve une tumeur 
circonscrite, mollasse, rouge et très-sensible. Celte tumeur 
dans le principe est fort petite ; elle semble n'êrre autre chose 
qu'un prolapsus de la membrane iulerae de l'urètre, et on 



DEUXIÈME MÉMOIRE. 125 

C'est aussi dans ces accouchemeus que la rupture 
du périne'e et même de la cloison recto-vaginale est 
plus à craindre, à cause de la difficulté du mouve- 
ment d'arc de cercle (flexion outrée), et de la 
grandeur du diamètre qui mesure le détroit infé- 
rieur. A part même tous ces inconvéniens , on sait 
bien que ce n'est pas sans danger que le travail se 
prolonge, que la femme se fatigue et s'épuise, et 
que l'enfant reste comprimé et péniblement fléchi. 
Conclusion , si les uns ont trop exagéré les dangers 



peut même la faire rentrer dans le canal , sinon en totalité' , 
au moins en partie j mais ce prolapsus est fort enflammé , 
fort sensible à l'application des corps extérieurs , au passage 
de l'urine, etc. Peu à peu la tumeur s'accroît, elle fait des 
progrès, surtout vers la partie postérieure du méat urinaire, 
en sorte qu'elle est toujours cachée par les nymphes et les 
grandes lèvres, et qu'on ne l'aperçoit qu'en ouvrant la vulve; 
elle s'arrondit , prend une apparence fongueuse et devient ua 
peu moins sensible ; elle conserve toujours une rougeur très- 
vive j quelquefois elle paraît comme pédiculée , mais son pé- 
dicule est toujours large et épais. Quoique cette tumeur fasse 
des progrès assez rapides, je ne l'ai jamais vue acquérir plus 
de grosseur que le bout du pouce j elle gène alors l'escrélion 
de l'urine et même la progression. 

Il est étonnant que les auteurs n'aient * point parlé de 
celle affection j elle n'est pourtant pas très-rare et les in- 
commodités qu'elle occasione sont toujours assez graves pour 

* MoRGAGNi est le seul , à moi connu , qui en fasse mention : encore 
n'en dit-il que quelques mots , et la considère-t-il comme un simple 
prolapsus. {Episl, i- , n» 5i, — i.yi ; a» 2i, — j,.\x , n» lo. ) A'ote de 
l'éditeur. 



126 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

de ces positions , d'autres n'eu ont pas assez tenu 
compte. 

B. Les positions transversales sont mauvaises y 
suivant Levret, parce qu'il croit les épaules rete- 
nues par les pubis et le sacrum {Accoiichemens la- 
borieux y page 143 ). Suivant Burlon , elles rendent 
l'accouchement long et difficile (t. 1, p. 192). Ant. 
Petit, au contraire, loin d'y tiouver rien de fâ- 
cheux, les regarde comme très-bonnes (t. i , p. 384). 
Un juste milieu est souvent le parti le plus sage, et 



forcer les malades à consulter les gens de l'arl. M. Dubois e£ 
■M. Cullerier ont rencontré comme moi celte affection chez 
des sujets nullement entachés du viius syphilitique , et chez 
des sujets d'âge très-différent; mais jamais, que je sache, 
avant la puberté : en somme, elle n'a pas, comme l'affection 
qui nous occupe , de rapport avec l'état de couches, et existe 
ordinairement sans que rien l'y rattache. MM. Cullerier et 
Dubois ont employé la cautérisation avec le fer rouge, et ils 
assurent en avoir obtenu de fréquens succès. M. Dubois se 
contente , pour son opération , de tenir les parties environ- 
nantes écartées au moyen de l'anneau d'une pince à panse- 
ment, à travers lequel il porte son cautère. J'ai vu une vieille 
femme chez laquelle celte opération a produit beaucoup d'in- 
flammation et de douleur; et après la chute de l'escarre, la 
tumeur est revenue plus grosse qu'auparavant. Je lui ai fait 
faire des lotions astringentes ; le mal a cessé de croître , et je 
ïie sais ce que cela est devenu : c'est le sulfate de zinc que 
j'avais employé. La ligature réussirait sans doute si la tumeur 
était pédiculée, les émolliens ne font rien du tout, et les 
aslringens ne sont que palliatifs , au moins quand les choses 
6ont portées à un certain degré. 



D E L' X i È .■>! E M E M O I R. E . I 3 7 

c'est , comme tout - à -l'heure , celui dont je fais 
choix. Je ne puis regarder ces positions comme 
meilleures que la i*^" et la 2^ de Baudelocque. Mais 
je ne les crois pas plus , ni même aussi fâcheuses , 
que la 4® et la 5^. 

C. Quant aux positions du pariétal , tous les 
praticiens s'accordent sur leur fâcheux caractère. 
Peut-être pourtant quelques auteurs (surtout avant 
l'invention du forceps) ont-ils dépasse les bornes 
delà prudence dans les conseils qu'ils ont donnés, 
et même dans la conduite qu'ils ont tenue dans ces 
circonstances : c'est ce que nous verrons dans un 
instant. 

Ce qui empêche alors la tête d'avancer , c'est : 
1** le diamètre occipito - frontal , qui , loin d'être 
rapproché de Yaxe du détroit supérieur, mesure 
au contraire un diamètre de ce détroit ; et 2° la 
difficulté de la rotation iiorizontale, en supposant 
que la tête parvînt à pénétrer ainsi inclinée dans 
l'excavation. 

Non-seulement elles nuisent à la m.ère en pro- 
longeant indéfiniment le travail ; mais encore au 
fœtus , et par la longueur de ce même travail , et 
par l'altitude gênante à laquelle elles le réduisent. 

ARTICLE VII. 

Indications et procédés opéj'aioires. 

Pour ce qui regarde les généralités de ce double 
article, on peut consulter le Mémoire précédent : 



128 PRATIQUE DES ACCOUCHEMEWS." 

je m'y suis amplement expliquée. Il ne doit élre 
question maintenant que de l'application des pre'- 
ceptes géne'raux aux divers cas relatifs à la présen- 
tation du vertex, et je n'ai presque à indiquer que 
les modifications des procéde's ope'raloires pour les 
cas particuliers. 

§ P". Indications* Elles se réduisent toujours à 
trois : laisser faire la nature ^ l'aider dans sa marche, 
et changer ses dispositions. 

A. Laisser agir la nature : telle est l'indication 
offerte par les deux premières positions, quand 
il ne survient aucune complication , aucun ac- 
cident. Mais si l'inertie survient , si des convul- 
sions , une hémorrhagie , etc., se déclarent , on est 
bien forcé d'employer le forceps ou la version du 
fœtus. 

B. Les quatrième et cifiquième (B.) n'offrant pas 
les mêmes avantages, mettent bien plus souvent 
dans cette nécessité. Quand le travail marche avec 
rapidité, on peut bien abandonner tout à la nature ; 
mais quand il y a inertie de l'utérus ou épuisement 
des forces de la femme _, il faut que la sage- femme 
supplée à l'insuffisance des organes. Les indications 
sont alors variables suivant la période où est par- 
venu le travail , et l'opération doit varier comme 
elles. 

Premier cas* Les forces ne sont pas toul-à-fait 
épuisées ; la tète s'engage dans l'excavation; l'utérus 
est peu contracté et contient encore de l'eau ; la 
tête se rapproche de la direction transversale. C'est 



DEUXIEME MEMOIRE. IHf) 

là !e cas, ou jamais, de tàcherdeproduirela rotation 
et de réduire la position à la première ou à la deu- 
xième du vertex. 

Deuxième cas. La tête^ plus basse , a franchi Uo- 
rifîce utérin, le front est presqu'en avant, l'utérus 
est vide d'eau , l'enfant est vivant : c'est ici que con- 
vient le forceps. 

Troisième cas. La tête est très-haute, l'enfant 
vivant , l'utérus inerte , mais plus ou moins rempli 
d'eau : la version est alors le meilleur moyen. 

Quatrième cas. La fête est haute et ne descend 
pas, l'utérus vide d'eau et fortement contracté. On 
essaiera du forceps; mais l'enfant est mort ^ la tète 
molle ; le forceps glisse et vient seul : il faudra re- 
courir aux crochets, au perce-cràne , etc. 

Notez que , dans toutes les circonstances, je sup- 
pose toujours l'orifice utérin suffisamment dilaté, 
(^ne faire quand il ne l'est pas ? attendre. 

C^ Les positions transversales indiquent plus po- 
sitivement encore que la quatrième el la cinquièriie, 
de tenter la réduction à l'une des deux premières: 
c'est le forceps qui peut seul opérer cette rotation , 
et il achèvera l'extraction. On a, dans ce cas, bien 
moins de chemin à faire parcourir à la tête pour 
une réduction complète. Remarquez même qu'il 
serait imprudent de tenter cette réduction dans la 
quatrième ou cinquième position , si le front est 
derrière un des pubis, c'est-à-dire fort en avant. 
Pour peu que l'utérus soit alors contracté , le tronc 
resterait immobile pendant qu'on ferait faire un 

9 



iSo PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS; 

demi-tour (i) entier à la tête ; le col ea serait ne-- 
cessairemenl tordu et grièvement lésé. 

Ces positions transversales se réduisent au reste 
fort souvent seules , et la sage-femme est simple 
spectatrice du phénomène. 

D. Je parlerai ailleurs du front : parlons ici seu- 
lement du pariétal. Les auteurs se sont partagés sur 
les indications qu'offrait à remplir la présentation 
du côté de la tète. Suivant Mesnard , il faut toujours 
se hâter d'agir ; s'il est trop tard pour aller prendre 
les pieds , il faut tirer la tête avec les tenailles^ 
ou bien perforer le crâne et employer le crochet 
(page 277 ). Levret veut qu'on tente sur-le-champ 
la version ( suite des Ace. îabor., pag. 16.). C'est 
aussi l'avis de Delamotte (obs. 268), qui s'est vu 
plusieurs fois (obs. 269 et 270) forcé d'ouvrir le 
crâne ; et dans tous les cas que Mauriceau rapporte 
de ces positions , on voit qu'il a renversé l'enfant 
(observ. Sg. ), ou qu'il l'a tiré avec le crochet 
( obs. 58. ) , ou qu'il l'a extrait par la section du ca- 
davre de la mère (obs. 149 et 202 ). Smellie, au 
contraire , soutient que , si l'enfant n'est pas trop 
gros , la tète peut se redresser spontanément , et 
il conseille de la repousser et de la redresser avec la 
main ( tom. 11, pag. 323. ). Sans nous laisser in- 
fluencer par l'une ou Tautre de ces opinions dont le 

(i) Le front, d'abord ramené vers une des symphyses sacro^ 
iliaques, sera bientôt conduit dans la courburedu sacrum pour 
exécuter la rotation ordinaire des deux premières positions. 



ronflit ne peut qu'embarrasser, parlons d'après l'ex- 
përience. Elle nous apprendra que bon nombre de 
ces positions pariétales n'ont pas empêché l'accou- 
chement d'avoir lieu sans secours étrangers; quel- 
ques-uns ont été plus longs ;, il est vrai. Ce n'est 
guère que dans l'excavation du bassin que le redres- 
sement s'opère; mais, une fois opéré, il laisse les 
choses dans l'état où elles seraient après une position 
directe. D'un autre côté, nous verrons que de telles 
positions sont souvent un obstacle invincible si l'art 
n'y remédie. Ten tera-t-on alors de repousser et de ré- 
dresser la tête? Je n'y ai jamais réussi qu'involontai- 
rement, c'est-à-dire en essnjaiîtV ^ppYicaiûon du 
forceps ou la version .Dans ces cas là le renversement 
n'était pas considérable , le bassin était bien con- 
formé; mais toutes lés fois que les dispositions con- 
traires existaient, mes efforts ont été vains : c'est 
là ridée qu'on doit se faire de ce que j'ai dit à ce su- 
jet dans le premier Mémoire. Je crois très-fort que, 
si Smellie a eu du succès , c'était également dans un 
cas d'inclinaison légère comme l'observation qua- 
trième de Mauriceau , et où la nature aurait seule 
vaincu la difficulté. Le forceps bien appliqué n'a 
même jamais, entre mes mains, produit ce redres- 
sement que fort près du détroit inférieur , et quel- 
quefois pas du tout. Bref, si la mère ne peut se dé- 
barrasser elle-même , la version ou le forceps me 
semblent seuls requis. Exceptons-en pourtant les 
cas où le fœtus a indubitablement perdu la vie, où 
l'utérus est contracté , la tête molle et élevée , etc. 



l32 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

Les crochets et le perce-crâne deviennent alors utiles 
et même nécessaires. 

§ II. Procédés opératoires. Après avoir consi- 
déré les indications présentées par les diverses cir- 
constances de chaque position du vertex , voyous 
en détail les moyens de les remplir. 

Première indication. Celle de laisser aller les 
choses ne doit plus nous occuper; les précautions 
qu'elle demande ont été détaillées ailleurs. Nous 
rappelons pourtant l'attention du lecteur sur la né- 
cessité desoutenir vigoureusement le périnée quand 
la face est en avant ou , comme on dit , en dessus, 
et quand la tête sort offrant transversalement ou 
diagonalement à la vulve ses grands diamètres. 

Deûjcième indication. Celle d'aider veut qu'on 
agisse tantôt sur la mère et tantôt sur l'enfant 
( Voyez premier Mémoire). Sur ce dernier on agit 
différemment s'il est vivant ou s'il est mort ( i°. for- 
ceps , 2°. perce-crâne et crochet). 

A. Quant au forceps , les règles générales ont 
fait l'objet d'un article étendu du premfer Mémoire : 
restent les considérations particulières. 

J'insisterai peu sur les détails j ils sont ample- 
ment expliqués dans le meilleur de nos ouvrages 
théoriques , celui de Baudelocque (i). Avertir de 
placer toujours les branches sur les côtés de la tête, 

(i) Voyez d'aiileurs, pour ces mêmes détails, les Obser- 
vations particulières j vojez surtout les premiers numcros 
des accouchemeus terminés par l'application du forceps. 



DEUXIEi-ME MEMOIRE. IDD 

et de telle manière que le bord concave regarde 
la partie de la iële qui doit sortir immédiatement 
sous t arcade pubienne , enfin d'introduire d'abord 
la plus difficul tueuse , c'est-à-dire celle qui doit 
être en avant du bassin _, n'est-ce pas avoir tout dit 
pour les positions directes ? Voulez-vous ramener 
l'occiput en avant sous l'arcade pubienne, que tou- 
jours la concavité des bords regarde l'occiput ; que 
cette concavité regarde en avant et à £?auche du 
bassin dans la première position y en avant et à 
droite dans la deuxième , tout-à-fait à droite dans 
la première transversaleetà gauchedans la deuxième 
transversale. Suivant l'idée deSmellie( t. i,p. 287), 
il faudrait qu'elle regardât encore vers l'occiput , et 
par conséquent un peu en arrière dans la quatrième 
et la cinquième. Tous les modernes tournent en 
pareil cas la concavité vers le front , et par consé- 
quent vers le devant du bassin : c'est alors le front 
qu'on fait rouler derrière les pubis. 

Est-il toujours bien facile de suivre ces préceptes 
à la lettre? Oui , pour la première et la deuxième, 
quand le bassin est bien fait et qu'elles sont dans la 
deuxième période , c'est-à-dire, que la tête occupe 
l'excavation du bassin. La chose est encore facile 
quand on prend pour la quatrième et la cinquième 
le deuxième parti que nous avons proposé tout-à- 
l'heure. La même facilité n'a pas toujours lieu pour 
les positions transversales, même dans l'excavation, 
et , à plus forte raison , au détroit supérieur. Au 
détroit supérieur , il est souvent fort difficile do 



ï54 PRATIQt'E DES ACCOUCHFMENS. 

parvenir à saisir la lêle par ses côtes , même quand 
elle est diagonale. A une telle hauteur , l'excavation 
force l'iaslrumenl à accommoder sa courbure à la 
sienne ; la courbure des axes du bassin empêche 
le forceps de s'enfoncer si les branches ne sont pas 
latéralement introduites ; à chaque instant celte 
courbure ramène chaque branche à la situation 
latérale, et quand on veut les articuler, on les voit se 
rejeter chacune vers un côlé du bassin, alors même 
qu'on était parvenu à les placer convenablement 
sur la tête. Que résulle-t-il delà? que la tête se 
trouve saisie du front à l'occiput dans les positions 
transversales , et d'un frontal à la région mastoï- 
dienne opposée dans les diagonales. Je dis du front 
à l'occiput , d'un frontal à la région, etc. , car ce 
n'est pas sur la face que le forceps agit alors; 
\ix tête, dans les positions directes, étant dès les 
premiers momens un peu fléchie , l'occiput est 
plus bas que la face , et le front seul se trouve à- 
peu-près à son niveau (i). Quand on s'obstine à 
placer le forceps diagonalement , on a souvent 
beaucoup de facilité à placer la première branche ; 
mais la deuxième ne peut plus tourner ou même 



(i) En voici une preuve récente. Dans le mois de mars 
1821 , j'ai appliqué le forceps pour terminer un travail qui 
jurait depuis plus de huit jours : la tête s'offrait dans la 
denxiccue position , elle n'était qu'engagée dans le détroit , 
J'cxcavation était libre) les cuillers furent placées latéralement 
^1 5icnées avec un cordon 3 l'extracliMi se (il avec qn peu de 



DEUXIÈME MÉMOIRE. l35 

«'enfoncer. Si on a commencé par celle qui doit 
rester en arrière , l'autre ne pourra s'avancer jus- 
que vis-à-vis l'éminenceilio-pectinée; il n'y a pas de 
place pour elle entre le bassin et la tête , que 
pousse en avant la première branche. Si on a com- 
mencé par celle qui doit rester en avant , on a 
repoussé la tête en arrière, et il n'y a plus de place 
que sur le côté du bassin : laisserez-vous là celte 
branche? articulerez-vousle forceps en maintenant 
fortement la première introduite ? vous aurez mal 
saisi la tête , vous la tiendrez avec les bords con- 
vexes des cuillers , et les bords concaves déchire- 
ront l'orifice de l'utérus. Vous vous en apercevrez 
bientôt : d'abord vos crochets se rapprocheront à 
un degré qui vous indiquera le peu de volume de la 
partie saisie par les cuillers; ce rapprochement ne 
se fera qu'avec des douleurs excessives dans les or- 
ganes de la mère. Si vous tirez , le forceps glissera 
davantage , et, en descendant sous la tête , fendra 
complètement l'orifice. Tout cela m'a souvent dé- 
terminé à appliquer hardiment le forceps sur les 
côtés du bassin quand la tête était très-haute. Ce 
li'est que quand la tête tend à se renverser sur le 



peine j au bas de l'excavalion j'ôtai le forceps , et la rotation 
s'opéra seule. L'enfant vécut. La cuiller gauche avait porté 
sur le haut du col du côté droit j la droite avait marqué soa 
extrémité un peu en arrière des bosses frontales, et son centro 
avait couvert la fontanelle antérieure : donc la tête était for- 
tement fléchie. 



ï56 PRATIQUE DES ACCOUCIIEMENS. 

dos qu'on peut craindre de léser la face ; dans les 
autres cas , c'est sur le front ou sur un frontal qu'on 
appuie. Baudelocque craint la compression du 
crâne en quatre sens dlflerens. Si !a léte était en- 
clavée d'une bosse pariétale à l'autre , celle crainte 
serait raisonnable ; mais je ne reconnais pas de 
véritable enclavement , et s'il existait , il faudrait 
bien passer par-dessus celte crainte-là (i). On 
reconnaît bien qu'on a ainsi pris la tête au grand 
écartement des crochets : on la fait descendre ainsi 
jusqu'au bas de l'excavation, et quand elle en est 
là , il suffit , dans les huit dixièmes des cas, d'ex- 
traire le forceps : la rotation horizontale a lieu 
spontanément, et la sortie est dès-lors toute na- 
turelle. 

Cette rotation , c'est ordinairement l'instrument 
qui l'opère quand il a été placé sur les côtés de la 
tête. Ma méthode, à moi , c'est de ne l'opérer que 
lentement , et à mesure que la tête s'engage dans 
le bas de l'excavation et le détroit inférieur ; c'est 
en tirant, en même temps que je relève doucement 
les crochets, que je la produis ; souvent même il 
me suffit de tirer le forceps dans la direction des 
axes pour le voir , comme de lui-même , exécuter 
avec la tête le mouvement de rotation. Cette mé- 
thode diffère essentiellement de ces tours de poi- 

(i) Baudelocque lui-même regarde ce procédé comme 
la seule ressource dans le cas d'enclavement ; renclavemenlj 
ç5l aussi la seule circonstance où. il le conseille. 



D EU X 1 ème M Émoi RE. 1^7 

gnet , ingénieux sans doule , mais qui ne sont ou 
possibles ou innocens que sur le fantôme. Desmou- 
vemens d'élévation et d'abaissement destinés à dé- 
gager l'occiput et la face, dans la quatrième et la 
cinquième position , le premier demande les plus 
grands ménagemens pour ne pas faire éclater le 
périnée ; le deuxième est inutile , car, l'occiput une 
fois dégagé^ poussez avec le doigt la tête en arrière, 
vous verrez que le plus léger effort dégagera la 
face : le poids seul de la tête suflit pour cela : 1 oc- 
ciput une fois sorti , rien ne retient plus la tête en 
arrière. Gardez-vous bien surtout de vouloir exé- 
cuter d'une main ces divers mouvemens, et en 
même temps soutenir de l'autre le périnée : il faut 
qu'une personne s'occupe toute entière àe ce soin. 
En partageant vos efforts en deux sens opposés , 
vous diminuez la force dans l'un et dans l'autre. 
En général , continuité , lenteur, attention , tâtoU' 
nement même, voilà des précautions sans lesquelles, 
h mon avis , on ne doit jamais faire marcher l'em- 
ploi de la force. 

La difficulté de placer le forceps sur les côtés de 
la tête est bien plus grande encore quand il y a , 
outre la direction transversale , une inclmaison la- 
térale. On voit au premier coup-d'œil ce qui doit 
arriver en pareil cas, et cela est même applicable 
aux positions obliques latéralement inclinées. Les 
branches du forceps s'articulent à égale hauteur; 
il en résulte qu'une des cuillers s'appliquera sur le 
verlex , tandis que l'auUe appuiera sur le col et 



l38 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS.' 

vers la base du crâae par son extrémité. La pre- 
mière tiendra un peu , mais la deuxième glissera 
avec la plus grande facilité, ou bien elle con- 
tondra , déchirera les parties molles du col. Si on 
veut les enfoncer, afin que la première saisisse bien 
tout le vertex et le loge dans toute sa concavité , la 
deuxième s'y opposera en heurtant contre le col. 
On n'aura donc jamais ainsi une prise assurée. 

Mais, au lieu de vous tourmenter à une ma- 
nœuvre aussi difficile et aussi infructueuse , placez 
tout simplement le forceps sur les côtés du bassin ; 
si la position est transversale ou si son obliquité ne 
la rapproche que peu de la direction antéro-posté- 
rieure ( ce qui est l'ordinaire ) , vous saisissez la 
tête du front à l'occiput : vous avez deux points 
d'appui solides et accommodables à la disposition 
des cuillers. La théorie semble même indiquer que 
la tête ainsi prise pourra , en descendant _, se re- 
dresser entre les cuillers du forceps ; ce redresse- 
ment sera du moins plus facile que si la tête était 
saisie d'un côté à l'autre : ici il ne faudra qu'un léger 
mouvement , auquel le front et l'occiput fixés par 
l'instrument serviront de pivot. 

B» Le crochet elle perce-crâne sont_, dans leur 
emploi , soumis à si peu de règles , qu'à peine 
puis-je en parler ici. A quoi servirait de désigner 
les diverses sutures ou fontanelles les plus acces- 
sibles dans les différentes positions ? le doigt l'in- 
dique assez ; et le lieu où il trouve moins de ré- 
sistance et de solidité, ce lieu-là , quelque nom qu'il 



DEUXIEME MEMOIRE, IÔ9 

porte, est celui qui sera préféré pour la perforation. 
Et, quant au crochet aigu, n'est-ce pas tout dire que 
d'indiquer l'occiput comme le lieu le plus favorable, 
celui qui rapproche le plus l'accouchement ar- 
tificiel du naturel? Faudra-t-il ajouter que, dans 
une inclinaison latérale , il serait avantageux d'im- 
planter le crochet sur le vertex ? Je le répète en- 
core , la règle est bonne , mais les cas où le crochet 
est nécessaire sont si épineux, si difficiles en gé- 
néral, qu'elle devient inutile et impraticable. On 
cherche une partie résistante et on l'accroche , trop 
heureux si elle ne vient pas seule à la pointe de 
l'instrument. Remarquez qu'après la perforation 
(du crâne et l'extraction de l'encéphale j les dia- 
nièlres de la tête changent irès-aisémecit , s'ac- 
commodent sans peine à ceux du bassin s'il n'est 
pas trop difforme, et que, par conséquent, les 
mouvemens d'arc de cercle et de rotation sont 
moins essentiels que quand le crâne est plein et 
solide. 

Troisième indication. — ^ Changer la position. 
Ceci peut être envisagé sous deux aspects : ou bien 
on change seulement la direction, etc. , de la par- 
tie qui se présente, ou bien on change la partie 
même. \ 

A. Pour remplir la première de ces deux vues, 
on emploie ou la main ou le forceps. 

Dans les deux premières positions, on peut dé- 
sirer d'accélérer la rotation liorizon^ile, et ensuite 
l'extension ou le mouvement d'arc de cercle (|ui 



ï4o PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

produit le dégagement : il faut pour cela que la 
tête soit parvenue au point convenable. Je n'ai ja- 
mais , avec la main, pu sensiblement produire le 
premier effet , à moins que la nature n'eût une 
grande tendance à l'exécuter : Smellie dit l'avoir 
fait (tom. i^*^. , p. 25i ) ; à plus forte raison n'ai-je 
jamais pu , sans une tendance naturelle bien évi- 
dente, produire la conversion d'une quatrième posi- 
tion en première, etc. Cette tendance naturelle peut 
bien tenir à une conformation particulière du bassin, 
comme je l'ai déjà fait entrevoir ; mais, plus or- 
dinairement encore , elle doit tenir à la direction 
du tronc de l'enfant. Quand, de la part de la tête , 
ce grand mouvement s'est opéré , on voit le tronc 
sortir, n(|)n comme dans la quatrième, mais comme 
dans la première position : preuve évidente qu'il 
était , de prime-abord , ainsi tourné , et raison 
pour croire que c'est lui qui a déterminé la tête 
à rouler dans une direction différente de la plus 
ordinaire. Si cette disposition du tronc n'existait 
pas d'avance, le col serait fortement tordu. C'est 
cette disposition qu'on produit sans doute lorsqu'on 
parvient à convertir une cinquième position en pre- 
mière , en corrigeant une obliquité utérine. ( J^ojez 
premier Mémoire. ) 

Dans les positions pariétales , on prescrit de 
tenter la réduction à une position directe. Bau- 
delocque parle de repousser de dessus les pubis le 
vertex arrêté en cet endroit. Comme je n'ai ja- 
mais rencontré celle disposition , je n'ai pu ea 



■ DEUXIÈME MÉ3IOIRE. l4r 

essayer. DanFœlle que j'ai rencontrée , c'est sur 
l'angle sacro-vertébral que s'était opéré le renverse- 
ment , et presque toujours l'utérus était vide d'eau 
et contracté : c'est ce qui m'a presque constamment 
empêchée de réussir avec la main. Le forceps me 
réussit bien mieux dans cette circonstance , ainsi 
que dans les précédentes. Dans le cas où une simple 
rotation horizontale était nécessaire, il est arrivé 
quelquefois qu'une seule branche , en l'introdui- 
sant , a fait rouler la tête , et lui a permis de sortir 
seule; le plus souvent celte rotation a été déter- 
minée par l'effort nécessaire pour articuler les bran- 
ches, ou bien par les tractions ou par une torsioa 
légère, jamais par les grands mouvemens, qui sont 
faciles et sans danger sur le mannequin, mais 
non sur un être organisé et sensible , et dont les 
parties nous cachent et la tête du fœtus et l'ins- 
trument lui-même. 

B. Pour amener une autre partie à l'orifice , 
c'est toujours la main seule qui doit agir. Cette 
autre partie est toujours l'extrémité opposée à la 
tête , ce sont les pieds qu'on va saisir. La prise 
qu'ils offrentjleur peu de volume et la facilité ou'ils 
fournissent pour diriger et conduire le fœtus de ma- 
nière à faire filer par les passages osseux leurs plus 
petits diamètres, voilà ce qui détermine à les substi- 
tuer souvent au verlex. Comme, pour le forceps , je 
renvoie, pour les généralités, au premier Mémoire; 
^omvXgs détails, je renvoie aux observations parti- 
culières : on y trouvera l'application de ces pré- 



î/2 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

ceptes généraux aux diffërens cas ; on y verra aussi 
quelques exemples des anomalies que la pratique 
fait recontrer de temps à autre; on y verra la 
main droite pre'fe'rée pour la première et la cin- 
quième ; la gauche pour la deuxième et la qua- 
trième position ; quelquefois l'une ou l'autre intro- 
duite au hasard, sans connaissance de la position. On 
connaîtra aussi la futilité de certains pre'ceptes mi- 
nutieux , comme celui de faire virer le fœtus en 
avançant sur son côté ( première et deuxième po- 
sition), etc. , etc. 



DEUXIÈME MÉMOIRE. l4^ 



OBSERVATIONS PARTICULIERES, 

Faisant suite au deuxième Mémoire sur les 
positions du vertex , disposées par ordre , 
d'après la terminaison de raccouchement, 
ou les procèdes opératoires employés pour 
la produire. 



N° I". 

P* Position du vertex. 

Accouchement spontané et régulier. 

J'at peu insislé sur la Jescriplion du mécanismie 
de l'accouchement naturel ; une observation détail- 
lée satisfera amplement à cette omission volontaire. 

Je choisis pour cela une femme forte et bien 
constituée^ âgée d'une vingtaine d'années, et en- 
ceinte pour la première fois. 

Onze heures du matin. Elle vient d'arriver à la 
salle d'accouchement ; la léte du fœtus est en- 
gagée dans le détroit supérieur , et, à travers les 
membranes intactes , je reconnais, dans l'intervalle 
des douleurs, la i'* position du vertex. Je sens la 
fontanelle antérieure vers la symphyse sacro-iliaque 
droite , et la poste'rieure vers l'éminence ilio^pec- 
linée gauche : toutes deux sont presque au même 



î44 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

niveau par rapport au détroit, ce qui indique que 
laiêLena pas encore exécuté sa flexion. L'orifice 
utérin est ouvert de deux pouces de diamètre , il 
est souple ; les douleurs sont fortes ^ et durent de- 
puis une heure et demie. 

Midi et demi. Dans une douleur , rupture des 
membranes et écoulement d'une quantité médiocre 
d'eau bien transparente. 

L'eau s'écoule encore au moment où les douleurs 
cessent et au moment où elles commencent. Le 
toucher indique trois pouces d'ouverture à l'orifice; 
la tête appuyée sur ses bords est plus abaissée dans 
le bassin; on peut à peine atteindre la fontanelle 
antérieure; la postérieure est voisine du centre de 
Texcavalion ; la suture sagittale, reconnaissableà un 
pli saillant des légumens , se porte de la fontanelle 
susdite en arrière, en haut et à droite. Lajlexion 
est opérée. 

Trois heures. Jusque là peu de progrès : à celle 
époque, la tête a franchi V orifice utérin; elle est. 
toujours oblique,, mais bien plus basse : on ne peut 
plus du tout sentir la fontanelle antérieure, parce 
que le crâne occupe la concavité du sacrum; la 
fontanelle postérieure est presque au centre, pour- 
tant un peu à gauche ; l'extrémité occipilo-parié- 
lale du crâne en est la partie la plus basse ; le pé- 
rinée commence à faire une légère saillie. 

Cinq heures. De nouvelles douleurs ont lieu , 
plus vives que les précédentes, qui s'étaient un peu 
affaiblies; le périnée proémiue davantage; la fou- 



DEUXIÈME MÉMOIRE. ï 4^ 

tanelle postérieure, qu'on suit du doiî^'t , quoique 
la peau soit tuméfiée sur elle et sur le pariétal droit ; 
cette fontanelle , dis-je , marche lentement à chaque 
douleur de gauche eu avant. La rotation com^ 
mence. 

Sijc heures moins un quart. La même fontanelle 
se porte davantage en avant; l'exlréniité occipito- 
pariétale s'enfonce dans l'arcade en séparant les 
nymphes sans les déployer, et en repoussant en 
avant et en haut la commissure antérieure des 
Jurandes lèvres. La rotation est complète. 

Le périnée est alors très -distendu et très-sail- 
knl; il représente une grosse tumeur ronde à la 
partie antérieure de laquelle est une ouverture ova- 
laîre et d'une direction oblique, telle que la femme 
étant debout, son axe se porterait en bas et en 
avant , à-peu-près autant dans un de ces sens que 
dans l'autre. Cette ouverture a environ deux pouces 
et demi de grand diamètre; ses bords sont tenus à 
distance par l'extrémité occipito-pariétale et par la 
région de la fontanelle postérieure : c'est la vulve. 
En arrière , sur la tumeur que forme le périnée , 
Q>\\ trouve un anneau circulaire de neuf licfnes de 
diamètre , et dont l'aire est remplie par une mem- 
brane muqueuse à travers laquelle on sent la tête 
du fœtus : cet anneau, c'est l'anus. 

A chaque douleur , la vulve s'accroît un peu et 
la tête s'avance davantage : à chaque repos elle se 
rétrécit ; le périnée diminue sa saillie , et la tête 
remonte. 

\o 



l46 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS." 

Peu de progrès jusqu'à sept heures et demie. 

Les douleurs se sont même beaucoup affaiblies." 
A celle époque , douleurs plus fortes ; le périnée 
bombe plus que jamais ; le crâne a franchi les tu- 
hérosités sciatiques. Dès-lors Fa tête ne rentre plus ; 
la femme se plaint de téuesmes; ses douleurs, plus 
fréquentes et plus vives , lui arrachent des cris pro- 
longés; la vulve s'élargit de plus en plus. Enfin , à 
huit heures 5 la léle sort, l'occiput se relève vers le 
mont-de-Vénus, et le crâne, suivi du front el delà 
face , se dégage au-devant du périnée , par un mou- 
vement d'ejctensio7i ou de rejwersement en arrière. 
Aussitôt la face se tourne vers la partie posté- 
rieure de la cuisse droite par la détorsion du col : 
c'est le mouvement de restitution. 

Le périnée, quoique vigoureusement soutenu , 
a été échancré dans l'étendue de cinq lignes. 

On le soutient encore avec attention pendant 
que l'élève sage-femme qui opère tire légèrement 
sur la tête ^ et puis va accrocher l'aisselle gauche. 
L'épaule de ce côté est maintenant dans la cour- 
bure du sacrum : elle répondait d'abord à l'échan- 
crure scia tique gauche. Cette épaule une fois dé- 
gagée , l'autre sort seule sous les pubis , et le reste 
de l'enfant vient facilement en se recourbant sur 
son côté droit. 

L'enfant vit : c'est un gros garçon de sept livres 
et demie. 

Dix minutes après , l'utérus est dur el contracté : 
légères tranchées. On sent à l'orifice le placenlaau 



•% 



ÎDEtJXirME MÉMOIRE. l47 

cenlre duquel s'altache le cordon ; il cède à de lé- 
gères tractions. 

Suites de couches simples et heureuses. Remar- 
quez que le travail a duré dix heures, ce qui est un 
temps un peu long ^ mais aussi c'était un premier 
accouchement. Au reste, celle durée est extréme- 
ïiient variable: la table que je joins ici pourra 
en donner une idée. Je choisis l'année pendant la- 
quelle on l'a notée avec le plus d'exactilude. 

Table de la durée du travail observée dans les 
23g5 accouchemens faits en Vannée i8i i . 



Travail d'une 


heure. — Accouchemens , 


lOO 


de 2 


— 


25/ 


3 


— 


267 


4 


— 


529 


5 


— 


212 


6 


— 


3.7 


7 


— 


i4a 


8 


— 


23o 


10 


— 


Ï74 


Ï3 


— 


173 


15 


— 


t>7 


i8 


— 


3r 


24 


— 


26 


3ô 


— 


9 


36 


— 


6 


48 


— 


4 


€o 


— * 


I 



Premier total 2335 

Durée indéterminée (accouche'es avant d'en- 
trer à l'hospice ) 60 

Total géjxéral 23g5 



ï/^S PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

Remarquez encore que j'ai dit un gros garçon 
de sept livres et demie : c'est en effet un poids assez 
considérable. Depuis Rœderer, on ne voit plus de 
ces enfans , dont les moindres pesaient douze livres 
et les plus forts jusqu'à vingt-cinq. 

Table du poids de 7885 enfans 7iés du i^^ germinal 
an II au "51 décembre 1807. 



Enfans du poids de \ livre , 
I 



avortons. 



3 

4 

5 

6 

7 
8 

939! 
10 

Total des enfans pesés. , 
Enfans nonpese's, 

Total général. . . 



12) 

38/ 

J.J 5 37 mois; les plus âgés 
9 \ putréfiés. 

ïg5 ( 6 à 8 mois). 

I ( à terme ). 

. f les uns à terme , les au- 
^^7| très pas tout-à- fait. 

144^ (3 terme). 
299 G ( idem). 
1981 {idem). 
477 ( idem ). 

90 ( idem). 

i5 (idem). 



7767 
116 



7883 



On a comparé le poids de plusieurs de ces enfans 
à leur longueur. Un des plus grands avait vingt- 
deux pouces du verlex au talon ; il était d'un em- 
bonpoint notable , et pourtant ne pesait que neuf 
livres et quelques onces. Ceux de dix livres n'étaient 
pas plus grands ;, mais plus chargés de graisse. 



DEUXIÈME MÉMOIRE." 1 49 

N° II. 

1''^ Position du vertex. — Dégagement irréguïier 
du tronc. 

La nommée A. .m (i), entrée, le 5 mars i8i5, 
à l'hospice, pre'senta, dès les premiers temps du 
travail , toutes les apparences d'une disposition 
favorable. Cependant la tête séjourna quelque 
temps an détroit supérieur. La rupture des mem- 
branes et l'écoulement des eaux l'entraînèrent 
dans l'excavation pelvienne. On put sentir alors fa- 
cilement le sommet dans la première position. La 
fontanelle antérieure , répondant à la symphyse sa- 
cro-iliaque droite , sembla s'élever à mesure que 
la tête descendit. L'occiput , ou plutôt la saillie oc- 
cipito-pariétale, devint sa partie la plus basse, et la 
fontanelle postérieure quitta le niveau de l'éminence 
ilio-pectinée gauche pour se porter vers le, centre 
de Texcavation. 

Ce mouvement était dû à la flexion qui rapproche 
le menton de la poitrine, et, suivant la remarque 
de Solayrès, tourne la face vers le fond de la matrice. 

Lorsque le vertex fut parvenu au bas de l'échan- 

(i) On devine la raison qui m'a engagée à allërer ainsi les 
noms des accouchées ; celle alléralion n'ôlera à mes observa- 
tious rien de leur authenticité, puisqu'elle n'empêcherait pas 

de les confronter au besoin avec les registres de l'hospice et 

avec les mieus propres. 



ï5o PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

crure sciatique droite et appuya sur les ligamens de 
ce côte' , l'occiput, qui répondait au trou sous-pu- 
bieu gauche, glissa sur le muscle obturateur et 
s'enfonça dans l'arcade pubienne. En même temps, 
le front se porta dans la courbure du sacrum ; le 
vertex ou le synciput appuya sur le coccyx et le pé- 
rinée; la région de la fontanelle postérieure se trouva 
cintrée par la vulve. Sous rinfluence de nouvelles dou- 
leurs, la saillie occipito-pariétale se porta en avant, 
s'enfonçant davantage dans l'arcade et se relevant 
vers le mont-de- Vénus. En même temps le vertex 
distendait le périnée ; il finit par le franchir entière^ 
pient, et la face se dégagea ensuite avec facilité. 

Jusqu'ici rien que d'ordinaire et de régulier. La 
face aurait dû se tourner vers la fesse droite ; elle 
resta tout-à-fait en arrière. Bientôt les épaules sor- 
tirent en sens inverse de celui qu'on devait attendre: 
la gauche sortit en avant et la droite en arrière, et 
le reste du tronc suivit la même direction , absolu- 
ment comme si la tête se fût présentée dans la se- 
conde position. 

Peut-être s'était-elle d'abord offerte ainsi au dé- 
troit supérieur^ et ensuite (poussée par je ne sais 
quelle cause ) avait-elle pris une direction diffé- 
rente ; peut-être celte irrégularité était-elle la cause 
de la lenteur qu'elle avait mise à se plonger dans le 
bassin , quoiqu'on puisse attribuer aussi cette len- 
teur (i) à la résistance des membranes. Si mon by- 

(i) La lotalilé du travail a compris un espace de dix heures. 



- D EU X I ÈmE ME MOI RE. l5l 

polhèse est juste, ce fait prouve contre la possibi- 
lité des troisièmes positions de Baudelocque , car 
la tête, pre'sentée comme dans la deuxième et dé- 
viée par une cause quelconque, avait bien moins 
de chemin à parcourir pour permuter sa position 
en troisième qu'en première. 

L'enfant était une fille bien portante et du poids 
de sept livres ; la mère s'est promptement rétablie. 

N° III. 

i" Position. — Terminaison spontanée , rotatiofi 
incomplète» 

Une femme forte et bien portante , déjà accou- 
chée deux fois , et toujours avec facilité , souffrait 
depuis quelques heures , et la dilatation était com- 
plète , quand tout-à-coup les membranes se rom- 
pirent ; l'eau de l'amnios s'écoula brusquement et 
à grands flots , et Ja tête descendit dans l'excava- 
tion du bassin. En même temps sortit une portion 
du cordon ombilical , longue de six à sept pouces , 
et dans laquelle on sentait de fortes pulsations. 

La tête était dans la première position , c'est- 
à-dire j l'occiput derrière la cavité cotyloïde gau- 
che , etc. ; elle était descendue fort bas; la femme 
avait des douleurs fortes et fréquentes ; et , quoi- 
que les pulsations semblassent disparaître pendant 
ces douleurs , je me décidai à attendre i'expulsioa 
spontanée du fœtus. 



l52 Pî'vATIQUE DES ACCO UCIlF.MErVS. 

Les douleurs revenaient de quatre en qiialre 
minutes , et à chacune la léte descendait et faisait 
saijiir le përinëe ; elle rentrait peu dans l'intervalle, 
et" bientôt entrouvrit les lèvres de la vulve , con-^ 
servant toujours sa situation oblique. Deux con- 
tractions successives commencèrent le mouvement 
de rotation , et amenèrent 1 occiput sous la brandie 
inférieure du pubis gauche; il n'alla pas plus loin, et 
ce fut en vain que je cherchai à seconder la nature , 
en poussant l'occiput vers l'arcade dans le moment 
de la douleur; la saillie excessive du përinee me força 
de porter sur lui toute mon attention ; il fui soutenu 
et conserve intact pendant que le front et la face se 
dégageaient sur ie côté droit de son bord antérieur. 
Ce iTiOuvemenl s'opéra environ vingt minutes après 
l'issue du cordon , et au moyen de six ou sept dou- 
leurs. J'avais fait mettre la femme en travers sur 
son lit , dans l'attitude décrite dans le premier Mé« 
moire. Le dégagement des épaules fut assez facile ; 
l'enfant fut emporté sur-le-champ , et la ligature 
du cordon opérée aussitôt après. Quelques batte- 
mens à la région du cœur et vers Tombilic annon- 
çaient que la vie n'était point éteinte : aussi fut-elle 
en peu de temps entièrement ranimée. L'enfant 
était du sexe féminin, et pesait près de huit livres. 
La mère s'est très-bien portée. 

Celte observation offre une sorte d'exception aux 
règles ordinaires du mécanisme de l'accouchement 
(jalurel , puisque la tête s'est dégagée obliquemer\t 



DEUXIÈME MÉMOIRE. l55 

des parties génitales externes. Deux autres fois j'ai vu 
arriver la même chose et à un degré plus marqué: 
la tête n'a opéré aucun mouvement de rotation , et 
elle est sortie de la vulve absolument comme elle 
était entrée dans l'excavation du bassin , c'est-à- 
dire, son grand diamètre dirigé de l'ischion ou de 
la cavité cotjloide gauche à l'écliancrure sacro-scia- 
tique droite. Dans ces trois cas , comme dans cer- 
tains autres , j'ai tenté , sans succès, de produire 
cette rotation avec la mam, soit en empoignant le 
sommet entre le pouce et les autres doigts , soit en 
poussant à la fois le front dans un sens et l'occiput 
dans un autre, avec deux doigts appliqués sur eux. 
Cette manœuvre ne peut , à mon avis , réussir que 
lorsque la nature fait les trois quarts de l'affaire ; 
on peut , sous ce rapport , l'aider , mais non la 
suppléer , du moins avec la main ; car le forceps , 
dans la plupart des cas , produirait cette rotation 
avec facilité. 

N» IV. 

l" POSIT. INTERMÉDIAIRE DU VERTEX (2«Variété). 

Accouchement spontané* 

Le 19 floréal an g , les élèves de service m'aver- 
tirent qu'une femme, nommée D...er, en travail 
depuis quatre heures , était , depuis une heure , 
sans contractions utérines , et que la tête s'offrait 
dans la troisième position du sommet ( Baude- 
locque ). 



154 PRATIQUE DES ACCOUCHEME:yS. 

Cette femme avait de'jà eu des enfans; elle sem- 
blait bien conformée; i'utërus n'était que peu obli- 
que en avant ; les membranes étaient rompues 
depuis une beure et demie. 

Je la louchai , et je trouvai la tête engage'e dans 
le détroit supérieur. La fontanelle postérieure était 
derrière le pubis gauche , et l'antérieure sur la 
gouttière sacro-iliaque droite (i). Cette dernière 
me parut un peu plus accessible qu'elle ne l'est 
d'ordinaire à pareille hauteur. Celte circonstance 
indiquait que la tête n'avait point de tendance à se 
fléchir vers la poitrine. 

Cependant , au moment même où je touchai 
cette femme ^ les douleurs se réveillèrent, la tête 
descendit brusquement dans le bassin, et peu après 
l'enfant naquit. 

Il pesait sept livres. Quoique le travail n'eût 
duré que six heures, il était mort. Le frontal gauche 
était fortement déprimé vers son milieu ; la bosse 
frontale était enfoncée avec fracture ; la bran- 
che droite de la suture lambdoïde était recouverte 
d'une ecchymose médiocre. Cette ecchymose m'a 
paru être due à la pression du pubis , et l'enfon- 
cement à celle de l'angle sacro-vertébral ; ce n'est 
qu'à la faveur d'un pareil enfoncement que la tête 
a pu descendre ainsi placée : qu'eût-ce été si elle se 
fût présentée dans une troisième position franche ? 

(i) C'esl-à-dire sur l'échancrure ou le bord mousse par 
leijQcl le sacrum concourlà la formalion du détroit supérieur. 



DEUXIÈME MÉMOIRE. l55 

N° V. 

i" Position inclinée (ô*^ variété , pariétale). 

Accouchement spontané j mais lent. 

Celle femme , nommée Mal.... , robuste et san- 
guine , était âgée de vingt-huit ans , réglée dès l'âge 
de dix-huit ans, trois jours chaque mois. Elle était 
déjà accouchée très - heureusement une fois après 
cinq heures de travail. 

Examinée lors de son arrivée à l'hospice , elle of- 
frit une dilatation commençante; les membranes, 
fortement tendues, permettaient à peine de tou- 
cher la tête de l'enfant. Les douleurs duraient de- 
puis environ quinze heures. 

Dans l'après-midi, la dilatation était complète, 
les douleurs bonnes et la tête ne descendait pas. Je 
rompis les membranes , et alors s'offrit au détroit 
supérieur une surface convexe et dure, sans sutures 
ni fontanelles. Je présumai que c'était un pariétal, 
et le bord d'une oreille que je ne sentis qu'à peine 
en avant y confirma mon opinion. L'utérus était un 
peu oblique en avant et à gauche. 

Je lis placer la femme en travers sur son lit, prête 
à terminer l'accouchement si les choses ne chan- 
geaient pas de face. 

A peine était - elle ainsi placée , que la tête 
se plongea dans l'excavation en traversant l'orifice 
>itcri!î. Peu après elle s'avança encore cl fil saillir 



t56 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

les parties externes de la ge'néralion : bientôt elle 
tourna horizontalement, et l'occiput vint de gauche 
en avant occuper l'arcade pubienne, puis sortit 
toute la tête. La sortie eut lieu dans une direction 
telle y que le pariétal droit était plus saillant que le 
gauche, et se débarrassa le premier. Ce ne fut 
qu'alors que je pus distinguer lequel des deux s'é- 
lait offert au de'troit supérieur. 

L'enfant était peu volumineux. Il pesait cinq 
livres; le diamètre occipito-frontal avait trois pouces 
et demi. T'ont le côté droit de la tête , même la 
tempe, était couvert par une tumeur sanguine con- 
sidérable ; il s'y forma un petit épanchement de la 
grosseur d'une noix , une piqûre avec la lancette 
e» fît sortir du sang liquide et noir_, et permit de 
sentir le pariétal dénudé et séparé de son périoste. 
La guérison s'est opérée très-vite et sans accidens. 

N° VL 

2^ Position. — Terminaison spontanée; délivrance 
difficile. 

Celte observation offre ceci de remarquable , que 
la femme affectée d'une fracture de la jambe dut 
rester immobile et être dirigée avec soin pendant 
le travail. 

Chr , femme robuste et âgée de vingt-trois 

ans, arriva à la Maternité vers la fia de janvier 1820. 
Elle fut alors jugée , d'après l'état du col , enceinte 



DEUXIÈME MÉMOIRE. ïSy 

d'environ huit mois : elle-même se croyait à la fin du 
neuvième; elle disait n'avoir point encore eu d'enfant. 

Le 4 février , en descendant un escalier , elle 
tomba accroupie. Une chaussure à talons élevés en 
fut la cause : le pied gauche fléchit en dehors , la 
jambe se trouva engagée sous l'autre et comprimée 
par tout le poids du corps, augmenté de celui d'un 
paquet de linge dont Chr était chargée. 

Les deux os de la jambe furent fracturés vers 
leur partie inférieure : la malade fut sur-le-champ 
relevée , couchée et copieusement saignée. Le mem- 
bre fut entouré d'un appareil convenable, et les 
douleurs s'apaisèrent. 

Pendant la nuit et le jour suivant , douleurs dans 
les lombes et durcissement passager de l'abdomen ; 
le col de l'utérus avait encore un demi-pouce de 
longueur ; il admettait le doigt et permettait de 
sentir la tête du fœtus. 

Les contractions cessèrent pendant deux jours, 
pour reparaître plus fortes le 8 février au matin. 

Elles continuèrent toute la journée, et le soir 
on trouva le col effacé, l'orilîce ouvert d'environ 
six lignes , mais épais et dur. 

Pendant la nuit, augmentation des douleurs, di- 
latation graduelle , écoulement d'une petite quan- 
tité d'eau attribué à la rupture des membranes au- 
dessus de l'orifice utérin. 

(^février. A cinq heures et demie du matin , 
dilatation complète , douleurs de reins violentes _, 
utérus durcissant peu pendant la douleur. 



l58 PRATIQUE DES ACCOUCHElilENS. 

On ouvre les membranes. Beaucoup d'eau s'é-^ 
coule; la tête s'engage dans le détroit supérieur^ 
poussant devant elle l'orifice. La peau du crâne , 
un peu tuméfiée, empêche de bien reconnaître la 
position du vertex. 

En une heure de temps , la tête traverse l'orifice 
et le vagin , et se présente à la vulve. Jusque là 
les deux jambes étaient restées étendues ; mais alors 
ou fit fléchir la cuisse et la jambe droites, la gauche 
restant immobile. Une alaise ployée en longueur 
seiTit à soulever le bassin sans efforts de la part de 
la malade. A sept heures du matin , la tête roulci 
sur son axe, l'occiput marcha de droite en avant , 
et à la contraction suivante , V extension dégagea 
le sommet , le front et la face : cela fait , le visage 
se tourna vers la partie postérieure de la cuisse 
gauche. Pendant tout ce temps-là , on soutenait le 
périnée avec une main passée sous la cuisse droite : 
il fut conservé. La situation horizontale de la ma- 
lade rendit assez difficile l'extraction des épaules , 
mais plus encore celle du placenta. 

En effet , celui-ci , attaché à la paroi antérieure 
de l'utérus , restait au-dessus des pubis. Le cordon j 
auoique dirigé très-fortement en arrière , n'en 
amena qu'une partie : il fallut , une demi-heure 
après l'accouchement, porter la main dans le vagin 
pour saisir le milieu du placenta au-dessus des 
pubis. Quelques caillots sortirent avec lui , et tout 
ensuite alla bien. 

L'enfant était assez gros: c'était un garçon très- 



DEUXliÈME MÉMOIRE. iSg 

bien portant , à l'exception de quelques taches pus- 
tuleuses et d'un caractère suspect. 

Quant à la mère , les premières suites de couches 
furent des plus favorables : la jambe avait peu 
souffert. 

Chr ne put conserver son enfant ^ ni par 

conséquent le nourrir : néanmoins la sécrétion du 
lait s'opéra le deuxième jour. 

Le troisième , douleurs dans l'abdomen , fiè- 
vre , etc. {Trente sangsues à thjpogastre , laxatifs.) 

Les jours suivans , augmentation des douleurs , 
météorisme , nausées , diarrhée : bientôt altération 
de la face, délire, oppression _, et mort le 17 février. 

On a trouvé un épauchement purulent dans le 
péritoine. Les os de la jambe n'offraient pas la 
moindre trace de travail adhésif* 

Arrêtons-nous un instant sur la difficulté qu'a pré- 
sentée l'extraction du placenta. Elie tenait à deux 
causes; 1° l'insertion antérieure du placenta, qui 
rend les tractions inefficaces , si elles ne sont diri- 
gées tout-à-fait en arrière ; 2° la position horizon- 
tale de la malade et l'immobilité que nécessitait la 
fracture, et qui empêchait de diriger en arrière la 
traction autant qu'il l'aurait fallu. Ordinairement , 
quand le placenta est ainsi retenu sans adhérence 
en avant et au-dessus des pubis , il suffit de faire 
soulever fortement le bassin et de tirer en bas : on 
agit alors presque perpendiculairement à sa sur- 
lace. Tout cela ne se voit d'ailleurs d'une manière 



l6o PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

bien manifeste qu'autant que l'utérus reste un peu 
incliné en avant, et telle est souvent sa disposition 
après l'accouchement. {Vojez Levret, Art des 
Accouchemens ) 3^ édit., p. 3i2. ) 

N'' VII. 

4^ Position (Baudelocque ) ; 5« Position de ma 

CLASSIFICATION. 

Terminaison spontanée ; mécanisme ordinaire. 

Je pourrais rapporter un assez grand nombre de 
cas semblables à celui dont je vais parler. J'ai eu 
mainte occasion de voir des faits tout pareils; mais 
Jeur similitude même rendrait leur relation d'une 
monotonie insupportable : un seul suffira pour 
donner une idée exacte de la marche de la nature 
en pareil cas. 

Une femme de vingt-six ans, d'une constitution en 
apparence peu robuste, mais nerveuse et irritable, 
était parvenue au dernier terme de sa troisième 
grossesse. Le travail de l'accouchement durait de- 
puis cinq heures, quand elle se présenta à la salle 
des accouchemens ( ig juin ). On la toucha et l'on 
trouva la dilatation de l'orifice utérin complète , la 
poche de l'eau tendue et empêchant de reconnaître 
la position de la tête, qui paraissait déjà un peu 
engagée dans l'excavation du bassin. 

Les choses restèrent dans cet état pendant trois 
à quatre heures, et je me déterminai alors à 



t) E U X I È ÎW E ivi É flî O i R Ë . 1 6 ? 

rompre les membranes. Une fontanelle , sentie 
vaguement en ayant et à gauche, mefaisail croire à 
Texistence de la première ou de la quatrième posi- 
tion. Les membranes rompues, celte dernière de- 
vint évidente , et, comme je l'avais espère , les dou- 
leurs , un peu afl'aibiies, se réveillèrent; la tète 
franchit l'orilice utérin et vint occuper l'excavation 
du bassin. 

Sa marche se ralentit beaucoup alors : cependant 
les douleurs continuèrent, et chacune produisait un 
léger mouvement de rotation, qui dirigeait la fon- 
tanelle antérieure en avant et portail le front derrière 
les pubis. Trois quaris-d'heure et environ dix con- 
tractions utérines furent employés à produire la 
totalité de ce mouvement. 

Lorsque le front fut derrière la symphyse pu- 
bienne^ l'occiputcommençaà descendre dans la cour- 
bure du sacrum et le périnée à proéminer. Chaque 
douleur le poussait en bas et dilatait considérable- 
ment Tanus; la vulve s'ouvrai:. de plus en plus et 
toute la longueur de la suture sagillale s'était déjà 
avancée au-devant de la fourchette. Enhn une con- 
traction énergique provoquée par quelques pres- 
sions sur les muscles du périnée poussa l'occiput 
au-devant du bord de ce dernier, qui , quoique 
soutenu par une main vigoureuse, fut néanmoins 
échancré jusqu'à quatre à cinq lignes de son bord 
anlerieur. Dans ce mouvement , la tète se trouvait 
presque verticale, le front en haut, l'occiput en 
bas et le sommet en avant. 

1 1 



162 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS.' 

Quand l'occiput eut paru au dehors, il ne larda 
pas à se porter en arrière , en se relevant un peu 
vers l'anus. En même temps le reste de la tête , 
poussé par les efforts de l'utérus et des muscles de 
l'abdomen , se dégagea de telle sorte que du front 
au menton les diverses parties de la face parurent 
successivement entre les nymphes et sous le liga- 
ment triangulaire des pubis. La face alors s'inclina 
vers l'aîne gauche. Les épaules se dégagèrent pres- 
que seules pendant qu'on soutenait avec soin le 
périnée^ de peur qu'elles n'augmentassent en pas- 
sant la déchirure. 

L'enfant, un moment immobile, reprit^ à l'aide 
de quelques secours, sa vigueur première; il était 
du sexe féminin, et pesait six livres et demie. La 
délivrance fut facile et les suites de couches très- 
heureuses. L'urine qui, pendant les derniers temps 
du travail, s'était accumulée dans la vessie, n'en put 
être extraite qu'au moyen de la sonde,; mais les 
jours suivans son cours naturel se rétablit parfaite- 
ment avec toutes les autres fonctions. 

On ne peut nier qu'il ne faille ici de la part des 
organes expuîseurs des efforts très-considéiables : 
le double arc de cercle qu'exécute la tête, flexion 
et extension ; l'étendue considérable surtout du pre- 
mier mouvement , la largeur du front relativement 
à l'arcade , toutes ces difficultés ne peuvent être 
vaincues que par des contractions énergiques et 
soutenues. Uae remarque de plus au sujet de cette 



DEUXIEME M É M O I K E. 1 G 5 

observalion., c'est que ce ne sont pas toujours , à 
beaucoup près, ies femmes les plus robustes qui 
accouchent avec le plus de facilité et. qui présentent 
les conditions les plus fayorables. On voit souvent 
des femmes grêles et chétives, mais bien portantes, 
supporter sans peine un travail long et pénible , 
qui aurait bientôt accablé une femme sanguine et 
ïnusculeuse. 

JN'' VIII. 

4*^ Position (5^). — Terminaison spontanée 
insolite ( réduction à la deuxième ). 

Une femme forte et vigoureuse , d'une consti- 
tution sèche et d'un lempérament bilieux , était 
en travail pour la deuxième fois, lorsqu'elle arriva 
à l'hospice : c'était dans le mois d'août 1804. 

Elle souffrait depuis environ neuf heures , et ses 
douleurs étaient devenues plus vives et plus r^ap- 
prochées. Elles se reproduisaient alors de dix en 
à'\x minutes , et duraient environ deux minutes 
chacune. 

Les élèves touchèrent après moi cette femme , 
et trouvèrent comme moi la dilatation complète , 
les membranes entières, la tête assez haute et placée 
dans la quatrième position ; on reconnaissait par- 
faitement les quatre angles de la fontanelle anté- 
rieure au-dessus de la région col} loidienne gauche. 
La suture sagittale descendait de là en arrière et à 
droite; mais la poche des membranes empochait 



l64 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENT.' 

de sentir la fontanelle postérieure, qui devait être 
plus basse que l'antérieure. Malgré mes défenses , 
une élève voulut trouver les deux fontanelles ; elle 
appuya le doigt vers le milieu de la poche et la 
rompit : l'eau sortit avec violence et en grande 
quantité. Cet effort fit descendre la tête dans l'ex- 
cavation et le diagnostic put être aisément confirmé. 
Cependant les douleurs se ralentirent beaucoup ; 
trois heures après elles se réveillèrent un peu. Pour 
en profiler davantage , je fis mettre la femme en 
travers sur le bord du lit; je fis, sur le bord an- 
térieur du périnée, des pressions méthodiques qui, 
excitant le ténesme, accroissaient l'iotensité des 
efforts de Tute'rus et des muscles volontaires. La 
femme poussait de tout l'effort dont elle élait ca- 
pable ; la tête avançait un peu et nous attendions 
que le front se portât sous le pubis; nous suivions 
du doigt appliqué sur la fontanelle antérieure le 
mouvement rotatoire ; mais , au lieu d'avancer , 
nous le vîmes bientôt se porter en arrière. En deux 
contractions, la rotation fut complète, et la tête 
se trouva dans la deuxième position. Elle ne tarda 
pas à sortir après avoir, par une rotation nouvelle 
surajoutée à la première , porté la face dans le sa- 
crum , et l'occiput dans l'arcade. Une fois sortie , 
la tête tourna spontanément la face vers la cuisse 
gauche de la mère. L'épaule gauche se dégagea ea 
avant , et le reste sortit ensuite sans difficulté. 

L'enfant pesait cinq livres : il était faible. Il y 
avait une grosse tumeur sur le pariétal et le frontal 



DEUXIÈME .MÉMOIRE. l65 

gauche : tout cela s'est dissipé. La mère en a e'té 
quitte pour une rétention d'urine qui , pendant 
quatre jours seulement , a nécessité le cathélé- 
risme. 

N° IX. 

4® Position inclinée vers le dos (3^ espèce, 
4^ variété , bregmatique). 

RéducLion àla deuxième ; accouchement spontané. 

Le 6 février 1821 , je touchai le soir, à la salle 
des accouchemens , une femme nommée Th....t , 
âgée de trente ans , enceinte pour la cinquième fois 
et en travail depuis une heure et demie. 

Les élèves m'avaient annoncé que la télé s offrait 
dans la deuxième position du vertex. Loin d'en sentir 
les caractères , je fus d'abord singulièrement dé- 
routée; mais, recueillant peu à peu mes idées,et pro- 
cédant au toucher avec ordre et méthode, je me 
rendis un compte très-exact de laposition. La fonta- 
nelle antérieure occupait le centre de l'excavation, le 
front pouvait être senti jusqu'au nez et aux orbites, 
lesquelles parties étaient derrière l'émineace ilio— 
peclinée gauche; la suture frontale était très-sen- 
sible , la sagittale ne l'était pas moins _, et je la 
suivis assez haut, jusqu'à la fontanelle postérieure , 
que je trouvai bien plus haute que l'antérieure et 
au niveau de la symphyse sacro-iliaque droite. Eu 
pesant bien toutes les expressions de ce détail , on 
se rendra un compte exact de la position , et oa 



l6Ô PRATIQUE DES ACCOUClIEMEJfS. 

justifiera la première partie du titre de celte obser- 
vation. La tête n'était, comme on voit, qu'à moitié 
engagée dans l'excavation, et les membranes étaient 
encore entières : il n'y avait rieu de mieux à faire 
qu'à attendre. 

La marche du travail fut suivie avec soin. Une 
heure après mon premier examen , mademoiselle 
Hucherard , élève principale de l'iiospice , trouva 
que le front s'était tourné vers le côté gauche du 
bassin , en se relevant un peu ^ de manière 4 rendre 
plus accessible la fontanelle postérieure et à mettre 
}e synciput au centre. 

La position était devenue tout-à-fait transversale; 
la têle s'était enfoncée un peu davantage dans l'ex- 
cavation, et on sentait l'oreille gauche derrière la 
symphyse des pubis. La dilatation était complète. 

La tèle resta là près de deux heures , après quoi 
Iq front se tourna en arrière en se relayant encore y 
(de manière à correspondre à la symphyse sacro- 
iliaque gauche,et à rapprocher beaucoup du centre 
la fontanelle postérieure. Les membranes se rom- 
pirent peu après, et le mouvement de rotation 
horizontale propre à la deuxième position s'opéra 
graduellement. Quand l'occiput se fut enfoncé dans 
l'arcade, le dégagement s'opéra sans difticullés et 
à la manière ordinaire; le périnée, un peu endom- 
magé dans les accouchemens précédens _, prêta ai- 
sément sans rupture. Le travail avait , en tout, duré 
cinq heures. L'enfant était bien vivant, et du poids 
de six livres. 



DEUXIÈME MÉMOIRE. l6j 

Il y a eu ici double réduction : réduction d'une 
position inclinée à une franche , et réduction d'une 
position désavantageuse, la quatrième, à une favo- 
rable , la deuxième; le bassin était très-ample, car 
il permettait au doigt de se promener autour de la 
tête jusqu'à une certaine hauteur. Celte ampleur 
a été d'une grande utilité pour les divers change- 
mens ; peut-être aussi élait-elle la cause de la dé- 
viation première. Il n'y avait pas d'obliquité utérine 
bien marquée. 

N« X. 

5^ Position (B. , 4* position de ma classification ). 
Terminaison spontanée ordif taire. 

Thérèse L . . . t, enceinte de son second enfant 
et à terme , ayant toujours jusque là joui d'une 
sauté robuste , se rendit à la maison d'accouche- 
ment le 4 nivôse an 5, à huit heures du soir. L'uté- 
rus était fortement oblique à gauche. On loucha 
et on trouva le col de l'utérus effacé et l'orifice 
ouvert de cinq à six lignes. Douleurs faibles pen- 
dant soixante heures , après lesquelles rupture spon- 
tanée des membranes et écoulement d'une petite 
quantité d'eau. Six heures après , la dilatalioLi 
était complète , et l'on put s'assurer de la position 
de la tête jusque là méconnue. LTa fontanelle pos- 
térieure occupait presque le centre du bassiu ; la 
suture sagittale montait en avant et.à droite ; une 
branche do la suture lambdoide marchait vers la 



l68 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

courbure du sacrum, l'autre vers 1 ëchancrure sa- 
cro-scialique. Ou ]u£[ea convenable de laisser en- 
core quelque temps agir la nature et elle opéra l'ac- 
coucbement peu d'heures après. Il eut lieu par le 
liie'canisnie ordinaire, c'est-à-dire, que le front se 
poila derrière la symphyse pubienne, que l'occiput 
descendit le long du sacrum et franchit le périnée 
au moyen d'une flexion violente de toute la Icle, et 
que la face se dégagea de dessous les pubis par un 
mouvement contraire, c'est-à-dire par une exten- 
sion forcée et un mouvement en arrière. 

L'enfant était peu volumineux et vivant. Rien de 
particulier dans les premières suites de couches. 
Quelques jours après ^ la mère fut prise d'une pleu- 
résie qui n'eut point de suites fâcheuses et qui 
disparut en peu de temps. 

Telle est la terminaison spontanée la plus ordi- 
naire dans la cinquième position. C'est un méca- 
nisme en tout analogue à celui de la quatrième. 
îVouS allons voir maintenant un exemple de sa ter- 
minaison insolite : le mécanisme sera encore tout 
semblable à celui de la quatrième dans les circon- 
stances ^iialogues. 



DEUXIÈME MÉMOIRE. 1 69 

N*' XI. 

5" Position ( Baudel. , 4^ de ma dasslGcation ) , 
réduite spontanément à la première. 

Une femme jeune et forle, déjà accouchée une 
fois h l'hospice , s'y présenta de nouveau dans l'an- 
née 1817. 

Lorsque le travail fut bien établi, on reconnut 
distinctement la têle s'engageant dans l'excavation, 
et placée dans la cinquième position : la fontanelle 
antérieure en avant et à droite j la postérieure en 
arrière , en bas et à gauche. 

La rupture spontanée des membranes mit à 
même de s'en assurer plus positivement encore. 

L'utérus soutenait ses contractions; et la tête, 
au lieiL de tourner le front derrière Je pubis , le 
porta vers l'iiium. La position se convertit ainsi en 
première; mais ce ne fut , pour ainsi dire, qu'en 
passant , car le front continua à marcher vers le sa- 
crum , et l'occiput finit par s'engager dans l'arcade. 
L'accouchement fut alors bientôt terminé, et 
terminé tout entier par la nature. Le travail, en 
totalité , dura netif heures. 

L'enfant était faible ; mais, malgré la torsion que 
le col avait éprouvée , il se rétablit sans peine , et 
la mère ne tarda pas non plus à revenir l\ une 
santé parfaite : seulement elle eut , pendant quel- 
ques jours , une douleur dans îe trajet du nerf 
fciciatique droit, 



I^O PRATIQUE DES ACCOUCIIEMENS.' 

I\°^ XII et XIII. 

Deux exemples de position transversale (5^ de ma cl.). 
Terminaison spontanée. 

M n , femme maigre et débiie en apparence , 

mais irritable et nerveuse , était àgëe de vint-cinq 
ans , et dans sa deuxième grossesse. Elle souffrait 
depuis plusieurs heures, lorsque tout-à-coup les 
membranes s étant ouvertes et les eaux rapidement 
e'coulëes , les douleurs prirent une force et une fre'- 
quence qui la forcèrent de se rendre en toute liâte 
à la maison d'accouchement. 

A son arrivée, le travail durait depuis environ 
sept heures ; la dilatation ëlait complète, et la tête, 
dans l'excavation, semblait prête à franchir l'orifice 
utérin , comme cela eut lieu peu après. 

La tête paraissait volumineuse; des plis saillans , 
formés par les tégumens , indiquaient le trajet des 
sutures , et les fontanelles étaient très-accessibles. 
L'antérieure , plus élevée, que la postérieure , était 
tournée vers le côté droit du bassin ; la suture sa- 
gittale coupait en travers son excavation. 

La femme fut couchée transversalement sur sou 
lit , le bassin appuyé sur le bord du matelas , les 
jambes fléchies et soutenues par., des aides. Dans 
cette situation les douleurs agirent avec énergie , et 
la femme les aida puissamment de ses efforts mus- 
culaires. La tête , dont on suivit scrupuleusement les 
mouvenienS; roula de manière que It front se tourna 



DEUXIEME MEMOIRE. I7I 

par degrés , d'abord vers re'chancrure scialique 
droite, puis enfin dans la courbure du sacrum ; eu 
même temps l'occiput saillait dans l'arcade pu- 
bienne, et bientôt toute la tête sortit par le méca- 
nisme connu de la première position. 

Le travail avait duré huit heures. L'enfant pesait 
cinq livres : c'e'lait une fille très-bien portante. 

De semblables terminaisons ne sont pas rares 
dans les positions transversales. On peut même 
théoriquement assigner celte marche à leur méca- 
nisme. Plus rarement le front se tourne en avant 
et change la position en quatrième ou cinquième ,* 
enfin , plus rarement encore , la léte reste trans- 
versale et sort sans rotation : je î'ai vu arriver trois 
foiS : les enfans étaient d'un volume ordinaire. 

J'ai vu une fois la tète , sortie transversalement 
du détroit inférieur, exécuter sa rotation , retenue 
seulement par les organes génitaux externes. La 
femme chez qui j'ai observé ce phénomène élait 
arrivée à l'hospice le 5i janvier 1818 ; elle était en 
travail depuis deux jours. Il nous suffit, pour déter- 
miner l'accouchement, de la faire mettre dans la 
même posture que la précédente. La tête , qui était 
transversale, sortit du détroit inférieursaiis changer 
de direction : seulement la fontanelle postérieure 
élait beaucoup plus basse que l'antérieure. La vulve 
était lrès-étroite( c'était un premieraccoucbement); 
elle résista , et la tête fit saillir énormément le 
périnée : ou le souliiU vii^oureuscmeut. Pciulaut cp 



I'72 l'P.ATlQUE DES ACCOUCHEMENS. 

tcnips-là une forte contraction fit tourner la tète de 
sorte que l'occiput se logea dans l'arcade. Tout sor- 
tit à Tinstanl. L'enfant était volumineux ; quoique 
faible , il a vécu. 

Donnons maintenant quelqu'un des exemples 
dont je parlais tout à l'heure : on y verra la tête 
sortir sans rotation aucune. 

N« XIV. 

Position transversale (5*" de ma classification ). 
Terniinaison spontanée sans rotation. 

La nommée P.. ..on , femme grosse et courte, 
enceinte de neuf mois et de son premier enfant, 
commença à souffrir le 29 décembre 1819, et ac- 
coucha le i^*^ janvier 1620 dans la matinée. 

Vers la fin de ce long travail elle avail de la fiè- 
vre; ciie eut même à plusieurs reprises des sym- 
ptômes de congestion cérébrale; la céphalalgie, les 
vertiges se renouvelèrent plus d'une fois. ((Je ne 
vois rien , je vois tout rouge : » telles étaient ses 
exclamations. (^Saignée de trois palettes, bain de 
siège.) Le i^^ janvier matin, lorsqu'on pratiqua la 
saignée, la dilatation était presque nulle et l'orifice 
fort épais. Après \a saignée et le bain , les mem- 
branes se rompirent, la dilatation s'effectua et la 
tête franchissant l'orifice , s'enfonça dans le bassin 
dans une direction transversale telle , que le front 
était à droite, etc. Piien n'était plus facile que de 



DEUXIEME MEMOIRE. T 7 5 

s'en convaincre. La suliiresagillale traversait iexca- 
valioii d'un côte à i'aulre , et les deux fontanelles 
étaient presque de niveau , l'antérieure pourtant un 
jien plus haute. 

Je lis mettre cette femme en travers sur le bord 
du lit de travail. Là elle put faire valoir les dou- 
leurs, qui revim^entàe dix en dix minutes avec une 
intensité remarquable. F/index placé sur une fon- 
tanelle, j'attendais que la rotation horizontale s'ef- 
fectuât pour la suivre attentivement et la démon- 
trer aux élèves. Il en arriva tout autrement : la fon- 
tanelle antérieure commença par se relever, et la 
postérieure descendit sans aucune rotation; bientôt 
même la tête dilata la vulve, et son côté gauche se 
débarrassa du périnée , tandis que le droit remon- 
tait derrière les pubis : le premier remplit le rôle 
de l'occiput dans les 4*^ ou 5*^ positions (Baude- 
locque), et le deuxième celui du front dans le 
même cas. 

Le reste fut simple et facile. L'enfant naquit; 
faible, mais fut bientôt ranimé : il pesait six livres. 
Une tumeur sanguine considérable couvrait le pa- 
riétal droit, et indiquait que. Z««.çe;/Z avait été en 
rapport avec l'arcade des pubis, depuis la rupture 
des membranes juvsqu'à la fin du travail. Trois 
heures se sont écoulées entre ces deux époques. 

La mère et l'enfant ont continué à jouir d'une 
santé parfaite. 

Une chose dont je n'ai pas parlé dans le cours de 



iy4 PRATIQUE DES ACCOUClIEMENS. 

celle observation , et qui pourtant n'est pas inutile 
à dire; c'est que dans les derniers momens , j'ai 
vainement tente de produire le mouvement de 
rotation qui a manqué ici. Je l'ai essayé , soit en 
empoignant la tête entre le pouce et les doigts , 
soit en appuyant avec l'index et le médius d'une 
main sur la tempe droite , et avec ceux de l'autre 
main sur la région mastoïdienne gauche. 

N« XV. 

Position transversale ( 6^ ). Terminaison 
spontanée sans rotation. 

L. D.... entra à la salle d'accouchement le 21 
novembre i8i5. Son âge n'a point été noté; on n'a 
pas marqué non plus si elle avait eu ou non d'autres 
enfans. 

Quoi qu'il en soit , le travail marcha assez rapide- 
ment dans le principe ; la tête ^ qu'on avait sentie 
sans en distinguer la position , descendit brusque- 
ment dans l'excavation au moment de la rupture 
des membranes. On sentit alors qu'elle était trans- 
versale. La fontanelle postérieure était très-facile- 
ment sentie au côté droit ; de là on suivait la suture 
sagittale en passant au-dessus du périnée et sur la 
pointe du coccyx; on arrivait à la fontanelle anté- 
lieure , qui était un peu plus élevée que l'autre : 
en portant le doigt sous les pubis , on sentait assez 
aisément l'oreille gauche. 



DEUXIEME MEMOIRE. lyS 

Parvenue là, la télé s'arrèla et les douleurs s'af- 
faiblirent : elle y resta pendant près de deux heures 
sans changer de direction. Je fis mettre alors L. 
D.... en travers sur le bord du lit, les genoux ploye's 
et les jambes soutenues par des aides. Dans celle 
situation , elle put mieux faire valoir ses douleurs, 
et j'en augmentai aussi l'efficacité' et Te'nergie en 
pressant sur le bord antérieur du pei'inëe. 

Tout cela ne produisit d'abord d'autre effet que 
l'éle'vation de la fontanelle antérieure et l'abaisse- 
ment de l'occiput. La fontanelle postérieure se rap- 
procha ainsi du centre , et la tête présenta au dia- 
mètre ischiatique un diamètre très-rapproché du 
sphéno-bregmatique. Enfin, les choses étant dans 
cet état , une violente contraction poussa l'occiput 
et le vertex au dehors ; l'oreille gauche se trouva 
sous le ligament triangulaire de l'arcade pubienne y 
puis remonta vers le détroit supérieur ainsi que 
le pariétal gauche , tandis que le droit et l'occipital 
se dégageaient au-devant du périnée. Une simple 
inclinaison de la tête vers la fesse droite suffit alors 
pour débarrasser son côté gauche et sa face anté- 
rieure : le tronc suivit sans obstacles. 

Le travail dura en tout treize heures. L'enfant 
pesait sept livres: c'était un garçon; il eut besoin 
de secours. La mère se rétablit promptemen t. 



176 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

N° XVI. 

•l'^e Position. *— Forceps jjour faiblesse de la mère, 

La nommée V...r,âgée de vingt-un ans, jouissant 
habiluellement d'une bonne sanlé , devint enceinte 
dans les premiers jours de floréal an 10. 

ïndépendahiment des symptômes généraux de 
la grossesse , elle éprouva des vomissemens con- 
tinuels. Au huitième mois , fièvre lente et douleurs 
vagues dans les lombes et les régions iliaques. Le 
21 nivôse, vive douleur dans le côté droit; cette 
clouleur la saisit dans la rue, l'arrête et lui fait 
perdre connaissance. Transportée sur-le-champ à 
l'hospice, V...r avait le ventre douloureux, l'uté- 
lus fort élevé et incliné à droite ; le col était encore 
Jong et résistant. Du reste pouls fréquent et irrégu- 
)ier, céphalalgie, rougeur de la face, et par-dessus 
tout douleur dans la fosse iliaque droite ( Saignée 
du bras , boissons délayantes , etc. ). Soulagement 
marqué. 

2S nivôse , vomissemens de matières jaunâtres , 
qui ne cèdent poi«it à la potion caïman le ; rélenlion 
de l'urine, qui exige le catiiclérisme. Bientôt diar- 
rhée , langue chargée , bouche amère. Dix-huit, 
grains d ipécaciianha produisirent d'abondantes 
évacuations par haut et par bas. Mieux être. 

Le 5 pluviôse , tout l'abdomen est douloureux 
et tuméfié ; dypsnée^ vomissement de matière vcr- 
dàlrc , pouls petit et serré , etc. 



t)£tJXiÈl\ÏE MÉMOIRE. 1 y-t 

L'oïifice était mince et ouvert de six lignes, le col 
effacé. Vers le soir, douleurs énergiques bien ca- 
ractérisées par la dureté du g'obe utérin ; dilatation 
complète. On reconnaît la présence de la léle dans 
la première position ; en peu d'instj^ns elle franchit 
l'orifice, les membranes se rompent et l'eau s é- 
coule en abondance. I>ès-lors inertie de l'utérus , 
faiblesse éxlrême de la malade ; pâleur et froid gé- 
néral : les cordiaux ne produisent aucun effet. Je 
me crus obligée d'appliquer le forceps pour débar- 
rasser cette femme , dont l'état était éminemment 
périlleux. 

La branche gauche ( femelle ) , tenue de la main 
droite, fut introduite vers le ligament sacro-scia- 
lique droit, de là Texlrémilé de la cuiller, poussée 
par l'index de la main gauche , avança obliquement 
en haut eten avant, entre l'ischion et la tête ; elle passa 
de cette manière de la lempe gauche à la tempe 
droite en cheminant sur le front. Ainsi placée, 
cette branche se trouva très-inclinée ; car la cuiller 
n'avait marché en haut qu'au moyen de l'abaisse- 
ment du crochet. La branche droite ( mâle ) fut 
glissée directement devant l'échancrure sacro-scia- 
lique. Un léger effort , que je fis pour rapprocher 
les branches et les articuler , détermina en partie 
la rotation de la tête; elle s'acheva aux premières 
tractions , et alors le pivot de l'instrument, qu,i 
d'abord regardait la cuisse gauche , répondit à la 
«symphyse pubienne. La peau du crâne , peu Innié- 
iiJc; permit de sentir la suture sagùîale clir!i.;'?e. 

12 



flQ PRATIQUE DES ACCOUCIIEMENS. 

d'avant en arrière. Je tirai un instant dans l'axe de 
l'excavation pour rapprocher la tête du détroit in- 
férieur, puis je relevai lentement les crochets en 
tirant modérément , et me rapprochant de plus en 
plus de l'axe du détroit inférieur. Ce seul mouve- 
ment suffit pour faire sortir la tête : le reste vint 
avec facilité. Le périnée fui peu entamé, quoique 
je n'eusse pu, comme d'ordinaire, laisser l'utérus 
vaincre seul la résistance des parties molles. La 
faiblesse était trop grande et la terminaison trop 
urgente pour me permettre d'ôter le foreeps après 
avoir fait passer la tête hors du détroit inférieur. 

L'enfant était mort et l'épiderme se détachait au 
moindre contact. 

Délivrance facile: cependant affaiblissement gra- 
duellement augmenté, froid général, et, enfin, 
extinction de la vie environ trois heures après l'ac- 
couchement. — Traces de péritonite avec épan- 
chemènt. 

Plusieurs choses doivent fixer l'attention dans 
cette observation. 

1°. Le caractère distinctif des douleurs utérines. 

— Durcissement ; 

2°. L'inertie de l'utérus, malgré les dispositions 
locales les plus favorables. — Faiblesse et épuise- 
ment général ; 

3°. La rotation opérée sans tour de main; 

4°^ L'absence de tuméfaction à la peau du crâne. 

— Mort du fœtus ; 



DEUXIEME MEMOIRE. JJ^ 

5°. La promptitude de la mort après l'accouche- 
ment , qu'il faut attribuer , i*» à l'épuisement ma- 
ladif antérieur , 2** à la fatigue du travail , 3" à la 
perte du sang , quoique légère , que raccouche- 
ment produit toujours , et 4* à la déplétion de l'ab- 
domen et à la liberté subite de vaisseaux aupara- 
vant comprimés ; 

6°. Enfin , c'est encore une chose notable que 
l'existence d'une péritonite pendant la grossesse. 

N« xvn. 

1" Position. — Forceps. 
Rotation par une seule branche. 

Une femme sanguine et robuste , âgée de qua- 
rante ans , réglée depuis viàgt , et enceinte pour 
la première fois, arriva le matin du ig février 1811. 
Le toucher nous apprit que l'orifice utérin était ou- 
vert de huit à dix lignes , <juoiqu'épais et un peu 
dur; la tête du foetus, élevée au-dessus de l'exca- 
vation , échappait au doigt explorateur. Douleurs 
faibles, dilatation lente de l'oi^fice , et complète seu- 
lement à dix heures du soir. La tête est alors dans 
le détroit supérieur ; la suture sagittale oblique- 
ment dirigée , la fontanelle postérieure rapprocliée 
du trou sous-pubien gauche , caractérisaient assez 
la première position du sommet. 

8 février , à une heure ^ rupture des raembra- 



l8o PRATIQUE DES ACCOUCHEMËNS. 

nés; la tête se plonge dans l'excavation pelvienne, 
et y reste immobile ; elle se tuméfie. L'utérus est 
dans un état de contraction permanente, mais faible 
et insuffisante. 

A huit heures du matin , l'art vient aider la na- 
ture. La branche gauche ( femelle ) du forceps est 
introduite en arrière sur le ligament sacro-sciatique 
droit , son extrémité avance obliquement jusque 
sous le trou sous- pubien droit et sur le pariétal 
droit du fœtus. Un léger effort , exercé sur cette 
branche pour faciliter l'entrée de l'autre , agit sur 
la télé et détermine sa rotation en conduisant le 
front vers le sacrum , etc. Alors la branche droite 
(mâle) est glissée sur le côté gauche du bassin et 
sur le pariétal gauche. De légères tractions , quel- 
ques inclinaisons latérales et alternativement diri- 
gées d'un côté à rautre_, puis l'élévation des crochets, 
amènent la tête hors du détroit inférieur^, en sorte 
qu'elle n'est plus retenue que par le périnée et les 
lèvres de la vulve. Chaque branche est alors sépa- 
rément extraite , et la tête sort presque en même 
temps que la dernière. Après cela, elle reprend sa 
direction diagonale; les épaules traversent diago- 
nalement le bassin, puis roulent au détroit infé- 
rieur, de manière à traverser la vulve d'avant en 
arrière. En un mot, le reste de l'extraction fut 
en tout semblable à l'expulsion naturelle. L'enfant, 
du sexe masculin, était faible; mais on l'a ranimé. 
Le cinquième jour, une ophlhalmie purulente s'est 
montrée. Il a été porté aux Enfans-trouvés. La mère 



DEUXIÈJWE MÉMOIRE^ l8ï 

a été prise j au deuxième jour de ses couches, des 
symptômes de la péritonite puerpérale; elle y a suc- 
combé le sixième jour, 14 février. 

La facilité du mouvement rotatoire de la tête, 
qui fut opéré par une seule branche du forceps, 
mérite d'être remarquée ; elle tient à deux causes : 
1° à la tendance naturelle de la tète à ce mouve- 
ment-là ; 2° à la tendance du forceps à se porter 
sur les côtés du bassin ; tendance qui tient à sa forme 
et à ses courbures. On doit aussi tenir compte de la 
précaution que j'ai eue d'ôter le forceps après avoir 
mis la nature à même de se suffire seule. J'ai épar- 
gné ainsi le périnée, qui, chez une femme enceinte 
pour la première fois , courait des risques évidens. 

N° xviir. * 

i'" Position du vertex. — Forceps pour inertie 
utérine après rotation. 

Caroline N r, âgée de vingt ans, d'une consti- 
tution vigoureuse et enceinte pour la première fois, 
fut prise des premières douleurs puerpérales le 22 
décembre 181 6. 

L'orifice utérin était en arrière et peu dilaté 
quand on l'examina : la tête s'offrait dans la pre- 
mière position. 

Peu de douleurs , progrès lents. Ce ne fut que 
le z3 , à dix heures du matin, que les membranci. 



*82 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

se rompirent; la télé franchit l'orifice ulériti, se 
plongea dans l'excavation et y exécuta sa rotation 
horizontale. Dès ce moment tout s'arrêta, et le 
soir je me vis forcée de mettre fin à un travail que 
la nature semblait ne devoir jamais terminer. 

L'application du forceps fut simple et facilp. Je 
commençai par la branche droite^ afin de pouvoir 
passer la gauche au-dessus d'elle, de manière à in- 
troduire ensuite avec facilité le pivot de Tune dans 
la mortaise de l'autre. 

Chaque branche glissa d'abord sur le ligan>«nt 
sacro-scialique, puis sur la face interne de l'ischion. 
Elles se trouvèrent ainsi placées sur les côtés du 
bassin et sur les pariétaux du fœtus. 

Quelques tractions directes ou latéralement in- 
clinées amenèrent la tête à la vulve, c'est-à-dire 
hors du détroit inférieur. Je relevai alors les cro- 
chets du forceps au-dessus des pubis, et la tête exé- 
cuta par ce moyen l'extension nécessaire pour sou 
dégagement complet. 

Une légère hémorrhagie suivit l'accouchemenj : 
quelques faiblesses en furent les seuls effets; elle se 
dissipa aisément par l'évacuation des caillots et l'ap- 
plication de linges humides et froids sur les cuisses 
et l'abdomen. Le placenta, en raison de sa masse, 
qui s'offrait centre pour tentre à l'orifice , et de l'i- 
nertie de l'utérus , avait aussi nécessité l'introduc- 
tion de la main. 

Une rétention d'urine, 'causée par l'engorgement 
dtT col de h vessie, nécessita, pendant quelques 



» 

DEUXIÈME MÉMOIRE. l85 

jours , l'emploi de la sonde : tout se rétablit alors, 
et Caroline jN....r. sortit bien portante avec son 
enfant. 

N'» XIX. 

i""* Position. — Forceps pour inertie utérine. 

La femme dont il s'agit ici était aussi enceinte 
pour la première fois et à terme. 

Elle arriva le i5 novembre 1810, affectée depuis 
plusieurs jours d'une rétention d'urine. L'utérus 
était incliné à gauche et en avant ; l'orilice utérin , 
quoique mince et mou, était dirigé à droite et en 
arrière : l'utérus se contractait faiblement ; la tête 
du fœtus était à peine accessible au doigt. 

16 noi^embre matin. L'orifice est tendu et rigide; 
chaleur et sécheresse du vagin et des organes génitaux 
externes. {Demi-bain.) La dilatation s'opéra dans la 
nuit ; les membranes se rompirent, et pourtant la 
tête resta appuyée sur le détroit supérieur. L'obli- 
quité de la matrice avait été corrigée par la situa- 
tion de la femme, et la tête était dirigée , sans au- 
cun doute, comme dans les cas les plus favorables : 
cependant point de douleurs, point de progrès. 

17 novembre. Je me décidai enfin à tenter l'ap- 
plication du forceps. L'évacuation de l'eau me dé- 
tournait de l'extraction manuelle. En conséquence, 
la tête étant présumée dans la imposition, la branche 
droite fut glissée le long de la paroi postérieure et 
gauche du bassin, jusqu'au-dessus de la symphyse 



j84 PRATiQUE DES ACCOUCHEMKNS". 

sacro-iliaque gauche, et appliquée sur le pariétal 
gauche. La branche gauche marcha obliquement 
du ligament sacro-sciatique droit à l'éminençe ilio- 
pectinée du même côté ; mais la tête remonta par 
l'impulsion de celte branche; elle fut mal saisie; 
l'instrument glissa sur le crâne qu'il embrassait à 
peine , et descendit seul. 

Une seconde application dans laquelle je com- 
mençai par la branche gauche, réussit mieux ; mais 
\si droite , arrêtée par la saillie sacro-vertébrale, ne 
put être placée que latéralement et fort peu en 
arrière, et quand j'articulai les branches , la gauche 
rétrograda sur le côté du bassin pour se mettre en. 
rapport direct avec la droite (ï). Il en résulta que 
la têle se trouva saisie obliquement par le frontal 
droit et la région mastoïdienne gauche , comme le 
démontrèrent les impressions qui restaient sur la 
peau du crâne. Cependant la tête descendit aisé- 
ment , et franchit même ainsi le détroit inférieur, 
l^e périnée seul la retenait encore quand j ôtai le 
iorceps : elle se tourna alors d'elle-même dans le 
sens longitudinal , et sortit , l'occiput en avant et le 
front en arrière. Rien du reste de remarquable. 
L'enfant pesait huit livres; il a donné quelques signes 
de vie qui ne se sont pas soutenus. La mère a été 
prise d'une péritonite dont on l'a guérie. 

(i) La branche droile (u\. iniroàuhe par-dessus \a gauche; 
il eût élé trop difficile de la glisser par-dessous : le pçrinée eiji 

çraoèch.'dt. 



DEUXIÈME MÉMOIRE." l85 

Voilà un de ces cas où j'ai lente l'application du 
forceps au-dessus du détroit supérieur. C'est un 
exemple des difficultés qu'on éprouve en pareil cas, 
soit pour saisir la tête par ses côtés , soit pour in- 
troduire convenablement les branches du forceps , 
relativement à la facilité de leur articulation. C'est 
une preuve de la facilité avec laquelle descend une 
tête saisie ainsi par un diamètre oblique ; c'est une 
preuve qu'en pareil cas une branche porte sur le 
front et non sur la face , à raison de l'inclinaison de 
la tête, inclinaison qui diminue aussi le diamètre 
suivant lequel elle est saisie. Enfin , c'est encore 
un exemple de l'utilité de l'extraction de l'instru- 
ment quand le détroit inférieur est franchi , puisque 
celle extraction permet à la rotation de s'exécu- 
ter _, etc. 

Cette observation est encore remarquable par 
rapport à l'immobilité de la tête retenue sans cause 
connue au détroit supérieur. C'aurait été pour bien 
des accoucheurs un cas d'enclavement ; et pourtant 
la rétropulsion de la tête dans la première tenta- 
tive , et son extraction facile dans la deuxième, 
prouvent assez qu'elle n'était pas enclavée. 



l86 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. ■ 

N° XX. 

i" Position inclinée (bregmalique). — Forceps 
pour inertie. 

Le sujet de cette observation fut une femme 
de vingt-quatre ans , forte , sanguine , habituelle- 
ment bien portante , réglée depuis l'âge de vingt 
ans et enceinte pour la première fois. Elle arriva 
à l'hospice le 7 février 1812 , grosse de neuf mois 
révolus. 

L'orifice utérin avait huit à dix lignes de dia- 
mètre , il était dirigé en arrière et offrait une cer- 
laine épaisseur dans ses bords. La tête était diffici- 
lement sentie au-dessus du détroit supérieur, et sa 
direction ne pouvait être appréciée. Les membranes 
étaient entières et bombaient légèrement sous l'in- 
fluence de douleurs faibles et éloignées; des glaires 
rougeàtres s'écoulaient du vagin. Cette femme 
avait commencé à souffrir dans la nuit , et la dila- 
tation du cercle de l'orifice ne fut complète que 
vers les dix heures du soir. La lèle en ce moment 
s'enfonça dans le bassin , et _, devenue plus acces- 
sible , elle offrit au toucher tous les caractères de 
la première position. Le 8 février , à une heure 
du matin, les membranes s'ouvrirent , la tête s'a- 
baissa . et, au lieu de se fléchir vers le thorax , elle 
sembla s'étendre et rapprocher la fontanelle anté- 
i-ieure de la partie inférieure du bassin. Dès-lors. 



DEUXIEME MÉMOIRE.' 1 87 

elle n'avança plus ; la peau du crâne se lumëfia par 
degrés sur le point correspondant au vide delori- 
fice et de l'arcade pubienne. Celte partie était la 
moitié' postérieure du pariétal droit. C'est celte 
tumeur qui aurait pu en imposer après coup comme 
elle en a imposé h hewrei (^ccouck. laborieux, 
pag. 125 ) , et faire croire , comme il l'a cru, que la 
tête s'était présentée inclinée au bassin, et le pariétal 
au centre. On trouve la même erreur dans un Mé- 
jnoire inséré dans le Journal complémentaire du 
Dict. des Sciences médicales, cahier de mars 1821. 
Un travail si long et si lent devenait inquiétant par 
rapport à l'enfant, alors immédiatement pressé par 
l'utérus vide d'eau. Cet état de coasuiclion conti- 
nuelle, quoiqu'insuflisant pour l'expulsion , pouvait 
néanmoins, à la longue , agir sur lui d'une manière 
funeste , et la tête était tellement basse qu'il ne 
restait plus qu'une indication : c'était de suppléer à 
la faiblesse de l'utérus par le moyen du forceps. 

La branche gauche fut , comme d'ordinaire , 
glissée en premier lieu ; elle marcha en spirale du 
ligament sacro-sciatique au trou sous-pubien droit, 
La branche droite s'enfonça directement devant 
i'échancrure sciatique gauche. La tête était saisie 
par les pariétaux et les joues. Les crochets , inclinés 
à gauche de la mère, furent ramenés doucement 
cuire les cuisses ; en même temps une torsion et 
une élévation légères, combinées avec des tractions 
convenables , déterminaient à la fois la rotation et 
ravanccracnl de la léle. L'dlévaiiou pres^que seule 



l88 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

des crochets dégagea des tubérosilés scia tiques les 
bosses pariétales ; le périnée bombait poussé par 
le frout : j'enlevai l'instrument et la nature fît le 
reste. 

L'enfant , d'abord faible j mais bientôt ranimé , 
pesait sept livres. 

Dès le lendemain de l'accouchement la fièvre 
et les douleurs de la péritonite s'emparèrent de la 
malade , et elle y succomba le sixième jour , i4 
février. 

N-^ XXI. 

1" Position. — Forceps nécessité par V inertie de 
l'utérus. 

Tête dans V excavation; rotation artificielle. 

Une fille âgée de vingt-deux ans entra à l'hos- 
pice le 16 juillet 1809 : elle était au neuvième mois 
de sa première grossesse. 

A quatre heures du soir , nul signe de travail 
puerpéral. A six heures, premières douleurs; pro- 
grès rapides du travail , et tels qu'à minuit la dila- 
tation de l'orifice externe de l'utérus est complète ; 
les membranes se rompent , l'eau s'évacue ^ et la 
lête est sentie placée au détroit supérieur dans la 
première position. C'est dans cette même position 
qu'elle descendit lentement dans l'excavation du 
bassin; elle y étaità sept heures dumatin, le 17 juillet; 
elle y était encore sans aucun changement à midi : 



DEUXIÈME mémoire:. I ''g 

seulement la peau du crâne était tuméfiée et les 
contractions utérines presque nulles. Un bain de 
siège ne produisit pas le moindre effet; les douleurs 
cessèrent complètement, et à quatre heures du 
soir , on se décida à appliquer le forceps. 

Cette opération fut exécutée de la même manière 
que dans les observations précédentes ; mais les bran- 
ches de l'instrument purent être réunies sans efforts 
et sans changer la direction de la télé. Les crochets 
du forceps étaient rapprochés de la cuisse gauche , 
et leur grand diamètre croisait obliquement la lon- 
gueur de la vulve. Un léger mouvement les ramena 
entre les deux cuisses , et fît croiser, à angle droit, 
leur grand diamètre avec la longueur de la vulve. 
Ce mouvement fit rouler la tête sur son axe , et 
artiena l'occiput dans l'arcade des pubis sans au" 
cune traction. Il sulHt alors d'une traction légère, 
combinée avec l'élévation des crochets. On les ra- 
niena presqu'au-dessus de la symphyse des pubis, et 
l'on fit ainsi exécutera la tête un mouvement d'ex- 
tension , par lequel les divers points compris entre 
la fontanelle postérieure et le menton glissèrent 
successivement sur le bord antérieur du périnée. 

Plusieurs mains, appuyées les unes sur les autres, 
garantissaient celte partie et empêchaient sa rup- 
ture. Le reste de l'extraction, comme aussi celle du 
placenta, fut des plus faciles. 

L'enfant était faible; il pesait cinq livres; les 
secours qu'on lui prodigua l'avaient d'abord rap- 
pelé à la vie; mais il s'affaiblit ensuite peu à peu, 



I 



igO PRATIQUE DES ACCOUCllEMENS." 

et mourut neuf heures après sa naissauce. Celait 
une fille. 

Ici, comme on voit , la léte était assez descendue 
pour qu'un simple mouvement de rotation amenât 
l'occiput sous la symphyse pubienne, ou, ce qui 
^st la même chose , dans l'arcade ainsi nommée : 
cependant cette rotation n'a pu être opérée que 
par les deux branches réunies. Pour cet effet je n ai 
point exécuté le grand mouvement de levier in- 
diqué par Baudelocque ; mais une torsion légère 
m'a sutFi , et elle a conduit à la fois et sans effort 
la tête et l'instrument. 

La branche gauche devant être placée en avant 
et suivre une marche assez longue, a été intro- 
duite la première ; la droite a été glissée directe- 
ment en arrière : on a pu la glisser sous la précé- 
dente , de sorte que rarlicuialioii a été Irès-facile ; 
mais il est des cas où on se voit forcé de faire 
passer laT^ranche droite au-dessus de la poignée de 
la branche gauche : c'est ce qui arrive souvent dans 
les premiers accouchemens , où la vulve est étroite 
et le périnée rapproché des pubis. Dans ces cas , 
pour pouvoir articuler les branches introduites , il 
faut les décroiser et faire passer le crochet de la 
droite sous celui de la gauche , mouvement tou- 
jours douloureux et souvent difficile , à moins 
qu'on n'opère avec lenteur et ménagement. (/^o;v: 
le premier Mémoire. ) 



DEUXIÈME MEMOIRE. igt 

N« XXII. 

IMPOSITION.- — Forceps pour inertie et obliquité 
utérine. 

Tête au détroit supérieur. 

Une femme de vingt ans , d'une constitution 
moyenne, enceinte pour la première fois et arrivée 
à la fin de sa grossesse, commença à souffrir de 
douleurs utérines le i*"^ décembre, vers le milieu 
du Jour. Le soir , on trouva l'orifice utérin dilaté 
d'environ dix-huit lignes ^ dirigé en arrière , mince 
et souple. L'utérus lui-même , extraordinairement 
développé , tombait en avant , à tel point que dans 
]a station verticale , la peau de l'abdomen s'appli- 
quait sur le devant des cuisses. Peu de contractions 
et contractions faibles, et pourtant saillie et tension 
des membranes , et difficulté extrême de sentir la 
léle du fœtus , même après avoir corrigé l'obliquité 
utérine par la supination. 

J'attendis patiemment l'ouverture des membra- 
nes , décidée à prendre conseil des événemens , et à 
aller chercher les pieds si la tête ne franchissait pas le 
détroit abdominal. Dans la nuit elles se rompirent, 
mais non vis-à-vis l'orifice : il en résulta une évacua- 
tion lente du liquide de l'amnios , et on ne s'en aper- 
çut que lorsque la matrice en fut tout-à-fait vide. Il 
n'en restait plus que dans la portion des membranes 
subjacenle à la tête du foetus. Celle-ci était restée dans 



ig2 PRATIQUE DES ACCOUCHEME&tS. 

le détroit supérieur ; on pouvait la toucher plus ai- 
sément ; je pus même parcourir du doigt deux su- 
tures réunies vers le centre du bassin et divergeant 
l'une vers le pubis , l'autre vers l'ilium gauche. 
C'étaient les deux branches de la suture lamb- 
doïde, et la tête était dans la i*^ position. 

Quelques progrès qu'elle parut en ce moment 
faire vers l'intérieur du bassin m'empêchèrent d'a- 
gir; mais bientôt suspendus, ils firent place à une 
immobilité absolue. 

Je voulus tenter l'application du forceps , et trou- 
vant moins d'espace en arrière et à gauche qu'en 
avant et à droite, je commençai l'opération par 
l'introduction de la branche droite, la gauche entra 
ensuite sans difficulté : je les plaçai aussi diagona- 
lement que possible, et je réussis plus facilement 
que je ne m'y attendais à saisir la tête par ses côtés. 
Cette facilité était due sans doute à la largeur du 
bassin , et celte largeur rend plus étonnante l'im- 
mobUilé de la tête. Dois-je dire que les doigts de 
la main opposée à celle qui opérait l'introduction 
avaient conduit la cuiller et protégé les bords de 
l'orifice utérin ? 

J'attirai sans peine la tête dans l'excavation du 
bassin en lui conservant son obliquité. Quand elle 
fut assez basse, je relevai lentement les branches 
du forceps et sans torsion , sans efforts ; je sentis 
et l'instrument et la tête rouler presque spontané- 
ment et conduire l'occiput dans l'arcade pubienne. 

JDès que les organes génitaux externes furent 



D E U X 1 È IVI E MÉMOIRE. I g5 

distendus par la lêle , qui avait franchi le délroit ia- 
tdineur ; j'ôlai le forceps , et elle sortit sans efforts 
considérables. L'enfant était grosj il s'est prompte- 
ment ranimé. 
La mère a eu une fièvre gastrique très-bénigne. 

Il me semble bien difficile de déterminer la cause 
qui retenait la tête au détroit supérieur; elle vint si 
facilement et fut si aisément prise , qu'on ne peut 
soupçonner une mauvaise position. L'obliquité 
avait été corrigée et ne pouvait plus s'opposer aux 
efforts de l'utérus ; les membranes étaient rompues; 
le bassin était bleu fait. Cette observation est inté- 
ressante , surtout à cause de la régularité de l'ap- 
plication du forceps et des manoeuvres ultérieures. 

N*» XXÏII. 

Trois EXEMPLES de i''^ position au détroit supérieur. 

Forceps pour lenteur du trasfail. 

Dans le premier mois de l'année i8ig, trois 
femmes se présentèrent successivement , à quel- 
ques semaines de distance , et à-peu-près dans les 
mêmes circonstances que la précédente : seulement 
chez deux d'entre elles , la tète occupait le haut de 
Texcavalioa du bassin. Chez toutes trois , l'appli- 
cation du forceps fut tentée avec toutes les précau- 
tions imaginables. Chez deux d'entre elles, la branche 
gauche d'abord introduite fut retirée et réintroduite 

i3 



194 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

après la droile. Eh bien ! chez toutes trois, la bran- 
che premièrement entrée empêchait de placer l'au- 
tre convenablement. Avait-on placé la gauche sous 
le trou ovalaire droit , la droite était arrêtée par 
le haut dn sacrum ; avait-on glissé la droite vers la 
symphyse sacro-iliaque gauche , la gauche ne pou- 
vait plus avancer au-delà du bord mousse de l'ilium. 
Dans les trois cas, eu articulant les branches placées 
tant bien que mal, elles se sont logées comme 
spontanément sur les côtés du bassin, et la tête 
s'est trouvée prise enire le frontal droit et la région 
mastoïdienne gauche. La tête a eu un peu de peine 
à descendre ; mais , parvenue dans le détroit infé- 
rieur et débarrassée du forceps , elle a roulé spon- 
tanément et est sortie comme dans les cas d'accou- 
chement naturel. Je pourrais citer bien d'autres 
exemples semblables ; mais ceux-ci , d'ailleurs plus 
récens , m'ont frappée davantage par leur rappro- 
chement même. 

Cette tendance qu'a le forceps à se réduire sur les 
côtés du bassin me rappelle une chose que j'ai dite 
dans le deuxième Mémoiie au sujet des causes des 
positions du vertex. Je me demandais si les psoas 
oftVaieut assez de résistance , et s'ils rétrécissaient 
assez le détroit supérieur pour rendre raison de la 
direction diagonale qu'a,ffecle si souvent le vertex. 
Le contraire semble confirmé par ce qui arrive au 
forceps. D'où vient qu'il n'a pas de tendance à 
prendre la direction diagonale ? pourquoi les psoas 



DEUXIÈME MÉMOIRE. I g5 

ne le forcent -iis pas à mellre son grand dia- 
inèlre en rapport avec un des diamètres obliques 
du détroit? Je sais bien que la courbure des cuillers 
doit tendre à s'accommoder à celle de l'excavation ; 
mais cela infirme-t-il mes objections ?' Au reste , il 
ne faut pas croire que j'y attache beaucoup d'im- 
portance : cependant il ne faut rien négliger; les 
petites choses mènent aux grandes , et le temps fait 
quelquefois fructifier les remarques en apparences 
les plus stériles. 

' N° XXIV. 

I" Position. — Forceps pour inertie après rotation. 

Dégagement difficile des épaulés. 

La femme avait vingt ans; elle était forte et san- 
guine, réglée depuis l'âge de quatorze ans, troiji 
jours chaque mois. Elle arriva à Thospice le 8 août, 
à minuit. On procéda au toucher, et on trouva To- 
rifJce ouvert de dix à douze lignes , dirigé àgauche, 
souple, mais épais à son bord; la poche de l'eau 
bombait et empêchait de bien sentir la tête, qui, 
d'ailleurs^ était fort élevée. Les douleurs étaient for- 
tes et soutenues. A huit heures du matin vin»l- 
quatre lignes de dilatation; à dix heures rupture 
subite des membranes : la tête reste haute , mais 
on reconnaît la première position : douleurs gra- 
duellement affaiblies. A trois heures seulement, la 
iLlc est dans l'excavation ; elle a franchi l'oiificé et 



rgÔ PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

lentement elle exécute sa rotation horizontale. Dès- 
lors suspension des douleurs, immobilité de la tête; 
bientôt même Yomisseraens bilieux , crampes à la 
partie antérieure de la cuisse gauche. A dix heures 
du soir application du forceps. Rien de plus simple 
que son application ; les deux branches entrèrent 
naturellement sur les côtés du bassin et de la tête, 
en mettant leur courbure en rapport avec celle de 
l'excavation. Le forceps étant appliqué, je com- 
mençai par tirer un peu pour enfoncer l'occiput 
dans l'arcade ; puis relevant les crochets , j'achevai 
l'extractioa de la tête. 

La face , au lieu de se tourner alors vers la cuisse 
droite, resta lout-à-fait en arrière : ce qui indiquait 
que les épaules s'offraient transversalement au dé- 
troit inférieur. En effet, le tronc résistait beaucoup, 
et je ne voulus pas exercer sur la tête de trop vio- 
lens efforts. J'introduisis l'index de la main droite 
vers la partie postérieure de l'aisselle gauche et je 
dirigeai l'épaule vers le sacrum : elle était alors Irop 
élevée pour que je pusse aisément agir sur elle. 
Le même doigt alla donc saisir l'aisselle droite 
derrière les pubis, et, en la forçant à descendre, 
imprima à la totalité du tronc un mouvement dans 
le même sens , lequel fut suivi de la sortie géné- 
rale. Suites heureuses pour la mère et pour l'en- 
fant. 

Vous remarquerez qu'en tirant sur l'épaule qui 
se trouvait derrière les pubis , j'ai fait avancer la 



DEUXIEME MEMOIRE.' l^J 

totalité du tronc autant que j'ai abaissé l'épaule. En 
tirant sur celle qui est en arrière, on lui fait parcou- 
rir beaucoup de chemin dans la courbure du sa- 
crum , tandis que les parties situées en avant du 
bassin restent immobiles ( Voyez-en les raisons 
dans le premier Mémoire.) 

N" XXV. 

1*^* Position devenue TRANSVERSALE.-^jPorce/?^ 
pour suspension du travail. 

Thérèse B s fut accouchée au moyen du for- 
ceps, le 4 niessidor an 12. Son enfant s'était présenté 
dans la première position du vertex. Tout allait bien 
jusqu'à ce que la tête fût descendue dans l'excava- 
tion ; là, elle s'arrêta^ et^ au lieu de rouler de ma- 
nière à conduire le front dans la courbure du sa- 
crum, etc., on le sentit s'avancer lentement au-des- 
sus de la lubérosité sciatique droite. La suture 
sagittale un peu plus basse vers la fontanelle posté- 
rieure que vers l'antérieure , traversait le délroit 
inférieur d'un côté à l'autre. Après ce changement , 
la tête resta immobile et les douleurs cessèrent. Le 
travail durait depuis vingt-quatre heures, et j'y 
voulus mettre un terme. Le forceps fut appliqué 
suivant les règles ordinaires, la branche gauche le 
plus en devant et la droite le plus en arrière qu'il 
fut possible. En imprimant à l'instrument une tor- 
sion légère , en tirant un peu en avant et relevant cq 



ïq8 pratique des ACfOUCHEMENS. 

même temps les crochets, je fis relourner le front 
en arrière , j'enfonçai l'occiput dans l'arcade; puis 
relevant les crochets davantage encore, j'achevai 
l'extraction de la tête, etc. 

L'enfant vivait : c'était un garçon de sept livres 
moins un quart. Après l'accouchement, j'examinai 
le bassin; mais je ne pus distinguer dans sa confor- 
mation ni dans ses din;^nsions rien qui expliquât 
l'irrégularité de la marche de la tête. 

Thérèse B s a été prise de péritonite et a suc- 
combé le i5 messidor. 

La tête de l'enfant fut saisie presque lout-à-fait 
d'un côté à l'autre ; une branche porta vers la 
tempe et l'autre un peu derrière Toreille. Il n'avait 
pas été possible de placer la branche droite absolu- 
ment en arrière ; la courbure du sacrum , plus 
prononcée que celle de la cuiller , ne pouvait la 
recevoir. Plus facilement ou aurait mis la branche 
gauche absolument sous la symphyse pubiejûue. 

N" XXVL 

j" Position inclinée ( bregmatique ). — Forceps 
pour inertie» 

N. Bal. , âgée de vingt-deux ans , lymphatique 
en apparence et de constitution faible , était réglée 
depuis fàge de quinze ans et sans périodicité. Le 
yachitisme dont elle avait été entachée dans sou 
enfance n'avait déformé que le rachis, 



DEUXIEME MEMOIRE. '99 

Enceinte pour la première fois et à terme , elle 
entra à l'hospice le i6 septembre à six heures du 
soir. Elle souffrait depuis long-temps, et les mem- 
branes étaient rompues. La tête , logée dans l'ex- 
cavation , avait franchi l'orifice ; elle y était len- 
tement arrivée, et y séjournait depuis six heures: 
elle était placée dans la première position ; mais 
la fontanelle antérieure se rapprochait du centre et 
était plus basse que la postérieure. Point de dou- 
leurs ; application du forceps. 

Je commençai par la branche gauche : intro- 
duction en arrière , mouvement spiral en avant , 
fixation sur le pariétal droit. La droite marcha 
ensuite directement devant l'échancrure sciatique 
gauche ; fixation sur le pariétal gauche ; articu- 
lation des branches ; tractions en bas pour en- 
foncer la tête dans l'excavation ; élévation des cro- 
chets ramenés de gauche en devant pour faire rouler 
la tête ; traction en avant pour enfoncer l'occiput 
dans l'arcade ; enfin , élévation complète des cro- 
chets avec tractions légères pour produire le déga- 
gement du front et de la face , telle fut la série des 
manœuvres qui furent exécutées. Suites heureuses 
pour l'enfant, qui pesait cinq livres. 

La mère, délivrée spontanément, a été prise delà 
périlonite le troisième jour après l'accouchement. 
Le vomitif et les laxatifs ont fait avorter l'inflara- 
mation déjà commencée , et la sécrétion du lait est 
survenue le cinquième jour. Dès-lors pleine conva- 
lescence ; sortie de l'accouchée le 26 septembre^ 



200 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS.' 

Les divers mouvemens énoncés tout-à-l'heure 
furent lents et gradués , et plusieurs combinés en- 
semble : c'est ainsi que le mouvement qui éleva les 
crochets de gauche en devant fut combiné avec des 
tractions ménagées, soutenues et toujours opérées 
sans secousses. 

N*» XXVII. 

j" Position inclinée (6* variété, pariétale ). — 
Forceps. 

En juin 1812 , arriva à l'hospice une femme en 
travail depuis trois jours à-peu-près. Elle en était 
à son deuxième enfant ; les membranes étaient 
rompues depuis douze heures , les douleurs nulles 
et la tête au niveau du détroit supérieur. La 
personne à qui elle s'était confiée n'avait osé se 
charger de l'affaire, et nous l'envoyait pour s'eft 
débarrasser. 

La lêteétait couverte d'une tumeur considérable, 
et il fallut introduire plusieurs doigts dans le vagin 
pour bien reconnaître la position. L'oreille droite 
fat le principal signe : elle était facilement atteinte 
au-dessous du trou sous-pubien droit , et un peu 
éloignée du contour de l'excavation. Delà je con- 
jecturai que le front était à droite et un peu en 
arrière , et l'occiput à gauche et un peu en avant ; 
que la suture sagittale était inclinée vers la cour- 
bure du sacrum , et qu'enfin la bosse pariétale 



•DEUXIÈME MÉMOIBE.' 201 

droite, recouverte par la tumeur, occupait à-peu- 
près le centre du bassin. 

Point d'obliquité utérine bien marquée. L'utérus, 
contracté et moulé sur l'enfant au point de rendre 
ses diverses parties obscurément reconnaissabies à 
travers les parois de l'abdomen , rendait la version 
fort difficile et surtout fort dangereuse : sa rupture 
eût été trop à craindre, et la recherche des pieds 
trop pénible. Je m'arrêtai à l'application du for- 
ceps. 

La branche gauche pénétra , par la spirale ordi- 
naire, jusque sous le pubis droit, et jusqu'à appuyer, 
par son extrémité , au-delà du lobule de l'oreille 
droite du fœtus ; la droite, poussée en arrière, pé- 
nétra bien plus avant ; mais il fallut qu'elle redes- 
cendît pour s'articuler avec la première, qui , heur- 
tant contre le haut du col_, ne pouvait s'élever au- 
tant qu'elle. La tête se trouva donc prise entre la 
région parotldienne cV un côté y et la bosse pariétale 
de l'autre côté : aussi , aux premières tractions ^ le 
forceps glissa. Je le réappliquai , et il glissa encore. 
Je pris le parti de placer chaque cuiller sur les 
côtés du bassin, et cet expédient me réussit : la 
lète , il est vrai , fut prise e?itre la région occipito- 
mastoîdienne gauche et le frontal droit ; mais elle 
offrit une prise solide, et suivit l'instrument jusqu'à 
faire bomber fortement le périnée. 

Le forceps fut extrait, et la femme, violemment 
excitée par la présence de la lête aux parties exté- 
^:ieures_,se livra à de* cfforls vii:îoureux , qui déler- 



202 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS/ 

minèrent une rotation telle , que l'occiput vint 
tomber dans l'arcade pubienne. Bientôt après la 
léte sortit par le mouvement d'extension ordinaire. 
Ce ne fut qiien sortant de la vulve quelle se re- 
dressa; car le pariétal droit sortit avant le gauche. 
L'enfant a vécu , chose remarquable après un si 
long travail. Il portait sur la toialiié du pariétal et 
sur la tempe droite une tumeur sanguine très-volu- 
mineuse, dont le centre offrait de la fluctuation': 
cette tumeur a disparu sous l'emploi des résolutifs. 
La mère a été , peu après , frappée par la péri- 
tonite : elle a guéri; mais la convalescence a été 
lente et pénible. 

La cause qui a produit l'inclinaison de la tête 
est assez difficile à déterminer ; le bassin paraissait 
bien fait; mais peut-être son angle sacro- vertébral 
était-il plus proéminent que de coutume , et peut- 
être cette femme était-elle de celles qu'on nomme 
ensellées ; peut-être aussi y avait-il eu , dans le prin- 
cipe , une obliquité antérieure de l'utérus. 

On doit remarquer la disposition de l'oreille qui 
m'a servi à établir mon diagnostic : el'e n'était pas , 
à beaucoup près, au centre du détroit ; elle n'était 
pas non plus appuyée sur son bord , mais elle en 
était voisine. 

Quant à l'application du forceps , tout ce que j'en 
pourrais dire se trouve détaillé dans le deuxième 
Mémoire ^ et j'y renverrai le lecteur. 



DEUXIEME MEMOIRE.' 205 

N« XXVIII. 

ï" Position inclinée (6* variété, pariétale). — 
Forceps, 

La nomme'e L...ge, âgée de vingt-quatre ans, 
saine et robuste, fut admise à la maison d'accou- 
chement vers le neuvième mois de sa grossesse : 
peu après elle commença à souffrir. 

Déjà le travail avait duré vingt-quatre heures ; 
déjà douze heures s'étaient écoulées depuis l'éva- 
« cualion de l'eau de l'amnios. Cette lenteur , ce re- 
tard extraordinaires attirèrent mon allenlloa , et je 
touchai cette femme avec plus de soin qu'on n'avait 
fait jusqu'alorst 

25 décembre matin. Je trouvai la tête descendue 
dans l'excavation du bassin sans avoir encore fra?i' 
chi C orifice , quoiqu'il fût dilaté. L'oreille droite 
était accessible au toucher et reconnaissable der- 
rière le trou ovalaire droit : la bosse pariétale du 
même côté occupait presque le centre du bassin ; 
elle était recouverte par une tumeur sanguine ; le 
vertex était tourné vers la partie inférieure du sa- 
crum dont la concavité était par en haut en rapport 
avec le frontal et le pariétal gauche. 

La tête était donc dans la première position , mais 
inclinée vers l'épaule gauche. Les phénomènes an- 
lécédens expliquaient assez cette position et confir- 
maient mon diagnoslic. En eiiet, celle femme avait 



2o4 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS.^ 

eu une obliquité aatëro-lalërale droite très-considë- 
rable, et le dëcubitus sur le dos ne l'avait diminuée 
que lentement et à mesure que le travail avait mar- 
ché et poussé,en bas le fœtus. La tête avait donc pu 
s'engager obliquement d'après le mécanisme indi- 
qué par Deventer. 

Ainsi placée, la tête ne pouvait descendre davan- 
tage ni rouler horizontalement. Elle s'abaissait un 
peu à chaque douleur et s'élevait ensuite. Cette rai- 
son rendait l'oreille plus facile à toucher immédia- 
tement après la douleur : pendant la douleur elle 
était pressée contre les parois du bassin. 

Je résolus dès-lors d'appliquer le forceps; mais 
avant j'aperçus une bride charnue, de la grosseur 
d'une plume , attachée par une extrémité dans la 
fosse naviculaire, par l'autre au voisinage de l'u- 
rètre , et libre au côté droit de la vulve : elle fut 
excisée. 

Pour l'inslruclion des élèves, je voulus aussi faire 
quelques tentatives pour redresser cette tête. Je la 
saisis avec la main gauche en supination, et je tâchai 
de ramener le vertex dans l'axe de l'excavation. Ce 
fut en vain , comme je m'y étais attendue. 

Je commençai par introduire la branche droite 
en arrière et à gauche; je craignais qu'en plaçant 
l'autre d'abord , la tête ne s'appliquât contre le sa- 
crum , etc. , de manière à intercepter tout passage 
de ce côté. 

La branche gauche mise en avant ne put s*ei>- 
foncer beaucoup : le col du fœtus l'arrêtait. En 



DEUXIÈME MÉMOIRE. 200 

clierchant à Tarliculer avec l'autre , je la sentis glis- 
ser vers le côté du bassiu , et l'autre l'avança aussi 
vers le côté opposé. En conséquence la gauche porta 
sur le frontal et la joue droite j et la droite sur la 
suture lambdoïde gauche. La tête vint assez aisément 
à la vulve. Quand je vis saillir l'anus et le périnée, 
j'ôtai l'instrument. L'occiput se porta seul dans l'ar- 
cade pubienne, et la tête sortit, quoiqu'encore incli- 
née, de sorte que le pariétal droit précédait le reste. 
L'enfant était gros : quoique pâle et faible, il a vécu. 
Dans les premiers instans , il était violet et pléthori- 
que. On lui a laissé perdre quelques cuillerées de sang 
(deux ou trois) par les artères ombilicales. 

L'inclinaison de la tête fut cause qu'une des cuillers 

porta sur la face; dans les positions franches, à cette 

période du travail, jamais elles ne vont au-delà du 

front. Au reste , il n'en résulta aucun désordre 

notable* 

N° XXIX. , 

i''* Position inclinée (pariétal droit ). — Forceps 
pour étroites se du bassin. 

Celte femme, nommée L....de, arrivée le i^' mars 
1818 à l'hospice, n'avait que trois pouces et demi 
de diamèlre sacro-pubien au détroit supérieur. L'en- 
fant, qui était un garçon de volume ordinaire, pa- 
raît s'être présenté d'abord comme dans la première 
position du vertex. L'angle sacro-vertébral a arrêté 
le sommet^ et la tête s'est inclinée. 



205 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

Aussi, à son arrivée, trouvâmes-nous le parlélal 
droit au centre du détroit supérieur, la fontanelle 
antérieure en arrière et à droite , la postérieure à 
gauche et moins en arrière, la suture sagittale tout- 
à-fait sur le sacrum. 

Le forceps fut appliqué sur les côtés du bassin : Je 
tâchai pourtant d'amener la branche gauche un peu 
en avant et la droite un peu en arrière. L'extraction 
fut difficile : quand elle fut achevée, nous trouvâmes 
sur le frontal gauche une dépression profonde due à 
l'angle sacro-vertébral. Le forceps avait porté sur la 
tempe elle frontal droits et sur la suture lambdoïde 
gauche. L'enfant a vécu quelques instans, puis il 
est mort. La mère s'est rétablie. 

Le frontal gauche du fœtus était fracturé avec 
esquilles et enfoncé ; le péricrâne et la méninge 
étaient séparés par un grande quantité de ,sang vis- 
queux, noir et liquide. 

La difFormilé du bassin est bien évidemment ici 
la cause de la déviation du vertex et de la difficulté 
de l'extraction. Le forceps fut appliqué à-peu-près 
d'un côté à l'autre relativement au bassin; la dif- 
formité eût contrarié toute tentative d'application 
diagonale ou anléro-poslérieure. 



DEUXIÈME MEMOIRE. 207 

N" XXX. 

2* Position. — Forceps pour inertie. 

Tête au détroit supérieur. 

Réglée depuis l'âge de dix-huit ans, sanguine et 
robuste , Marianne R.... entra à l'hospice le 12 fé- 
vrier , à une heure du matin. Elle était enceinte 
pour la première fois, et grosse de neuf mois ré- 
volus. Elle souffrait depuis quelques heures ; le col 
de l'utérus était développé et confondu avec le corps 
en une seule et même cavité ; son orifice commen- 
çait à se dilater; les membranes bombaient et ne 
laissaient sentir qu'avec peine la tête du fœtus. Je 
recommandai aux élèves de s'abslenir du toucher, 
afin de conserver les membranes jusqu'à dilatation 
complète. Elle l'était à dix heures, et les mem- 
branes s'ouvrirent spontanément. 

On put alors reconnaître la position du foetus : il 
était dans la deuxième du vertex_, et la tête restait 
au détroit supérieur. Elle ne fît que s'j engager 
un peu; bientôt l'utérus se moula sur le corps de 
l'enfant , et cessa d'agir autrement que par cette 
constriclion permanente ; la peau du crâne se tu- 
méfia de plus en plus; le vagin et la vulve se dessé- 
chèrent et s'échauffèrent. Un demi-bain donné pen- 
dant la nuit ne changea rien à l'état des choses. 

Le lendemain (i 5 février), à neuf heures du ma- 
lin , j'appliquai le forceps. 



208 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

Auparavant douze sangsues furent apposées sous 
la mâchoire pour dissiper la céphalalgie dont se 

plaignait M. R , et on la plongea de nouveau 

dans un bain tiède. 

La branche droite fut d'abord glissée derrière 
l'éminence ilio-peclinée gauche. La gauche devait 
pénétrer devant la symphyse sacro-iliaque droite; 
mais la tête, engagée dans le détroit et poussée en 
arrière et à droite parla première branche^ ne per- 
mit point à la dernière de pénétrer de prime-abord : 
cependant ^ au moyen d'une légère inclinaison ea 
avant , cette branche parvint à s'enfoncer quoiqu'un 
peu trop latéralement ; le même mouvement fit ré- 
trograder la branche droite vers le côté gauche du 
bassin , en sorte qu'après leur articulation, les cuil- 
lers avaient saisi la tête du frontal gauche à la région 
mastoïdienne droite: l'examen du fœtusaprèssanais- 
sance nous en fournit la preuve. Malgré celte irrégu- 
larité dans l'application du forceps, elle eut tout le 
succèsqu'on en pouvait désirer. La tête descendit en 
suivant les axes des détroits et de l'excavation , et 
fit bientôt saillir l'anus , le périnée et la vulve. Elle 
était toujours diagonale; j'ôtai donc le forceps : elle 
roula horizontalement comme dans l'accouchement 
naturel , et sortit bientôt de la vulve poussée par 
quelques efforts de la femme. Les branches du for- 
ceps , quoique très-écartées , avaient été peu ser- 
rées ; elles avaient laissé une impression légère sur 
les parties ci-dessus indiquées. L'enfant pesait six 
livres et demie ; il a été facilement ranimé ; mais 



t) E U X I E .1Ï E M E 3Ï O I R t: i 2 OOf 

dans la journée il a eu quelques convulsions : trois 
sangsues au cou l'ont tiré d'affaire , et sa mère l'a 
emporté sain et sauf. 

J'ai parlé ailleurs de la conslriclion permanente, 
mais faible del'ulérus; j'ai dit qu'elle pouvait co- 
exister avec une inertie réelle : on vient d'en avoir 
la preuve. Celte inertie était la cause de l'immobi- 
lité de la léte ; mais elle n'était pas la seule sans 
doute; car une tête bien dirigée dans la 2^ position 
devrait descendre presque spontanément. La hau- 
teur à laquelle était la léte ne permettait pas d'user 
du mouvement en spirale. La première brandie fut 
introduite d'abord sur le côté, puis ramenée le 
plus en devant possible. On a vu que ce dernier 
mouvemeirt avait été bientôt rendu inutile par uns 
rélrogression forcée. 

N° XXXL 

2^ Position. -^^ Forceps pour inertie utérine^ 

Il s'agit ici d'une femme de dix-neuf ans ^ pâle et 
lymphatique , mais bien portante, réglée peu abon- 
damment et sans périodicité depuis sa quatorzième 
année, enceinte pour la deuxième fois et à terme. 

Elle sentit quelques épreintes le 25 septembre à 
six heures du matin .: à huit elle se trouva tout-à- 
coup inondée par la rupture subite des membranes. 
Elle monta sur-le-champ à la salle des accouche* 

ï4 



2lO PRATIQUE DES ACCOUCnEMENS. 

mens et fui soumise à l'examen des e'ièves de ser- 
vice. L'orifice , dirigé en arrière , Irès-épais , mais 
souple, était dilaté de dix à douze lignes. La tête 
du fœtus était au détroit supérieur^ et chaque dou- 
leur la poussant contre l'orifice, suspendait l'écou- 
lement d'eau qui durait encore. L'orifice se diiala 
lentement, et la tête, à deux heures, descendit dans 
l'excavation du bassin. Alors suspension des dou- 
leurs : seulement un brisement insupportable dans 
la région lombaire arrache des plaintes à la femme; 
mais l'utérus est inerte : quelques vomissemens bi- 
lieux ajoutent encore au malaise. 

Le soir _, vers onze heures, la matrice sort de 
son apathie; elle se contracte, et la tête achève 
d'en franchir l'orifice. Pendant la nuit elle descend 
davantage et parait à la vulve au moment des dou- 
leurs les plus fortes. On confirme alors l'existence 
de la seconde position déjà reconnue ^ et on trouve, 
malgré la tumeur, la suture sagittale encore dia- 
gonale. 

Le 26 au matin, nouvelle inertie, soif, malaise 
général, mouvement fébrile du pouls. Le forceps 
était indiqué, il fui appliqué. 

La branche droite fut placée avec les précautions 
ordinaires sous le trou sous*pubien gauche; la gau- 
che sur le ligament sacro-scio tique droit. Les bran- 
ches réunies , je tournai, par un mouvement de 
torsion combiné avec l'élévation des crochets de 
droite en devant , îa concavité des bords du forceps 
vers l'arcade pubienne, et j'y enfonçai i'occipuf. 



DEUXIEME MEMOIRE, 211 

Après cela , des tractions dans l'axe du de'troit in- 
férieur et de la vulve , aidtes de quelques inclinai- 
sons latérales et alternatives, suffirent pour pro- 
duire l'extension et la sortie de la tête. 

Le périnée , bien soutenu, ne reçut qu'un léger 
dommage : le tronc ne sortait pas et il fallut intro- 
duire un doigt pour accrocher l'aisselle, qui restait 
en arrière. En ce moment on oublia de soutenir le 
périnée; la main de l'enfant était voisine de l'é- 
paule, et, au moment où le coude ployé s'échap- 
pait de la vulve, le périnée fut largement échan- 
cré : heureusement l'anus fut inlact. 

L'enfant était livide et pesait huit livres. On. 
laissa saigner quelque temps le cordon ombilical , 
et il fut bientôt ranimé. Beaucoup et eau s'échappa 
après lui, et une hémorrhagie suivit la délivrance : 
elle fut considérable , mais enfin heureusement 
arrêtée. 

L'hémorrhagie est un effet incontestable de l'i- 
nertie qui s'est prolongée après l'accouchement. La 
grande quantité d'eau que contint l'utérus jus- 
qu'au dernier moment pourrait peut - être être 
regardée comme la cause de l'inertie. Cette ques- 
tion sera discutée ailleurs. La lésion du périnée 
mérite quelqu'attention. C'est surtout quand le bras, 
placé en arrière , est ployé et sort en double , que 
l'on a à craindre la rupture secondaire _, pour peu 
surtout que la tête ait déjà endommagé les parties. 
( T'oyez le deuxième Mémoire. ) 



212 PRATIQUE DES ACCOUCllEMENS. 

N" XXXII. 

2* Position. — Forceps. 

Bassin étroit. 

La femme qui fournit le sujet de cette obser- 
vation était dans sa trentième année , faible et lym- 
phatique, mal portante et jadis rachitique^ arrivée 
à la fin de sa première grossesse. 

Le i^' février, à minuit , premières éprein!es : 
trois heures après elle s'achemina versThospice. L'o- 
rifice utérin, épais et dur, n'était dilaté que de cinq à 
six lignes : à peine sentait-on la tête ; mais ce qu'on 
ne sentait que trop bien , c'était la saillie sacro-ver- 
lébrale. Le diamètre antéro-postérieur du détroit 
abdominal fut estimé avoir trois pouces et un quart 
d'étendue. L'orifice resta dur et étroit , la tête 
haute et les membranes tendues jusqu'au 3 février. 
Nul avantage n'était résulté de l'emploi des demi- 
bains. Uxxr'me avait distendu la vessie , et s'écoulait 
de temps à autre sans la volonté de la malade; elle- 
même était brisée de fatigue, et elle vomit plusieurs 
fois des matières visqueuses et verdàtres. 

Vers sept heures du malin (3 février ) , rupture 
des membranes au-dessus de l'oriiice utérin ; éva- 
cuation lente de l'eau de Famnios , sans déplétion 
d'abord remarquable de la poche merabrauçuse. 
Après quelque temps la tête s'engage dans le dé- 
troit supérieur , et on lui reconnaît la deuxième 
position. Vers midi, la dilatation du cercle utero- 



DEUXIÈME MÉMOIRE. 2l5 

vaginal se complète, probablement aux dépens de 
l'iute'grlte' de ses fibres ; car , reste' dur jusqu'alors, 
ce cercle offrit ensuite , en avant , des inégalite's 
sensibles. La tête descendit de plus en plus^ occupa 
l'excavation du bassin , et resta là , retenue par la 
résistance des parties extérieures : elles étaient peu 
dilatables^ sècîies et tuméfiées. ( Un quatrième demi- 
bain. ) Les mouvemens de l'enfant n'étaient plus 
sensibles; le méconium coulait en abondance du 
vagin , et les douleurs avaient disparu : il fallait se 
résoudre à terminer l'accouchement , et j'appliquai 
le forceps à huit heures du soir. 

La branche droite fut conduite sous le trou sous- 
pubien gauche en suivant la spirale ordinaire ; la 
branche gauche fut ensuite glissée devant l'échan- 
cruresciatique droite; toutes deux furent réunies et 
embrassèrent la tête en appuyant sur les pariétaux. 
Je voulus imprimer à la tête la rotation horizontale 
destinée à conduire l'occiput dans l'arcade pubienne; 
mais l'instrument ^ peu serré , céda d'abord seul à 
l'effort de torsion ; ses cuillers devinrent latérales, 
et la tête ne roula qu'imparfaitement : cependant 
son extraction fut des plus faciles. 

L'enfant n'a donné que quelques signes de vie , 
et tous lef; secours qu'on lui a prodigués ont é té 
infructueux : il pesait cinq livres un quart. 

La mère s'est promptemenl relevée, et pourtant 
l'orifice utérin offrait , immédiatement après l'ac- 
couchement , à sa partie antérieure , une longue 
échancrure dont les angles flottaient dans le vagin. 



Uî/j. PRATIQUK DES ACCOUCHEMEINS. 

La faiblesse de l'enfant était assez annoncée par 
la cessation de ses raouvemens appréciables et par 
l'écoulement du méconium ; mais ce n'était point 
là des signes de mort certaine, puisque, après sa 
naissance^ il a donné quelques signes de vie. La lon- 
gueur du travail et la pression de l'utérus ainsi que le 
trouble de la circulation placentale qui en est l'effet 
immédiat , sont les causes non équivoques de la 
mort de l'enfant ; il était violacé et pléthorique; le 
sang a coulé un instant , par jets , du cordon om- 
bilical ; mais toute pulsation a promptement cessé, 
et l'insufflation a été inutile. 

On remarquera la tentative infructueuse que j'ai 
faite pour produire la rotation horizontale par le 
procédé vulgaire : heureusement cela n'a pas eu de 
suites fâcheuses. 

N^ XXXIII. 

2* Position intermédiaire (i"^^ variété, presque 
transversale). — JFoi'ceps pour' faiblesse delà 
mère et itiertie utérine. 

Dégagement irrégulier du tronc. 

La nommée G....t, âgée de vingt-sept ans , pâle, 
faible et mal portante, enceinte de son premier en- 
fant, commença à souffrir le 9 février i82i,verssix 
heures du soir. La télé resta haute et les membranes 
entières pendant toute la nuit et toute la journée 
suivante ; Torifice était peu dilaté et les douleurs 
faibles. Vers le soir du lo parurent de la fièvre^ de 



à 



•DEUXIÈME IMÉ MOIRE. 2l5 

îa soif, de la sécheresse à la peau et de la ce'phal- 
algie. ( Saignée du bras , demi-l^am.) A niimiit, 
rupture des membranes ^ douleurs faibles; la tète 
ne descend pas , elle se tuméfie. L'orifice se dilate 
un peu ; enfin la léle marche lentement , l'orifice 
se dilate davantage , et , à trois heures après midi , 
la tête a presque franchi l'orifice , elle est dans le 
haut de l'excavation pelvienne ,* ou peut en aper- 
cevoir la surface en écartant , pendant la douleur , 
les parois du vagin. La fièvre redouble avec la 
lassitude , les progrès cessent ; un bain ne produit 
aucun effet ; le forceps est déclaré nécessaire. 

Auparavant je m'assure de la position : je sens 
une suture, presque perpendiculaire au pubis droit, 
se réunir vers le centre du bassin à une autre quiest 
presque transversale , et se porte vers la partie pos- 
térieure de l'iiium droit. Elles me paraissent êlrejes 
deux branches de la suture lambdoïde ; leur point 
de réunion, la fontanelle postérieure , est caché pac 
la tumeur. Je prononce pour la deuxième position. 

Eu conséquence, la branche droite est introduite 
la première jusque vers le trou ovalaire gauche; 
l'autre est placée à droite ; mais elle ne peut s'en- 
foncer en arrière , et reste sur le coté. Le mou- 
vement d'a,rliculation fait rétrograder la première, 
et les voilà toutes deux latérales. Cependant on tire, 
et la tête avance rapidement ; on élève les cro- 
chets , et la vulve est dilatée , le périnée distendu : 
alors on ôle l'instrument , et peu après la tête sort 
en exécutant sa rotation ordinaire. 



3l6 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

Au lien de se tourner à gauche, la face se tourna 
d'abord à droite _, puis en avant , et le tronc sortît 
en exécutant ainsi ua demi-tour en pas de vis. 

L'enfant vivait; il ëlait pléthorique, violacé, 
lïiou et chaud ; ses yeux étaient fort saillaus^ et le 
soleil qui , par hasard ;, donnait sur eux , faisait voir 
sur l'iris des vaisseaux capillaires nombreux , et 
pleins de sang d'un rouge vif. O72 laissa saigner le 
cordon ; mais comme il donnait peu de sang , on 
appliqua quatre 5<7/7g^5W<?5 médiocres sous les angles 
de la mâchoire. Rétablissement prompt et facile et 
disparition de la turgescence des yeux. L'enfant 
portait une grosse tumeur sur la région occipito- 
parjétale gauche; il avait l'impression d'une cuiller 
sur le haut du frontal gauche , et l'autre derrière 
roreiile droite. Tout cela prouvait assez qu'il s'était 
présenté dans la deuxième position , mais un peu 
entravers. La sortie irrégulière du tronc indique, 
ce me semble , qu'il n'était pas dirigé comme la 
tête : eJait-ce là la cause du relard du travail ? 

La tnère a été bientôt délivrée ; la fièvre a per-^ 
sisté quelques jouirs _, mais sans suites funestes. 

N° XXXI.V. 

2^ Position imparfaite (2'' variété intermédiaire-). 
Forceps. 

Lne femme faible . el lymplialique, , âgée de 
Irente-huit ans, réglée abondamment cinq jours 
chaque mois depuis l'âge de dix ans et demi , était 



DEUXIÈ3IE MEMOIRE. 217 

grosse de huit mois lorsqu'elle ressentit des dou- 
leurs fixes dans la région lombaire droite : bientôt 
après les membres abdominaux s'œdématièreut. 
C'était sa première grossesse , et elle était peu éloi- 
gnée du terme quand elle entra à la maison d'ac- 
couchement. 

Le 24 mars i8i i , à trois heures du matin , pre- 
mières douleurs puerpérales , orifice ouvert de cinq 
à six lignes , mince et souple , membranes tendues, 
léle du fœtus mobile et difficilement sentie, contrac- 
tions rares et faibles, obliquité à droite ; en consé- 
quence décubitus à gauche ordonné et exécuté. 

Douleurs faibles tout le jour. A sept heures du 
soir, ouverture spontanée des membranes; l'utérus 
-est ouvert d'environ deux pouces : écoulement de 
l'eau. La tête ne descend pasj l'orifice semble se 
resserrer i mais sa mollesse indique qail reste dila^ 
iahle , et que le défaut de point d'appui est la seule 
cause de ce resserrement apparent. 

Le 25 , à trois heures du matin , la main droite 
introduite pour reconnaître si quelqu'obstacle 
n'arrêtait pas les progrès àw. travail et ne donnait 
pas lieu par sa résistance à l'inertie de l'utérus ; 
la main droite, dis -je, trouve la , tête tellement 
placée que l'occiput appuie sur le corps du pubis 
droit, et que la fontanelle antérieure répond vers 
î'échancrure gauche de la base du sacrum. La posi- 
tion se rapprochait de la troisième de Baudelocque. 
]'^lait-ce là la cause de la lenteur du travail? Le 
bassin était si ample que je ne puis le croire. La foa- 



2l8 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

tanelle antérieure était peut-être un peu trop basse. 
Quel que fut l'obstacle, l'indication nen était pas 
moins la même. L'évacuation de l'eau ne permettait 
pas de tenter la version , il fallait recourir au forceps. 

L'application en fut simple et commença par l'in- 
troduction de la branche droite. La tête , en s'en- 
fbncant dans l'excavation, devint tout-à-fait longi- 
ludinale, et l'occiput entra dans l'arcade pubienne ; 
peu après j ôlai l'instrument, suivant mon habi- 
tude , et la tête dilata et franchit en peu d'instansles 
erganes génitaux externes, etc. 

L'enfant pesait sept livres : c'était une fille. La 
mère n'a eu, dans ses couches, d'autre indisposition 
qu'un embarras gastrique que le vomitif a dissipé. 

La position dont je parle ici passa, parmi les 
élèves , pour une troisième de Baudelocque. La 
description que j'en ai donnée est le résultat d'un 
examen très-attentif et qui ne m'a laissé aucune 
incertitude. La facilité avec laquelle le forceps a fait 
descendre la tête m'a prouvé que la position n'était 
pas un obstacle aux progrès du travail; d'une autre 
part, les douleurs, quoique faibles , auraient sulïi 
dans biendes cas. L'orifice ne pouvait être considéré 
comme retenant la tête par sa conslriction , puisque 
ma main le dilata sans peine en allant à la décou- 
verte. L'obliquité n'existait plus. Quelle était donc 
la cause de la lenteur et de la suspension du travail ? 
Il y avait, certes , quelque chose de plus que la fai- 
blesse de la matrice. 



DEUXIÈME MEMOIRE. aiQ 

N° XXXV. 

2* PoSlTIOiNr DEVENUE TRANSVERSALE. PorcepS, 

Chez la nommée Henriette L...al, l'emploi du 
forceps fut nécessité par le retard qu'amena dans le 
travail un mécanisme irrégulier. 

Celle femme resta trente heures en travail. 
L'enfant avait d'abord présenté la tête dans la 
deuxième position ; elle descendit ainsi jusqu'au bas 
de l'excavation; et là, au lieu de tourner vers le 
sacrum son extrémité frontale , elle la tourna vers 
l'ischium gauche ; l'occiput se plaça nécessairement 
vis-à-vis l'ischium droit. A quoi attribuer cette irrë- 
t,ndarité? Y avait-il une disposition vicieuse du bas- 
sin? Chaque ischium déjeté en dehors offrait -il un 
plan incliné différent des plans ordinaires? L'écar- 
temeut considérable de ces deux os, estimé à quatre 
pouces trois quarts, semble autoriser celle conjec- 
ture. 

Quoi qu'il en soit , le tête arrivée là resta immo- 
bile : seulement l'extrémité occipito-pariétale des- 
cendit un peu plus que la frontale; le périnée bom- 
bait fortement. Malgré l'état avancé des choses , 
l'utérus s'affaiblit et cessa de se contracter ; il fallut 
terminer l'accouchement : j'y employai le forceps. 

Je commençai par glissersous les pubis la branche 
droite; puis je plaçai assez facilement la gauche dans 
la courbure du sacrom : j'essayai ensuite de (^omner 



220 PRATIQUE DES ACCOUCIIEMENS. 

l'occiput en avant; mais, pour opérer avec quelque 
succès la rotation indiquée en pareil cas, il nie fallut 
tirer en même temps, et en même temps élever les 
crochets du forceps. De tout cela résulta un mouve- 
ment mixte qui dégagea la tête au moment où l'oc- 
ciput , passant sous la branche ischio - pubienne 
droite , entrait dans l'arcade. 

L'enfant était du sexe féminin et du poids de six 
livres un quart ; il a vécu au moyen de quelques 
secours. 

La mère a eu au sixième jour une fièvre gastri- 
que , et dans sa convalescence un œdème consi- 
dérable du membre inférieur gauche. Cette ma- 
ladie a été traitée à l'iiospice et guérie en quelques 
semaines. 

Je ne donne que comme pure hypothèse l'expli- 
cation de cette irrégularité, en l'attribuant à l'écar- 
tement des ischiums. Bien des bassins offrent sans 
doute une pareille étendue entre ces deux portions 
osseuses sans que le même effet en résulte; d'autres 
fois j'ai vu le même effet se produire sans aucune 
disposition particulière : d'ailleurs, le diamètre bis- 
ischiatique est un des plus difficiles à mesurer sur le 
vivant, à cause de l'épaisseur des parties molles, à 
cause de l'épaisseur des tubérosités , et à cause de 
leur direction oblique. Ces réflexions rendent bien 
douteuse toute explication qui serait fondée sur 
un peu plus ou un peu moins d'étendue dans ce dia- 
mètre. 



DEUXIÈME MÉMOIRE. 221 

N" XXXVÏ. 

2" Position. — Forceps pour itieriie. 

Sortie presque sans rotation. 

Le sujet de celte observation est une femme san- 
guine et forte, réglée depuis l'âge de quinze ans, 
quatre jours chaque mois. C'était sa troisième gros- 
sesse , et elle était à terme. 

Le 8 jauvier iS..^ à une heure du matin, pre- 
mières douleurs puerpérales; à quatre heures elle 
arrive à Ihospice. Quinze à dix-huit lignes de di- 
latation , orifice épais et un peu rigide , membranes 
rompues , têle au-dessus du détroit supérieur, dou- 
leurs faibles et rares. 

A dix heures la tête descend dans l'excavation ; 
elle est tuméfiée : cependant on reconnaît la 2^ po- 
sition. Dès ce momfent _, suspension apparente du 
travail, céphalalgie. {Saignée dubras, bain de siège.) 

A deux heures nul changement; il faut en venir 
à l'emploi du forceps. 

Je commençai par la branche droite ; elle marcha 
obliquement jusque derrière la cavité cotyloïde 
gauche ; l'autre resta devant l'échancrure sciatique 
droite. En les réunissant elles se réduisirent presque 
sur les côtés du bassin. Je crus d'abord que la tête 
avait tourné avec elles. Le toucher était gêné par leur 
présence, et ne put me détromper alors. Je tirai 
donc sans rotation , sans torsion , en suivant les di- 



222 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

reclions connues des axes de l'excavation , du dé- 
troit infe'rieur et de la vulve. En tirant , les branches 
de l'instrument achevèrent de devenir latérales ; la 
tête avança quoiqu'avec peine ; bientôt elle fît saillir 
fortement le périnée , puis elle sortit brusquement 
avant que j'eusse le temps d'ôler le forceps , et nous 
vîmes que le front était resté en arrière et à gauche, 
et l'occiput en avant et à droite. Peut-être pendant 
l'extraction avait-elle tourné un peu tandis que les 
branches devenaient loul-à-fait latérales; mais certes 
l'instrument seul s'était mu pendant l'articulation de 
ses branches. Le péri née, ramolli par les couches pré- 
cédentes et d'ailleurs bien soutenu , ne reçut aucun 
dommage. L'enfant était pourtant fort gros; il pe- 
sait près de huit livres; il était fort et vigoureux. 
Délivrance et suites heureuses. 

Si celle femme n'avait déjà eu d'autres enfans, 
la disposition diagonale de la tête au détroit infé- 
rieur aurait présenté des obstacles bien plus mani- 
festes : c'est alors qu'il eût été utile d'ùter le forceps. 
Il est indubitable que la tête, retenue seulement par 
les parties molles , aurait exécuté sa rotation hori- 
zontale, et qu'elle serait sortie comme dans l'ac- 
couchement le plus naturel , pour peu que la femme 
eût conservé de vigueur et l'utérus d'énergie. 



DEUXIEME MEJVOIRE. 22'j 

N« XXXVII. 

2*PosiT. INCLINÉE, (pariétal gauche ). — Forceps. 

Ètroitesse du bassin. 

Dans l'année i8i5 on nous apporta de Passy une 
femme petite et contrefaite , en travail depuis trente- 
six heures. Elle e'tait déjà accouchée une fois spon- 
tanément : cependant le bassin paraissait resserré. 
Les membranes étaient rompues depuis dix heures. 

Il existait une obliquité antérieure très-considé- 
rable^ et notre premier soin fut de la corriger. 

Le loucher ne nous faisait sentir qu'une tumeur 
molle , mais rénitente. En portant deux doigts dans 
le vagin, je pus sentir , derrière le haut du pubis 
gauche, le bord d'une oreille , et en introduisant la 
main plus avant je sentis la face en arrière et à 
gauche ; enfin je pus sentir la suture sagittale sur 
l'angle sacro-vertébral. Tout cela m'indiquait que 
la tête était inclinée de manière à présenter le pa- 
riétal gauche au centre du détroit supérieur. C'était 
l'oreille gauche que j'avais sentie. 

En conséquence , j'appliquai sur-le-champ les 
branches du forceps sitr les côtés du bassin. La tête 
éla'ii presque transversale , en sorte qu'elle se trouva 
prise du frontal gauche à la suture lambdoide 
droite. Elle descendit avec assez de facilité , et en 
descendant se redressa de manière que la suture 
sagittale se rapprocha de l'aire du détroit iuférieur. 



224 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

Je ne laissai pas d'agir malgré ce changement, et 
je tirai jusqu'à ce que le crâne fût engagé dans le 
détroit même : alors j'ôtai l'instrument ; la rotation 
et l'extension s'opérèrent seules en deux douleurs, 
et la tête sortit. 11 fallut aider à l'expulsion du tronc. 

L'enfant pesait sept livres. Le frontal droit avait 
été contus par l'angle sacro-vertébral. Une épaisse 
tumeur sanguine recouvrait le pariétal et le tem- 
poral gauches. 

L'enfant n'a donné que quelques signes de vie. 

La mère a eu une fièvre inflammatoire dont 
une saignée l'a guérie. 

C'est bien évidemment la difformité du bassin 
qui , conjointement avec l'obliquité de la matrice , 
a altéré la position et a déterminé l'inclinaison de 
la tète ; c'est cette inclinaison qui empêchait la tête 
de descendre. On voit ici un exemple nouveau de 
la facilité de l'application latérale des branches du 
forceps et de ses avantages en pareils cas ; on voit 
qu'elle a permis le redressement de la tête , et 
qu'elle a fourni une prise aussi solide qu'aurait pu 
faire une application anléro-poslérieure , laquelle 
aurait été ici impraticable , à cause de l'inclinaison 
de la tète et de la déformation du bassin. 



DEUXIÈME MÉMOiRïi 225 

N*^ XXXVIII. 

4*" Position (3^ de ma cl. ). — Forceps pour inertie. 
Tête dans V excavation. 

La femme qui nous occupe ici e'tait âgée de 
trente ans, d'un tempérament lymphatique , mais 
habituellement d'une assez bonne santé. 

Vers le cinquième mois de sa grossesse actuelle, 
qui était la deuxième^ un effort musculaire lui occa- 
siona une hernie crurale qu'elle maintint réduite au 
moyen d'un brayer. Admise à l'hospice dans le mois 
d'août , elle était grosse de six mois, et fut employée 
aux menus travaux de la cuisine de la maison : elle y 
resta jusqu'à la révolution du neuvième mois. 

Dans la nuit du 27 au 28 novembre ^ elle vint à 
la salle d'accouchement, inondée des eaux de l'am- 
nios, dont la rupture venait de s'opérer après quel- 
<jues douleurs. L'orih'ce n'avait que quelques lignes 
d'ouverture, mais sa souplesse annonçait qu'il en 
avait' eu davantage et qu'il s'était réduit faute de 
soutien : la tète était fort haute et difficile à toucher. 
Elle descendit un peu dans la matinée et permit de 
(«distinguer la fontanelle antérieure derrière la ca- 
vité QOlyldidiQ gauche. A dix heures du maliu une 
^nlfaction yigoureuse poussa la tête dans le vagin 
jeVdans l'excavalion du bassin, et alors les douleurs 
s'arrêtèrent et la tête resta là. Déjà,dat1$ l'inter- 
valle des douleurs , la femme avait eu quelques 

15' 



220 PRATIQUE DES ACCOUCHEMËNS. 

vomissemens de matières verdâtres : ils continuè- 
rent dans la journe'e et affaiblirent singulièrement 
la malade. 

Vers minuit , l'immobilité de la tête décida l'ap- 
plication du forceps. La position était alors mé- 
connaissable à cause de la tuméfaction ; mais on 
avait reconnu le matin la quatrième ; il fallait donc 
introduire la branche gauche la première et la pla- 
cer sous le trou ovalaire droit , glisser au contraire 
la droite sur l'échancrure sciatique gauche : c'est 
ce qui fut fait. Mais avant d'en venir à cette opé- 
ration , je voulus donner aux élèves une preuve de 
l'inutilité des tentatives dirigées vers la rotation de 
la tête : j'empoignai cette dernière avec la main 
droite , les doigts sur son côté droit , le pouce der- 
rière l'oreille gauche , et je cherchai sans fruit à 
ramener le front derrière les pubis. J'en vins donc à 
l'application du forceps. Placées ainsi qu'il a été dit, 
les branches avaient leur bord concave tourné vers 
la face ; par un mouvement de torsion peu étendu 
mais assez énergique , je ramenai à la fois derrière 
les pubis et le bord concave des cuillers et le front 
du fœtus , opérant ainsi avec l'instrument ce que la 
main n'avait pu faire. Cela fait , quelques tractions 
directes entraînèrent la tête un peu plus bas , puis 
l'élévation des crochets du forceps combinée avec 
des tractions prudentes _, fît parcourir à l'occiput le 
sacrum et le périnée qu'il distendait violemment : 
bientôt il se dégagea au-devant de la fourchette, 
et celle-ci se releva intacte sur la nuqUe du fa>tus. 



J 



t) £ U X 1 È M Ë AI E M O 1 R E. i2 2 ^ 

Le périnée avait été vigoureusement soutenu par 
trois mains appliquées les unes sur les autres. 

J'ôtai 1 instrument , et il me suffit d'appuyer avec 
deux doigts sur le haut du front pour pousser la 
tête en arrière et dégager la face sous l'arcade pu- 
bienne. Pendant ce temps, l'occiput se renversait 
et appuyait sur l'anus de la mère. 

La tête sortie tourna sa'face antérieure vers l'aîné 
droite ; les épaules s'engagèrent et sortirent , la 
gauche en avant et la droite en arrière. L'aisselle 
droite fut saisie avec l'indicateur ployé en crochet 
et servit à achever l'extraction du tronc. L'enfant 
respirait. Quelques instans après sa naissance et la 
ligature du cordon , il parut violacé et eut quelques 
mouvemens convulsifs. Deux sangsues appliquées 
au cou n'empêchèrent pas les accidens de continuer, 
et l'enfant périt !e soir même. 

La mère fut délivrée sans peine ; sa hernie fut 
bien réduite , et son bandage assujetti. Les vomis- 
semens et la fièvre continuèrent, le délire et la 
diarrhée s'y joignirent , et malgré les anti-spasmo- 
diques , les caïmans , les adoucissans , les dérivatifs 
et lesévacuanSjla malade mourut le troisième jour. 
On trouva un engorgement remarquable des 
vaisseaux du cerveau et de ses membranes. 

La face supérieure du diaphragme et le médias- 
lin étaient parsemés d'ecchymoses, le péritoine et 
les plèvres fort rouges et mouillés d'une sérosité 
trouble. 

Les symphyses du bassin étaient tellement mo- 



228 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

biles, que l'elëvalioii d'une cuisse suffisait pour mou- 
voir les pubis 1 un sur Tautre. 

Les suites fâcheuses de cet accouchement doivent, 
pour l'enfant comme pour la mère, être attribuées 
eu grande partie à la longueur du travail. Sans doute 
nous eussions pu opérer plus tôt ; mais l'espérance 
d'une terminaison spontanée nous a long-temps re- 
tenus. Ce n'est pas une chose indifférente qu'une 
application du forceps , et l'on ne doit point s'y dé- 
cider à la légère, et pour des craintes vagues et 
fondées sur des probabilités très-douteuses. 

N° XXXIX. 

4*^ Position ( 3^ ). — Forceps. 

Il s'agit ici d'une femme de vingt-huit ans , ro- 
buste , quoique molle et lymphatique , réglée de- 
puis l'âge de seize ans, trois jours chaque mois, 
et parvenue au neuvième mois de sa première gros- 
sesse. 

Elle ressentit les premières douleurs le 12 avril , 
à quatre heures du malin , et monta sur-le-champ 
à la salle des accouchemeus. 

Le col de l'utérus avait encore quelque longueur: 
cependant il s écoulait des matières glaireuses et 
sanguinolentes. 

Pendant le jour et une partie de la nuit , douleurs 
faibles ; elles deviennent plus fortes et plus rap- 



DEUXIÈME MEMOlRrr 22g 

proche'es à deux heures du matin (i5 avril). L'ori- 
fice , fort en arrière et très-haut, a dix ou douze lignes 
de diamètre; ses bords sont e'pais et rigides ; la tête 
s'avance dans une position inconnue. A quatre heu- 
res du soir les douleurs faiblissent ; l'orifice , tou- 
jours dur , n'a guère que vingt lignes ; les organes 
génitaux externes sont étroits et peu dilatables (i?e- 
mi-bain tiède et une demi-heure). La tête était tou- 
jours au détroit supérieur ; elle offrait les caractères 
de la première et de la quatrième position ; car la 
suture sagittale étailla seule sensible; les membranes 
venaient de se rompre et permettaient cette appré- 
ciation imparfaite. J'attendis près d'une heure en- 
tière : point de douleurs , point de progrès , point 
de tumeur à la tête. Le bassin était large, et je 
préférai le forceps à la version. 

Il aurait fallu l'appliquer diagonalement par rap- 
port au bassin : il fut impossible d'y parvenir : on 
introduisait une branche au lieu convenable _, mais 
l'autre ne pouvait plus se mettre en rapport avec 
elle. Après bien des essais , il fallut s'en tenir à l'in- 
troduction latérale ; suivirent des tractions en bas : 
elles amenèrent la tête dans l'excavation ; on les 
dirigea en avant et elles l'amenèrent à la vulve, tou- 
jours oblique et saisie du frontal droit à la région 
mast<»ïdienne gauche, ainsi que le prouvèrent les 
traces de l'instrument. 

Les branches retirées dans la dernière période 
permirent à la tête de tourner sa longueur parallè- 
lement à celle de la vulve et de sortir par le mou-* 



200 l'RATiqtE DES ACCOUCIÎEMENS. 

vement ordinaire, sous l'influence des muscles ab- 
dominaux. 

L'eufant, du sexe masculin et du poids de sept 
livres , est né récemment mort. 

Les suites de couches ont été fort simples, à Tex- 
ceplion d'une vive douleur dans le trajet du nerf 
sciatique gauche : elle fît place à une toute sem- 
blable dans le bras du même côté. La mobilité de 
cette douleur et le gonflement du poignet , qui l'ac- 
compagna , décélèrent assez son caractère rhuma- 
tismal. 

Les douleurs dans le trajet des nerfs sciatiques , 
comme aussi dans celui des sous-pubiens, ne sont pas 
très-rares après l'accouchement, et le plus souvent 
elles n'ont rien de rhumatismal. On sait que les 
nerfs comprimés par la lête donnent lieu , pendant 
laccouchement , à des crampes , etc. Eh bien 1 
quand la compression a été un peu forte , elle laisse 
le nerf dans un état d'engorgement et d'inflamma- 
tion qui dure de huit à quinze jours et même plus , 
et qui quelquefois produit des abcès plus ou moins 
étendus. Ces douleurs guérissent par l'emploi des 
anti-phlogistiques et des résolutifs. 



DEUXIÈME MÉMOIREr 25 1 

N» XL. 

4® Position , réduite spontanément a la 
DEUXIÈME. — Forceps* 

4 

La nommée C ne, femme assez forte , âgée 

de vingt-cinq ans , était parvenue au terme de sa 
première grossesse. Le 26 juillet 1820, elle com- 
mença à souffrir; les membranes se rompirent bien*» 
tôt et la tête resta au détroit supérieur ; elle paraissait 
être dans la quatrième position ; la fontanelle anté- 
rieure, reconnaissable à sa grandeur et à ses quatre 
angles, occupait presque le centre du bassin ; l'uté- 
rus était fortement incliné à.gauche , et l'orifice un 
peu dévié à droite. 

Les douleurs s'affaiblirent un peu , mais conti- 
nuèrent néanmoins. Le 27 au matin , la dilatation 
était complète et les tégumens du crâne tuméfiés. 
Dans l'après-midi , la tête descendit dans le bassin, 
et resta immobile dans l'excavation après avoir 
franchi l'orifice. Vainement mit-on la femme sur le 
bord du lit et chercha-t-on à exciter les douleurs ; 
la tête restait à un pouce environ de la vulve; la 
femme souffrait beaucoup et avait de la fièvre : le 
forceps me parut indiqué. 

L application en fut faite en ma présence par 
mademoiselle Hucherard , élève principale de réta- 
blissement. La branche droite entra la première 
avec facilité ; la gauche entra moins facilement ; il 
fallut eu baisser beaucoup le crochet, et elle resta 



3J2 PRATIQUE DES ACCOUCIIEMENS. 

un peu en arrière; mais le mouvement d'articula- 
tion la mit lout-à-fait sur le côté du bassin. Nous 
e'tions trop peu sûres de la position pour modifier 
davantage l'application de l'instrument. Les trac- 
tions furent dirigées successivement selon l'axe du 
détroit supérieur, puis selon celui de 1 inférieur, en 
passant graduellement d'une direction à l'autre. 

La tête , en approchant de la vulve , avança avec 
tant de promptitude que je n'eus le temps d'extraire 
que la branche droite. Le périnée, quoique bien sou- 
^ tenu , fut endommagé assez largement; il n'en ré- 

sulta d'autre inconvénientqu'une cuisson tolérable et 
qui dura cinq à six jours. La face sortit en arrière et 
à gauche (2^ position). Les épaules retinrent un ins- 
tant le tronc ; elles sortirent , la gauche en avant et 
îa droite en arrière. Délivrance promple et facile; 
diminution de la fièvre et des douleurs peu d'heures 
après l'accouchement ; moiteur à la peau. Dans la 
îiuit, sommeil troublé par des douleurs abdomi- 
nales. 28 matin , idem (Saignée de trois palettes , 
mixture purgative ). Rétablissement prompt. 

L'enfant pesait sept livres et demie; il était par 
conséquent fort gros; il a crié en naissant et n'a eu 
besoin que des secours ordinaires. 

La tête, assez molle , était presque globuleuse, 
et le diamètre antéro-postérieur peu considérable. 
La fontanelle antérieure était couverte d'une tu- 
meur qui s'étendait un peu plus sur le frontal gau- 
che que sur le droit; elle était même un peu excoriée 
sur le haut du frontal gauche. Sur ce même os était 



DEUXIÈME MÉMOIRE. 235 

l'impression d'une branche du forceps, dont l'exlrë- 
mité était distante du sourcil de trois ligues envi- 
ron. Derrière la tête on voyait un peu de rougeur, 
mais rien de distinct. 

Ce que l'on avait senti de prime-abord ( fonta^- 
nelle antérieure au centre), la situation de la tumeur 
et la manière dont sortirent les épaules; tout cela 
indique bien que la tête avait d'abord été placée dans 
la quatrième position. Cependant je ne voudrais pas 
affirmer bien positivement que la deuxième position 
n'existait pas d'abord : je donne mes raisons : c'est 
au lecteur à les apprécier. M. Dubois ne croit point 
à ces grands changemens spontanés , et tous les cas 
qu'on en cite lui paraissent autant d'erreurs dans le 
diagnostic. J'avoue qu'il peut souvent avoir raison; 
mais j'ai eu sous les yeux des faits indubitables, 
comme on peut le voir dans les premiers numéros : 
ce sont ceux où j'ai suivi du doigt appliqué sur une 
fontanelle le mouvement rotatoire de la tête. 
Ceux-là n'auraient laissé aucun doute à M. Dubois 
lui-même. Un pareil examen demande de la pa- 
tience ; mais c'est la preuve la plus péremptoire. 

L'impression du forceps, la manière dont est 
sortie la tête ne laissent aucun doute qu'elle ne se 
fut réduite à la deuxième , sans doute en descen- 
dant lentement dans l'excavation ; ou du moins 
qu'elle ne fût devenue intermédiaire et transversale. 

L mipossibilité de s'assurer en dernier lieu de 
celte position nous força d'appliquer le forceps sans 



234 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

ëfi^ard pour la tête : on voit que cela n'a pas mal 
réussi : la tête est descendue aisément^ et le forceps 
n'a point porté sur une partie essentielle de la face : 
sans doute la forme globuleuse qu'a prise la tête ;l 
contribué à celte facilité; mais cette forme, n'est-ce 
pas le forceps qui la lui a donnée ? 

Il nous reste encore une circonstance à expliquer, 
c'est la difficulté de l'introduction de la branche gau- 
che : elle était due à la saillie sacro-vertébrale contre 
laquelle la tête pressée par la branche droite re- 
poussait l'extrémité de la cuiller gauche : aussi, en 
baissant fortement le crochet, avons-nous donné à 
cette cuiller une direction qui lui a fait éviter cet ob- 
stacle. Peut-être pourrait-on croire, d'après cela, 
qu'il y avait un peu d'élroitesse dans le bassin ; je 
n'ai pas eu alors la pensée de m'en assurer : cependant 
il faut se rappeler que celte femme avait déjà eu 
un accouchement des plus naturels. 

N° XLI. 

4* Position (5') deve:vue tkansversale. — 
Rotation insolite. 

Forceps pour suspension de travail. 

Une femme âgée de vingt-cinq ans , sanguine et 
bien musclée , réglée depuis l'âge de treize ans , 
sept jours chaque mois , étail aux derniers temps 
de sa première grossesse. 

Elle se présenta à la salle des accouchemeos le 



DEUXIÈME MÉMOIRE. 235 

18 janvier 1817, à trois heures du matin , e'prou- 
vant les premières douleurs de l'enfantement. L'u- 
tërus se durcissait évidemment à chaque douleur , 
et le contact du ventre suffisait pour en coavaincre. 
L'orifice , situé fort en arrière , était ouvert de 
dix-huit lignes , épais et dur à ses bords; les mem- 
branes étaient entières , et formaient une saillie 
globuleuse et tendue. La tête était au-dessus du 
détroit supérieur , dans une position impossible 
pour lors à déterminer. Le rectum _, plein de ma- 
tières fécales , saillait dans le vagin ; l'utérus pen- 
chait en avant. (^Décubiius en supination ; lave- 
ment ; touche?' défendu , de peur de rompre les 
membranes. ) 

Jusqu'à six heures du soir les douleurs furent 
fortes et soutenues, et pourtant l'orilîce toujours 
rigide et épais. La rupture spontanée des mem- 
branes mit à même de sentir la tête à nu. Je re- 
connus la fontanelle postérieure à droite et en 
arrière. ( Saignée du bras , demi-hain. ) 

Pendant la nuit, continuation des douleurs ; 
la dilatation s'achève. A trois heures du malin 
( 19 janvier ) , la tête franchit l'orifice et en 
même temps exécute un petit mouvement de ro- 
tation tendant à porter le front en arrière et l'oc- 
ciput en avant : le premier s'arrête sur l'ischium 
gauche , le deuxième un peu plus bas sur l'ischium 
droit ; la suture sagittale traverse le bassin d'un 
coté à l'autre ; l'oreille gauche se laisse sentir der- 
rière la symphyse pubienne. 



336 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

Malgré la force des contractions de la matrice, 
la télé resta immobile. En vain je tentai d'achever 
la rotation j soit avec deux doigts de chaque main 
appuyés sur des régions opposées , soit avec une 
seule main , saisissant la tête entre le pouce et les 
autres doigts. 

Toute la journée la tête resta là. Vers le soir , 
l'hypogastre était soulevé par une tumeur : ce 
devait être la ves^ie. On sonda sans beaucoup de 
peine, et il nesoitit pas une goutte d'urine. Peu 
après la luineur disparut comme elle était venue , 
c'est-à-dire , sans cause connue. 

A cinq heures les contractions utérines avaient 
totalenserit cessé, et j'appliquai le forceps. Pour 
agir suivant l'indication , il fallait l'appliquer de 
manière à réduire celte position transversale à la 
deuxième du verlex : en cotiséquence la branche 
droite entra la première, et , par le mouvement 
spiial , tant de fois décrit , passa d'arrière en 
avant et de bas en haut, entre le front et l'is- 
chium , pour se placer entre les pubis et le pa- 
riétal gauche. La branche gauche entra directe- 
ment dans la courbure du sacrum , et , après quel- 
ques tâlonnemens nécessités par l'obstacle que lui 
opposait la saillie sacro-vertébrale , elle fut placée 
sur le pariétal droit, puis articulée avec la précé- 
dente , de manière que la concavité de leurs bords 
regardait à droite du bassin. 

Un mouvement de torsion lente et mesurée 
conduisit le front dans la courbure du sacrum, et 



DEUXIÈME MÉMOIRE. 2^7 

l'occiput dans l'arcade ; par le même mouvement 
le bord concave du forceps se tourna en avant. Le 
reste de l'extraction fut simple. La sortie du pla- 
centa fut spontanée. L'enfant pesait six livres j il 
était très-bien portant , quoique soumis , depuis 
vingt-quatre heures , à la pression de l'utërus. 

C'est une cbose remarquable que la résistance 
et la vigueur de certains enfans. On les voit naître 
irès-vigoureux après un accouchement long et pé- 
nible, et qui a exigé des tiraillemens sur les pieds , 
le tronc et le col. Il en est d'autres, au contraire, 
qui périssent au moindre effort , et pour peu que 
l'utérus reste contracté sur eux. 

Je ne parle pas de la tumeur de l'hypogastre. 
Qu'en pourrais- je dire ? Devine qui pourra sa na- 
ture, et explique qui voudra son apparition et sa 
disparition spontanée. Deux réflexions plus impor- 
tantes me sont suggérées , i°. par la rotation inso- 
lite de la télé , 2**. par son immobilité. 

1°. Celle rotation , qui , comme nous l'avons 
déjà vu , est quelquefois plus considérable encore, 
donne un démenti formel à la théorie du méca- 
nisme ordinaire. Comment ces plans inclinés, si 
aples à conduire le front et l'occiput dans le sa- 
crum et dans l'arcade par un mouvement court et 
facile , comment peuvent-ils dans certains cas occa- 
sionerun mouvement tout contraire , el un mouve- 
ment très-étendu, un mouvement toujours difficile, 
parce qu'il tord le col de l'enfant? J'insiste sur celle 



258 PRATIQUE DES ACCOUCIIEMENS; 

insuffisance de la théorie, afin d'accoutumer les élè- 
ves à la soumettre à la pratique , et à ne lui donner 
que sa valeur réelle. 

Je connais toute l'utilité d'une bonne théorie ; 
je sais qu'elle facilite l'élude ; je sais que c'est en 
partie sur cet avantage qu'est fondée Futilité de 
l'ouvrage deBaudelocque; mais quand les faits se 
présentent avec un aspect et une réalité contra- 
dictoires à la théorie , il faut savoir abandonner 
cette dernière , sinon comme nuisible, au moins 
comme inutile et embarrassante. 

2*>. L'immobilité de la tête au milieu de son 
mouvement rotatoire n'est pas moins remarquable : 
c'eût été là encore un cas d'enclavement. J'attribue 
cette immobilité à M horizontalité de la tête , si on 
peut parler ainsi: les deux fontanelles étaient pres- 
qu'à la même hauteur , et la tête offrait au bassin 
le diamètre occipito-frontal. C'en était assez pour 
rendre la rotation difficile ; mes doigts même 
étaient trop faibles pour l'opérer; le forceps l'a exé- 
cutée aisément. L'application de cet instrument a 
été ici simple et facile , parce que la tête était basse : 
il n'en eût pas été ainsi si elle eût été au détroit 
supérieur. 



DEUXIÈME MÉMOIRE. 239 

N» XLir. 

4" Position ( 5* ). — Forceps. 
Tête haute. 

La femme qui fait le sujet de celte observation 
e'tait faible et lymphatique , irrégulièrement mens- 
Iruëe depuis l'âge de seize ans j enceinte pour la 
première fois et à terme. La gestation avait été pé- 
nible et compliquée d'incommodités diverses. 

Elle arriva le 12 octobre 1811 malin, souffrant 
depuis quelques heures. L'orifice utérin était ou- 
vert de cinq à six lignes ; son contour était épais et 
dur ; la tête était difficilement sentie. Les mem- 
branes bombaient fortement : on s'abstint du tou- 
cher pour éviter de les rompre. 

Toute la journée , contractions faibles et rares , 
peu de progrès dans la dilatation , et point du tout 
dans la marche de la tête. A minuit , rupture des 
membranes ; la têle s'applique sur le détroit supé- 
rieur et devient plus accessible; la fontanelle anté- 
rieure est sentie vers l'éminence ilio-peclinée gau- 
che ; la suture sagittale se porte de cet endroit vers 
la partie droite et postérieure de la périphérie du 
bassin ; la fontanelle postérieure est plus basse que 
1 antérieure. 

Des-îors , contractions énergiques jusqu'à six 
heures du malin ( i3 octobre ). Leur eflét se borne 



2^0 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

à l'engagement de la tête dans le détroit , à la tu- 
méfaction de la peau du crâne, et à l'engorgement 
des parties exiernes de la génération. 

Ce fut alors que je me déterminai à opérer l'ac- 
couchement. Le forceps fut appliqué avec facilité 
suivant la règle ordinaire : seulement je trouvai 
plus de commodité à appliquer en deuxième lieu 
la branche gauche , qui fut amenée soiis le trou 
ovalaire droit. La jonction des branches fut portée 
vers l'anus , pour que la longueur des cuillers se 
trouvât, autant que possible, en rapport avec le 
diamètre occipito-menlonnier. Des tractions vi- 
goureuses dans cette direction plongèrent la tête 
dans l' excavation , en faisant marcher la première 
la partie la plus saillante de l'extrémité posté- 
rieure , je veux dire la fontanelle occipilo-pariétale. 
La tête parvenue dans l'excavation , l'instrument 
fut redressé de manière à placer latéralement les 
cuillers d'abord oblicjues, et à diriger le front der- 
rière la symphyse pubienne. En élevant les crochets 
du forceps , j'engageai la tête dans les parties 
molles extérieures et la fis sortir du détroit infé- 
rieur. J'ùlai alors l'instrument : ujie seule con- 
traction utérine fit franchir le périnée à l'occiput, 
et ce pas une fois fait , la face sortit sans effort de 
dessous les pubis. Tout, du reste, fut simple, facile, 
et d'abord heureux pour l'enfant el pour la mère ; 
le premier , quoique très-faible, fut promptement 
ranimé : c'était un garçon du poids de sept livres. 
Malheureusement ces avantages furent de courte 



DEUXIÈME MÉMOIRE. 24 1 

durée. L'enfant fut pris de convulsions qui l'enle- 
vèrent vingt-quatre heures après sa naissance. La 
mère fut saisie par la péritonite au deuxième jour 
de sa couche , et elle y succomba le vingtième. En 
vain tous les secours de l'art furent prodigués à 
l'un et à l'autre. 

La rotation que j'imprimai à la tête ne fut pas 
brusque et exclusivement horizontale; mais elle fut 
opérée lentement , et dans les derniers momens de 
sa descente dans l'excavation. 

La tête était saisie assez régulièrement par ses 
parties latérales ; elle était peu contuse , et le for- 
ceps ne peut être accusé des accidens arrivés à 
l'enfant. C'est bien plutôt à la longueur du travail,, 
au trouble de la circulation placentale , à la plé- 
thore de l'enfant, et à la compression lente de sa 
léte par le bassin , et de son corps , de tous ses 
vaisseaux par conséquent par l'utérus ; c^est à ces 
causes , dis-je , qu'il faut attribuer les convulsions 
qui ont suivi la naissance. 

N*» XLIIL 

4^ Position intermédiaike (5^ variété, fronlo- 
pubienne ). — Forceps. 

Anne D...t était âgée de vingt-un ans et d'une 
bonne constitution, quoique jadis rachitique : elle 
n'avait marché qu'à quatre ans , et ses fémurs 

16 . 



242 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENT. 

étaient courbés et forlement convexes en deWrs. 
Réglée dès Tàge de seize ans, et huit jours chaque 
mois , elle était au dernier terme de sa première 
grossesse , lorsqu'elle ressentit les douleurs de l'en- 
fantement: c'était le 6 février 1811 , à huit heures 
du matin. 

Elle arriva à l'hospice a onze heures du soir dans 
Tétat suivant : orifice ouvert de huit lignes , à bords 
épais , mais souples et mous ; impossibilité de sentir 
la partie présentée par le fœtus ; intégrité des mem- 
branes ; contractions faibles. 

Pendant la nuit et la journée du lendemain 
( 7 février ) , nuls progrès : cependant le soir on 
trouve dix-huit lignes de dilatation à l'orifice , les 
membranes tendues , et l'on sent la tête , mais 
superficiellement. 

A cette époque, augmentation des douleurs; à 
ïninuit^ dilatation complète ; à deux heures du 
matin ( 8 février ) , rupture des membranes. Le 
matin , la tête était toujours au détroit supérieur ; 
pour bien la toucher , il fallait diriger le doigt de 
sorte que sa pointe fût en avant et sa base en 
arrière : on sentait l'excavalion toul-à-fait vide» 
Une dépression quadrangulaire indiquait que la 
fontanelle antérieure était derrière l'épine du pubis 
gauche ; un pli fort saillant de la peau , dirigé un 
peu obliquement , traçait le trajet de la suture sagit- 
tale. L'angle sacro-vertébral était aisément tou- 
ché par l'extrémité du doigt , et le diamètre sacro- 
pubien du détroit abdominal fut estimé équivalent 



DEUXIÈME MÉMOIRE. ^45 

à trois pouces et uq quart. La tête s'engagea len- 
tement dans le détroit, la peau du crâne se tuméfia 
peu à peu. A huit heures la tête n'avançait plus ; teau. 
qui s'écoulait , chargée de méconium , attestait la. 
faiblesse du fœtus , le relâchement de ses sphincters 
et la compression de son corps. La vessie , remplie 
d'urine , saillait au-dessus des pubis j et Ja tête , 
fortement pressée contre ces os j n'avait pas permis 
le passage de la sonde la plus menue. Je résolus de 
dissiper tous ces symptômes alarmans par l'emploi 
du forceps. 

La branche droite fut placée la première, un peu 
eu arrière et à gauche ; la branche gauche fut en- 
suite placée à droite; mais elle ne put marcher assez 
en avant pour s'appliquer sur le coté de la tête^ 
et celle-ci , tenue seulement entre la région mas- 
toïdienne gauche et le pariétal droit, ne suivit point 
le forceps. Il fallut avancer davantage la cuiller 
gauche et tenir l'autre moins en arrière : alors la 
tête fut saisie presque par les côtés ; je serrai les 
crochets avec un cordon , et, par des tractions di- 
rectes en bas, je parvins à enfoncer la tête dans 
l'excavation : je n'y parvins pourtant qu'à l'aide 
de bras vigoureux. 

Ce pas fait , je m'aperçus que les branches du 
forceps , devenues toul-à-fait latérales, avaient_,par 
une rotation légère , tourné le front derrière la 
symphyse pubienne. Quelques tractions, dirigées 
un peu en haut , engagèrent la tête dans le détroit 
inférieur \ elle en fui dégagée par une forte éieVa- 



^44 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS.' 

lion des crocbels , qui fît remonter le front derrière 
les pubis et vers la cavité de Tutérus, tandis que 
l'occiput paraissait au-devant du périne'e. Cette 
partie , fortement distendue , fut soutenue dili- 
gemment. Après cela, il suffit d'abaisser un peu le 
forceps pour faire sortir le front et la face sous 
l'arcade pubienne. 

L'enfant est né mort : c'était une fille du poids 
de six livres et demie. 

La rupture du cordon ombilical , qui céda aux 
efforts peut-être inconsidérés des élèves , me mit 
dans la nécessité de porter la main dans l'utérus 
pour en dégager le placenta : il était presque entiè- 
rement détaché. Les suites de couches ont été sim- 
ples et tranquilles. 

L'enfant, examiné avec soin, avait une fracture 
longitudinale à la partie supérieure des pariétaux 
et un peu de sang fluide au voisinage. Il y avait 
aussi dans le thorax une quantité notable de sé- 
rosité sanglante. 

Je rappellerai ici l'attention du lecteur sur les 
fractures dont j'ai déjà parlé. Le forceps , qu'il a 
fallu serrer fortement , peut bien y être pour quel- 
que chose ; mais l'étroitcsse du bassin y est aussi 
pour beaucoup, puisque nous avons vu la même 
chose après quelques accoucheinens spontanés. 

Quant à la lenteur du travail , il n'est pas difficile 
de voir qu'elle tenait à deux causes différentes : 
1*^. àTélroitesse du bassin ; 2°. à la position défa- 



DEUXIÈME MÉMOIRE. 245 

vorable de la lêle , dont le diamètre occipilo-fron- 
tal tendait d'abord à mesurer le diamètre vicié 
( anléro-postérieur ) du bassin. Ce n'est même que 
par la flexion de la lêle qu'elle a descendu , en 
changeant ainsi son diamètre occipito-frontal pour 
le sphéno-bregmatique ou à-peu-près. 

]N° XLIV. 

•4^ Position (5^) prise pour la première. — 
Forceps. 

Dégagement irrégulier du tronc. 

D , femme âgëe d'environ vingt-cinq ans , 

malade pendant toute sa grossesse, fut prise de 
fièvre et de douleurs dans l'abdomen quinze jours 
avant d'accoucher. Le travail commença cinq jours 
avant la même époque. 

Le 3o décembre 1820 , la tête était au-dessus du 
détroit abdominal ; la dilatation faite et les mem- 
branes entières : elles se rompirent , et la tête des- 
cendit dans l'excavation. Dès-lors plus de progrès. 

Elle y était depuis quatre heures quand on appli- 
qua le forceps. La tête avait franchi l'orifice, elle 
était un peu tuméfiée» On sentait vers le centre de 
l'excavation une fontanelle assez large , et de là on 
suivait en avant et à gauche la suture sagittale j de 
ce côté et très-haut , on parvenait avec peine à une 
autre fontanelle. 

De tout cela , je conclus que la tête était dans la 



24Ô PRATIQUE DES ACCOUCUEMENS. 

première position ^ mais renversée sur le dos , el 
la fontanelle antérieure au centre. 

En conséquence , on appliqua la branche gauche 
la première sous le trou sous - pubien droit. La 
branche droite, poussée en arrière et à gauche, était 
retenue par l'angle sacro -vertébral; en baissant le 
crochet , on franchit l'obstacle. 

II fallut décroiser les branches : ce mouvement et 
celui d'articulation les ramenèrent presque sur les 
côtés du bassin : néanmoins on lira , mais le for- 
ceps venait seul. Considérant d'ailleurs que si la tête 
était renversée vers le dos , une branche mal placée 
portait, non sur le front comme dans les cas ordi- 
naires^ mais sur la face, je les fis désarticuler; on 
les renfonça en les replaçant obliquement par rap- 
port au bassin , et de manière à prendre la tête par 
ses côtés. Elle vint alors aisément, et roula en des- 
cendant , de manière que le forceps regarda par les 
bords concaves l'arcade pubienne. En relevant ses 
crochets , je m'aperçus que le mouvement d'exten- 
sion ou d'arc de cercle était très-difficile el le pé- 
rinée très-distendu. Tout-à-coup la tête sortit pré- 
sentant la face en avant. Elle était saisie par les 
côtés, de sorte que Toreille droite était dans la fe- 
nêtre de la cuiller droite, et la gauche couverte par 
la jumelle postérieure de la cuiller gauche. 

Il était donc évident que la léte avait été placée 
dans la 4*^ [position (B), que nous avions senti au 
centre la fontanelle postérieure, et que, loin d'être 
détendue vers le dos, elle était fléchie vers le sternum. 



I 



DEUXIEME MÉMOIRE. 247 

Une autre chose bien remarquable, c'est que le 
dégagement du tronc se fit comme dans la cin- 
quième position, c'est-à-dire, le sternum tourné 
vers le côté droit de la mère. N'est-ce pas là la rai- 
son de la lenteur du travail? 

L'enfant a crié presque tout de suite : c'était une 
fille de cinq livres et demie. 

La mère a élé promptement délivrée et fort sou- 
lagée : cependant ia fièvre a continué pendant en- 
viron trois semaines sans caractère déterminé. Il y 
en avait encore un peu quand la malade a quitté 
l'hospice. 

Celle opération fut faite devant moi par une 
personne sûre ; elle n'offrait pas de difficultés bien 
considérables, parce que la tête était basse et le 
bassin bien fait. 

J'ai déjà mentionné plusieurs fois Tirrégularité 
du dégagement du tronc , comme indiquant une 
direction différente du diamètre de la tête et de 
ceux du reste du corps. Ainsi , par exemple , si 
après une première position l'épaule droite sort en 
arrière et la gauche en avant , c'est pour moi un 
signe presque certain que les épaules se sont enga- 
gées au détroit supérieur, parallèlementau diamètre 
oblique de ce détroit , qu'avait occupé la longueur 
du crâne; le col était donc un peu tordu, carie 
sternum regardait à gauche , tandis que la face re- 
gardait à droite. Or, celte diversité de directions ^ 
je l'ai aussi mentionnée plusieurs fois comme causa 



^48 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

présnmable de retard daus le travail. En effet , 
comme elie nécessile une certaine torsion du col ; 
comme elle force la structure des parties du fœlus, 
il en résulte que chaque direction en est un peu 
altérée: dans la première position , la face regarde 
un peu moins à droite , le sternum un peu moins à 
gauche. En conséquence , l '^ la tête s'engage moins 
aisément dans l'excavation ; 2° les épaules fran- 
chissent moins facilement le détroit supérieur. 

Donc c'est une cause de retard et lorsque la tête 
est haute et lorsqu'elle est basse. 

Chaque fois que j'ai avancé des opinions ou pro- 
posé des idées seulement probables et non suscep- 
tibles de démonstrations soumises aux sens , j'ai 
eu soin d'avertir que je ne les donnais point pour 
incontestables : je réitère ici le même avis au lec-» 
leur. 

IN° XLV. 

4^ Position (5^); réduction spontanée à la deuxième. 
Forceps au détroit supérieur. 

Carlo W. ...... és, négresse, âgée de dix^-sept ans , 

enceinte pour la première fois et à terme, ressentit 
les premières douleurs de l'enfantement le 28 flo- 
réal , à midi. L'orifice n'était point encore dilaté ; 
mais le col de l'utérus était distendu et confondu 
avec le reste de l'organe en une seule cavité ovalaire. 
J^e soir, les contractions prirent un caractère plus 
déoisif, et l'orifice commença à se dilater; la tète 



DEUXIÈME MEMOIRE. ^49 

du fœlus était si haute qu'à peine pouvait-on la re- 
connaître. 

Le lendennain ^ 29 floréal , à dix heures, la dila- 
lalion était entière ; une contraction de la matrice 
rompit les membranes et projeta au dehors un flot 
d'eau qui fut suivi par un écoulement lent et con- 
tinu. Cependant la tête resta au-dessus du détroit 
abdominal , la peau du crâne se tuméfia peu à peu 
jusqu'à un degré considérable. L'élévation de la tête 
n'avait permis d abord de^seutir qu'une fontanelle 
vers l'éminence ilio-peclinée gauche; une suture 
en partait pour se diriger à droite et en arrière. 
Etait-ce la fontanelle antérieure ou la postérieure , 
et par conséquent la quatrième ou la première po- 
sition ? 

La tuméfaction des léguraens rendait la distinc- 
tion impossible. Les douleurs revenaient de temps 
en temps, mais sans autre effet que de tourmenter 
la femme, d'appliquer l'utérus sur les membres de 
l'enfant, et de rendre par là la version impraticable. 
La fièvre survint dans la journée ; la chaleur brû- 
lante et la sécheresse de la peau , la soif, les nau- 
sées et les vomissemens verdàtres ou noirâtres , 
l'anxiété extrême qui s'y joignit, appelèrent sur cette 
femme toute notre attention (Bains de siège , bois^ 
sons acidulées. )-, soulagement. 

Toute la nuit elle fut tourmentée de crampes dans 
les cuisses et dans les jambes, résultats nécessaires 
de la compression des nerfs du bassin. 

A quatre heures du matin (5o floréal ) , nuls pro- 



250 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

grès ; tuméfactioa du crâne augmentée : il fallut en 
venir à l'application du forceps. 

L'incertitude où j'étais restée sur la position était de 
nulle conséquence ; l'opération devait être presque 
la même dans l'un et l'autre des deux cas soupçonnés. 
Pour pouvoir croiser plus aisément les branches et 
me conserver la facilité d'introduire la deuxième au- 
devant de la première (i) , je commençai par la 
branche droite ; j'en plaçai sans peine la cuiller 
entre la tête et la symphyse sacro-iliaque gauche. 
Il fallait alors porter sous l'éminence ilio-pectinée 
droite la cuiller gauche : ce mouvement fut im- 
possible. La tête , serrée contre le détroit , ne per- 
mit point le passage de l'instrument. J'ôtai la bran- 
che droite , et alors la gauche se plaça comme 
d'elle-même; la branche droite fut replacée ensuite 
en la glissant entre la branche gauche et le périnée : 
leur articulation fut facile; mais je m'aperçus alors 
que les cuillers étaient devenues lout-à-fait latérales. 
Avaient-elles dans ce mouvement entraîné la tête ? 
Son élévation ne le rendait pas probable , et le 
contraire nous fut bientôt prouvé. On tira d'abord 
en bas, puis en avant et en haut. La tête avança, 
non sans peine , jusqu'au détroit inférieur. Je crus 
devoir alors laisser se dilater lentement les par- 
lies extérieures, qui étaient fort étroites; j'ôtai l'ins- 
trument , et je crus reconnaître sous le pubis gauche 

(i) L'étroitesse de U vulve reodail ces précautions essen* 
lielles. 



I 



DEUXIÈME MEMOIRE. 2DI 

îa. fonlanelle antérieure. J'attendais que les efforts 
de la mère la fissent avancer sous la symphyse, 
lorsque je la sentis rétrograder en arrière ; je la 
suivis du bout du doigt jusque vers le sacrum : ce 
fut l'aQaire de quatre à cinq douleurs. Après cela_, 
elle sortit comme d'ordinaire, sans autre secours que 
quelques pressions sur le bord antérieur du périnée 
pour activer les douleurs. La face , dégagée , se 
tourna en devant et h gauche; les épaules sortirent 
aidées par mes doigts; la gauche sortit en avant, etc. 
Délivrance naturelle. 

L'enfant donna quelques signes d'une vie qu'il 
fut impossible de rappeler, 

La mère eut_, une demi-heure après la délivrance, 
un violent frisson. Le lendemain, fièvre , vomisse- 
mens bilieux , toux , douleurs hypogastriques , 
incoJitÏJieiice d'urine , avec distension de la vessie 
( paralysie ). ( Infusion de tilleul et de graine de 
lin , potion calmante , lavemeJis , injections émoi-' 
lientes , cathétérisme.) Marche rapide de la périto- 
nite, délire, etc. Mort le quatrième jour au soir. 

Les principaux faits contenus dans cette obser- 
vation sont, 1** l'immobilité de la tête au détroit 
supérieur : une quatrième position n'aurait pas dû 
ï'em pécher de descendre ; 2° la réduction latérale 
et spontanée des cuillers , qui nous apprit que nous 
aurions évité bien des difficullés en les plaçant ainsi 
de prime-abord : une cuiller avait porté sur le 
frontal droit vers la tempe , et l'autre derrière l'o-» 



252 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS.' 

reille gauche ; 5° la rolalion spontanée de la têle 
débarrassée du forceps , et sa réduction à une 
deuxième position du vertex ; 4** ^^ faiblesse et la 
mort prompte de l'enfant , dues sans doute à la lon- 
gueur du travail , mais auxquelles a peut-être con- 
tribué la torsion du col que nécessitait une rotation 
aussi étendue , si le tronc était véritablement dirigé 
comme il l'est d'ordinaire dans la quatrième posi- 
tion ; ou bien la torsion produite par la différence 
des directions de la têle et du tronc, si celui-ci était 
de prime-abord dirigé comme dans la deuxième 
position; 5" enfin le prompt et terrible développe- 
ment de la péritonite , qu'il faut peut-être rappro- 
cher des accidens qui existaient pendant le travail , 
en regardant ceux-ci sinon comme causes^ du moins 
comme prédispositions , et peut-être comme pre- 
miers symptômes. 

N° XLVI. 

4® Position (3^) inclinée ( bregmalique). — 
Forceps pour inenie de l utérus. 

Sortie de la têle sans rotation. 

N. P....d, femme maigre et à cheveux roux , âgée 
d'environ trente ans , très-pusillanime , avait eu les 
jambes infiltrées pendant sa grossesse : l'infiltration 
a disparu trois jours avant le travail. Elle était bien 
conformée; mais la vulve était très-étroite. 



DEUXIÈME MEMOIRE. 2jT> 

Qusnd elle arriva à l'hospice, elle élait demi-ivre 
et souflrait depuis six jours , mais fort peu. Dès les 
premiers momens , les membranes s'étaient rom- 
pues au-dessus de Torifice utérin ; l'eau s'était en 
partie écoulée; les douleurs avaient cessé : elles re- 
parurent dans la nuit du 22 au 25 octobre 1S20, 
sixième jour du travail. 

20 octobre. Fièvre et céphalalgie (Saignée.). La 
tète ne descend pas, la céphalalgie continue, la 
fièvre est moindre, la vessie soulève Thypogastre 
(cathétérisme). 

24 matin. La tête est dans l'excavation du bas- 
sin , le crâne cerné par l'orifice ; on sent une fon- 
tanelle en avant et à gauche ; elle est grande : c'est 
l'antérieure ; mais elle trop accessible, et elle indique 
que la tête est un peu renversée sur le dos et offre 
au bassin son diamètre occipito-frontal. Point de 
douleurs. (Bains. ) 

A dix heures, nuls progrès. On applique le forceps. 

La branche gauche est d'abord passée dans l'ori- 
fice utérin , et placée sous le trou sous-pubien droit; 
l'autre est mise vis-à-vis l'échancrure sacro-scialique 
gauche. La tête descend un peu, le forcps descend 
davantage, enfin tout s'arrête et la rotation ne peut 
être opérée. Une résistance singulière arrête nos 
mouvemens; ni la torsion du forceps ni le tour de 
main de Baudelocque ne peuvent la vaincre, ou du 
moins il faudrait employer pour cela des forces trop 
considérables et produire indubitablement des lé- 
sions dangereuses. Il fallut déplacer les branches et 



254 PRATIQUE DES ACCOUCIIEMENS. 

les mettre sur lescôtés du bassin : eu tirant alors tout 
doucement on amena la tête à la vulve. Là on ôla 
l'instrument ; l'ouverture se dilata peu à peu , et la 
tête sortit enfin seule ^ mais toute oblique , en se 
renversant vers la fesse droite. Le front et la face se 
dégagèrent sous la branche ischio-pubieune gauche. 

L'enfant était une fille d'environ six livres. 

La tête, d'ailleurs tuméfie'e, offrait les traces du 
forceps, 1° sur V angle gauche de la mâchoire et 
la joue voisine (branche gauche) , et sur Y oreille 
droite (branche droite) : ce sont des traces de la 
première application qui fut faite suivant les rè- 
gles ; 2° sur la région mastoïdienne gauche ( branche 
gauche) , et sur le frontal et V orbite droits (branche 
droite). Ce sont les vestiges de la deuxième appli- 
cation , qui , de notre pleine connaissance , a été 
irrégulière. 

Notez bien que la tête était horizontale, et que 
son diamètre occipito-frontal, de quatre pouces et 
un quart, répondait au diamètre oblique de l'ex- 
cavation. Cette disposition vous expliquera, lo pour- 
quoi la fontanelle antérieure se faisait sentir presque 
au centre de l'excavation ; 2° pourquoi la rotalion 
ne pouvait s'opérer (car le front ne pouvait glisser 
derrière les pubis) ; 5° enfin pourquoi la branche 
droite du forceps , appliquée en deuxième lieu vers 
le côté gauche du bassin, a porté non seulement sur 
le frontal , comme cela se serait fait dans une qua- 
trième position franche, mais aussi sur l'orbite. 



DEUXIÈME MÉMOIRE." 255 

La.mère a eu de la fièvre ; mais une saignée de 
cinq onces l'a mise hors d'affaire. 

L'enfant a eu des convulsions ; il a tété fort bien 
dans les intervalles : malgré deux sangsues , des 
lavemens , des bains , des antispasmodiques , il est 
mort le troisième jour. Il y avait un très-petit abcès 
sous la contusion du frontal droit. 

Les pariétaux étaient à peine ossifiés vers la su- 
ture sagittale. Du sang noirâtre et demi-coagulé 
enduisait les deux lobes postérieurs du cerveau. 

N° XLVIL 

4*^ Position inclinée (5^ espèce, 6^ variété, pariét. 
gauche). — Forceps pour suspension du travail. 

Obliquité utérine. 

J. R...., d'une bonne conslitution , d'un tempé- 
rament mixte , réglée depuis ^à^Q de quinze ans, 
trois jours chaque mois, âgée de vingt-neuf ans, 
était enceinte pour la première fois et à terme. 

Rupture des membranes dès l'apparition des 
premières douleurs. Sur-le-champ transportée à 
l'hospice (5 février i8..^ à six heures du matin), 
elle présenta cinq à six lignes de dilatation , l'orifice 
mince et mou ^ la tête à peine engagée dans l'exca- 
vation et placée dans la quatrième position. A dix 
heures , dilatation complète , crâne tuméfié , un 
peu descendu en apparence. Depuis ce moment , 
les douleurs s'affaiblirent et cessèrent bientôt tout- 



t3t56 PRATIQUE DES ACCOUCIIEMEnS." 

à-fait. A trois heures après midi , soif ardente , 
^ -vomissemens bilieux , pouls faible et fréquent , 
face altérée. La terminaison de l'accouchement de- 
venait urgente ; elle fut confiée au forceps. Au-^ 
para vaut, je revins au toucher : je trouvai la lêle 
engagée plus avant , mais dans une direction très- 
défavorable ; la fontanelle antérieure , plus basse 
que la postérieure, était vers l'ischion gauche ; la 
suture sagittale regardait en arrière , et la fonta- 
nelle postérieure était un peu à droite de l'angle 
sacro-vertébral; le pariétal gauche occupait le centre 
du bassin ; Toreille était sentie sous le pubis droit. 
Ce ne fut qu'alors qu'on s'aperçut que l'utérus était 
fortement oblique en avant, et surtout à droite. 

Je commençai par faire redresser et maintenir 
l'abdomen , puis j'appliquai le forceps. Les diffi- 
cultés que je rencontrai à placer les branches et 
surtout la gauche sur les cotés de la tête , me dé- 
terminèrent à les laisser sur les côtés du bassin ; 
je lirai suivant l'axe du détroit supérieur, puis un 
peu plus en avant. La lêLe descendit au fond de 
l'excavation ; je relevai les crochets, et bientôt on 
vit saillir le périnée: j'ôtai l'instrument alors, et 
je trouvai la tète redressée , c'est-à-dire que la su- 
ture sagittale traversait diagonalement le bassin , 
et que la fontanelle postérieure était plus basse de 
beaucoup que l'antérieure. La femme était bien 
faible , et je me vis presque forcée à réappliquer le 
lorceps ; mais elle put enfin faire quelques efforts : 
h. lête roula , le front remonta davantage encore. 



DEUXIÈME MÊ3IOIRÈ '^5/ 

]e périnée , heureusement assez flasque , remonta 
«lerrière roccipul , et le dégagement s'acheva seul. 
Le reste fut simple. L'enfant vivait; il ne pesait que 
cinq livres et demie. Une branche du forceps avait 
porté sur le frontal droit et sur le haut du gauche; 
l'autre avait marqué sur le côté gauche de l'occi- 
put. La iiière s'est lentement iiiais parfaitement 
rétablie. 

No XLViiL 

5^ Position (4^ de ma classification ). — Forceps 
pour lenteur du trciuail. 

La femme ici mentionnée était âgée de vingt-netif 
ans, d'une constitution forte et d'un embonpoint 
modéré , quoiqu'un peu molle et en apparence lym- 
phatique; ses régies n'avaient paru qu'à 1 âge de 
dix-sept ans , et elles revenaient chaque mois pour 
durer quatre à cinq jours. Elle en était à sa deuxième 
grossesse et arrivée à son terme. 

Le ig avril ^ à sept heures du matin , elle com- 
mença à souffrir; peu après on trouva l'orifice di- 
laté de douze à quinze lignes , ses bords épais niais 
souples et extensibles , et sa totalité portée vers le 
coté gauche ; l'obliquité de lutérus vers le côté droit 
était pourtant à peine marquée. Les membranes, 
ouvertes depuis deux jours, avaient donné coullnuei- 
lement issue à une petite quantité d'eau; on sentait 
la tète , mais difticilement , et bien au-dessus du 
détroit abdominal. 

17 



258 PRATIQUE DES ACCOUCHEMEK'S.' 

Les contractions se succédèrent en augmentant 
de force et de fréquence, de telle sorte qu'à quatre 
heures de l'après-midi, la dilatation était complète 
et la tête engagée dans le détroit. La position devint 
facile à déterminer; la fontanelle postérieure était 
au-devant de la symphyse sacro-iliaque gauche, et 
l'antérieure, beaucoup plus élevée, était derrière la 
cavité cotyloide droite. L'action de l'utérus se sou- 
tint jusqu'à six heures du soir. La tête était alors 
dans l'excavation du bassin et avait franchi l'orifice. 
Dès ce moment les douleurs se ralentirent et les 
progrès cessèrent. 

Le forceps devint nécessaire , et je l'appliquai de 
la manière suivante. 

La branché droite entra la première devant le 
ligament sacro-sciatique gauche , puis l'extrémité 
de la cuiller chemina sur le côté du bassin , et arriva 
en montant par le mouvement spiral jusque sous le 
muscle obturateur gauche, appliquée sur le côté 
droit de la tête. La branche gauche se plaça direc- 
tement au-devant de la symphyse sacro-iliaque 
droite, et sur le coté gauche de la tête. 

Les deux branches réunies avaient leur bord con- 
cave tourné en avant et à droite ; ce bord fut ramené 
directement en avant par un mouvement de torsion 
joint à l'abaissement léger des crochets , et le front 
se plaça ainsi derrière la symphyse pubienne. En 
élevant alors les crochets , je fis descendre dans la 
courbure sacro-périnéale l'occiput^ qui bientôt fran- 
chit la commissure des grandes lèvres, eu même 



DEUXIEME MÉMOIRE* sSg 

temps que le (Vont se reufonçnil derrière les pubis. 
Après cela, jolai l'inslrument et les etForls de la 
mère, aidés de mes doigts appu^'és sur le haut du 
front, firent descendre la face sous Tarcade des 
pubis. Après la tête les épaules sortirent , la droite 
en avant , et la gauche en arrière : celle-ci sortit 
d'abord de la vulve , le reste du tronc suivit sans 
difficulté. Le périnée fut un peu échancré^ quoique 
bien soutenu : du reste , rien de fâcheux dans les 
suites de couches. L'enfant cria à peine extrait ; il 
pesait sept livres , et c'était un garçon. 

No XLIX. 

5* Position (4^)- — Forceps. 

Sortie de la tête sans rotation. 

Séraphine B le, paysanne robuste , âgée de 

vingt-deux ans, se disant enceinte pour la première 
fois et à terme, souffrait et perdait de l'eau et du 
sang depuis la soirée du 5 mars 1820. 

Les douleurs, d'abord fortes, s'étaient ralenties et 
i^raduellement éteintes. La dilatation s'était opérée 
fort lentement , et le 6 mars malin seulement elle 
elait complète. Malgré ces progrès dans les phéno- 
mènes du travail , la tête restait immobile à peine 
engagée dans le détroit supérieur ; une grosse tu- 
meur empêchait de distinguer sa position : cepen- 
dant un angle osseux senti en avant et à droite , au- 
delà des bords de l'orifice et dans un lien non lu- 



36o PRATK^UE DES ACCÔUCHEMÉNS. 

rnéfîé ; cet angle , dis-je , indiquait la présence 
d'une fontanelle et caractérisait la cinquième ou la 
deuxième position. Ce n'était pas la seule chose que 
le loucher nous apprit. Cet angle osseux était fort 
saillant , fort détaché; il dénotait la laxité des sutu- 
res , la mollesse de la tête , et me fit présumer que 
l'enfant avait perdu la vie. La suite démontra la jus- 
tesse de mes conjectures. 

Une personne instruite fît , sous mes yeux_, l'ap- 
plication du forceps. 

La branche droite fut placée en • premier lieu ; 
elle pénétra dans le bassin ; mais elle ne put être 
ramenée en avant et resta vers le côté gauche. La 
gauche entra du côté opposé et fut réunie à la pre- 
mière. Les doigts, portés jusqu'à l'orifice utérin, 
avaient dirigé l'instrument et préservé les organes 
de la mère. 

Après le croisement des branches , les crochets 
restèrent très-écartés : cette circonstance indiquait 
que la tête était prise par les extrémités d'un grand 
diamètre : cependant je ne craignis pas d'agir sur- 
le-champ. Les crochets furent liés ensemble, et 
pour plus de sûreté, les cuillers le furent aussi près 
du pivot. 

La tête, tirée dans la direction de l'axe du détroit 
supérieur, descendit un peu; mais bientôt le forceps 
glissa , sortit brusquement et échaucra légèrement 
le périnée. Il fallut le replacer ; il le fut comme la 
première fois; mais les crochets se trouvèrent moins 
écartés. La tête descendit encore un peu ; l'instru- 



DEUXIEME MÉMOIRE. 26 1 

ment s'échappait ; je le fis désarticuler pour le pousser 
plus avant. Alors , au premier effort , l'instrument 
descendit seul de près d'un pouce; mais il resta 
ferme ensuite jusqu'à la fin. 

Lorsque la portion de la tête qui répondait eu 
avant fut sous les pubis , une simple élévation des 
crochets fit franchir le périnée au reste du crâne , 
après quoi la face sortit de dessous l'ischion droit. 
L'instrument ne servit de rien à ce dernier mouve- 
ment ; il était alors détaché. 

Les traces du forceps se trouvèrent sur une tempe 
et derrière l'oreille opposée. L'enfant était gros ; il 
était mort depuis quelque temps , puisque l'épi- 
derme s'en détachait en quelques endroits. La tète 
était allongée et conoide ; du front à l'occiput elle 
n'offrait guère plus d'étendue que d'un côté à l'autre : 
elle était au reste fort molle , et les tégumens du 
crâne soulevés par un tissu cellulaire infiltré de sé- 
rosité et de sang : c'était surtout sur le pariétal et 
la tempe droite. Le périnée ne reçut aucun dom- 
mage autre que celui dont j'ai parlé. 

Vers le huitième jour après son accouchement , 
cette femme , qui jusque là avait eu quelques diffi- 
cultés d'uriner, commença à perdre involontaire- 
ment son urine. Elle s'écoulait goutte à goutte et 
mêlée de pus , et dans les efforts de la toux on la 
voyait sortir du vagin. Il y avait à la paroi antérieure 
de ce canal des inégalités ; mais une sonde passée 
dans l'urètre n'était point sentie par le doigt mis 
(dans le vagin. 



262 PRATIQUE DES ACCOUCilEMENS. 

Au bout de quatre à cinq jours, l'urine fut re- 
tenue et évacuée volontairement, et dissipa les trop 
justes craintes que nous avions eues jusque là de 
î'exisleuce d'une fistule. 

Plusieurs choses sont à noter dans celte observa- 
lion. 

1". La nécessité de laisser les branches sur les 
côtés du bassin. Cela dépendait de rélévalion de la 
tête, qu? ne permettait pas d'exécuter le mouvement 
en spirale. 

il". Le rapprochement des crochets après la 
deuxième apphcation. Ceci peut tenir à trois causes : 
à un commencement de rotation , à la déformation 
du crâne, et à un léger abaissement de la tête qui 
a permis au forceps de l'embrasser plus étroitement 
• dans la concavité de ses cuillers. 

3". Le glissement du forceps : il a été dû indubi- 
tablement à la mollesse de la tête; car ordinaire- 
ment le forceps appliqué , soit du front » l'occiput , 
soit comme ici d'un des frontaux à la région mastoï- 
dienne opposée , a toujours une prise suffisante et 
solide. Il est bien vrai qu'il n'embrasse pas alors la 
îèle comme quand il la tient par ses côtés ; il ne 
la saisit surtout du côté du front qu'avec l'extrémité 
de la cuiller ; mais quand il est convenablement 
serré , il n'échappe point, à moins que la tête ne 
soit molle et flexible , comme l'était celle-ci à cause 
de son état de putréfaction. 

4". Dans la dernière lenlalive la descente brus- 



DEUXIÈME MÉMOIRE. 205 

que du forceps , puis sa solidité. Cela tient à ce que, 
introduit très-profondëment, il pressait la tête avec 
le bas de ses cuillers : en tirant _, les cuillers ont 
descendu jusqu'à ce que la tête ait e'ié pressée par 
leur milieu et embrassée par leur courbure. 

5*^. La tuméfaction des légumens du crâne , quoi- 
que l'enfant fût mort. ( Voyez , premier Mémoire , 
Diagnostic. ) 

6°. Enfin les craintes que nous avons eues par 
rapport a l'intégrité de l'urètre ou de la vessie. La 
lête ayant séjourné long-temps dans le haut de 
l'excavation avait enflammé , engorgé la vessie et 
son col ; l'urètre s'en est senti aussi sans doute : 
de là les difficultés d'uriner. A linflammation a 
succédé le dégorgement et l'inertie , le relâchement : 
de là l'incontinence d'urine. L'urine coulant goutte 
à goutte tombait de l'urètre dans le vagin tant que 
la femme était couchée sur le dos,- elle s'y amassait 
en quantité assez grande pour constituer un écou- 
lement remarquable à chaque effort de toux. 

N** L. 

5* Position ( 4^ ). — Forceps. 

Le sujet de cette observation est une femme forte, 
quoique lymphatique, âgée de vingt-huit ans, ré- 
glée pour la première fois à l'âge de seize ans. Elle 
était enceinte de son premier enfant et à terme. Lts 
membres inférieurs s'étaient un peu infiltrés dans 
les derniers mois. 



1^64 PRATIQUE DES ACCOUCIIEWENS. 

Entrée à l'hospice le i5 mai à onze heures du 
malin , elle offrit une dilatation de huit à neuf lignes 
à l'orifice qui occupait le centre du bassin , quoique 
le fond de Tulérus fût incline' à gauche. Les mem- 
branes ëlaient rompues dès la veille , et quelque? 
faibles douleurs en avaient produit la rupture. On 
sentait la létg au-dessus du détroit supérieur. 

Les douleurs , faibles et rares pendant toute la 
journée , devinrent plus vives et plus fréquentes 
vers sept heures du soir. A dix heures la dilatation 
était complète, et pourtant la tête avait peu des- 
cendu , car à peine appuyait-elle sur le détroit. Les 
tégumens du crâoe s'étaient tuméfiés ; les forces 
de l'utérus s'épuisaient , et il fallut suppléer la na- 
ture défaillante. 

Le forceps fut préféré à cause de Tabscnce de 
l'eau de l'amnios. Pour l'appliquer , il fallut s'as- 
surer de la position. La suture sagittale, qu'on avait 
vaguement sentie, laissait, par sa direction, une 
indécision complète entre la deuxième et la ciur 
quième. En avançant la main toute entière , je dé- 
couvris , en avant et à droite^ la fontanelle anté- 
î'ieure et le haut du front : c'était biçn la cinquième. 
Le forceps fut introduit comme dans le cas pré- 
cédent : les branches ne purent être commodé- 
ment réunies qu'après être devenues tout-à-fait 
Jçitévalçs. 

Je fis tirer vers l'anus, et la tête franchit le dé- 
Irpii. On continua de tirer en relevant lentement 
les crochets , et les Iraclions étaient dirigées tout- 



DEUXIEME MEMOIRE.' 265 

à-fait en avanl quand la tête s'offrit au détroit in^ 
ferieur. J'ùtai alors le forceps ; le front se tourna 
derrière les pubis, se releva derrière leur symphyse, 
tandis que l'occipul franchissait le périnée : le reste 
alla bien. 

Le périnée fut intact. 

Une hémorrhagie interne suivit de près l'accou- 
chement , et cessa par l'introduction de la main et 
l'extraction des caillots. 

L'enfant pesait sept livres : il mourut dans la 
puit suivante , malgré tous les soins po ssibles. 

N° LL 

Position transversale (5^). — Forceps au 
détroit supérieur. 

L. V....e , âgée de vingt-quatre ans , d'une 
constitution forte et d'un tempérament sanguin, 
réglée depuis sa quinzième année j quatre j'ours 
chaque mois, commença le ii novembre i8ioà 
ressentir les douleurs préparatoires de son premier 
accouchement. Elle vint à l'hospice le lendemain à 
quatre heures du soir : il y avait alors trente heures 
que les membranes étaient rompues. L'orifice uté- 
rin , à peine ouvert , était épais et dur ; la tête du 
fœtus couverte d'une tumeur et appuyant sur le 
détroit supérieur du bassin. Nul changement pen- 
dant la nuit ni la journée suivante. L'étroitesse de 
Torifice ne permeUail de rien lenler de décisif, e\ 



206 PRATIQUE DES AGPOUCHEMENS. 

y 
l'on se borna à la saignée , aux bains et aux in- 
jections. 

Le i3, à quatre heures du malin, la dilatation 
se trouva complète; mais la tèle , toujours à peine 
engagée dans le détroit abdominal , et tellement 
dirigée, que le front était tout-à-fait à droite et 
ï'occîput à gauche, et absolument au même ni- 
veau. 

Le resserrement de l'utérus , depuis long-lemps 
vide d'eau , éloignait tout projet d'extraction par 
les pieds : le forceps fut donc préféré. La position 
n'avait pas d'abord été reconnue telle que je viens 
de le décrire ; la tumeur l'empêchait , et , réduite 
à des conjectures, je devais croire à la première 
position. Le forceps , placé diagonalement d'après 
cette opinion , avait nécessairement mal saisi la 
lête : l'écarlement considérable des crochets l'in- 
diquait assez ; je rencontrai d'ailleurs, en exerçant 
des tractions , une résistance trop considérable. Je 
ne voulus pas insister davantage avant d'avoir dis- 
sipé mes incertitudes: une,main_, portée dans le 
vagin, é(!laircit mes doul'^s. En conséquence, je 
portai d'abord la branche gauche sous la symphyse 
pubienne ; maïs la droite ne put passer entre l'angle 
sacro-vertébral et la tête; il fallut me contenter 
de tenir la première sous l'éminence ilio-pectinéc 
droite , et la deuxième sur la symphyse sacro- 
iliaque gauche. En cherchant à réunir les branches 
je les sentis glisser sur les côtés du bassin; la lêle 
se trouva prise du front à l'occiput : cependant elle 



DEUXIÈME MÉMOIRE.' 267 

<lescendil aisément jusqu'au détroit inférieur : là 
elle fut abandonnée aux efforts de la nature ; l'ins- 
trument fut ôté. L'ulérus avait dès long-temps 
cessé de se contracter , et les efforis de la femme 
lie parvinrent qu'à opérer la rotation horizontale , 
qui amena Tocciput dans l'arcade. 

Après ce mouvement la tête n'avança plus : l'é- 
troitesse de la vulve s'opposait à sa sortie : il fallut 
réappliqner le forceps. Rien de plus simple que 
^l'exlraclion ; le périnée resta intact , et tellement 
même que la sortie des épaules en fut empêchée 
au point de me forcer à porter le crochet mousse 
sous l'aisselle gauche , qui était en arrière. 

L'enfant était volumineux; il était mort; son 
eordcn était flasque , et les liquides qui le suivirent 
étaient fétides. La mère s'est bien rétablie. 

Ce fait doit faire naître plusieurs réflexions nou- 
velles. D'abord, quel était l'obstacle à l'avancement 
de la tête au détroit supérieur ? Cet obstacle me 
paraît devoir être attribué moins à la direction irans- 
\^ersale en elle-même , qu'à la direction horizontale 
du crâne. C'est cette horizontalité , s'il est permis de 
parler ainsi, qui allonge les diamètres. Qu'on ne 
s'étonne pas que le forceps ait pourtant fait passer 
la tête dans cette direction, même en aioulantà son 
diamètre l'épaisseur de ses branches : la résistance 
était probablement opposée par les muscles psoas, 
et ces muscles ont dû céder aisément à la pression 
du forceps, 



26S PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS.' 

-Une deuxième réflexion doit être inspirée par la 
nécessité d'une deuxième application au détroit in- 
férieur. Dans la pratique particulière oh passerait, 
en pareil cas , pour avoir manqué son coup et avoir 
laissé son opération imparfaite: cependant il est 
aisé de voir que c'est alors ce qu'il y a de mieux à 
faire. La tète est descendue transversale; il faut 
que la rotation s'opère, ou spontanément , ou arti- 
ficiellement ,* et , dans un cas comme dans l'autre , 
il faut une application nouvelle. La sortie de la 
tête en travers de la vulve est trop dangereuse, 
surtout quand la vulve est étroite, pour qu'on puisse 
l'essayer, 

N° LU. 

Position transversale ( 5^ de ma classîficat. ).— 
Forceps pour inertie et rigidité utérine. 

B , âgée de vingt-deux ans, fortement 

constituée et réglée peu abondamment dès l'âge de 
quinze ans, était enceinte pour la première fois. 
Le travail se déclara le 4 novembre 1819 , vers le 
soir. 

La face était rouge et la malade se plaignit de 
céphalalgie. {Saignée de trois palettes,) 

Le lendemain, la tête s'engagea dans le détroit 
supérieur sans que la dilatation de l'orilice fit des 
progrès sensibles ; il était à peine ouvert, dur et 
épais; urines rares etdiiïicilement excrétées. {Demi- 
bains.) Pendant toute la journée du 5 au 6 no-^ 



DEUXIÈME MÉMOIRE. sGq 

vembre , même élat. (^Nouvelle saignée, bain de 
siège , cathétérisme. ) 

Le 7, aftaiblissemenl graduel des douleurs ule'- 
rines ; dilalalion un peu accrue, rupture des mem- 
branes. 

8 novembre matin. La tête, plus engage'edans le 
détroit , poussait l'orifice et le distendait violem- 
ment ; contractions utérines presque nulles, épreintes 
vésicales continuelles. (^Cathétérisme diiïïcilement 
opéré.) 

La tête était dirigée tout-à-fait en travers, le front 
à droite et l'occiput à gauche. 

L'orifice était assez dilaté pour recevoir le for- 
ceps , et je l'appliquai. Comme à la hauteur où se 
trouvait alors la léle, l'angle sacro-vertébral est le 
principal obstacle à l'application du forceps sur les 
pariétaux, je commençai par la branche droite; 
mais il fui alors impossibie de faire avancer l'autre 
sous les pubis ; elle resta sous l'éminence ilio-pec- 
tinée droite; et, pour la réunir à la première, il 
fallut que celle-ci se portât vers la symphyse sacro- 
iliaque gauche. La tête se trouva ainsi prise entre 
la tempe droite et la région mastoïdienne gauche, 
néanmoins elle avança sans grande difficulté ; elle 
franchit l'orifice , et quand elle fut parvenue dans 
le bassin , les branches se plaçant d'elles-mêmes sur 
les côtés de cette cavité, tournèrent l'occiput un 
peu en avant , et commencèrent ainsi le mouve- 
ment de rotation , qui s'acheva par les seuls elTorts 
de la femme lorsque le forceps eut été extrait. La 



270 PRATIQUE DES ACCOUClIEMElVS.' 

tête était alors à la vulve ; elle sortit sans peine , et 
sans peine le tronc la suivit. 

L'enfant était si vigoureux qu'il n'eut besoin 
d'aucun secours particulier. 

La mère fut prise peu après de fièvre , de réten- 
tion d'urine et de crampes réitérées dans la cuisse 
et la jambe droites. 

La sécrétion du lait dans les mamelles ne s'opéra 
point, et malgré toutes les représentations, cette 
femme sortit de l'hospice le neuvième jour encore 
gravement malade. 

Il aurait autant valu introduire directement les 
cuillers sur les côtés du bassin ; on aurait eu une 
prise tout aussi solide, un diamètre à peine plus 
considérable, et on aurait évité des tâtonnemens 
douloureux et faligans. Tout cela est vrai j mais 
devant les élèves on craint quelquefois de se mettre 
en contradiction avec les règles. 

N° LUI. 
Position presque transversale (6" ). — Forceps. 

Lafemmeavait vingt-neuf ans, elle était robuste, 
bien portante et au neuvième mois de sa deuxième 
grossesse. Elle arriva le 26 janvier 181 1 : le travail 
commençait. 

A neuf heures du soir, oui^erture des membranes 
et dilatation complète ; la télé est sentie au détroit 



D E U X 1 E r,T E !M K M O T P, E. T. 7 I 

supérieur, le front à gauche et au-dessus de l'ë- 
cliancrure sciatîque , roccipul à droite et vis-à-vis 
Je devant de la fosse iliaque. A dix heures , la tête 
s'est plongée dans l'excavation et a franchi l'orifice 
en conservant sa direction première : alors elle reste 
immobile , ou bien n'exécute qu'un très-léger mou- 
vement rolaloire qui la rapproche à peine de la 
deuxième position. Le 27 matin, une tumeur s'était 
formée sur le pariétal gauche : du reste rien n'avait 
changé. 

J'appliquai le forceps en commençant par la 
branche droite, et je parvins à l'amener jusque sous 
la symphyse pubienne ; j'introduisis ensuite la bran- 
che gauche dans la courbure du sacrum et je les 
réunis toutes deux. Le mouvement de jonction des 
branches avait déjà fait faire à l'occiput un pas en 
avant. Une légère torsion l'amena dans l'arcade et 
l'élévation des crochets suffit pour l'extraction totale 
delà tête. Tout le reste fut simple, facile et heureux. 

Le cas présent diffère trop du précédent pour 
qu'on puisse les confondre. Ici on a pu placer les 
branches du forceps sur les côtés delà tête, parce 
qu'elle était fort basse. Elle était trop haute dans 
le cas précédent, et l'angle sacro-vertébral s'y op- 
posait. En outre ici le front était à gauche (6^ po- 
sition): ilétait à droite (5" position) dans l'observa- 
tion qui précède. 



272 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

N» LIV. 

Position transversale (5^). —Forceps» 

Voici, quant au procédé opératoire, un fait loaî 
semblable au précédent. 

La nommée T , marchande de tisane, en- 
ceinte pour la troisième fois, commença à souffrir 
le 10 mars 181 7. 

Vers quatre heures du matin (11 mars), les 
inembrajies s'oiwrirent , et on trouva la dilatation 
faite et la tête dans le vagin , et par conséquent 
dans l'excavation, dirigée absolument en travers, 
le front à droite et l'occiput à gauche. La tête ne 
cessa de s'avancer que quand elle fut au détroit in- 
férieur : alors elle s'arrêta et les douleurs cessèrent 
presque entièrement. 

Vers midi, j'appliquai le forceps. On sentait aisé- 
ment une oreille derrière les pubis : c'étaitla droite. 
Sur cette oreille fut appliquée la branche gauche; 
la droite saisit la partie opposée, et toutes deux 
réunies opérèrent, par l'élévation et la torsion de 
leurs crochets, la rotation de la tête. Une fois loc- 
ciput placé dans l'arcade j la tête, qui faisait saillir 
le périnée , fut débarrassée du forceps, et quelques 
douleurs expuUrices excitées par la pression de mes 
doigl? sur le bord antérieur du périnée , produi- 
sirent le dégagement de la tête, que suivit immédia- 
tement celui du tronc. 

L'enfant était mort. La mère s'est rétablie- 



DEUXIÈME MimoiRi:. 275 

G'esl encore au peu d'élévation de la lêle qu'a été 
due la facilité de l'application du forceps. La pre- 
mière cuiller a été insinuée par le mouvement spi- 
ral ordinaire, et elle a surtout avancé au moyen de 
l'abaissement considérable imprimé à son crochet. 

Les traces que l'instrument laissa sur les côtés 
de la tête prouvèrent qu'il l'avait embrassée d'une 
oreille à l'autre presque transversalement : pour- 
tant la trace droite était un peu rapprochée de la 
tempe et de la région parolidienne, et la gauche 
de la région mastoïdienne. La tête ainsi saisie a pu 
recevoir aisément le mouvement de rotation que 
nous lui avons imprimé doucement et graduelle- 
ment. C'est un avantage dont on est toujours privé 
quand le forceps a pris la télé ou longitudinalement 
ou diagonalemenl ; ainsi je ne me détermine à la 
prendre ainsi que dans les cas de nécessité absolue : 
cette rotation est toujours un pas de fait; c'est un 
temps de gagné sur celui que la nature doit em^ 
ployer à l'expulsion du fœtus après qu'on a^ suivant 
ma méthode , extrait le forceps. 

N« LV. 

Position transversale (5^ ). — Forceps pour 
rétrécissement du bassin. 

Celte femme-ci était mal conformée; son bassin 
fut eslimé à h ois pouces , mesure prise du diamètre 
sacro -pubien du détroit abdominal. Elle se disait 
enceinte pour la première fois. 

]8 



274 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

Le travail se déclara le i'^'^ mars à trois heures 
du soir. Ce fut alors que je m'assurai positivement 
des dimensions du bassin. Outre ce que m'avait 
déjà appris un premier examen, je trouvai encore 
que le diamètre ischiatique du détroit inférieur n'a- 
vait que deux pouces et demi, et que l'épine scia- 
tique gauclie faisait en dedans une saillie remar- 
quable. La dilatation commençait, et la tête était 
haute. 

A trois heures du malin (2 mars), rupture des 
membranes y dilatation complète , douleurs toujours 
fortes ; la tête s'engage transversale (le front à 
droite) dans le détroit, puis dans l'excavation ; elle 
y reste jusqu'à deux heures de l'après-midi. Alors 
les douleurs s'affaiblirent et disparurent; l'orifice, 
franchi , était remonté vers le col du fœtus ; le for- 
ceps était devenu la seule ressource rationnelle. 

La branche gauche fut glissée jusque sous la 
symphyse pubienne en cheminant obliquement au 
coté droit du bassin. La droite fut enfoncée avec 
peine dans la courbure du sacrum ; l'extrémité de 
la cuiller était continuellement arrêtée par la cour- 
bure trop prononcée de cet os. Le bord concave de 
l'instrument regardait donc tout-à-fait à gauche : il 
fut ramené en avant avec t occiput par la torsion 
et l'élévation des crochets. L'occiput une fois dans 
l'arcade , l'élévation des crochets et des tractions 
modérées suffirent pour extraire la tête. 

L'enfant ne pesait que quatre livres; il s'est bien 
porté. La branche gauche avait laissé son empreinte 



DEUXIÈME MÉMOIRE. '275 

sur la tempe droite , et la branche droite sur 
l'oreille gauche. 

Mêmes rétlexions que pour les fa ils pre'cédens : 
tête basse , application presque latérale du forceps, 
rotation artificielle. Ici il y a eu pourtant quelque 
chose de plus : c'est que lextraction a été opérée 
toute entière par l'instrument, et que nous n'avons 
point, comme de coutume, confié à l'utérus et 
aux muscles abdominaux 1 expu'sion ultérieure du 
fœtus. Cette modification du procédé opératoire a 
été rendue nécessaire par la dinbrmilé du détroit 
inférieur. L'instrument était nécessaire dans le der- 
nier temps de l'opération , sinon pour attirer , du 
moins pour conduire la tête ; car la courbure très- 
prononcée du sacrum la força de sortir plus en 
avant et plus en haut qu'à l'ordinaire. 

L'enfant n'a vécu qu'à cause de sou petit volume. 

N" LVL 

Position transversale ( 5* ). — Forceps pour 
rétrécissement du bassin. 

Il s'agit encore ici d'un bassin difforme, La femme 
avait trente et un ans; elle était faible , pâle et lym- 
phatique , réglée dès Tâge de?eize ans, et peu abon- 
danunent. C'était, à son dire, sa première gros- 
sesse. Elle n'avait marché qu'à l'âge de trois ans. 

Le toucher fit reconnaître que son bassin était 
V'.cté de manière que la courbure du sacrum, trcs- 



?V 



HjG PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

prononcée et très-courte, permettait à l'index de 
sentir aisément Tangle sacro-vertébral. 

Le même doigt, par l'élévation de la main vers 
l'arcade, mesurait une étendue de quatre pouces 
moins un quart. 11 eu fallait déduire six lignes pour 
l'obliquité du doigt ; restaient trois pouces et un 
quart pour le diamètre sacro - pubien du détroit 
abdominal. 

Le i^"^ septembre 1818, à quatre heures du ma- 
tin , cette femme vint à la salle des accouchemens , 
éprouvant les premières douleurs. L'orifice était 
peu ouvert , mais très-dilatable ; les membranes 
bombaient dans les douleurs, et dans leur inter- 
valle on touchait la fontanelle postérieure vis-à-vis 
1 ilium gauche^ et l'antérieure un peu plus haut 
vers l'ilium droit. Les douleurs étaient fréquentes, 
et affectaient surtout la région lombaire. 

Les membranes se rompirent d'elles-mêmes vers 
dix heures; la position fut confirmée; les douleurs 
augmentèrent de force et de fréquence, et cepen- 
dant la tête ne descendit pas; elle parut descendre 
un peu, mais la tuméfaction produisit seule cette 
apparence : elle resta sur le détroit supérieur jus- 
qu'à dix heures du soir , époque à laquelle j'annon- 
çai la nécessité du forceps. 

La branche droite fut placée entre l'angle sacro- 
vertébral et le pariétal gauche ; l'autre pénétra obli- 
quement pour se placer entre les pubis et le parié- 
tal droit. Ce dernier mouvement ne fut pas , à beau- 
coup près, des plus faciles : il fallut talonner. Après 



J 



DEUXIEME MEMOIRE.' 2^7 

la réunion des branches , tractions inutiles. Le for- 
ceps, nécessairement porté fort en arrière dans la 
direction de l'axe du détroit supérieur, pressait dou- 
loureusement le périnée et repoussait le coccyx; ses 
cuillers, serrées entre les pubis et le sacrum avec la 
tête qu'elles contenaient , ne pouvaient descendre. 
J'ôtai les branches et je les introduisis hardiment 
sur les côtés du bassin , annonçant aux élèves que 
la tête était saisie du front à l'occiput : bientôt elle 
fut à la vulve, et le forceps, extrait alors, laissa s'o- 
pérer librement le mouvement de rotation hori- 
zontale. Il eut lieu de la manière ordinaire aux 
premières positions. La tête sortit presque aussitôt , 
et le tronc un moment après. L'enfant était mort; 
la mère s'est bien portée. 

S'il y avait ici quelque chose de semblable à l'en- 
clavement , ce n'était certainement pas cet encla- 
vement solide nommé paragomphose ^ puisque le 
forceps a pu en quelque sorte cerner la tête. La 
hauteur de la tête, et non sa conslriction, a nécessité 
l'application du forceps du front à l'occiput, et cela 
n'a pas mal réussi. 

C'est néanmoins une chose remarquable que la 
facilité avec laquelle^ dans un bassin ainsi vicié, nous 
avons pu placer les cuillers du forceps au détroit 
supérieur, l'une en avant, l'autre en arrière. Cela 
tenait sans doute au volume médiocre de la tête et 
à sa mollesse (putréfaction commençante) ; cela 
tenait aussi à sa mobilité, qui lui permettait de re« 



2-jS PRATIQUE DES ACCOUCHEIWENS. 

lîjDtifer pour être saisie par les cuillers ^ et à la ^/v'è- 
ÇFté (lu sacrum , qui perniettail à ces cuillers de 
porltr Ifur convexité au-delà de l'angle sacro-ver- 
tebral. Il résultait de là que la léle pouvait bien élre 
prise , mais non passer ainsi dans le détroit. Dès que 
la saillie convexe des en llers se trouvait piès de 
l'anj^ic sacro-vertébral , l'instrument était dirii^é en 
arrière par l'obliquité considérable du détroit supé- 
rieur; si on liîaitplus en avant, les pubis arrêtaient 
la convexité susdiîe, et s'opposaient à ce qu'elle 
dépassai. le détroit : une application latérale sauva 
tous ces obstacles. 

N" LVII. 

Position transvei^sale (5*^ ) changée spontané- 
ment en 5" de Bandelocque (4^). — Forceps 
pour suspension du iraK>ail. 

Utie femme de vingt- trois ans, sanguine et forte, 
réglée abondamment dès I âge de quinze ans , était 
enceinte de son premier enfant. 

Adnu'se avant terme à l'hospice, elle y attendit 
la fin de sa grossesse , et ressentit les premiers s^^m- 
ptônjes du travail puerpéral le 12 octobre t8i i , à 
deux heures du maliri. Examinée peu après, elle 
oflrit une dilatation de dix- huit à vingt lignes, un 
orifice à bords souples, des mend)ranes convexes et 
tendues sons l'influence de douleurs fortes et rap- 
prochées. Eti peu de temps dilatation complète; la 
tète s'approche du détroit supérieur, les mem- 



DEUXIEME MEMOIRE. 2 79 

branes se rompent , et elle ne descend pas. Une 
tuméfaction considérable empêchait , le soir , d'en 
reconnaître la position ; mais elle était descendue 
dans l'excavation , et bientôt elle franchit l'orifice. 

Alors on sent distinctement la fontanelle anté- 
rieure à droite , et la postérieure à gauche et plus 
bas. Cependant les douleurs continuent; le doigt 
appliqué sur la fontanelle postérieure en suit les 
mouvemens ; il la sent marcher en arrière en s'a- 
baissant davantage : la position est devenue une 
cinquième ordinaire. Après cela , immobilité com- 
plète , douleurs nulles. Même état toute la nuit ; 
en outre céphalalgie , anxiétés , malaise , vomisse- 
mens jaunâtres. 

Ija nature ne faisant plus aucun frais pour la ter- 
minaison de l'accouchement, M. Dubois^ qui fut 
consulté , jugea le forceps nécessaire et se chargea 
de l'opération. 

Le forceps fut employé suivant les règles de l'art, 
et placé obliquement de manière que son bord con- 
cave répondait à la face du foetus , et en avant et à 
droite du bassin ; les crochets inclinés en arrière et 
à gauche : on les releva doucement en les rappro- 
chant de la ligne médiane et en leur imprimant une 
légère torsion. La tête roula et le front se plaça der- 
rière les pubis. Alors tirant vigoureusement en 
haut, on dégagea l'occiput au-devant du périnée, 
puis détachant l'instrument, on vit la tête tomber 
comme d'elle-même en arrière , dégageant la face 
par son propre poids. Du reste , rien de remarqua- 



2 O PKATFQUE DES j\CCOl,'CHr.!nEN?. 

h\e. [/enfant , ne faible, s'est promplement ravive. 
Son poids était cle cinq livres trois quarts. Suites 
de couihes très-heureuses. 

Celle marche est rare dans les positions trans- 
vei-^nh"- ; plus ordinairement elles se réduisent à la 
première ou h la deuxième : celle-ci aurait dû se 
réduire à la première. 

N'' LVIir. 

Position tran vi rsai.e (5* un peu inclinée vers 
la fouliiuelie antérieure). — Forceps, 

Sortie sans rotation» 

D...1 , femme de vingt-huit à trente ans, d'em* 
bonpoinl notahle , enceinte pour la pren;ière fois et 
fi terme, commença à soufirir le 2'^ octobre 1820. 

Depuis l'à^'e de sept ans , cette fenmie est hémi- 
plégique ; ses deux j;imhes sont atrophiées et défor- 
mées; la coloime lombaire est déviée, et il y a eu 
là un ,ib, es considérable. Les pubis sout peu arqués 
et la vulve étroite. 

Travail lent , bains ■, saignée ^ etc. 

28 malin. E^a tète a en pailie franchi l'orifice ; 
elle est rians l'excavatiot) ; elle est transversale, de 
telle sorte que la fontanelle atitérieure est vers le 
côté dro t , mais rapprochée du centre , et presque 
fiussi basse que la postérieure. La suture sagittale 
appuie sur le bas du sacrum. 

application du Jorceps. La branche gauche ne 



DEUXIEME MEMOIR.E. 201 

put avancer que sur le coté du bassin , et par con- 
scquenl sur le front; la droite fut appliquée de 
Tantre côté et sur rocciput. L'orifice utérin, qui 
n'avait pas complètement remoulé vers le col, 
força d'introduire la main dans le vagin pour guider 
les cuillers. 

Les branches articulées, les crochets présentèrent 
un écartementconsidérable ,* ils furent liés ensemble. 
On tira doucement en les relevant. La tête avança 
toujours transversale , et quand elle fit fortement 
^illir le périnée, je crus devoir ôter l'instrument. 
Je n'en eus pas le temps : la tête sortit sar s rotation ; 
le pariétal droit se releva au-devant des ischions. Le 
périnée, bien soutenu, fut préservé de la déchirure, 
qui paraissait inévitable. La délivrance a suivi de 
près. Le col de l'utérus me parut dur en avant et 
mou en arrière, et échancré des deux cotés, le 
corps dur et contracté. 

L'enfant a crié tout de suite : c'était un garçon 
de sept livres. Il avait une trace du forceps sur la 
racine du nez et le front, et une autre sur l'occiput 
et la nuque. 

La mère a été menacée de péritonite ; les sangsues 
1 ont promptement débarrassée : elles ont aussi dis- 
sipé une douleur fixe qM a duré plusieurs jours dans 
la région de la symphyse pubienne. 

L'application du forceps fut faite, cette fois, sous 
mes yeux , par une personne de confiance. 

Le resserrement des deux branches de l'arcade 



282 PRATIQUE RES ACCOUCIiEMENS." 

pubienne, qui rapprochait la forme de ce bassin de 
celle du bassin de l'homme , est probablement une 
des causes qui ont empêché la branche gauche du 
forceps de passer en avant et de s'en tenir à une 
application occipito-fronlale. L'orifice utérin, que 
j'ai trouvé échancré sur les côtés, l'était sans doute 
avant l'opération , car elle n'offrit point de difficul- 
tés ; ou n'y employa aucune violence et on ne cher- 
cha à vaincre aucune résistance : cet accident tenait , 
je pense ^ à la rigidité de l'orifice. Au reste, rien de 
fâcheux n'en a été la suite. On sait que des échaiT- 
crures plus ou moins profondes ont lieu vers un des 
côtés de l'orifice dans presque tous les preriiiers 
accouchemens ; les cicatrices qu'elles laissent en font 
foi : c'est même un des principaux signes auxquels, 
chez une femme qui n est pas en travail , on recon- 
naît qu'il y a déjà eu un accouchement. Ces échan- 
crures se font d'ordinaire du côté où passe l'occiput, 
à gauche dans la première position^ etc. ; elles n'ont 
rien de dangereux quand elles ne sont pas très-pro- 
fondes. 

N° LÎX. 

Position transversale (S*"). — Forceps pour 
suspension desfflouieurs . 

Sortie sans rotation. 

Pal r, âgée de vingt-deux ans, paraissant 

forte et sanguine, se disait enceinte pour la pre- 
mière fois el à terme. 



I 



DEUXIÈME M É MO I n E. 285 

Le i5mai 1816, elle ressenlait depuis quelques 
heures des douleurs faibles et éloignées , quand tout- 
à-conp les membranes se rompirent : il était huit 
heures du soir. La dilatation s'acheva bientôt , la 
tète du fœtus marcha rapidement et descendit dans 
Texcavation pelvienne , sans toutefois franchir l'o- 
rifice lUérin ; elle caillait entre les lèvres de la vulve 
sans sêtre encore débarra-sée de cet orifice , qu'elle 
avait fait descendre avec elle. Là , elle s'arrêta toul- 
à-failel les douleurs cessèrent. Le 16, à huit heures 
du malin , nul chanj^ement. 

Le forceps est indiqué et appliqué. La peau du 
crâne, énormément tuméfiée ^ cachait les sutures 
et les fontanelles , et la tête était si basse que l'on 
supposa qu'elle avait roulé horizontalement et que 
l'occiput était en avant. L'événement nous détrompa; 
car le forceps , appliqué fiicilcment et simplement 
sur les côtés du bassin , amena la tête dans une di- 
rection transversale ^ le front à droite et l'occiput à 
^^auche. Ce fut ainsi qu'elle traversa la vulve sans 
lésion du périnée, qui fut vigoureusement soutenu, 
€t par un mécanisme tout semblable à celui du fait 
précédent. 

L'enfant périt peu après sa naissance , et par suite 
d un affaiblissement graduel que rien ne put arrêter 
i»i exp iquer. 

La délivrance fut simple et suivie d'une légère 
Iiémorrhagie qui s arrêta spontanément. 

Le lendemain il survint des douleurs abdominales, 
une rétention d'urine et de la fièvre. 



284 PRATIQUE DTÎS ACCOUCIIEMENS.' 

La péritonite fît des progrès malgré les anli-phlo- 

gistiques , les évacuans et les dérivatifs, et Pat r 

succomba le troisième jour. 

C'est sans doute à ce défaut de rotation de la tête 
qu'il faut attribuer la suspension des douleurs et 
rimmobiiilé du fœtus, et c'est peut-être à la lon- 
gueur du travail qu'il faut attribuer la péritonite. 
On ne doit donc jamais compter sur la sortie de 
la tête transversalement placée , si la rotation ne 
s'opère pas , pas plus que sur celle de la tête placée 
diagonalement si la rotation ne peut se produire. 
L'art doit terminer de pareils accouchemens. Quant 
à la cause qui a empêché ici la rotation de se faire , 
j'avoue qu'elle m'est lout-à-fait inconnue. 

Il est bon de faire remarquer encore que la bran- 
che gauche du forceps n'a point porté sur la^ace, 
mais sur \q front. 

Cela tient à ce que le front seul se trouvait comme 
d'ordinaire au niveau de l'occiput, et même un peu 
plus élevé que lui : or, les deux branches réunies 
pénètrent nécessairement à la même hauteur : donc 
si l'une est appliquée sur l'occiput , l'autre ne peut 
aller au-delà du front. Nous l'avons déjà démontré 
ailleurs. 



DEUXIÈME MEMOIRE. 2â5 

N" LX. 

Position presque transversale ( 5* espèce , ou 
i"^ variété de la 5^ espèce ). — Forceps. 

Jeanne Barb..r, âgée de vingt-sept ans, femme 
courte et grosse , à peau brune , paraissant robuste 
et cependant ridée et vieille , était enceinte pour la 
première fois et parvenue à la lin du neuvième 
mois. 

Lorsque je la touchai , le travail durait depuis 
vingt-six heures , les membranes étaient rompues , 
les douleurs étaient nulles ou très-faibles et très- 
rares ; la tête, volumineuse , occupait l'excavation 
du bassin. Je trouvai bien distinctement, malgré la 
tuméfaction, la suture lambdoïde et l'occiput tour- 
nés vers la face interne de l'ischion gauche, peut- 
être pourtant un peu plus en arrière et un peu plus 
abaissés que le reste du crâne. La vulve et le vagia 
offraient une élroitesse remarquable. 

Quant à l'état général , abattement , fatigue , soif 
vive , chaleur à la peau , céphalalgie , fièvre. Une 
saignée de deux palettes et un demi-bain n'ont 
nullement avancé les affaires. Je propose le forceps^ 
et la malade accepte sans réflexions : en général elle 
montre beaucoup de courage passif : pourvu qu'il 
ne faille de sa part aucun mouvement , elle consent 
à tout. 

La tète du fœtus se voyait entre les lèvres de la 
vulve à un pouce de profondeur. 



aSG PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

La branche gauche put sans peine être glissée 
obliquement jusque sous les pubis; mais la droite 
ne put s'enfoncer dans la courbure du sacrum : la 
tète, poussée en arrière, lui défendait tout passage, 
et son extrémité heurtait contre le haut de la cour- 
bure; l'abaissement de son crochet ne la fit pas 
entrer plus aisément. 

J ôlai donc la branche gauche et j'eus la facilité 
de disposer cosivenablement la droite ; mais il fut 
dès-lors impossible de faire avancer sa congénère 
au-delà de la région cotyloulienne droite. En arti- 
culant les branches , je sentis la droite s'avancer 
vers i'échancrure sciatiquc gauche; je crus un mo- 
ment que la tête avait roulé en même temps et que 
l'occiput s'était rapproché de l'arcade : elle n'était 
que devenue tout à- fait transver^a'e et remontée un 
peu plus haut. Saisie obliquement comme elle I était, 
elle fut attirée vers l'exlérieur; en mênie temps les 
cuillers du forceps devinrent lout-à-faii latérales 
par rapport au bassin, et par conséquent 1 occiput 
se tourna un peu en avant. Le verlex distendait le 
périnée. Je désarticulai doucement le forceps et je 
Tôlai avec précautions. Enôtantla dernière l)ranche 
(droite ), je favorisai sans le vouloir la rotation de 
la tête; Toccipiil entra dans l'arcade. Deux douleurs 
utérines et quelques efforts qu'on parvint à obtenir 
de Jeanne Barb.-r, expulsèrent la tête , et le reste 
suivit immédiatement. 

L'enfant était fort gros; il ne donna aucun signe 
de débilité. La branche gauche du forceps a va :iy^// 



DEUXIEME MÉMOIRE. 2 87 

trace sur le haut du frontal droit : cela tenait à 
l'abaissement de l'occiput. La branche droite s'était 
imprimée derrière et sous l'oreille gauche. 

Après l'accouchement , perle de sang légère et 
promplement suspendue ; mais continuation delà 
lièvre et menace de péritonite. 

Malgré l'évacuation de six palettes de sang , tirées 
en trois fois , dont la dernière a produit la syncope ; 
malgré plus de soixante sangsues appliquées à la 
vulve et à l'hypogastre ; malgré les bains , le cata- 
plasme, les laxatifs , les narcotiques , etc. , la péri- 
tonite fît des progrès effrayans, et enleva celte 
femme le cinquième ou sixième jour de sa couche. 

Un épanchement séro-purulent occupait la cavité 
du péritoine. L'épiploon adhérait à l'utérus et était 
fortement tendu par la réduction de ce viscère dans 
l'hypogastre. Nulle lésion de l'orifice utérin ni de 
l'utérus lui-même ; légère déchirure au périnée. 

Cette adhérence de l'épiploon à l'utérus a-t-elle 
été la cause de son inertie après l'accouchement et 
de l'hémorrhagie €|ui a eu lieu alors ? La fatigue 
de l'organe à la suite d'un travail si long l'explique 
beaucoup mieux, ce me semble. 

Je ne répèle pas ici les rétlexions que m'ont main- 
tes fois inspirées des cas analogues sur les difficultés 
de l'application du forceps sur les côtés de la tête. 
C'est surtout au détroit supérieur que cela est diffi- 
cile : on voit ici que la chose n'est pas facile non plus 
dans l'excavatioa pour les po5iV/o/zs transversales > 



288 PRATIQUE DES ACCOUCIIEMENS. 

On noiera la rolalion que les branches du forceps 
ont imprimée isolëmenl à la télé , soit dans le pre- 
mier, soit dans le dernier temps de l'opération. 
Une très-légère impulsion a suffi pour cela, parce 
que telle était la tendance delà nature. 

Encore une remarque. Ces femmes à la fois pa- 
resseuses et courageuses ne sont pas très-rares; 
on en voit beaucoup qui ne veulent faire aucun 
frais, et qui aiment mieux souffjir davantage, 
pourvu qu'il leur en coule moins de travail. Quel- 
quefois cette insouciance^ celle paresse liennenl à la 
fatigue , à l'épuisement , au découragement et à 
l'impatience. Nous voyons aussi qi-elquefois des 
femmes paresseuses mais craintives : nul raison- 
nement ne peut les déterminera faire le moindre 
effort; mais l'approche d'un instrument leur donne 
des forces et un courage tout nouveau : c'est une 
disposition plus favorable. 

N°LXÏ. 

2* Position. — Perforation du crâne; Forceps. 

La nommée R...,t, âgée de vingt ans, et déjà 
accouchée une fois , nous fut apportée le 1 1 mai 
i8i5. 

On avait, à deux reprises différentes, essayé 
l'application du forceps, et la sage-femme qui avait 
recueilli cette malheureuse n'avait eu recours à 
notre hospice que comme à la dernière ressource. 



DEUXIÈME mÉmOIRÏÏ. 28g 

R.... tétait en travail depuis quarante-huit heures: 
depuis vitigt-f|uatre, les membranes étaient rom- 
pues, et la tête était immobile sur le détroit supé- 
rieur et placée dans la deuxième position. 

L'utérus était un peu (fort peu) incliné en avant 
et à droite; la tète était bien diiigée, puisque la 
fontanelle postérieure se laissait aisément sentir 
derrière rén»inence ilio peclinée droite. Il y avait 
eu des douleurs tiès-énergiques, et il en paraissait 
encore de temps à autre; le bassin paraissait très- 
bien conformé : pourquoi donc la tête n'éiait-elle 
pas descendue dans l'excavation? C'est un problème 
que, pour mon compte, je chercherais vainement à 
résoudre. 

L'enfant ne remuait pbis depuis long- temps, 
tout annonçait qu'il était mort; la peau du crâne 
était même beaucoup moins tuméfiée qu'on n'au- 
laii dû l'attendre d'un si long travail , et la tunjeur 
était molle et comme œdémateuse. 

Ne connaissant pas l'obstacie qui retenait la tête, 
jeconmiençai par diminuer son volume. J'y parvins 
à l'aide du perce-crâne de Smeliie (i)- Il ouvrit la su- 
ture sagittale fort près de la fontanelle postérieure. 
La masse du cerveau ^ broyée par Tinstrumenl et 
délayée par des injections d'eau tiède, sortit en 
grande partie. 



(1} M le professeur Dubois , qui est consulté dans tous les 
cas difficiles, m'a confié dans pres(jue tous ceux-ci la termi- 
naison de raccouchemeni. 

19 



290 PRATIQUE DES ACCOUCHEMF.NS. 

J'appliquai alors le forceps , et sans nVinquiéter 
des règles ordinaires, je plaçai les branches sur les 
côtés du bassin. La tête, affaissée, vint sans peine , 
le tronc la suivit. 

L'enfant commençait à se putréfier ; son volume 
était égal à celui d'un enfant de sept livres. C'était 
un garçon. 

La mère avait de la fièvre, même avant son ac- 
couchement : cette fièvre ne cessa qu'après la sé- 
crétion du lait : dès-lors plus de malaise, et bientôt 
rétablissement parfait. 

Je rappellerai , relativement à l'application du 
forceps , ce que j'ai dit ailleurs, que peu importent 
en pareil cas les diamètres par lesquels on saisit la 
tête : elle est vide , elle est molle et réductible ; ses 
diamètres s'accommodent à ceux du bassin dans 
quelque direction qu'elle descende , surtout quand 
c'est le forceps qui l'amène en la serrant et l'apla- 
tissant. 

N° Lxn. 

Position transversale r.r inclinée (pariétal 

■ droit, 6* variété delà 5^ espèce). — Forceps , 

Perce-crâne , Crochet aigu , crochet mousse. 

La nommée M....t, âgée de vingt-quatre ans, 
rachitique, ayant les tibias fortement courbés en 
avant, était cependant déjà accouchée deux fois et 
sans peine. L'un de ses enfans avait quatre ans, et 
l'autre deux, lorsqu'elle se présenta à nous enceinte 
de neuf mois, et souffrant depuis trois jours. 



D E U X I E ai E MEMOIRE, 29 ï 

24 avril 1820. Commencement des douleurs, qui 
persistèrent presque sans interruption jusqu'à la 
terminaison de l'accouchement. 

2j. Dilatation complète , eaux évacuées ; tête du 
fœtus au-dessus du détroit supérieur. Le malin, ua 
jeune accoucheur tente quatre fois l'application du 
forceps, et quatre fois l'instrument échappe. Le 
soir , on nous apporte la malade : elle est pale 5 
abattue , se plaint de fatigues extrêmes et de dou- 
leurs continues, mais peu vives. La vessie^ très-déve*- 
loppêe et close par la compression de l'urètre, nepeuL 
être vidée qu'après plusieurs tentatives de cathété-^ 
risme et l'apposition delà femme sur le bord du lit. 

L'abdomen est volumineux, l'utérus oblique ea 
avant , au point de faire un angle droit avec les 
pubis. 

On ne sent dans ie bassin que la peau du crâne 
tuméfiée; la position n'est point appréciable _, et 
1 angle sacro-vertébral est accessible (quoique diffi- 
cilement) à l'extrémité du doigt explorateur. 

Depuis sept heures jusqu'à huit durèrent les 
eC'orts que je tentai pour la délivrance. Cet espace 
de temps fut employé: 

1°. K y application du forceps^ La première po- 
sition était présumable ; mais il fut de toute impos- 
sibilité d'avancer la branche gauche sur l'éminence 
ilio-pectinée; à grande peine pouvait-on la retenir 
sur le côté droit du bassin. Il n'était pas moins dilli- 
cile de maintenir au côté gauche la branche droite , 
laat était forte la tendance qu'avaieul toutes deux 



202 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

à glisser dans la courbure du sacrum , parce qu elle 
ëlait plus prononcée que d'ordinaire. 

Après bien des essais (dans lesquels j'eus toujours 
soin de suivire les branches jusqu'à l'orifice, que 
la tête n'avait franchi que partiellement), je par- 
vins à serrer les cuillers latéralement appliquées. 
Elles n'étaient point assez enfoncées ; un obstacle 
les repoussait ; je pensai qu'il était produit par l'o- 
rifice interne. Aussi, quoique réintroduit quatre à 
cinq fois , toujours l'instrument descendait sans la 
tête , et sans mes soins il serait plus d'une fois sorti 
des parties génitales. 

2". A 1 emploi du perce-crâne. Le travail durait 
depuis long-temps ; l'enfant avait déjà souffert bien 
des violences , tant de la part de l'art que de celle 
de la nature ; la mère n'en avait, depuis douze ou 
quinze heures , perçu aucun mouvement : sa mort 
était plus que probable. Le forceps fut laissé en 
place ; le perce-crâne traversa la tumeur et s'arrêta 
sous un os convexe. Un doigt porté dans l'ouver- 
ture suivit , en détachant le périoste , une surface 
qui parut être celle d'un pariétal , et arriva en ar- 
rière et à gauche à une suture membraneuse dont 
les os se croisaient. Ce croisement donna moyen de 
percer la suture, et avec un peu de travail, je parvins 
à percer aussi la méninge, et à agrandir assez l'ou- 
verture de la peau pour permettre à une portion 
de l'encéphale de sortir presque spontanément. 

"ù^. Le crochet aigu fut mis dans l'ouverture , et 
on lira sur lui et en même temps sur le forceps. La 



DEUXIÈME MEMOIRE.* 2gù 

léte descendit ; un doigt remplaça le crochet, qui 
glissait sur les os et déchirait la peau. Le furceps 
glissait aussi ; mais il servait à diriger la télé : en 
un instant elle fut à la vulve. Là, nouvelle diffi- 
culté : l'occiput se tourne en avant, il est dans 
l'arcade, et pourtant la tête résiste. D'une main 
glissée entre le périnée et le front , je vais chercher 
la face et je l'amène au dehors. Toute la tête est 
sortie , et le tronc ne descend pas. Ces difficultés 
sont dues , i» à ï entraînement du vagin , qui forme 
un bourrelet à l'intérieur de la vulve ; 2° à la con- 
striction de la matrice, qui est moulée sur le corps 
de l'enfant, et surtout au resserrement de l'orifice 
interne sur son col. 

Pour vaincre ces obstacles, je fis tirer sur la tête; 
en même temps je glissai les doigts jusqu'à l'aisselle 
gauche placée à gauche et en arrière ;sur ces doigts 
je conduisis le crochet mousse du forceps, et je tirai 
l'épaule en arrière et en bas. Dès-lors tout marcha 
rapidement. 

Le fœtus était mort , mais depuis peu ; point de 
putréfaction : c'était un garçon d'un très-gros vo- 
lume. Le perce-crâne avait labouré le pariétal droit 
et percé la suture lambdoide. La fontanelle posté- 
rieure s'était déchirée par la suite. C'était sur le 
pariétal droit qu'était la tumeur ; elle s'étendait jus- 
qu'à l'orbite droit. 

Tout cela indiquait que le pariétal gauche s'était 
arrêté sur l'angle sacro-vertébral, avait incliné la 



:2fj4 PRATIQUE DES AcrouciiEr.ir.^s. 

têlc vers l'ëpaule droite en la laissant transversale 
et probablement renversée un peu vers le dos. De 
là l'inslabilité du forceps, qui, dëvie par le vice du 
dc'troit supérieur et forcé de rester sur les côtés , ne 
saisissait la tète que par le front et l'extrémité la plus 
saillante de Tocciput, Celui-ci^ situé à une hauteur 
égale à celle du front , ne pouvait être embrassé 
par la cuiller; l'extrémité seule de l'instrument 
appuyait sur sa convexité. 

L'obliquité de l'utérus fut sans doute une des 
causes de l'inclinaison de la tête ; la principale fut 
1 avancement de la saillie sacro-vertébrale, qui re- 
liutle pariétal gauche. Les enfans que cette femme 
avait eus jadis se sont sans doute offerts pîus direc- 
tement au détroit supérieur, et peut-être étaient-ils 
plus petits. L'obliquité est, comme on sait , d'au- 
tant plus grande que les grossesses ont été plus mul- 
lipiiées. 

Les efforts tentés au «lOjen du crochet aigu agis- 
saient ici dans un sens assez favorable , quoique 
nous l'eussions appliqué sans trop savoir oii ; il a dû 
contribuer à la réduction de la lêle et à favancc- 
menl de diamètres plus favorables ; et il Ta fait 
d'autant plus aisément que le volumedu crâue avait 
été dimiimé par sa perforation. Vous avez vu qu'il 
déchirait les parties et perdait prise au point de nous 
forcer de lui substituer un doigt. Quand la chose 
est possible, il faut préférer ce crochet-là à tout 
autre : c'est du doigt que je parle : on l'accommode 
aux circonstances^, on se rend conjpte des résistances 



DEUXIÈME MÉMOIRE. 2^5 

et de la prise qu'on a; enfin on ne blesse pasla mère, 
et on ne déchire l'enfant qive le moins possible. 

Avant de terminer, je rappellerai encore celle 
conslriclion de l'orifice interne de l'utérus sur le 
col de l'enfanl. J'ai dit, dans le premier Mémoire, 
qu'elle était assez fréquente et toujours fort gênante. 
Ici elle seule a produit , 1° la difficulté de l'enfon- 
cement des cuillers; 2** la résistance de la tête au 
forceps _, et en second lieu l'entraînement du vagin 
par suite de celui de tout l'ulérus, que les épaules 
tiraient en bas ; 5° enfin la dit^culté de l'extraclioa 
des épaules, même après la sortie de la tête , et 
la nécessité de l'emploi du crochet mousse. Le col 
s'était , sous nos tractions, considérablement al- 
longé , et l'épaule était trop élevée dans le bassin 
pour pouvoir être, avec quelqu'avantage, accro- 
chée par les doigts de l'une ou de l'autre main. 

N« LXIIÏ. 

Position inconnue. — F'ersion pour inertie. 

La femme qui donna matière à cette observation 
avait dix-neuf ans , et se disait enceinte pour la pre- 
mière fois et à terme. Elle ressentit les premières 
douleurs puerpérales le 5 novembre 1816. Dans les 
premiers momcus du travail, on trouva l'orifice 
utérin fort en arrière , épais , dur et peu ouvert; 
la tète du fœtus était fort haute. Pendant tout ce 
jour et tout le lendemain ( 6 novembre ) , progrès 
presque nuls , douleurs très-faibles. 



2^5 pratiqi:e des accouciiemkns." 

Le soir du (i novembre, la dilatalion e'tait com- 
plele, et !a têle toujours fort élevée et dans une po- 
çilion qu'] était impossible de reconnaître. 

Je résolus de profiter de l'/'/z^é'^/vVeV/e^ membranes 
pour faire exécuter la version. L'élève ch a rj^ée d'al- 
ler chercher les pieds introduisit la main droite vers 
la pjirlie postérieure du bassin : l'une ou l'autre 
était à- peu-près indiflérenle. Elle repoussa douce- 
ment la tête à droite et pénétra entre les membranes 
et ruif-nis, jusque vers le fond d(^ cet organe; là elle 
roni| it les membranes et sentit sur-le-champ les 
fesses , des^cendil sur les cuisses , déploya une jambe 
et entraîna un pied : c'était le jjauche : il servit ensuite 
h guider Li main, qui bientôt amena son semblable. 

Les tractions ordniaires furent opérées sur les 
deux membres : le tronc descendit tournant sa face 
sternale vers le côté droit du bassin. 

La têle fut retenue un instant au détroit supé- 
rieur ; mais deux doigts de la main gauche glissés 
jusque dans la bouche l'amenèrent dans l'excavation 
du bassin ^ et de là au dehors après la rotation né- 
cessaire. 

Leufanl était faible ; mais il s'est rétabli : c'était 
une fille du poids de cinq livres. La mère est sortie 
de la maison dans un état de santé parfaite , douze 
jours après son accouchement. 

Nouvel exemple d'immobilité de la tête au-dessus 
du détroit supérieur, sans cause cormue. Les dou- 
leurs élaieut faibles ; mais bien des femmes n'en ont 



DEUXIEME MEMOIRE. 297 

point de plus fortes jusqu'à ce que la lête se soit 
tout à-fait enfoncée dans l'excavation. Peut-être 
pourrait-on ici meure ce phénomène sur le compte 
de la position , puisqu'on n'a pu l'apprécier. On ne 
pourra l'attribuer au vice du bassin, car cette femme 
était très-bien conformée. 

Ce n'est pas non plus ici le cas de l'attribuer à la 
résistance des membranes. Ici nous n'avions pas , 
comme quand il en est ainsi , une poche aplatie et 
fort peu d'eau entre elle et la tête : celle-ci , au con- 
traire , était libre et mobile , mais fort haute et 
point engagée dans le détroit abdominal. 

L'accouchement fut terminé par mademoiselle 
Gervais, du département de la Seine. 

N° LXIV. 

DEUX OBSERVATIONS DE POSITIONS INCONNUES. 

Version dujœtus ; sortie d'une main et dun pied ^ 
hémorrhagie. 

Une femme de quarante ans , autrefois heureu- 
sement accouchée , était pour la troisième fois ea 
travail. Depuis un mois elle toussait et avait une 
lièvre continue. 

Le 9 novembre 1819, douleurs continuelles, mais 
faibles, dans l'abdomen et surtout dans les lombes : 
ces dernières la fatiguaient singulièrement. Le 
ventre était tendu et sensible ; l'utérus paraissait 
contenir beaucoup d'eau , et à travers l'orifice me- 



2q8 pratique des accouchemens. 

diocrement dilaté , on sentait dislinclement la léte 
du fœtus haute et mohiJe. 

Les membranes s'ouvrirent; l'eau s'échappa avec 
force et abondance ; la malade en fut soulagée; 
mais le flot d eau entraîna un pied et une main sous 
la tête. 

En quelques heures l'orifice se trouva entière- 
menldilaté; le pied s'étaitbeaucoup avancé , tandis 
que la tête était restée au -dessus du détroitsupérieur. 

La version en devenait plus facile. Je lirai le pied 
au dehors : c'était le droit ; son talon était tourné 
à gauche et la jambe occupait la partie postérieure 
du bassin : en conséquence, je ne voulus pas tirer 
sur ce membre lui seul , et je glissai sur lui ma maia 
droite jusqu'aux fesses. Je repoussai, chemin fai- 
sant , la tête, qui s'opposait à mes manœuvres. Par- 
venue aux fesses , ma main , dirigée en avant , 
sentit la cuisse gauche et mes doigts s'appuyèrent 
sur Taîne ; mais le fémur, placé en travers du bassin, 
résistait à mes tractions et se serait plutôt rompu : 
je laissai donc glisser l'extrémité de mes doigts sur 
le bord externe de la cuisse; ils lombèient natu- 
rellement entre elle et la jambe : alors ils embras- 
sèrent le jarret , et , s'appuyanl sur le genou , firent 
descendre sans danger el sans peine la totalité du 
membre : celui-ci une fois réuni à l'autre^ l'extrac- 
tion devint facile. 

Celle dernière manœuvre, que j'ai décrite en dé- 
tail, mérite, si je ne aie trompe, beaucoup d'allen- 



DEUXIÈME M E r»I O I R E.' 2gr) 

lion : c'est une de ces circonstances qu'on ne peut 
assigner à aucune règle précise _, et qui ne sont sou- 
mises qu'à la sagacité et à l'habileté de l'opérateur. 
La version était ici bien indiquée ; elle était aussi 
bien facile , quoique la position de ia tête fût incon- 
nue. Dans le cas suivant , la position était aussi in- 
connue , et cependant la version fut encore très- 
facile à cause de l'inlégrité des membranes. La pe- 
titesse du fœtus y fut peul-élre aussi pour quelque 
chose : cependant fort souvent cette petitesse embar- 
rnsseet déroute plus qit elle nest utile , sinon pour 
1 extraction , au moins pour la recherche des pieds. 

La version fut nécessité par une hémorrhagie 
inquiétante (i). Le tampon, appliqué depuis quatre 
ou cinq jours , avait permis d'attendre la dilatation 
de l'orifice : cependant la femme était très-faible. 

De la main droite j'écartai le piacenta , qui était 
greffé sur l'orifice , et je pénétrai dans l'utérus en 
rompant les membranes vers le milieu de sa cavité. 
En passant j'avais senti la tête ; ma main tomba sur 
les pieds , et je les amenai sans difficulté tous deux 
au dehors. 

L'enfant était petit et faible, car cette femme 
n'était grosse que de sept mois et demi , et elle 
avait perdu bien du sang ; il a vécu trois heures 
seulement. Quant à la mère, elle est morte le troi- 

(i) Cette femme, nommée Jac.t;, âgée de trente-cinq ans 
environ, était forte et avait eu déjà plusieurs eufans. Elle est 
ffiorle vers le 25 décembre i S ^.o. 



500 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS.^ 

sièrae jour d'une maladie assez singulière, et qui a 
é[é rapportée à la fièvre ataxique; elle avait eu une 
vive douleur à la fesse gauche avec gonflement et 
lividité. 

A l'ouverture du cadavre , on trouva le muscle 
fessier réduit en détritus brunâtre , comme une 
espèce de boue fétide. Pareille boue fut trouvée 
dans les veines de l'abdomen , surtout la veine cave 
et les iliaques , même dans les crurales. 

Voilà comme je me conduis toutes les fois que , 
avant la rupture des membranes , la version me 
paraît indiquée. Quoique la position ne me soit pas 
connue , je préfère néanmoins ces cas à ceux où la 
rupture des membranes me met à même de la dis- 
tinguer. Il est si facile de faire tourner un enfant au 
milieu des eaux ; il est si facile de le parcourir et de 
chercher le lieu où se trouvent les pieds; si facile 
encore de les saisir, de déployer les jambes et de 
faire descendre le tout ; révolution se fait avec tant 
de promptitude et de sécurité, que je n'hésite pas 
à profiter de si grands avantages sans m'aslreindre 
à des règles qu'il est souvent impossible de suivre. 
La version ainsi brusquée demande peut-être un 
peu d'habitude et d exercice pour que tous ses avan- 
tages soient réels ; mais n'en est-il pas ainsi de la 
version méthodique? ÎN'en est-il pas ainsi de toutes 
les opérations chirurgicales ? 



DEUXIEME MEMOIRE. ÔOI 

N'' LXV. 

i'"* Position (non connue). — Version pour 
inertie utérine et procidence d'une main. 

Dans l'avanl-dernière semaine du mois de décem- 
bre 1820 , nous eûmes à l'hospice une femme en- 
ceinte pour la première fois, et qui nous offrit un 
de ces exemples si nombreux d'immobilité de la 
tête au détroit supérieur , sans cause reconnue. 
Celle-ci, quoique robuste, n'avait que de faibles 
douleurs ; l'utérus était à peine oblique en avant et 
à droite. La tète, fort mobile, ne pouvait être sentie 
qu'en courbant l'index derrière les pubis ; elle était 
séparée de la poche membraneuse par une grande 
quantité d'eau , et la dilatation était presque com- 
plète : cependant point de progrès. Je souligne les 
signes différentiels qui distinguent ce cas d'avec 
celui où la rupture des membranes peut produire 
l'accouchement spontané. Après quelques heures 
d'attente , nous nous aperçûmes qu'une main avait 
glissé sous la tète, et qu'elle llottait derrière elle 
dans la poche membraneuse. Cet accident, joint à 
l'inertie de l'utérus, nous détermina à agir le plus 
promplement possible en profitant de l'abondance 
de l'eau. Je présumais la tête dans la deuxième 
position : aussi je conseillai à l'élève que je choisis 
pour lopération d'introduire la main droite. La 
personne dont je parle n'ignorait pas que dans un 
«tirus rempli d'eau on agit librement , et que le 



50S PRATIQUE DES ACCOUCilEMENS. 

choix de la maia était peu important ici : elle donn» 
donc volontiers la préférence à la main droite, qui 
est toujours plus exercée que la gauche. Elle l'intro- 
duisit de la manière ordinaire , détacha doucement 
les membranes d'avec l'ulérus, et parvint au milieu 
de la cavité des viscères sans avoir introduit l'avant- 
bras plus loin que sa partie moyenne. Arrivée là 
à travers les membranes, elle sentit le côté gauche 
de l'enfant , s'assura qu'il était placé comme dans la 
première position du sommet, et sans hésiter davan- 
tage, portant la main en supination forcée, elle saisit 
en arrière et à droite et les deux pieds et les mem- 
branes. Celles-ci se déchirèrent aux premières trac- 
tions , et avec le premier flot d'eau , les deux pieds 
arrivèrent ensemble dans le vagin. L'évolution, opé- 
rée sur-le-champ, fut des plus faciles, car l'eau n'avait 
pas encore eu le temps de s'échapper entièrement ; 
l'extraction ne le fut pas moins : aussi l'enfant et la 
mère a'eurent-ils besoin d'aucun secours particulier. 

Celte manœuvre fut exécutée en moins de trois 
minutes. Elle me servit à confirmer encore à mes 
élèves assemblées Tulilité et les avantages incon- 
testables de cette manière d'opérer. 

Il était facile devoir combien on aurait perdu de 
temps et de facilités , et de combien on aurait dimi- 
nué la sécurité , l'innocuité parfaite de l'opération 
relativement à la mère et à l'enfant aussi. 

Celui - ci était d'un volume ordinaire^ sis livres 
environ. 



DEUXIÈME MÉMOIRE. 5o5 

Quelques personnes à qui j'avais enseigné ma mé- 
tliode pour la version brusquée ainsi, ont agi un 
peu différemment en pareil cas : du moins elles 
me l'ont assuré. Elles ont porté la main dans une 
pronation forcée , ont passé sur le dos de l'enfant , 
sur la fesse droite , et ont saisi les pieds en descen- 
dant sur sa partie antérieure. Cette manœuvre doit 
être fort difficile, quoique l'enfant soit mobile , et 
qu'on puisse peut-être amener un peu vers la main 
les parties à saisir. Il est si simple d'incliner un peu 
la main sur son bord cubital , et de forcer un peu 
la supination , que je ne sais comment on a pu avoir 
l'idée de prendre une roule différente. D'ailleurs , 
en agissant comme dans l'observation qu'on vient 
de lire , on n'enfonce que peu l'avanl-bras ; il faut 
l'introduire tout entier pour passer par-dessus les 
fesses : c'est se donner une peine bien gratuite, et 
causer à la femme des souffrances inutiles. 

N° LXVI. 

i'® PosiTioif (non connue). — Version pour 
inertie utérine. 

Le i8 janvier 1821, je reçus à l'hospice une 
femme de vingt ans, forte et sanguine, réglée de- 
puis l'âge de dix-sept ans , et trois à quatre jours 
chaque mois. C'était sa première grossesse , et elle 
était presque à terme. 

Le 23 du même mois , à dix heures du soir, elle 



5o4 PRATIQUE DES ACCOUCHESIENS.' 

monta à la salle des accouchemens. Le travail com- 
mençait; la dilatation était de quinze lignes; les 
membranes, fortement tendues, empêchaient de dis- 
tinguer quelle partie présentait le fœtus; d'ailleurs, 
cette partie , fort élevée , n'était sentie que du bout 
de l'index recourbé derrière les pubis. Tout ce 
qu'on pouvait reconnaître , c'est qu'elle était dure 
et volumineuse. 

A deux heures du malin (26 janvier), céphalalgie, 
rougeur de la face. (Saigriée de ti'ois palettes.) Sou- 
lagement. A quatre heures , dilatation complète ; 
tête au-dessus du détroit supérieur , reconnaissable 
seulement à sa convexité et à sa résistance; posi- 
tion inconnue. Jusque là les douleurs avaient été 
fortes et soutenues; mais alors disparition totale^ 
inertie parfaite 

A neuf heures, même état. Ilj a beaucoup d'eau 
entre les membranes et la tête , et t orifice est com^ 
plètement dilaté : ce n'est donc pas là le cas d'ou- 
vrir les membranes et d'attendre : la version est 
décidée. 

Une élève, chef de pratique, c'est-à-dire une an- 
cienne , désignée par le sort , est chaigee de l'opé- 
ration. Comme la première position est la plus 
fréquente , je l'engage à introduire la n;ain gauche. 
En effet, elle reconnaît en passant la première po- 
sition, détourne un peu la tête, et pénètre, en con- 
servant les membranes, jusqu'au fond de l'utérus; 
là elle rompt les membranes , sent les fesses et 
saisit presque sur elles le pied gauche ; elle l'amène 



DEUXIÈME MÉMOIRE. 5o5 

à la vulve, où nous les fixons par un lacs , en sui- 
vant le membre sorti ; elle rentre dans l'utérus pour 
extraire le pied droit. Tous deux furent bientôt au 
dehors , et avec le dernier flot d'eau , les jambes et 
les cuisses sortirent du vagin , de telle sorte que 
leur partie antérieure répondait en avant et à gau-* 
che. C'est la direction que leur donne naturellement 
une évolution simple; mais d'ordinaire, en tirant 
sur le pied qui répond aux pubis , nous convertis- 
sons cette direction en une plus favorable^ et nous 
tournons la face antérieure du foetus en arrière. 
Les hanches s'engagèrent avec une tendance mani- 
feste à se porter du côté droit , et je crus devoir 
favoriser cette tendance : en effet, le tronc descen- 
dit ; mais je ne pus jamais porter le sternum en ar- 
rière : il resta en avant et à droite. Celte résistance 
du tronc tenait à une disposition singulière du bras 
gauche. Ce bras avait croisé le dos , il avait remonté 
vers la nuque ; mais l'avant-bras était resté à droite 
du fœtus , et sa main se laissa voir sur le bord an- 
térieur du périnée. Je pris cette main , je la rame- 
nai en avant, et je fis ainsi descendre le bras sur le 
dos pour le rendre enfin parallèle au côté gauche. 
Celte réduction permit au tronc de tournera l'ins- 
tant le sternum en arrière et à droite^ comme il le 
fait dans la première position des pieds ; l'autre 
bras sortit avec une extrême facilité, et la têle 
également; mais avant de dégager ces deux parties, , 
il fallut débarrasser le bras et l'épaule gauches d'une 
anse de cordon ombilical dont ils étaient entou- 

30 



3o6 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

rés : ce ne fut qu'avec ménagemeat et lenteur que 
je pus y parvenir. Malheureusement jusque là le 
cordon avait été tiraillé et comprimé : c'est à cette 
"^ fâcheuse circonstance qu'il faut attribuer la mort de 
l'enfant. On ne put le ranimer. La mère est sortie 
bien portante le huitième jour de ses couches. 

L'élève qui avait opéré la version est mademoi- 
selle Senef , du département du Nord. 

Je ne ferai point ressortir l'avantage qu'on a eu 
ici en conservant les membranes jusqu'au moment 
de saisir les pieds : c'est une remarque que le lec- 
teur ne peut manquer d'avoir faite. Ce qu'il y a eu 
de plus intéressant pour les élèves, par cela même 
que la chose était plus visible , c'est le dégagement 
du bras gauche ^ et non-seulement son dégagement 
hors des parties génitales , mais encore hors de 
l'anse du cordon qui l'entourait. Elles ont vu 
comment on peut se dispenser souvent de faire la 
section de cette partie dans des cas où elle entoure, 
même d'une manière serrée , les membres du 
fœtus. Or, la section du cordon ne serait pas tou- 
jours sans inconvéniens; si^ par exemple, l'extrac- 
tion de la tête élaït longue et difficile (ce dont on 
ne peut jamais d'avance affirmer le contraire) , l'en- 
fant pourrait , pendant ce temps , s'asphyxier com- 
plètement , ou périr d'hcmorrhagie (r). 

(i) Ce fait , dont j'ai été témoin oculaire, m'a confirmé 
dans certaines idées relativesau dégagement irrégulier du bras : 



V DEUXIEME MÉMOIRE." 507 

N° LXVII. 

i'* Position. — Version pour hémorrJ agie utérine. 

Une femme d'environ vingt -deux ans, mus- 
culeuse et fortement colorée, était parvenue au 
dernier mois de sa première grossesse lorsqu'une 

on trouvera ci -après, numéro i^xyii , une observation 
dans laquelle il s'est rencontré quelque chose d'analogue. J'ai 
été aussi témoin du fait , et si bien que c'est moi-même qui ai 
fracturé l'humérus. Les difficultés que son dégagement avait 
présentées m'inspirèrent la théorie qu'on pourra lire dans 
cette observation : cette théorie fut approuvée et adoptée en 
partie par madame Lachapelle ; mais elle n'adopta point les 
conséquences pratiques que je crus pouvoir en tirer , et sus- 
pendit son jugement jusqu'à nouvelle enquête. 

Tous les accoucheurs ont connu les difficultés et le danger 
qui résultent du croisement d'un bras derrière la nuque, et tous 
ont appliqué à ce cas les procédés ordinaires , c'est-à-dire qu'ils 
ont toujours cru qu'il fallait dégager le bras en avant, soit qu'ils 
n'y employassent que les doigts , soit que, comme le profes- 
seur Dubois, ils y employassent le crochet mousse. N'est-il 
pas des cas où l'on devrait au contraire le dégager en arrière? 
C'est ce que je veux ici éclaircir , c'est ce que le fait précédent 
prouve, à mon avis , sans réplique. Pour s'en assurer, il faut 
bien se rendre compte de la manière dont se produit le croi- 
sement : c'est ce que personne ne me paraît avoir bien com- 
pris. Quand on imprime au fœtus renfermé dans un utérus 
vide d'eau un mouvement de rotation générale, il est évident 
que les bras frottant contre l'utérus pourront ne point suivre 
la rotation du tronc ; si l'utérus e.^t moulé sur l'enfant , les" 



3oS PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS: 

hémorrhagie abondante par le vagin la força d'en- 
trer aux infirmeries de la maison d'accouchement. 
Le loucher nous apprit que le placenta , collé sur 



bras resteront nécessairement en place, le tronc seul tournera, 
et un des bras^qui était d'abord parallèle au cô;é du tronc , se 
trouvera parallèle au dos. 

Cela fait , tirez en bas le tronc du fœtus , le bras qui est sur 
le dos sera encore retenu par l'utérus 3 il sera de plus retenu 
par les pubis si, comme c'est l'ordinaire, la rotation géné- 
rale a eu pour but de mettre le dos vers la paroi antérieure 
de la matrice. Ainsi retenu , il se fléchira en arrière , deviendra 
transversal, croisera le dos, et peu après, moulant davantage 
encore, il croisera la nuque et se trouvera serré entre l'occiput 
et les pubis. C'est le cas de l'observation précédente^ rien 
n'est plus évident. Eh bien ! si vous vouliez en pareil cas 
réduire le bras en le ramenant devant la face et le faisant 
passer sur l'oreille de son côté , n'est-il pas visible que vous 
tordriez l'arliculation , et que vous fractureriez ou l'humérus 
ou la clavicule ? 

C'est ce qui est arrivé dans l'observation numéro lxvii. Au 
contraire, comme dans le numéro lxvi, qui donne lieu à 
celte note , faites descendre le biaspar le chemin qu'il a suivi 
d'abord, c'est-à-dire le long du dos, et tout rentrera dans 
l'ordre primitif. 

On m'objectera qu'on a quelquefois réussi à réduire le bras 
en avant [vq/ez observation n° lxxii ) : je ne le nie pas, et 
voici comme je le conçois. En devenant transversal sur le dos, 
le bras, s'il est volumineux , devra fléchir son avant-bras f 
la main sera, comme dans le numéro lxvi , tournée en bas 
et le coude en haut; mais s'il est peu volumineux, l'avant- 
bras pourra rester étendu; le bras pourra rouler sur le dos à 
la manière d'uu cylindre, et de telle façon que le coude re- 



DEUXIÈME MEMOIRE." 5og 

l'orifice utérin , était la cause de l'hémorrhagie : 
celui-ci admettait à peine le bout du doigt , et cepen- 
dant le sang coulait avec tant d'abondance que la 



garde en bas et la main en haut. Celle torsion se communi- 
quera à l'articulation , et alors sa disposition sera telle que le 
bras sera sans danger dégagé en avant, et qu'il ne serait impu- 
nément dégagé en arrière qu'au moyen d'une nouvelle tor- 
sion en sens inverse de la première. 

La difficulté, maintenant , est de distinguer un cas d'avec 
l'autre , et cela n'est pas si facile. Cependant j'ai déjà dit que 
la torsion n'avait guère lieu qu'avec un bras peu volumineux. 
Ajoutons que, dans le croisement ^a«5 torsion, la pointe ou 
l'angle inférieur de l'omoplate est très- rapproché du rachis : 
cette disposition était des plus remarquables dans l'observation 
numéro lxvii; elle en est, au contraire, fort éloignée, ou 
du moins peut facilement en être éloignée quand la torsion 
a eu lieu. 

Dans les deux cas , cette pointe est fort saillante et éloignée 
des côtes. Qu'on se souvienne encore que la torsion est diffi- 
cile ^ et rare par conséquent. 

Au reste , si le diagnostic n'est pas encore parfait , il pourra 
le devenir : il me suffit d'avoir donné l'éveil et tracé la roule 
à quelques observateurs plus habiles. Moi-même je n'y re- 
nonce pas encore , et je compte reprendre tôt ou tard les 
expériences que j'avais commencées à ce sujet. L'affaire est 
assez importante pour qu'on s'en occupe sérieusement : la vie 
et la santé de l'enfant en dépendent souvent lout-à-fait 
immédiatement. 

Vaut-il mieux accrocher le coude avec les doigts ou le 
crochet mousse j vaul-il mieux chercher la main , etc. ? Ce 
sont des problèmes qu'on résoudra quand on aura mieux 
«dairci le rçste. Je termine en priant le lecteur qui voudra 



5lO PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

femme ea était pâle et faible, et que son pouls 
commençait à prendre une petitesse et une mollesse 
inquiétantes. 



constater par lui-même tout ce que je viens d'avancer, ou 
qui voudra pousser plus avant ces utiles recherches , de ne 
point s'en tenir aux exercices du mannequin ^ de se contenter 
encore moins de travail d'imagination et de spe'culations in- 
tellecluelles : c'est sur un cadavre d'enfant nouveau-né qu'il 
faut faire ses expériences , et ce qui serait mieux encore; c'est 
dans un bassin muni de ses parties molles et débarrassé seu- 
lement de l'utérus , du rectum et de la vessie, qu'il faudrait 
en essayer : c'est de cette manière que j'ai procédé jusqu'à 
présent. 

Ce n'est pas pourtant sur cela seul que sont basées mes 
opinions; car, outre les deux observations mentionnées, j'en 
possède encore huila dix, soit recueillies par moi; soit extraites 
des collections de madame Lachapelle , et toutes à l'appui de 
ce que j'ai avancé. ( Vojez entre autres le numéro lxxxiv. ) 

Au moment oii je termine cette note , une réflexion nou- 
velle- se présente à moi et je la donne telle quelle, car je n'ai 
pas la prétention d'offrir ici une dissertation régulière. 

On peut croire qu'il est une antre manière de produire le 
croisement en question. Par exemple, lorsqu'après l'évolution 
l'enfant est sorti jusqu'au thorax , le plus souvent les bras 
seront relevés sur les côtés de la tête; si, dans ces circonstances, 
vous imprimez une rotation à l'enfant, un des bras pourra 
rester derrière l'occiput, et, glissant sur sa convexité, descendre, 
poussé par les contractions utérines , jusque sur la nuque et la 
croiser transversalement. En pareil cas l'indication serait posi- 
tive : c'est en devant que devrait s'opérer le dégagement. 
Cette idée n'est pas sans vraisemblance j mais observons , s'il 
vous plaît p lo que cette disposition sera fort rare, si jamais 



DEUXIÈME MÉMOIRE. 5x1 

Les douleurs étaient très-faibles. On tamponna 
le vagin , c'est-à-dire , qu'on le remplit de charpie. 
Elle s'imbiba, non de sang^, mais d'une sérosité rou- 
geâtre qui parut être en grande partie de l'urine. 

Quinze heures après les douleurs s'accrurent et 
se rapprochèrent , quoique peu aiguës , et plutôt 
obtuses et accablantes. 

Ij'abdomen offrait, jusque dans l'épîgastre, un dé- 
veloppement remarquable , et tel que plusieurs élè- 
ves s'en inquiétaient , et soupçonnaient la formation 
d'un vaste épanchement sanguin dans l'utérus. 

La rénitence , l'élasticité et la résonnance de cette 
tuméfaction et l'état des forces m'avaient suffisam- 
ment tranquillisée à cet égard. Tout cela n'était du 

elle a lieu , parce que quand le Ironc est si avancé , la rotatioa 
est presqu'impossible à exécuter j parce que l'occiput doit 
pousser le bras et l'empêcher de passer derrière lui j parce 
que ce croisement demande un effort vigoureux , et tel qu'on 
ne peut le supposer à l'utérus qui agirait sur le bras avec 
très-peu d'avanfage , et tendrait peut-être plutôt à le repousser 
au-dessus qu'au-dessous de l'occiput ; parce qtie, enfin, les 
tractions extérieures, loin de favoriser ce croisement, tendraient 
à le détruire. a°. Que cette disposition , si elle existait , serait 
des plus faciles à reconnaître par rapport à l'omoplate. Il est 
évident que l'angle inférieur de cet os serait fortement porté 
en avant par le mouvement de bascule qui lui est propre , 
l'angle antérieur étant tiré en arrière. Il serait donc plus 
facile encore de distinguer ce cas-là , qu'il ne l'est de recon- 
naître la deuxième variété (après torsion) du cas première- 
ment détaillé : les indications seraient absolument les mêmes. 

( iVo/e de V éditeur. ) 



5l2 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

qu'à des matières gazeuses accumulées dans l'intestia 
grêle. Je voulus cependant savoir s'il était temps 
d'agir : je vidai le vagin , et je trouvai l'orifice mé- 
diocrement dilaté^ mais très-dilatable. 

Le placenta n'adhérait point en arrière; là je sen- 
tais les membranes unies et libres : je les ouvris à 
l'instant dans l'espoir de resserrer l'utérus et de sus- 
pendre ainsi l'hémorrhagie, de faire avancer la tête, 
que j'avais sentie, et d'accélérer l'accouchement, en 
en commettant toutefois l'exécution à la nature. Ce 
fut en vain : la tête resta là , et peu d'eau sortit. Je 
reportai la main droite dans le vagin pour en éva- 
cuer davantage ; mais trouvant les choses favora- 
blement disposées, j'aimai mieux aller sur-le-champ 
à la recherche des pieds. J'enfonçai la main , et je 
les rencontrai un peu au-dessus de la tête; en même 
temps je reconnus que celle-ci était dans la première 
position. Je n'avais pas introduit la main recom- 
mandée par la théorie ; je n'avais pas suivi le côté 
de l'enfant ; l'abondance de l'eau et la liberté du 
fœtus rendirent inutiles toutes ces précautions , qui 
m'auraient fait perdre beaucoup de temps et de fa- 
cilités. En tirant sur les pieds , je fis d'abord virer 
l'enfant comme s'il eût été dans la deuxième position 
du sommet. En effet, j'avais amené le pied gauche 
en avant, et cela tenait à la manière dont je les 
avais saisis tous deux de la main droite. En tirant 
principalement sur le pied gauche, je fis tourner 
ïe fœtus davantage encore, et je lui donnai la direc- 
tion qu'il a dans la première position des pieds (Bau- 



DEUXIÈME MÉMOIRE." 5l5 

delocque). L'enfant descendit en conséquence de 
telle manière que le sternum regardait en arrière et 
à gauche. Les aisselles étaient à la vulve. Je déga- 
geai d'abord le bras droit, qui était le plus en arrière : 
rien de plus facile. Il n'en fut pas ainsi du bras gau- 
che : retenu par l'utérus , contre lequel il appuyait 
pendant qUe le tronc suivait la torsion ou la rota- 
tion que j'ai décrite, il s'était trouvé sur le dos; puis, 
à mesure que le tronc descendait , il s'était relevé 
vers la nuque, toujours retenu par les frottemens de 
l'utérus et bientôt par la saillie des pubis : enfin il se 
trouvait serré entre l'occiput et la symphyse pu- 
bienne. Vainement plusieurs personnes essayèrent 
successivement de le dégager en le faisant passer par- 
dessus l'occiput pour le ramener devant la face. J'an- 
nonçai aux élèves qu'on ne pourrait le faire qu'en 
cassant l'humérus et peut-être aussi la clavicule. 

Si l'enfant eût vécu, j'aurais laissé venir les choses 
telles quelles, et j'aurais, à tout événement, dégagé 
à la fois la tête et le bras; mais Tenfant étant mort 
(le cordon ombilical était putréfié) , je permis à 
l'un des assistans de renouveler ses cfiforls. Comme 
je l'avais prévu , l'humérus fut rompu, et alors 
le dégagement fut facile. La tète sortit sans 
peine ; le périnée resta intact , ainsi que l'orifice 
utérin. 

Quoique délivrée spontanément du placenta , et 
quoiqu'elle eut perdu une très-grande quantité de 
sang , celle femme fut prise d'une péritonite dont 
Jes suites ont été funestes. 



5l4 PRATIQUE DES ACCOUCHEMINS.' 

La péritonite est assez fréquente et ordinaire- 
ment funeste à la suite des hémorrhagies utérines 
qui ont lieu avant ou après l'accouchement. 

N" LXVIII. 
i'"* Position. — Version pour inertie. 

Le 5 novembre i8i2_, une femme de trente- 
quatre ans, enceinte pour la cinquième fois et à 
terme , commença à souffrir vers le soir. A cette 
époque oa trouve l'orifice dilaté et la tête immobile 
au-dessus du détroit supérieur, mais dans une posi- 
tion inappréciable à cause de la hauteur. On attend 
quelques douleurs , et la tête ne descend pas. On 
ouvre les membranes : l'eau s'écoule et la tête reste 
immobile. 

Je me décide alors à la version du fœtus sans at- 
tendre que la matrice soit contractée et moulée sur 
ses membres. 

Une élève est choisie à cet effet , et présumant 
avoir affaire à la première position , elle introduit 
la main gauche , repousse la tête à gauche, marche 
sur le côté gauche du fœtus, passe sur les fesses et 
amène la jambe gauche en la déployant. Le côté in- 
terne de celle-ci la conduit à l'autre , et bientôt les 
deux pieds sont à la vulve, les orteils en avant et à 
gauche. L'élève tire sur le pied droit venu le dernier 
et placé plus en devant que l'autre. Le pelotonue- 
TVfent s'opère , et on porte la ^ambe droite vers le 
coté gauche du bassin. Ce mouvement touroe aussi 



DEUXIÈME MÉMOIRH. 5l5 

les talons en avant et à droite , c'est-à-dire , comme 
dans la deuxième position des pieds (Baudelocque) . 
Les hanches se dégagent , la droite en avant : après 
leur sortie le tronc tourne spontanément en spirale, 
et le sternum regarde en arrière et à droite. Il en 
résulte que le bras droit doit être dégagé au-devant 
du périnée et le gauche sous les pubis. 

Le tout s'opère avec facilité , et l'accouchement 
se termine comme de coutume, et avec les suites les 
plus heureuses pour la mère et pour l'enfant. 

Cette observation offre un exemple de ces cas oii 
la tête reste haute sans cause connue ; point de diffor- 
mités , point d'obliquités. On y trouve encore un 
exemple de l'irrégularité du mécanisme de l'expuî- 
sion du tronc. Ici cette rotation extraordinaire n'a 
eu aucun mauvais effet , sans doute parce que l'utérus 
était peu resserré, et qu'il n'a pas retenu les bras 
pendant que le tronc tournait. 

L'opération fut faite par mademoiselle Rouget , 
élève du département de Seine-et-Oise. 

N° LXIX. 

1"^* Position. — Version pour issue du cordon 
ombilical. 

Le 22 août 1814, une femme de trente-un ans , 
arrivée au neuvième mois de sa quatrième gros- 
sesse, entra à l'hospice vers le milieu du jour. 



5l6 PRATIQUE DES ACCOUCIÏEMENS.' 

La dilatation de l'orifice vaginal de l'utérus com- 
niençait à peine ; mais sa mollesse et la ténuité de ses 
bords faisaient préjuger qu'elle serait prompte et fa- 
cile. Les membranes étaient entières , ert au-dessus 
de leur poche flottait dans beaucoup d'eau une anse 
du cordon ombilical. La tête , élevée au-dessus du 
détroit abdominal, le laissaitlibre et n'empêchait pas 
ses pulsations. A quatre heures du soir, la dilatation 
était complète; les membranes s' ouvrireiit ; la lêle 
fut aisément sentie dans la première position , mais 
trop haute pour être saisie avec le forceps. 

En conséquence, je me décidai à profiler de l'hu- 
midité des passages et de Veau qui restait encore 
dans Viitérus pour faire opérer la version avant que 
la tête, en descendant, ne comprimât le cordon et 
ne mit en danger les jours de l'enfant. 

L'élève sage-femme choisie pour cet objet intro- 
duisit la main gauche , et , suivant les règles, dont 
l'exécution était ici utile et possible (i), elle re- 
poussa la tête à gauche , suivit l'épaule gauche , en 
tâchant de la ramener en devant comme pour con- 
vertir la première position en quatrième : de l'é- 
paule elle avança sur le côté , 3ur la hanche et la 
fesse gauche , descendit le long de la cuisse jusqu'au 
jarret, déploya la jambe en plaçant le pouce sur le 



(i) Utile, parce tjue les membranes étaient rompues et 
l'utérus déjà un peu resserré j possible , parce que l'utérus 
n'était pas conlraclé au point d'empêcher la main de marcher 
à son Clé. 



DEUXIÈME MÉMOIRE.' HlJ 

genou et les doigls sur le mollet , et amena le pied 
dans le vagin. Ce pied fixé par un lacs , l'autre fut 
amené comme dans l'observation précédente , et ^ 
comme dans cette même observation, il fallut porter 
la jambe droite eu bas et en arrière pour avoir une 
position semblable à la deuxième des pieds; car vai- 
nement rélève avait cherché, avant le peJotonne- 
ment et dès la première introduction de la main , à 
pousser en avant l'épaule gauche : le fœtus n'avait 
pas tourné. Le reste de l'extraction ressembla en 
tout à celle que nous avons décrite dans le numéro 
précédent. 

L'enfant, bien vivant, était une (îlle du poids de 
six livres. 

La mère s'est bien portée ; elle est partie le 26 
août. 

Accouchement terminé par mademoiselle Gon- 
dran. * 

N° LXX, 

i''^ Position. — Fersion pour immobilité sans 
cause connue. 

Le sujet de cette observation est une femme de 
vingt-huit ans, réglée dès l'âge de douze ans, quatre 
à cinq jours par mois , forte et sanguine. Elle était 
accouchée déjà sans difficultés d'un enfant à terme. 

Le 10 février 1816, elle était parvenue à la fin 
du neuvième mois de sa deuxième grossesse. Vers 
le soir, on trouva l'orifice utérin un peu dilaté (six 
lignes), ses bords durs et épais; les membranes 



5l8 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

bombaieul fortement pendant les douleurs, qui re- 
venaient de temps à autre et duraient trois à quatre 
minutes. 

Nulle partie du fœtus n'était sensible au toucher. 
Le travail marcha dans la nuit , quoiqu'avec lenteur, 
de telle sorte que le 1 1 au malin la dilatation était 
suffisante pour donner passage a l'enfant j les bords 
de l'orifice étaient mous et souples, les contrac- 
tions énergiques et fréquentes , et néanmoins les 
membranes bombaient sans descendre beaucoup , 
et le fœtus ne laissait sentir qu'une partie volumi- 
neuse appuyée sur le devant du détroit supérieur. 
Cette partie était probablement la télé ; mais pas 
assez basse pour qu'on pût affirmer que ce n'étaient 
pas les fesses. Ce ne fut qu'un peu plus tard et dans 
riniervalle d'une douleur que cessa toute équivoque : 
une suture sentie par le doigt leva tous les doutes. 

Vers le milieu du jour, nul progrès sensible, 
et pourtant continuation des douleurs. 

Je résolus de profiter de l'intégrité des mem- 
branes et de la présence de l'eau de l'amnios pour 
terminer un accouchement dont le retard devenait 
inquiétant. Il y avait trente-six heures que les pre- 
mières douleurs avaient paru. 

J'ignorais dans quelle position s'offrait la tête ; 
mais la première était la plus probable , et la main 
gauche fut en conséquence préférée à la droite. 

Une élève ancienne opéra sous mes yeux : la main 
introduite sur le coté droit et postérieur du bassin , 
entra dans l'orifice , glissa entre les membranes et 



â 



DEU.XIÈMI MÉMOIRE. SlQ 

la paroi postérieure et droite de l'utérus : arrivée au 
fond de l'organe , celle main enfonça et rompit les 
membranes, saisit la hanche gauche , la reconnut, 
et descendit de là sur la jambe gauche, qu'elle dé- 
ploya et amena à la vulve. Un lacs retint le pied au 
dehors, et de la même main , l'élève suivant la par- 
lie postérieure du membre dégagé , puis redes- 
cendant sur la fesse et la cuisse droites , déploya 
doucement et amena la jambe droite. Les deux 
piedsj réunis à la vulve^ avaient leurs talons à droite 
et en arrière, leurs orteils à gauche et en devant; 
le gauche appuyait sur le périnée , le droit était 
derrière les pubis. 

Je recommandai à l'élève de tirer sur ce dernier 
en le portant en hat et à gauche, de manière à faire 
descendre la hanche droite derrière le trou sous- 
pubien gauche. Cette traction, adroitement exécutée, 
imprima au tronc un mouvement de rotation qui 
se combina avec celui d'évolution , et le dirigea 
comme dans la deuxième position des pieds. Les 
jambes furent enveloppées d'un linge; on tira sur 
elles d'abord , puis sur les hanches^ en portant le 
corps alternativement vers la fesse droite et vers 
l'aîne gauche : de cette manière les aisselles descen- 
dirent dans l'excavation : le sternum regardait alors 
le ligament sacro-sciatique gauche. 

L'épaule gauche fut abaissée et le bras dégagé 
vers le périnée ; les mêmes parties du côté droit, 
furent abaissées et dégagées sous les pubis. Ce fut 
le pouce de la main droit e qui , porté vers le pli 



520 PRATIQUE DES ACCOUCHEAiÉNS.' 

du coude, abaissa le bras droit ; le gauche fut extrait 
par l'index et le médius de la main gauche. Cela fait, 
l'élève porta la main droite vers l'échancrure scia- 
tique gauche : elle était dans un état moyen entre la 
pronation et la supination. Bientôt l'index et le mé^ 
dius sentirent à gauche et en arrière la bouche du 
fœtus : ces deux doigts abaissèrent la mâchoire et la 
face dans l'excavation, et finirent par la tourner vers 
le sacrum. Pendant ce temps ^ la main gauche , 
appliquée sur les épaules et laissant le col entre l'in^ 
dex et le médius , tirait la tête au dehors en lui fai- 
sant suivre successivement les différens axes du bas- 
sin , c'est-à-dire, qu'elle tira d'abord en bas, puis 
horizontalement, puis en haut, en relevant le tronc 
vers la région pubienne. Je soutenais moi-même le 
périnée taudis que la face se dégageait, et il ne re- 
çut aucune atteinte* 

La délivrance fut simple. 

L'enfant fut aisément ranimé : il pesait sept livres; 
il était du sexe masculin. 

La mère eut, après la sortie du placenta, une 
légère hémorrhagie que l'air frais et des frictions 
sur l'abdomen arrêtèrent complètement : du reste , 
prompt et parfait retour à la santé. 

Opération faite par mademoiselle Jacquinol* 

Voilà encore un de ces cas où la suspension du 
travail me paraît inexplicable , ou du moins presque 
inexplicable. Tête bien conformée, paraissant bien 
située, bassin bien fait, douleurs énergiques, dila- 



DEUXIÈME MÉMOIRE. 32 1 

talion suffisante : que peut-on demander de plus? 
Les membranes n'étaient point d'une densité ex- 
traordinaire; elles étaient poussées par une quan- 
tité d'eau assez considérable. Aurait-on dû les ou- 
vrir ? N'aurait-on pas couru le risque de se priver 
sans fruit de l'immense avantage qu'offrait leur in- 
tégrité? Aurait-on dû attendre leur rupture spon- 
tanée ? L'enfant ne courait-il pas des risques réels 
par la longueur du travail ? Voilà bien des ques- 
tions à résoudre ; voilà matière à bien des conjec- 
tures. La détermination que j'ai prise dit assez 
quelles ont été mes opinions. 

N" LXXI. 

i'^* Position d'abord inconnue. — Version pour 
rétrécissement du bassin. 

La femme était âgée de vingt-sept ans , forte et 
sanguine , du moins en apparence, réglée dès l'âge 
de quatorze ans avec périodicité et deux à trois 
jours chaque fois. Elle était enceinte de son troisième 
enfant et jusque là bien portante. 

5 jaiîi^ier 1821 j a une heure après-midi, pre- 
mières douleurs puerpérales; orifice ouvert d'envi- 
ron vingt lignes , membranes entières, tête difficile 
à sentir au-dessus du détroit supérieur. 

La malade nous apprit que les deux accouche- 
raens précédens avaient requis les secours de l'art. 
Ces renseignemens m'engagèrent à examiner le 
bassin , et je lui reconnus seulement trois pouces et 

21 



^22 PRATIQUE DES ACCOUCIIEBIENS. 

un quart de diamètre anle'ro- postérieur. J'observai 
en même temps que l'enfant paraissait volumineux, 
à en juger , du moins , par le développement du 
ventre. En conséquence , aussitôt que la dilatation 
fu,t complète (trois heures de l'a près midi ) , je ré- 
solus de profiter de linlégrité des membranes. 

La tête était trop haute pour que sa position fût 
appréciable : à tout événement , l'élève chargée 
d'opérer introduisit la main droite. Sans rompre les 
membranes , elle reconnut que la tête élaii dans la 
première position , et continua d'avancer; elle ren- 
contra le placenta et m'en avertit : je lui donnai 
ordre de rompre les membranes, de pénétrer ainsi 
jusqu'à l'enfant , et de saisir les pieds a main levée. 
Le placenta, sans doute peu adhérent , se décolla et 
sortit avec le flot d'eau qui suivit la main de l'élève 
lorsqu'elle la tira au dehors. Elle avait amené le pied 
gauche près de la vulve ; il y fut fixé par un lacs : 
j'introduisis alors la main gauche et j'amenai bientôè 
[e pied droit. L'évolution fut facile; mais la tête, 
arrêtée par le détroit supérieur, ne sortit qu'à l'aide 
d'efforts considérai les. L' enfant, du sexe féminin et 
du poids fie près de sept livres , naquit faible, mais 
fui bientôt ranimé ; il conserva quelques jours de la 
tuméfaction sur les côtés du nez , lieu sur lequel 
avaient porté les doigts qui faisaient l'extraction 
de la tête* 

Les deux premiers jours se passèrent également 
bien relativement à la mère ; les lochies coulèrent en 
quantité modérée , mais sulfisaute ; la couslipation 



DEUXièME MÉMOiREo 32 S 

céda à l'emploi de la mixture huileuse (huile de 
ricin et sirop de chicorée). Mais les jours suivaiis , 
nu lieu des symptômes ordinaires de la sécrétion du 
lait , parurent des douleurs abdominales avec fièvre, 
céphalalgie , etc. ( Boissons adoucissantes et cal^ 
mantes , bains j, sangsues. ) Diminution graduelle 
des symptômes, et, vers le huitième jour, com- 
mencement de la convalescence. Le i5 janvier j 
sortie de l'hospice ,* santé parfaite. 

L'opération fut faite par mademoiselle Pelletier , 
du déparlement de Seine-et-Oise* 

Le resserrement du bassin à ce degré-là suffit 
{)0ur empêcher la tête de s'engager convenablement 
et de descendre par les seuls efforts de la nature ; 
l'application du forceps à pareille hauteur est trop 
incertaine et trop difficile ; d'une autre part , le res- 
serrement n'est pas assez considérable pour requérir 
rinslrument tratichant. Reste donc la version : elle 
dotuie moyen d'agir sur la tète avec asseis, d'énergie 
et en lui faisant présenter ses plus petits diamètres : 
c'est ce qu'on a vu dans l'observation. Son extrac- 
tion a néanmoins été difficile: la mâchoire inférieure 
ne présentait pas assez de résistance pour produire 
UM abaissement suffisant de la face et du front ; il a 
fallu agir pour cela sur les os malaires en ap* 
puyant deux doigts sur les côtés du nez^ On agirait 
en cet endroit d'une manière bien plus cer!ai{>e et 
plus efficace si on y avait une prise suffisante; mais 
nj.ilheureusemcQl rien ne relient les doigts appuyés 



5^4 TRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

là ; Us glissent à chaque instant; il faut presser 
autant pour les maintenir que pour abaisser la face. 
Il m'est arrivé quelquefois, lorsque l'enfant était 
mort , de porter les doigts jusqu'aux orbites : leurs 
bords m'offraient alors une prise sùre^ sur laquelle 
je pouvais agir avec les pins grands avantages. 

Le placenta paraît avoir été décollé ici par l'effort 
qu'on a fait pour ouvrir au dessous de lui les mem- 
branes. Rien de plus variable que la force des 
adhérences du placenta : quelquefois il adhère au 
point de nécessiter l'introduction de la main et 
d'exiger une opération lente et pénible; quelquefois 
il suit le fœtus, et semble avoir été détaché ou avant 
ou pendant son expulsion. 

Remarquez pourtant que nous ne l'avons jamais 
trouvé sorti ou descendu dans le vagin, avant l'en- 
fant , que dans deuxcirconstances : oubien lorsqu'on 
avait fait des tentatives longues et infructueuses pour 
la recherche des pieds de l'enfanl , ou bien quand il 
avait été greffé sur l'orifice interne, comme on le 
voit dans certaines hémorrhagies qui précèdent 
l'accouchement. Jamais nous ne l'avons vu se dé- 
cpUer et arriver à l'orifice avant l'enfant dans un 
accouchement prdinaire; il est certain que les exem- 
ples qu'en ont donnés les auteurs étaient des cas où le 
placenta avait adhéré de prime-abord , et pendant 
toute la grossesse, sur l'orifice interne de l'utérus. 
( Voyez Delamotte , obs. 32 5 ; Port al , obs. 45 ; 
Amand , obs. 20 ; Peu, pag. 5i4| Mauriceau, 
obs. 8, 68 , 77, etc. ) 



DEUXIÈME MÉMOIRE. 325 

N° LXXII. 

i'"* Position. — Tentative d'application du forceps. 

Version difficile. 

La femme dont je vais parler était faible , lym- 
phatique , et cependant bien portante , même pen- 
dant la gestation. Elle avait e'të régle'e à l'âge de 
onze ans, et l'était huit jours chaque mois. 

A sept ans elle avait eu la variole , et après elle 
le vice rachitique avait manifesté sa présence par 
la courbure des membres abdominaux el le déve- 
loppement imparfait des pectoraux. Le bassin , 
pourtant, était bien conformé : chose remarqua- 
ble; car, à sept ans, il ne devait pas avoir acquis son 
développement parfait. Cette femme était au der- 
nier mois, de sa grossesse , et elle ressentit les pre- 
miers symptômes du travail puerpéral le i5 août.... 

A onze heures du soir, l'orifice commençait à 
s'ouvrir , et on touchait à peine la tête du fœlus : 
toul-à-coup le chorion et Vamnios s'ouvrirent , et 
donnèrent issue à une grande quantité de liquide. 
On put alors sentir derrière et bien au-dessus de la 
cavité cotyloide gauche^ une fontanelle assez large 
et pourtant paraissant triangulaire , d'oii partait la 
suture sagittale en se dirigeant vers la symphyse 
sacro-iliaque droite. Etait-ce la i'% était-ce la 4^ po- 
sition (Baudelocque) du vertex ? Les dimensions 
parlaient pour la 4*" , el la forme pour la T^ C'est 



5a6 PF.ATÏQUE DES ACCOUCnEMlNTS. 

celle-ci que confirmèrent les recherches uUérîeu- 
res. La têle descendait lentement, et lentement se 
dilatait l'orifice. 

Le 16, à quatre heures du soir, le diamètre de 
l'orifice était de quinze lignes à-peu-près; il e'tait 
tendu quoique mince ; le vagin et les organes géni- 
taux externes offrirent de la sécheresse et de la cha- 
leur ; un peu de fièvre était survenue. {Bain de 
siège.) Les douleurs continuèrent à être très-faibles , 
et quelques vomissemens verdàtres surajoutés aux 
autres symptômes déterminèrent à faire cesser cet 
état inquiétant. 

L'orifif e étai» tien ouvert ; mais la Ic^te ne l'a- 
vait point franchi ; elle était à peine engagée dans 
le détroit supérieur : aussi j'annonçai aux éièves 
i'incertilude du succès de mes tentatives. Je crai- 
gnais de repousser la têfe avec le forceps, on bien 
de la saisir seulement par l'extrémité des cuillers, 
et de ne pouvoir l'amener. 

La cuiller gauche fut fixée derrière Téminence 
ilio-pectinée droite; la droite fut portée au-dessus 
de la sjmpiiyse sacro-iliaque gauche ; je m*efforçai 
de réunir les branches : j'y parvins avec peine , et 
à la première traction, l'instrument vint tout seul. 
Séparées et repoussées plus avant , les branches du 
forceps ne purent être réunies et conserver un point 
d'appui solide, qu'en les laissant glisser sur les côtés 
du bassin suivant leur tendance naturelle. Mais 
alors nouvelles difficultés; résistance énorme et 
infipossij;ilité totale de faire avancer la tête. Je ne 



DEUXIÈME MÉMOIRE. SlJ 

sais à quoi cela tenait. La tête était assez mobile, 
elle n'était point énorme ; le bassin offrait une lar- 
geur ordinaire. J'eus beau varier la direction des 
efforts , soins inutiles ; il fallut en venir à la version. 
A cet effet , j'introduisis la main gauche ; j'eutrai 
dans l'utérus et repoussai facilement la tcte à gau- 
che. Il aurait fallu suivre le côté de l'enfant ^ etc. 
Cette manœuvre était impossible , et dans cet ac- 
couchement, la nature semblait se jouer de toutes 
les règles de l'art. L'ulérus, quoique trop faible 
pour expulser l'enfant, quoique dans une véritable 
inertie, n'en était pas moins intimement collé, 
appliqué et serré sur le corj>s du fœtus (i) ; il for- 
mait sur le col un rétrécissement qui dérouta 
mes tentatives : je parvins cependant à le franchir, 
et je trouvai le genou gauche appuyé sur la poi- 
trine ; je l'enVrainai jusque dans l'excavation du 
bassin , et là seulement il me fut possible de le dé- 
ployer. Je ne pus trouver le second pied : je lirai 
donc sur un seul : il était en arrière; je ne pouvais 
tirer convenablement en lui laissant cette disposi- 
tion ; je tâchai de le ramener en avant , et je tirai 
alors suivant l'axe du détroit supérieur. Heureuse- 
ment la tête avait remonté assez pour permettre 
aux fesses de descendre, au tronc de se déployer, 
et de tourner dans le sens que je lui imprimais. En 



(i) Celle inerlie est une espèce de crampe différente de 
l'inertie qui suit l'accouchement. Celle dernière succède néan^i 
moins fort souvent à l'autre. 



528 PRATIQUE DES ACCOUCHEMEN?. 

effet, la hanche gauche se trouva bientôt sous la 
symphyse pubienne ; la droite parcourut le sacrum , 
et , au moyen d'un doigt passe en forme de crochet 
dans le pli de l'aîne, elle se dégagea au-devant du 
périnée. L'enfant sortait ainsi comme dans la pre- 
mière position des pieds (B.). Si j'avais eu à ma 
disposition le pied droit dès les premiers momens , 
j'aurais dû , au contraire , le diriger comme dans 
la deuxième. 

Bientôt l'abdomen fut dehors : je dégageai le 
cordon ombilical ; puis, en portant alternativement 
le corps en haut et en bas , j'amenai les aisselles au 
détroit inférieur. Le bras droit, placé en arrière, 
fut aisément dégagé au moyen de deux doigts, 
qui, après avoir, en forme de crochet , abaissé l'é- 
paule , s'étendirent jusqu'au pli du coude pour le 
déprimer devant la face et la poitrine. 

Le bras gauche se trouva croisé sur la nuque, 
et serré entre l'occiput et le pubis gauche ; il fallut 
repousser la tête pour pouvoir relever d'arrière en 
avant l'humérus, et faire passer J'avant-bras au- 
devant de la face. Celle-ci était alors dirigée un peu 
en arrière et vers la fosse iliaque droite : deux 
doigts de la main gauche, portés dans la bouche, 
l'enfoncèrent dans 1 excavation , puis la tournèrent 
ivers le sacrum , et enfin la dégagèrent au - devant 
du périnée , tandis que l'occiput restait immobile 
derrière les pubis. 

L'enfant était mort et pesait cinq livres. 

Délivrance naturelle. Le troisième jour , déve- 



DEUXlExME MEMOIRE. Ô29 

loppement de la péritonile , et peu de jours après 
mort de la malade. 

Il faut surtout remarquer, dans cette observa- 
tion , la manière dont je me suis servie du pied 
seul sorti. Ce n'est que quand je l'ai eu dirigé 
derrière les pubis que j'ai pu m'en servir avec- 
avantage : car comment tirer dans l'axe du dëtrcil 
supérieur en agissant sur un pied logé dans le sa- 
crum ou sur le périnée ? Je sais bien qu'en faisant 
ainsi tourner l'enfant, j'ai causé le croisement du 
bras sur la nuque ; mais de deux inconvéniens il 
faut éviter le pire. 

Ce fait semblerait destiné à prouver tout ce que 
j'ai dit ailleurs sur la difficulté de se soumettre aux 
règles, et sur la nécessité de les enfreindre dans 
certaines circonstances. Il confirme encore ce que 
j'ai dit de l'immobilité de la tête au détroit supé- 
rieur, quoiqu'en position favorable en apparence ; 
de la difficulté de l'application du forceps quand 
la tête est au-dessus du délroii supérieur ; et ce que 
j'ai dit aussi de la tendance de l'orifice interne à se 
resserrer sur le col ou sur toute partie étroite du 
fœtus. ** 



530 PRATIQUE DES ACCOUCHEMINS» 

N° LXXIII. 

i" Position altékée ou intermédiairi 
(2* variété). — ï^ersion. 

Joséphine R...., faible et lymphatique, âgée de 
vingl-huil ans , et réglée seulement à vingt-deux, 
huit jours chaque mois (i) , était enceinte pour la 
première fois, et à terme. Elle ressentit les pre- 
mières douleurs de l'enfantement le i3 décembre 
malin (1812.) 

L'utérus était fortement oblique en avant, et 
l'orifice tellement porté en arrière, qu'à peine pou- 
vait-on l'atteindre. Une partie dure et ronde, sen- 
tie à travers les parois de la matrice , fit présumer 
la présence de la tête. 

J. R. fut couchée sur le dos, et il fut facile alors 
de ramener l'orifice au centre du bassin , tandis 
que le fond de la matrice se rapprochait des lom- 
bes. Les contractions utérines revenaient de temps 
à autre , toujours faibles et courtes : cependant le 
soir la dilatation était complète , c'est-à-dire qu'elle i 
était suffisante pour le passage de l'enfant, et que 
les bords de l'orifice étaient fort rapprochés des pa- 
rois du bassin. 

Le travail durait depuis quatorze heures, et les 

(i) Remarquez que les t'einracs I^'nijjhalKjues sont d'ordi- 
naire réglées plus abondamiuent , ou du moins pendant plus 
^e temps que les sanguines. Leur première menstruation est 
aussi généralement plus lardivc. \ Voyez les autres observât.) 



DEUXIEME M E M O I R T..' SSl 

douleurs faiblissaient de plus en plus ; la tête ne 
s'engageait pas dans le détroit supérieur , quoiqu'elle 
fut dans la première position ; la femme était faible 
ei fatiguée de ces douleurs légères, mais débilitantes 
et accablantes. 

Pour obvier à des accîdens plus graves et pro- 
fiter de la facilité que donnait l'intégrité des mem- 
branes, je me déterminai à faire pratiquer la ver- 
sion du fœtus : une élève instruite en fut chargée ; 
mais avant je voulus connaître avec exactitude la 
position de la tête. Je trouvai que l'occiput appuyait 
sur le corps du pubis gauche , bien en dedans de 
l'éminence ilio-pectinée ; la fontanelle antérieure 
répondait à la portion du sacrum qui fait, adroite , 
partie du détroit supérieur : c'était une position 
intermédiaire entre la première et la troisième de 
Baudelocque. On se conduisit comme dans la pre- 
mière , pure et franche. La main gauche monta le 
long du côté droit du bassin, repoussa la tête à gau- 
che , et rompit involontairement les membranes. 

L élève intelligente qui opérait conserva son 
sang-froid, entra brusquement dans Tutérus avant 
que l'eau eut le temps de s'en échapper en entier , 
et elle se trouva sans lâlonnemens sur le pied droit : 
il fut amené et bientôt suivi du gauche. C'est sur 
le pied droit qu'on tira davantage. On dirigea les 
tractions de manière à conduire la hanche droite 
sous le trou sous-pubien gauche , et l'enfant sortit 
comme dans la deuxième position des pieds. Pour 
^baisser la face, l'élève mit deux doîMs de la main 



552 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS; 

droite sur les côte's du nez. Cette pratique est or- 
dinairement moins sûre que celle d'introduire les 
doigts dans la bouche. Les praticiens novices peu- 
vent seuls s'efTrayer de l'abaissement considérable 
de la mâchoire inférieure ; il faudrait qu'il fût énor-* 
mément forcé pour qu'il en résultât quelqu'in- 
convénient : je n'ai vu qu'une fois la coramissure- 
des lèvres un peu fendue ^ et d'autres fois le frein 
de laneue lé»cremeul déchiré. Les enfaas étaient 
vivans , et trois jours après leur naissance il n'y 
paraissait plus. 

Celui-ci était un garçon ; il pesait huit livres et 
se portait on ne peut mieux. La mère est sortie en 
bon état le 25 décembre. 

Celle position de la tête était-elle la cause de la 
longueur du travail ? Cela n'est pas impossible. On 
doit remarquer que l'utérus était fortement oblique 
en avant : peut-être est-ce la cause de la direction 
insolite du grand diamètre du crâne. 

Opération faite par mademoiselle Mahant , élève 
du département de la Meuse. 

N» LXXIV. 

2^ Position. — p'cr^ion pour ineftie. 

Il s'agit ici d'une femme de vingt-trois ans, d'un 
tempérament lymphatique, d'une constitution fai- 
ble, et entachée du vice rachitique (elle n'avait mar- 
ché qu^h l'âge de trois ans), réglée depuis l'âge de 



DEUXIÈME MÉMOIRE. 353 

vingt ans , trois jours chaque mois , mal portante 
pendant sa grossesse _, qui était la première. 

Elle fut reçue à l'hospice au septième mois de sa 
grossesse^ et à la fia du neuvième elle fut trans- 
férée à la salle des accouchemens : c'était le i^' oc- 
tobre i8ii 5 à sept heures du soir. 

La dilatation était complète, et les membranes , 
tendues, laissaient à peine toucher la tête. Le dia- 
mètre sacro-pubien du détroit supérieur parut res- 
serré et fut estimé à trois pouces et demi , étendue 
suffisante pour un accouchement spontané. D'ail- 
leurs , l'utérus , peu développé _, semblait ne 
receler qu'un enfant peu volumineux : on attendit 
donc patiemment. La nuit n'apporta aucun change- 
ment dans l'état des choses , et dans la matinée 
(2 octobre), les douleurs s'étant considérablement 
affaiblies , et la tête n'ayant fait aucun progrès , je 
pensai à opposer l'énergie de l'art à l'inertie de la 
nature. 

L'indication était pour la version du fœtus , et 
une élève ancienne, nommée par le sort, fut char- 
gée de l'opération. 

Ignorant la position delà tête, l'élève introduisit 
la main gauche, car la première position du som- 
met est toujours la plus probable. Elle ouvrit les 
membranes en pénétrant dans l'utérus, et reconnut 
à l'instant la deuxième position. L'occiput répon- 
dait évidemment à l'éminence ilio-pectinée droite» 
et la suture sagittale traversait obliquement le bassin 
pour gagner le voisinage de la symphyse sacro- 



354 PRATIQUE DES ACCOUCIIF.MENS. 

iliaque gauche : ainsi point d'e'quivoque. Poursuivre 
rigoureusement les dogmes théoriques , Félève re- 
lira la main gauche , introduisit la droite , repoussa 
la tête à droite , suivit Tépaule droite et le côté droit 
du corps qui répondaient en arrière , et arriva, en 
passant sur la fesse , jusqu'au pied droit , qui était 
appuyé sur elle. La jambe fut déployée sur le devant 
du fcelus , conduite au dehors et retenue à la vulve 
au moyen d'un lacs. Cette jambe servit de guide à 
la main , qui , marchant sur son côté interne , alla 
trouver l'autre membre abdominal , le déploya de 
même, et l'amena parallèlement au premier. 

Alors on tira sur les deux jambes , on pelotonna 
le fœtus et on fit descendre les hanches. Nul mou- 
vement de rotation n'avait été opéif; , en sorte que 
la hanche gauche était en avant et à gauche , et la 
surface antérieure du fœlus en avant et à droite : 
c'est dans cette direction que le tronc descendit jus- 
qu'aux aisselles. Rien de plus facile que le dégage- 
ment des bras ; mais ensuite il n'en aurait pas été 
de même de la tête si on l'avait laissée telle qu'elle 
était placée. La face répondait à Témirience ilio- 
pectinée droite, et l'occiput à la symphyse sacro* 
iliaque gauche : elle aurait été difficilement extraite 
dans cette situation , à cause de la disproportion de 
largeur qui existe entre le front et l'arcade des pu- 
bis , à cause de la hauteur de la face et de la diffi- 
Gulté du mouvement d arc de cercle nécessaire à sa 
sortie , arc de cercle fort diQicile à exécuter derrière 
les pubis h cause de leur convexité perpendiculaire. 



DEUXIEME MEMOIRE. 'j>55 

landis qu'il est si facile dans le sacrum a cause de 
sa vaste concavité. Pour celle fois , je fus obligée de 
mellre la main à l'œuvre. L'élève soutint le tronc 
du fœtus , et moi j'introduisis la main droite vers la 
partie postérieure du vagin ; ma main embrassait 
dans sa paume l'occipul , et bientôt elle eut glissé 
entre la tête et le côté droit du bassin ; mes doigts, 
parvenus en avant, s'appliquèrent sur la face, et au 
moyen de la force que me donnait la supination 
forcée de ma main , j'attirai cette face dans la cour- 
bure du sacrum en lui faisant parcourir tout le côté 
droit du bassin , c'est-à-dire le même chemin que 
ma main avait suivi en entrant. Deux doigts de celte 
main , introduits dans la bouche , abaissèrent le 
menton vers le périnée, tandis que ma main gauche 
appuyait snr les épaules, et que la même élève, 
tenant à poignée chacune des hanches du fœtus , 
élevait au-dessus des pubis la totalité du tronc. La 
lêle sortit de cette manière avec la plus grande fa- 
cilité. L'enfant est né faible ; il s'est aisément rani- 
mé: son poids était de cinq livres et demie. 

La mère a eu quelques jours après une fièvre 
bilieuse que l'ipécacuanha a guérie. 

La remarque la plus essentielle que cette obser- 
vation nous présente , est relative à la rotation du 
fœtus et au précepte de diriger dès le premier temps 
de l'opération (c'esl-à-dire avant l'évolution) la 
face en dessous , c'esl-à dire vers le sacrum. 

Ici, 1° l'on n'a point fait tourner le fœtus en 



556 PRATIQUE DES ACCOUCIIEMENS. 

avançant la main sur son côté droit ; 2° on a tiré di- 
rectement sur les jambes sans diriger la droite en 
arrière , et l'on a fait sortir les hanches et le tronc 
de telle façon que la face était en avant ; 3° on a 
dégagé les bras dans le même sens et aveclaplus 
grande facilité. En aurait-il été de même si on avait 
fait rouler le fœtus? ]N 'aurait-on pas risqué de croiser 
un des bras derrière la nuque , et de ne pouvoir le 
dégager sans le tordre ou le fracturer ? 4°' Enfin , 
la main droite a passé derrière la tête pour saisir la 
face dirigée à droite et en avant du bassin^ et l'a 
aisément ramenée en arrière, et le reste n'a non plus 
offert aucune difficulté. 

Opération commencée par mademoiselle Bar- 
rière , du déparlement de la Dordogne. 

N** LXXV. 

2^ Position. — Version. 

C'était encore une femme lymphatique et faible 
à laquelle cette fois nous avions affaire. Elle avait 
trente- trois ans^ était réglée depuis l'âge de vingt- 
deux , trois jours chaque mois , et parvenue assez 
heureusement au terme de sa deuxième grossessCf 
Nous la reçûmes, dans les premières douleurs , le 
4 novembre 1812 , à dix heures du matin. L'orifice 
avait huit lignes de diamètre ; les membranes bom- 
baient par momens, et permettaient néanmoins de 
sentir au-dessus du détroit supérieur la tête du fœ- 



DEUXIEME MEMOIRE. ZZ'] 

tus. Quoique mobile ^ elle affectait évidemment la 
deuxième position. La suture sagittale traversait le 
bassin de droite à gauche et d'avant en arrière; les 
pieds étaient conséquemment tournes à gauche et 
en arrière. 

A deux heures de l'après-midi , dilatation com- 
plète et même élévation de la télé, cessation des 
douleurs. Cette tête ne paraissait nullement disposée 
à descendre ; la femme était fatiguée, brisée, et 
même éprouvait un mouvement fébrile assez mar- 
qué. Je prononçai que la version était nécessaire. 
L'élève choisie à cet effet introduisit la main 
droite, et, sans rompre les membranes, elle poussa 
la tête à droite , et ariiva , en décollant le chorion , 
jusque vers le fond de la matrice. Là , elle rompit 
les membranes en saisissant les fesses et puis le mem- 
bre abdominal droit : elle le déploya doucement, 
l'amena à la vulve , et s'en servit comme de guide 
pour aller chercher l'autre. Le pied gauche répon- 
dait en devant et à gauche ; on tira presque sur lui 
seul en l'inclinant du côté droit : de cette manière 
on dirigea le devant du fœtus au -dessus de la sym- 
physe sacro-iliaque droite , et par conséquent l'en- 
fant sortit comme dans la première position des 
pieds. Les bras se dégagèrent aisément , ainsi que 
la tête, par le mécanisme et les manœuvres ordi- 
naires : seulement , pour rendre l'extraction de la 
tête et son mouvement d'arc de cercle plus faciles , 
. on crut devoir repousser au-dessus des pubis l'occi- 
put un peu trop descendu, tandis que les doigts mis 

2 n 



538 PRATIQUE DES ACCOUCHEMÉNS. 

dans la bouche abaissaient le menton. Relever ainsi 
l'occiput est un précepte dont je fais peu de cas : 
cependant il a paru réussir celle fois-ci. - 

L'enfant, qui était une fille, a aisément repris 
ses forces ; il pesait six livres; son placenta pesait 
une livre environ. 

Les suites de couches ont été des plus heureuses. 

L'opération fut faite par mademoiselle Breton , 
du département de la Seine. 

N*^ LXXVL 

aeposiT. INCLINÉE (panét. gauche, 6^ variété).— 
Vevsion du fœtus. 

Le i^"^ fructidor an 7, entra à l'hospice Elisabeth 

H t , femme jeune encore et d'une force comme 

d'une stature médiocres. Elle était en travail , et 
c'était sa deuxième grossesse. Le premier accou- 
chement avait été pénible, quoique spontané; il 
ne s'était opéré qu'après deux jours de travail. 

A son arrivée on l'examina : on trouva la tête 
fort élevée, et bientôt la rupture des membranes 
permit de distinguer sa position. La fontanelle pos- 
térieure était vis-à-vis de la base de l'ilium droit, un 
peu en avant pourtant , et au niveau du détroit su- 
périeur. 

La branche gauche de la suture lambdoïde s'a- 
vançait vers l'éminence ilio-pectinée droite; la 
droite s'élevait en arrière. La suture sagittale se 



bÈtrxiÈîviE MïMOitiË. 55gi 

portait un peu obliquement en arrière sur l'angle 
Sacro-vertebral , et on ne pouvait la suivre jusqu'à 
la fontanelle antérieure Au centre du bassin on trou-* 
vait une convexité dure qui paraissait être la bosse 
pariétale ; et enfin, derrière le corps du pubis gau- 
che , on touchait l'oreille gauche. C'était bien une 
deuxième position du verlex dévié par l'angle sacro- 
vertébral : cet angle me parut en effet plus saillant 
que de coutume , et le détroit, mesuré avec l'index , 
me donna d'avant en arrière trois pouces trois 
quarts , déduction faite de cinq à six lignes pouf 
l'obliquité du doigt. 

Dans cet état de choses , on ne pouvait guère s'en 
fier à la nature : l'art devenait indispensable. J'es- 
pérai d'abord pouvoir redresser la têle et rectifier la 
position. Dans cette vue, j'introduisis la main droite, 
bien décidée à la porter plus avant , si je ne pouvais 
ramener le verlex au centre : c'est en effet ce qui 
arriva. J'avançai les doigts sur le côté droit de la 
tète; mais je m'aperçus qu'en allirant ce côté vers 
le bas, le front descendait davantage et se tournait 
en avant. J'allais placer la têle dans une position 
différente , il est vrai , mais non moins désavanta- 
geuse. D'une autre part, l'utérus achevait de se vider 
de l'eau que la tête avait retenue au-dessus d'elle. 
Pour ne pas perdre un temps précieux, je repoussai 
la tête en haut et à droite, et j'avançai sur le côté 
droit du foetus jusqu à ce que, parvenue aux fesses, 
je descendis sur les pieds , et les saisis tous deux à 
la fois. L'utérus, dans un moment de déter.te , me 



34o PRATIQUE DTS ACCOUCHEMENS. 

permit de de'ployer librement les deux jambes : 
j'amenai les pieds à la vulve, et l'évolution fut facile. 
J'amenai ainsi une fille vivante et pesant six livres, 
La mère s'est promptemeut rétablie. 

J'ai pu de'ployer les jambes assez librement , 
quoique l'eau fût e'coulée : je l'ai fait, ai-je dit , dans 
un moment de détente : en effet, l'utérus n'était pas 
encore resserré généralement et collé au fœtus ; il 
n'était pas dans cet étal de constriction permanente 
qui exisie lorsqu'il est depuis long-temps vide d'eau. 
Ici, il se contractait parjnslans, et ces contractions 
intermittentes étaient en tout semblables aux con- 
tractions expultrices ordinaires. 

N° LXXVII. 

2* Position intermédiaire ( i^ variété , occipilo- 
pubienne ). — Resserrement du bassin ; version 
et ^erjoration du crâne. 

Une femme d'une complexion faible et d'un tem- 
pérament lymphatique , âgée de vingt-un ans, était 
enceinte pour la deuxième fois; elle n'avait marché 
qu'à rage de sept ans pour cause de rachitisme, et 
pourtant le premier accouchement, quoique long, 
avait été spontané. 

Le vendredi à neuf heures du matin (août 1820), 
les contractions de l'utérus commencèrent et res- 
tèrent faibles et éloignées jusqu'au lendemain : dès- 



DEUXIÈME MEMOIRE. 34 1 

lors, jusqu'au lundi, elles furent plus fortes, mais 
non plus fre'quentes. A quatre heure du soir, les 
membranes s ouvrirent} les douleurs continuèrent 
à se montrer vigoureusement toute la nuit et ces- 
sèrent le mardi matin. 

La sage-femme qui la gardait, voyant les mem- 
branes rompues et la dilatation complète , porta la 
main dans la malrice pour tacher d'attirer les pieds. 
Après trois quart-d'heures de vaines tentatives, elle 
abandonna la malade, qui fut apportée à l'hospice le 
mardi au milieu du jour. 

La tête e'tait, comme jem'en assurai sur-le champ, 
dans une position intermédiaire à la deuxième et à 
la troisième de Baudelocque. J'atteignis facilement 
du bout du doigt l'angle sacro-vertèbral , et en rele- 
vant le poignet sous les pubis , je mesurai trois 
pouces , déduction faite de six lignes pour l'obliquité 
du doigt. Le compas d'épaisseur me donna la même 
mesure. Quant à l'état général, fièvre intense^ soif 
vive^ brisementet accablement. {Bain tiède ; repos .) 

A six heures du soir, on s'aperçut qu'il s'écou- 
lait encore un peu d'eau, chose assez étonnante 
après ce qui s'était passé, mais qui me fit espérer 
de trouver l'utérus moins serré sur l'enfant que je 
ne l'avais craint d'abord. Il l'était cependant encore 
beaucoup, et ce ne fut qu'avec les plus grandes dif- 
ficultés et sans aucime règle , que je parvins de la 
main droite à saisir le pied droit du foetus. A peine 
était-il dans le vagin , que la jambe, serrée entre la 
tête et le détroit supérieur, ne put avancer, malgré 



542 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

tous les efforts : ce fut en vain qu'on essaya de re- 
pousser la tête, il fallut y renoncer. La jambe ne 
s'ëlail point tumëfiëe; la mère ne sentait plus dès 
long- temps les mouvemens du fœtus, et la longueur 
du travail rendait sa mort certaine : d'ailleurs il ne 
restait plus qu'une ressource, celait la perforation 
du crâne : elle fut faite avec les ciseaux Iranchans 
en dehors; je les enfonçai dans la suture sagittale. 
Plusieurs injections d'eau tiède firent sortir le cer- 
veau broyé par linstrument , et enfin , après une 
demi-heure qu'employèrent toutes ces opérations, 
j'amenai aisément le tronc du fœtus en continuant 
à tirer sur la jambe , puis sur la cuisse , et enfin sur 
lesha iches. Aprèscela, nouvelles difficultés : la base 
du crâne était retenue par le détroit supérieur, et 
je ne pus la faire descendre qu'en la dirigeant trans- 
versalement, et introduisant ensuite dans la bouche 
le crochet mousse du forceps. A l'aide de cet instru- 
ment, la tète franchit brusquement le détroit et bien- 
tôt sortit du bassin. La mère s'est rétablie après 
quelques jours de fièvre et de malaise. 

Encore une infraction à la théorie et aux dogmes. 
Ce ne fut pas du premier coup que je saisis la jambe; 
ce fut après avoir porté et reporté quatre à cinq fois 
la main dans l'utérus, la laissant chaque fois repo- 
ser pour dissiper l'engourdissement où la mettait 
la contraction permanente de l'organe. 

La tête était sans doute défavorablement placée; 
piiïis eùt-elle été transversale, elle n'aurait pu pas- 



DEUXIÈME MÉMOIRE. 34^ 

Ser que difficilement, puisque, même vide du cer- 
veau , elle a été retenue. Peut-être un cas pareil 
requiert-il la section de la symphyse pubienne; mais 
la mort de l'enfant doit toujours inspirer beaucoup 
de répugnance à pratiquer une opération qui n'est 
pas à beaucoup près sans danger pour la mère. 

On a vu ici un exemple des difficultés de la ver- 
sion dans la plupart des cas où on n'a pu amener 
qu'un seul pied. La tête était poussée en bas par les 
fesses; elle s'engageait autant qu'elles descendaient 
et leur fermait tout passage. 

La perforation du crâne eût été nécessaire, même 
quand nous fussions parvenues à produire d'abord 
l'évolution du fœtus : elle eût été moins facile alors, 
parce que la base du crâne, qui se serait présentée 
la première , offre naturellement peu d'endroits 
faibles et par lesquels puisse pénétrer l'instrument. 

Après la perforation du crâne , nous avons mieux 
aimé revenir à la version que de tenter l'applica- 
tion du forceps ou des crochets. Le forceps n'aurait 
pas tenu sur un crâne vide et qu'il n'aurait saisi que 
par l'extrémité de ses cuillers. Le crochet aigu eût 
été difficile à appliquer, et eût probablement dé- 
chiré le crâne sans grand avantage ; la tête était 
nécessairement mal dirigée, et nous l'aurions accro- 
chée par des points défavorables. 

D'ailleurs nous avions un pied , et c'est beaucoup : 
ce pied servit seul à l'extraction quand une fois la 
tête, devenue plus molle et moins volumineuse, put 
être repoussée et permit aux fesses de descendre» 



344 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS.' 

Le crochet mousse appliqué dans la bouche a fait 
descendre la face , et par conséquent a fait présenter 
à la tête des diamètres favorables. Elle était trop 
haute pour que les doigts pussent seuls agir facile- 
ment et avantageusement dans le même sens. 

N*' LXXVIir. 
4® Position. — J^ersion pour inertie. 

Anne Per... le , âgée de quarante-huit ans, faible 
de constitution , quoique sanguine en apparence et 
d'une assez bonne santé , vint à la maison d'accou- 
chement le 25 mai 17.. : elle était grosse pour la 
troisième fois et à terme. 

La dilatation de l'orifice était de sept à huit lignes 
et ses bords minces et flexibles ; la poche membra- 
neuse bombait faiblement y mais assez pour empê- 
cher de sentir du fœtus autre chose qu'une partie 
solide et fort élevée. Pendant tout le jour et la nuit 
suivante contractions rares et faibles : cependant le 
lendemain matin (26) la dilatation était entière. 

Toute la journée^ même état; nul progrès ulté- 
rieur. 

Le soir , m'apercevantde l'inégalité et des bosse- 
lures de l'abdomen , je cherchai à profiler de la 
maigreur d'Anne Per.. .le pour m'assurer de la po- 
sition de son enfant. Je sentis, en effet, aussi dis- 
tinctement que possible, les pieds à la partie supé- 
rieure et latérale gauche, et le dosa la partie laté- 
rale droite. C'était donc la tête qui se présentait 



D E U X I È M E M É M O m E. 34^ 

dans la deuxième ou dans la quatrième posilion du 
sommet. 

Après plusieurs contractions peu fortes , je rom- 
pis les membranes ; mais la tête ne descendit pas. 
Pour prévenir le resserrement général de l'utérus et 
les difficultés qu'il occasione , je me hâtai d'intro- 
duire la main droite. Je reconnus bientôt que la tête 
était dans la quatrième position , c'est-à-dire la face 
en avant et à gauche. Je montai sur le côté de l'en- 
fant jusqu'aux pieds, que je trouvai croisés l'un sur 
l'autre : le gauche fut celui que je saisis et je l'ame- 
nai au dehors placé sous la symphyse pubienne : 
cette disposition me permit de tirer sur lui seul , et 
le tronc avança sans peine. 

L'enfant naquit très-faible , et l'on eut beaucoup 
de peine à lui conserver la vie ; il pesait six livres 
environ. 

La mère alla bien d'abord , puis elle fut prise 
d'une fièvre ady namique qui l'enleva au dix-huitième 
jour de ses couches. 

Encore un exemple de ce séjour de la tête au- 
dessus du détroit supérieur sans obstacle connu. 
L'inertie de l'utérus pourrait être donnée comme 
telle : cependant les membranes une fois rompues, 
la tête aurait dû descendre , ne fût-ce que par sou 
propre poids. 

Il faut encore remarquer que le pied seul sorti 
étant placé sous les pubis , j'ai pu tirer sur lui seul, 
et extraire aisément l'enfaut sans aller chercher 



0/^6 PRATIQUE DES ACCOUCIIEMENS. 

l'autre et sans lui imprimer aucune rotation. Rap- 
pelons-nous encore ce que j'ai dit ailleurs de l'iner- 
tie : certainement ici elle n'a pas été l'efï'et de la 
position , puisqu'elle a eîi lieu avant que la tête fût 
engagée , et que la position développât ses désavan- 
tages. 

En rompant les membranes , mon intention 
n'était pas de supprimer un obstacle _, puisqu'elles 
étaient à peine tendues et assez éloignées de la tète: 
c'était de faire écouler l'eau contenue dans l'utérus, 
de diminuer sa distension et de mettre en jeu sa 
conlractilUé. On réussit quelquefois ainsi quand 
la léle est bien située , et c'est ainsi qu'on agit , 
surtout dans les cas où elle est basse , et l'orifice 
ou dilaté ou dilatable. ( Voyez le premier Mémoire.) 

]N° LXXIX. 

4^ Position. — Resserrement du bassin; tentative 
d'application du forceps ; 'version du fœtus. 

Parvenue au terme de sa première grossesse, une 
femme lymphatique, pâle et mal portante, arriva 
à l'hospice le i5 avril 1817 (i). 

(i) Les premières grossesses se trouvent en grande quantité 
dans mes observations : cela tient à ce que les accoucheniens 
difficiles qui en composent la tuasse sont bien plus ordinaires 
chez les primipares. Il est bien vrai aussi que la majeure partie 
des femmes qui nous arrivent accuse une première grossesse j 
mais le mensonge n'est pas difficile à reconnaître quand elles, 
ne sont pas avancées dans leur travail. 



DEUXIÈME MÉMOIRE. 547 

Elle monta à deux heures du malin ( i6 avril ) à 
îa salle d'accouchement , tourmentée par des dou- 
leurs vives et soutenues. Le cercle de l'orifice avait 
six à sept lignes de diamètre ; les membranes bom- 
baient fortement et la tête était haute. 

Peu de progrès pendant la nuit ; les douleurs s'af- 
faiblirent. A dix heures du matin la vessie faisait; 
saillir l'hypogastre ; la sonde en tira beaucoup d'u- 
rine. A deux heures, rupture des membranes. L'ori- 
fice avait alors environ vingt lignes; on sentait aisé- 
ment l'angle sacro-vertébral , et cela indiquait un 
rétrécissement du détroit supérieur dans lequel la 
tête ne s'engageait pas. On attendit quelques heures: 
la tête descendit sur le détroit ; on attendit encore, 
et elle parut descendre; mais un examen attentif 
apprit , i" que la tète était à peine engagée dans le 
détroit , et que la tuméfaction de la peau avait seule 
produit ces progrès apparens ; 2*^ que la fontanelle 
postérieure formait le point le plus avancé dans le 
bassin , qu'elle était , en arrière et à droite , recon- 
naissableaux deux branches de la suture lambdoïde, 
dont l'une marchait vers l'angle sacro-verlébral , et 
l'autre vers l'ilium droit ; et enfin que la suture sa- 
gittale partait de cette fontanelle pour monter au- 
dessus de l'éminence ilio-pectinée gauche. 

J'espérais pouvoir prendre la tète avec le forceps; 
mais avant je voulus de nouveau vider la vessie : 
cette fois la sonde passa difficilement , et j'eus be- 
soin, pour la faire entrer, d'en porter le pavillon 
vers l'anus. 



348 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

Les deux branches du forceps furent conduites 
jusqu'à l'orifice; mais il fut impossible de les placer 
diagonalement : en les articulant , elles devinrent 
tout- à -fait late'rales. La tête résista d'abord beau- 
coup , puis le forceps glissa sur elle , et menaça de 
sortir seul. 

Je voulus m'assurer davantage encore de la réa- 
lité de la quatrième position : pour cela j'avançai la 
main droite jusque sur la face. 

La facilité avec laquelle j'y parvins m'engagea à 
passer outre et à aller jusqu'aux pieds. Le droit vint 
en premier lieu ; fixé au dehors , il me conduisit sur 
le gauche; mais le resserrement du détroit supé- 
rieur m'empêcha de déployer la jambe et de l'ame- 
ner. Je tirai donc sur le premier en l'amenant sous 
les pubis : le tronc descendit en effet , mais de telle 
façon que le sternum , qui , dans un pelotonnement 
ordinaire, eût regardé la symphyse sacro-iliaque 
droite, se trouva tourné vers la gauche. Pendant 
que l'évolution s'opérait, j'eus soin de faire soute- 
nir^ par une main/Cxercée, la région de l'utérus oc- 
cupée pnr la lêle, de peur que le mouvement de 
celte partie ne rompît l'organe appliqué sur elle. 
Moyennant ces attentions , tout alla bien , jusqu'à 
ce que la tête se trouvât seule retenue. L'étroitesse 
du bassin en rendit l'extraction difficile ; mais le 
tronc , entièrement sorti , fournissait de nombreux 
indices d'une mort non douteuse , et je pus exercer 
des efforts plus considérables. Deux doigts de la 
main gauche, appuyés sur la face et le bord des 



DEUXIÈME MÉMOIRE. 349 

orbites , l'eafoncèrent dans l'excavation , puis la 
tournèrent en arrière : bref, tout alla comme dans 
la deuxième position des pieds. 

L'enfant pesait six livres uo quart. 

Rien de remarquable dans la délivrance ni dans 
tes suites de couches. 

Notez surtout^ dans cette observation, l'erreur 
momentanée causée par la tuméfaction des tégu- 
mens ; la manière de sonder dans la deuxième ten- 
tative; l'irrégularité forcée de l'application du for- 
ceps, et enfin le mouvement imprimé au pied droit 
pour le ramener sous les pubis, et pouvoir alors tirer 
sur lui seul avec avantage. 

N° LXXX. 

4* Position imparfaite. — Version. 

La femme dont il s'agit ici , nommée R...I , avait 
vingt-quatre ans et jouissait d'une constitution ro- 
buste et d'une bonne santé ,* elle était réglée depuis 
l'âge de dix-huit ans, trois à quatre jours chaque 
mois : c'était sa première grossesse. Elle se présenta 
à la maison d'accouchement le i6 octobre i8i8, à 
six heures du soir, disant éprouver de faibles dou- 
leurs depuis quatre heures du matin. On procéda 
au toucher, et il fit connaître que l'orifice utérin ré- 
pondait au centre du bassin ; qu'il était souple, mais 
épais et dilaté d'environ vingt lignes. Les mem- 



55o PRATIQUE DES ACCOUCllËMENS. 

branes , peu tendues, n'empêchaient pas de sentir 
la tête , quoiqu'elle fût trop élevée pour que sa po- 
sition fût appréciable. On reconnaissait seulement 
qu'elle occupait en grande partie la fosse iliaque 
droite, et qu'elle ne répondait au vide du bassin que 
par une petite portion de sa surface. 

A dix heures du soir, même état de choses. Je 
voulus profiler de l'intégrité des membranes pour 
retourner le fœtus. L'abondance des eaux me ren- 
dait indifférent l'emploi de l'une ou de l'autre main. 
La posilion n'étant pas connue au juste, ne pouvait 
déterniiner le choix. 

L'élève chargée d'opérer introduisit la main 
droite : elle arriva facilement, sans rompre les mem- 
branes, jusqu'au fond de l'utérus. Ce ne fut qu'alors 
qu'elle ouvrit les membranes et saisit les fesses : 
leur partie postérieure regardait la région lombaire 
droite de la mère. L'élève descendit au -devant 
d'elles, sentit les jambes et les pieds ployés sur les 
cuisses , saisit ces derniers et les amena à l'orifice 
utérin. Le resserrement spasmodique de cette ou- 
verture l'obligea de lâcher un pied ; le droit fut 
amené à la vulve et fixé par un lacs. L'élève était fa- 
tiguée : je saisis moi-même le pied gauche. Une fois 
réunis , les deux membres nous servirent , comme 
de coutume , à l'extraction du tronc. Il ne fut pas 
nécessaire de lui imprimer la moindre rotation ; il 
sortit dirigé comme dans la première position des 
pieds. 

L'enfant était une fille de cinq livres un quart ; 



DEUXIÈME M É T I R E. 55 C 

elle eut quelques convulsions que dissipèrent deux 
sangsues aux tempes. 

Une nourrice l'allaita dans la maison pendant un 
mois, au bout duquel elle fut envoyée aux Eufans- 
trouvës. 

La mère n'e'prouva d'autre accident qu'un em- 
barras gastrique que l'ipecacuauha fît disparaître. 

Cette position de la tête est assez singulière , et 
je n'ai vu qu'une ou deux fois la même chose. C'est 
la situation des fesses et des pieds qui nous a enga- 
gées à en faire une quatrième du veriex. Peut-être 
serait-elle devenue pariétale si l'utérus se fût vidé 
d'eau et conlraclé sur l'enfant. Je dois prévenir 
qu'il n'y avait point d'obliquité bien prononcée de 
l'utérus. J'ai dit d'ailleurs que l'orifice était bien au 
centre du bassin : c'est bien là une obliquité du 
fœtus sans obliquité utérine. (^T'oyez Gardien, 
Positions de lajace. ) 

Quoique les membranes ne fussent pas rompues, 
l'état de l'orifice doit être entièrement assimilé à 
celui dans lequel il est , lorsqu'après une dilatation 
assez considérable , il vient à retomber sur son 
centre. En effet , la lête , arrêtée dans le grand 
bassin, ne pouvait le dilater; les membranes, à peine 
tendues , ne pouvaient le soutenir ; mais cependant 
le ramollissement s'était opéré; quoiquépais , il 
était dilatable; sa mollesse extrême l'indiquait assez. 
Remarquons à ce sujet que la dilatation de l'orifice 
utérin lient à deux causes essentiellement diffé- 



352 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

rentes : la première, celle sans laquelle l'orifice ne 
cède qu'en se déchirant , est son ramollissement , 
son imbibition , sa pénétration par les fluides qui y 
abondent et l'épaississent même un peu : la deuxiè- 
me , celle qui manquait ici , c'est la distension mé- 
canique produite par l'engagement des membres ou 
d'une partie du fœtus. C'en est assez pour le présent; 
nous reviendrons un jour plus amplement sur ce 
sujet. 

J'ai dit que l'élève avait été gênée par le resser- 
rement spasmodique de l'orifice : ceci doit s'en- 
tendre d'une contraction utérine ordinaire. On sait 
en effet qu'elle ne se borne pas à durcir le corps de 
l'organe et à diminuer sa capacité , mais qu'elle res- 
serre et roidit aussi son orifice. Or, l'introduclioti 
de la main dans l'utérus est un stimulus assez vio- 
lent pour produire des contractions dans les cas 
même d'inertie complète : c'est ce qui avait lieu 
dans celle circonstance. 

Cet accouchement fut opéré par mademoiselle 
André, élève du déparlement de la Seine. 

N° LXXXI. 

5^ Position (4^}. — Version. 

Enfant très-volumineux. 

Manette Cal.... , entrée à T hospice le 7 jan- 
vier 1807, était en travail depuis douze heures, 
lorsque les membranes se rompirent. L'orifice était 



DEUXIÈME MÉMOIRE 355 

dilaté, les douleurs fortes, et pourtant la léte ne des- 
cendait pas. En la touchant avec attention , je dis- 
tinguai^ malgré la tuméfaction des tégumens du 
crâne, la cinquième position du vertex au détroit 
supérieur. La fontanelle antérieure était derrière 
réminence ilio-peclinée droite. La tête me parut 
fort grosse, et cette grosseur me sembla, plus que 
la position, un obstacle à son avancement. Cepen- 
dant rien ne périclitait; l'eau ne s'écoulait qu'au 
commencement de chaque douleur; l'enfant exé-* 
cutait des mouvemens très-sensibles; l'utérus n'était 
point oblique, le bassin point étroit : j'attendis. 

Après huit heures d'attente, nuls progrès; les 
mouvemens de l'enfant s'affaiblissaient , l'utérus 
cessait de se contracter; je résolus d'aller chercher 
les pieds : l'inertie de l'utérus me permit de les at- 
teindre assez facilement, en suivant toutefois le côté 
du fœtus. La ma'in gauche me servit dans celte ma- 
nœuvre. L'évolution fut facile et l'extraction du 
tronc sans embarras; mais lorsque la tête arriva au 
détroit supérieur , les difficultés naquirent. J'eus 
b'eau introduire deux doigts dans la bouche, ce ne 
fut qu'après des tractions vigoureuses que je pus 
faire descendre la tête dans l'excavation : son ex- 
traction hors du détroit inférieur ne fut même pas 
exempte de difficultés et de retards. 

La mère, épuisée, refusait de nous prêter ses ef- 
forts : aussi l'enfant ne survécut-il pas à l'extraction : 
il n'avait pourtant aucune lésion notable, soit au col , 
soit à la tête. 

25 



354 PRATIQUE DES ACCOUCnEMïN?» 

Cet enfant était énorme et pesait neuf livres. De 
tels enfans sont rares ; leur volume n'est pas tou- 
jours une cause de relard dans le travail; nous 
en avons vu un, dans l'année 1820 , naître avec beau- 
coup de facilité quoique long de vingt-deux pouces 
et pesant neuf livres et un quart. 

Malgré la longueur du travail, Manette Cal.... se 
rétablit assez promptement : une fièvre gastrique 
bénigne vint seule traverser les suites de couches; 
mais elle n'eut aucun résultat fâcheux. 

Le précepte d'introduire les doigts dans la bouche 
et d'agir sur la mâchoire inférieure pour abaisser la 
face, est un très-bon précepte; il est souvent d'une 
efficacité merveilleuse; mais quelquefois il n'a pas 
un succès aussi marqué : cela tient à l'extrême mo- 
bilité de la mâchoire inférieure : ce n'est que vers 
son articulation qu'elle adhère véritablement au reste 
de la tête , ce n'est que par là qu'elle peut l'entraîner 
avec elle: or, cette articulation est fort voisine du 
centre des mouvemens (articulation occipito-atloi- 
dienne); elle agit donc sur un bras de levier très- 
court et très-peu avantageux, surtout si l'enfant est 
mort ; car quand il est vivant, les muscles élévateurs 
résistent à la distension et agissent sur la tête par 
des points plus éloignés du centre des mouvemens, 
et par conséquent sur un bras de levier plus favo- 
rable. 

Remarquez que Vinertie de l'utérus ne coexistait 
pas ici avec la constriction permanente , et qu'elle a 



permis de suivre le côle' du fœlus ( voj. premier Mé- 
moire) : c'est que peu de temps s'était écoulé de- 
puis l'évacuation des dernières portions de l'eau de 
i'amnios. 

N« LXXXII. 

5* Position. ^ — J^ersion. 

Henriette Mar... , âgée d'une vingtaine d'années 
et enceinte pour la première fois, souffrait depuis 
dix-huit heures. La dilatation était complète; la tête, 
au-dessus du détroit supérieur, ne laissait point dis-^ 
linguer sa position. Quoique les douleurs fussent 
singulièrement affaiblies , cependant les membranes 
s'ouvrireîit tout-à-coup pendant la durée d'une con- 
traction. 

Le toucher, pratiqué sur-le-champ, apprit que la 
fontanelle postérieure, reconnaissable à ses trois su- 
tures, était vis-à-vis la symphyse sacro-iliaque gau-^ 
che. La suture sagittale montait en avant et à droite, 
La longueur du travail, la crainte de difficultés 
ultérieures, la fatigue de la femme, tout cela me 
détermina à profiter de l'éiévation de la tête et de 
l'eau qui restait encore dans la matrice, et l'empê- 
chait de se mouler sur le corps de l'enfant. 

Sur-le-champ, une élève désignée par le sort iii-^ 
troduisit la main gauche : elle amena d'abord le pied 
gauche, et ensuite, après quelques làtonnemens, le 
pied droit : dès-lors extraction simple et ordinaire. 
L'enfant était bien portant quoique petit : c'était uu 
garçon de cinq livres. 



556 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

En opérant aussitôt après la rupture des mem- 
branes, surtout quand l'utérus est inerte, on a pres- 
qu'autant de facilités que lorsqu'elles sont intactes^ 
et l'on peut brusquer la version ; mais il ne faut 
point perdre de temps , car bientôt l'utérus, débar- 
rassé d'une partie de son contenu, revient sur son 
centre par sa seule force tonique , et celle-ci peut 
mettre en jeu la contractilité musculaire et faire 
cesser l'inertie , ou du moins la convertir en état de 
constriction permaneîite, 

N° LXXXIII. 

Position transversale (5*). — Resserrement 
du bassin ; tentative cC application du forceps ; 
n^ersion irrégulière. 

Le 24 fructidor an 10, la nommée Jul.... com- 
mença à ressentir quelques douleurs dans les lombes 
et l'abdomen : elle était enceinte de neuf mois. 

Lorsque je la touchai les inembranes venaient 
de se rompre y et l'eau s'écoulait lentement : l'orifice 
utérin admettait à peine l'extrémité du doigt. La 
tête du fœtus était au-dessus du détroit supérieur. 
Tout un jour se passa sans aucun changement. Vers 
le milieu de la nuit suivante l'eau cessa de couler; 
en même temps les douleurs augmentèrent de viva- 
cité, et pourtant l'orifice se roidissait à peine pen- 
dant chaque contraction. Le ventre était fort dou- 
loureux ; le pouls grand , plein et fréquent ; la tête 



DEUXIÈME MÉMOIRE. 357 

pesante, etc. {^Bain général y saignée du bras. ) Nul 
soulagement. 

Vers le malin ( 25 fructidor) , l'orifice était plus 
dilaté et plus dilatable ; la léte du fœtus était plus 
facile à toucher ; mais cela tenait à la tuméfaction 
des tégumens. Cette apparence de progrès ne m'en 
imposa point ^ et je cherchai à m'assurer de la na- 
ture des obstacles. 

J'avançai le doigt derrière la tête, et j'atteignis 
l'angle sacro-verlébral. Ce doigt, étendu dans la di- 
rection du diamètre antéro-postérieur, mesura trois 
pouces et un quart ; en déduisant six ligues pour 
l'obliquité du doigt , restaient trois pouces moins 
un quart. L'angle sacro-vertébral s'enfonçait dans 
une dépression de la tumeur du crâne. 

L'accouchement spontané était impossible ; les 
accidens continuaient, etdes vomissemens verdàtres 
s'y étaient joints, avec un état d'anxiété et d'agitation 
que rien ne pouvait calmer. 

Je fis appeler M. Baudelocque : son avis fut 
d'essayer l'application du forceps , et lui-même 
voulut opérer. Il fallut d'abord explorer la dis- 
position des parties , et nous reconnûmes que la tête 
était tout-h-fait transversale, le front adroite et 
l'occiput à gauche : elle faisait à peine saillie dans 
l'excavation. 

M. Baudelocque voulait d'abord appliquer le 
forceps sur les côtés de la tête ; mais il lui fut im- 
possible d'y parvenir. De quelque manière qu'il s'y 
prît , il ne put jamais faire avancer une branche ni 



558 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

tierrièreles pubis, ni devant l'angle sacro-verlébral r 
il se décida donc à les laisser sur les côte's du bassin, 
agissant ainsi sur le front et sur l'occiput; mais la 
télé résista opiniâtrement aux tractions. 

L'enfant était-il mort ou vivant V Cette incertitude 
ne permettait pas d'employer le crochet ou le perce- 
cràne ; il fallut en venir à la dernière ressource , la 
version. 

M. Baudelocque introduisit sa main gauche sur 
le côté droit du bassin; il repoussa la tête à gauche 
et voulut suivre le coté de l'enfant : manœuvre im- 
possible : l'orifice interne s'était resserré sur le col, 
de façon à permettre à peine le passage de la main. 

L'opérateur y pénétra comme il put, sentit un 
pied et l'amena au dehors : c était le droit , et ou 
lira sur lui seul. Ce pied se trouvant sous la sym- 
physe pubienne , fît aisément descendre lereste'du 
tronc^ qui se dégagea , les lombes à droite et l'om- 
bilic à gauche ; la jambe et la cuisse gauches s'éten- 
dirent sur rabdomcnet le thorax, et fout sortit sans 
peine. La lêle n'offrit pas autant de difficultés qu'on 
s'y devait attendre, L enfant cUit mort et déjà pu- 
Irescenl. 

La cessation de l'écoulement de l'eau lors du 
retour des douleurs est la première chose qui frappe 
dans la lecture de cette observation. Elle tient à 
iocclasiou des passages par le fœtus poussé vers 
lesdelroils du bassin. L'eau s'écoule lentement dans 
\v.\\x ialçrvaile , parce nue rien ne la chasse que sou 



DEUXIÈME MÉMOIRE. Z5g 

propre poids ; elle sort avec plus de vivacité quand 
la douleur commence, parce que l'utérus la pousse 
au dehors ; elle s'arrête peu après , parce que le 
fœtus , également poussé , ferme les passages. 

La vivacité des douleurs semble aussi contraster 
avec la faiblesse des contractions. Ce phénomène 
était dû à la sensibihlé du venlre , qui annonçait un 
état morbide. Je regrette que les détails des suites 
de couches aient été négligés : ma mémoire n'y peut 
malheureusement suppléer. 

Quant au reste, faudra-t-il encore rappeler l'at- 
tention des élèves sur l'infraction des règles et des 
préceptes théoriques ? 

La présente observation a , sous ce rapport , ceci 
de remarquable , que ce fut M. Baudelocque lui- 
même qui se vit forcé de contrevenir aux règles 
sur lesquelles il insiste tant dans son ouvrage. 
M. Baudelocque était excellent praticien ; tout en 
donnant des règles fondées sur la théorie , il n^gno- 
rait pas qu'elles ne sont pas sans exceptions, et que 
la pratique force souvent à s'en dispenser; mais il 
craignait de les infirmer en y mettant trop de res- 
trictions , et il supposait qu'un peu d'habitude met- 
trait bientôt ses élèves au fait. J'y vois , pour moi , 
deux inconvéniens : ou bien les élèves restent atta- 
chées à la règle en dépitdesévénemens, ou bien elles 
s'en débarrassent tout-à- fait dès les premières excep- 
tions qu'elles rencontrent. 11 faut connaître la règle 
à fond , savoir qu'elle est applicable au plus grand 
nombre descas , mais non pas à tous exclusivement» 



56o PRATIQUE DES ACCOUCIIEMENS. 

N° LXXXIV. 

Position transversale inclinée (5* espèce, 
4® variété, bregmalique ). — Version pour res- 
sensément du bassin. 

La femme dont il s'agît avait vingt-quatre ans ; 
elle était d'une petite stature, et avait la mâchoire 
inférieure avancée et le menton saillant. Elle n'avait 
marché qu'à trois ans, et n'avait été réglée qu'à 
dix-huit. C'était sa première grossesse. 

Elle arriva dans son neuvième mois le 20 juillet 
1811 , à sept heures du soir. Les membranes étaieht 
rompues , l'eau coulait , l'orilîce utérin était peu 
ouvert et son cercle encore épais. 

Pendant toute la nuit, douleurs médiocres. Vers 
trois heuies du malin (21 juillet ),la dilatation aug^ 
mente , et l'on sent la tête au-dessus du détroit ab- 
dominal. Celte dilatation s'opère lentement pendant 
le jour à l'aide de faibles contractions. A dix heures 
du soir elle élait complète ; mais la tête n'avait pas 
descendu : seulement la peau s'était tuméfiée. L'é- 
troitesse du détroit en élait la cause ; il fut mesuré 
au moyen du doigt indicateur , et son diamètre 
sacro-pubien fut estimé de trois pouces et demi. 
Pour reconnaître sans équivoque la position du 
fœtus , il fallut introduire la main dans le vagin. 
Cette main distingua facilement l'occiput à gauche, 
le front à droite et une oreille derrière la symphyse 
des pubis et au dessus d'elle. Cet examen apprit 



DEUXIÈME MÉMOIRE. 36l 

aussi que la fontanelle antérieure était plus basse 
que la postérieure _, et que , par conséquent, la télé , 
étendue vers le dos , offrait son grand diamètre à 
l'ouverture du bassin. Cette dernière circonstance 
donna un nouveau poids aux motifs que nous avions 
déjà pour terminer artificiellement le travail : restait 
à choisir le procédé opératoire. 

La hauteur de la tête me fît rejeter le forceps et 
choisir la version. Une élève introduisit la main 
gauche , repoussa la tête à droite, et voulut suivre 
le côté du fœtus pour arriver aux pieds. La con- 
slriclion de l'utérus , appliqué sur la surface de 
l'enfant , lui rendit cette manœuvre impossible et 
dérouta tellement ses idées , qu'elle retira sa main 
sans avoir rien amené , quoiqu'en assurant qu'elle 
avait senti les genoux , et que l'engourdissement 
l'avait seul empêchée de déployer la jambe. Par mon 
conseil , elle reporta la main droite vers le lieu où 
l'autre avait senti les membresinférieurs. Cette main 
pénétra plus aisément vers ce point de l'utérus : 
un pied s'y trouva: c'était le gauche : elle l'attira au 
dehors. 

Les difficultés qu'elle avait rencontrées m'enga- 
gèrent à faire agir sur ce membre plutôt que de re- 
commencer de nouvelles recherches pour avoir 
l'autre. Ce pied était en arrière : pour tirer sur lui 
seul avec avantage il fallut l'amener en avant. Pour 
cela la jambe chemina, descendant en spirale d'ar- 
rière en avant , le long du côté droit du bassin. Ce 
mouvement fît tourner la totalité du fœtus, de 



362 PRATIQUE DES ACCOUCIIEMENS. 

manière que le tronc, de'ploye', sortit , le sternum à 
droite et en arrière^ le dos en avant et à gauche. Le 
membre inférieur droit sortit étendu sur l'abdomen 
et se dégagea facilement. 11 n'en fut pas de même 
des bras : le droit, croisant la nuque et serré entre 
la tête et les pubis , fut très-difficile à extraire. La 
tête eut quelque peine à traverser le détroit supé- 
rieur ; elle s'y présentait en travers, le front à gau- 
che et l'occiput à droite; la face était en partie en- 
gagée dans l'excavation. Je voulus appliquer le for- 
ceps; il me fut impossible de placer la branche qui 
devait être en arrière. Je me contentai donc d'agir 
sur les épaules avec la main gauche, taudis que la 
droite, embrassant le devant du col , agissait avec 
deux doigts sur la mâchoire inférieure. De cette ma- 
nière , je fis franchir à la têle le détroit supérieur , et 
presque en même temps je tournai la face vers le sa- 
crum. Le détroit périnéal ne présenta point de ré- 
sistance. 

L'enfant était mort, et paraissait l'être depuis peu : 
cependant depuis quatre jours la mère n'en avait 
guère senti les mouvemens. Les légumens du crâne 
s'étaient tuméfiés dans lecommencement du travail; 
mais ce signe-là est toujours un peu équivoque. 

La mère a eu une fièvre gastrique très-bénigne. 

Accouchement opéré par mademoiselle Va ucher, 
du département de la Seine. 

J'engageai l'élève à porter en second lieu la main 
droite en place de la gauche , non qu'elle eùl clé 



DEUXIÈME MÉMOIRE. 365 

ciloisîe contradicloirenient aux règles , mais parce 
qu'elle est toujours plus adroite , et que l'élève était 
un peu déroulée. Certaines personnes ont pris dès 
l'enfance une telle habitude de se servir continuel- 
lement de la main droite , que la gauche ne leur sert 
absolument que d'auxiliaire , et qu'elles ne peuvent 
la faire agir isolément, v 

IN« LXXXV. 

POSITIOJV TRANSVERSALE INCLINEE (5^ CSpècO , 

6® variété, ou position du pariétal droit ).^ 
Version. 

Marie Jeanne Poul , âgée d'environ vingt- 
cinq ans, de consiitution moyenne et de taille mé- 
diocre, mais sans difformité apparente, était en- 
ceinte pour la troisième fois et à terme quand elle 
arriva à la maison d'accouchemeu t ( 1 6 janvier 1 806) : 
elle était même en travail. On la coucha sur le 
dos pour remédier à une obliquité antérieure très- 
considérable. Soit que cette obliquité eût déjà intlué 
sur la position du fœtus, soit que cela dépendît 
d'une autre cause, lorsque les membranes se rom^ 
firent, on sentit la tête déviée au détroit supérieur. 
L'orifice, amplement dilaté, permettait de s'assu- 
rer de la position. Le front était à droite et l'oc- 
ciput à gauche; mais les deux fontanelles (dont 
l'antérieure n'était accessible qu'en portant la main 
dans le vagin) étaient dirigées en arrière ainsi que 
la suture sagittale; la bosse pariétale droite occu- 



^64 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

paît presque le centre du détroit supérieur; eufîa, 
le bord convexe de l'oreille se laissait sentir der- 
rière le haut des pubis. 

Les douleurs étaient d'abord assez fortes; en quel- 
ques heures elles s'éteignirent; leurs effets se bor- 
nèrent à enfoncer un peu la tête sur le détroit et à 
tuméfier un peu les tégumens. Voyant que rien ne 
changeait, j'opérai^ sans plusattendre, quatre heures 
après la rupture des membranes. 

Je glissai la main gauche sur la face du fœtus , je 
repoussai la tête pour faire place à mon bras, et j'a- 
vançai dans l'utérus. Cet organe n'était pas assez 
contracté pour me gêner beaucoup; il l'était assez 
pour avoir pelotonné l'enfant, et rassemblé les 
membres. Il eût été peut-être difficile de les démê- 
ler, et certainement imprudent de les saisir au ha- 
sard. J'y procédai plus régulièrement : ma main 
suivit le côté gauche du fœtus ^ passa sur la fesse, 
et descendit vers le genou du même côté, déploya 
la jambe au moyen des doigts , tandis que le pouce 
appuyait sur le genou, puis amena le pied au de- 
hors. Ce membre servit de guide pour aller prendre 
l'autre ; en un instant tous deux furent à la vulve. 

L'extraction fut facile et régulière; i'enfant sortit 
comme dansladeuxièmeposition des pieds. D'abord, 
vigoureux , il a péri peu de jours après sa naissance. 
La mère, examinée après l'accouchement, m a paru 
avoir l'angle sacro-vertébral un peu trop saillant. 
Elle a été prise d'une fièvre gastrique que Tipéca- 
cuanha a fait disparaître. 



DEUXIÈME MÉMOIRE. 365 

N° LXXXVI. 

Position transversale inclinée (6* espèce, 
6^ variété , ou position du pariétal gauche ).— 

Version. 

Dans le mois de frimaire an lo, une autre femme 
me présenta une position plus altérée, plus déviée 
que la précédente, quoique le bassin fût bien con- 
formé. 

La position était transversale, en approchant un 
peu de la quatrième (Baudelocque); mais le parié- 
tal droit, retenu par l'angle sacro-vertébral, avait 
incliné la tête vers l'épaule, de telle sorte que les 
deux fontanelles regardaient les symphyses sacro- 
iliaques, et que la suture sagittale était en travers 
un peu au-devant de la saillie sacro-verlébrale. La 
bosse pariétale gauche était au centre, l'oreille gauche 
facile à sentir en avant : c'est dire assez que le front 
était à gauche et l'occiput à droite, et tout cela au 
niveau du détroit supérieur. 

Celte femme, nommée Thérèse Bern... , en était 
à sa première grossesse ; elle avait une légère obli- 
quité latérale droite et antérieure ; /e^ membra?ies 
étaient rompues depuis environ six heures. 

Je la fis coucher sur le dos ; mais la tête ne chan- 
gea pas. Je n'attendis que quelques heures, et, n'ob- 
servant aucun progrès, j'allai chercher les pieds. 
J'opérai de la main droite, et ce fut avec la plus 



^66 PRATIQUE DES ACCOUCIIEMEWS. 

grande facilité. J'amenai d'abord le pied droit, puis 
le gauche. Malgré la facilité des manœuvres et leur 
promptitude, l'enfant se trouva mort: c'était un 
garçon de sept livres et demie. Les suites de couches 
ont été simples. 

Si j'avais voulu réduire la position à une plus 
franche, j'aurais infailliblement produit la qua- 
trième; car la fontanelle antérieure était un peu 
plus avancée que la postérieure. La quatrième n'est 
pas assez favorable pour que j'aie cru devoir tenter 
la réduction . Remarquez que dans cette observa lion , 
comme dans toutes les autres de positions parié- 
tales, on ne peut faire l'application de ce que disent 
les auteurs des positions du côté de la tête : ici l'o- 
reille et la suture sagittale étaient au même niveau : 
l'oreille était donc loin du centre. Remarquez aussi 
qu'il n'en a pas existé une seule dans laquelle la sa- 
lure sagittale fût tournée en avant. 

Peut-être cette position, d'ailleurs défavorable, 
doit-elle être considérée comme ayant contribué à la 
mort du fœtus, par cela même qu'elle changeait son 
attitude. On conçoit en effet que l'inclinaison forcée 
de la tête puisse gêner la circulation cérébrale en 
comprimant ou distendant les vaisseaux du col : elle 
ne peut guère avoir d'influence sur le cordon rachi- 
dien ; car la distension du rachis n'est pas assez forte 
pour cela. 



TROISIÈME MÉMOIRF; ^Cj 



Iir MÉMOIRE. 



Positions de la Face. 

ARTICLE PREMIER. 

Définition , Divisioîi. 

J_iES fesses et les pieds se présentent plus fre'quem- 
ment que la face : leur histoire aurait donc dû pré- 
céder la sienne ; mais il est impossible de séparer 
leur description de celle des positions des i^enoux : 
or, ceux-ci viennent après la face dans l'ordre de 
la fréquence. Nous réunirons dans un Mémoire 
subséquent à celui-ci tout ce qui a trait à ces trois 
genres de positions. Nous avons dit ailleurs quelles 
autres raisons nous déterminaient à commencer de 
préférence par les positions de la face. 

Sous ce titre, nous réunirons toutes les positions 
dans lesquelles le fœtus présente à l'orifice ulérin 
quelqu'une des parties comprises entre la fonta- 
nelle antérieure et le larynx, entre une oreille et 
l'autre. 

Baudelocque distingue quatre positions de la face , 
et avant lui, Antoine Petit et Roederer les avaient 



3G8 PRATIQUE DES ACCOUCHEMErfS.' 

indiquées. On sait que , suivant lui , la première et 
la deuxième sont celles dans lesquelles le front se 
trouve directement ou en avant ou en arrière. Celle 
division ne s'accorde pas tout-à-fait avec les résultats 
de mon expérience. 

Ces deux positions , jamais je ne les ai rencon- 
trées. J'ai déjà donné, dans le premier Mémoire, la 
distribution régulière des positions que j'ai obser- 
vées : je vais la reproduire ici ; car elle nous servira 
de plan pour la suite du présent Mémoire. 

iVanétéi. — i" diagonalu , ou iiit(r< 
médiaires borizontales ( Cront o* 
peu en araut ou un peu en ar- 
ricre). 
f frontale;. 
2* inclinées. '{mentales. 
l malairet ( ane jone } . 



de la face. 



[Espèce a*. Front à droite.* ^ 
— 4* ^^ Baudelocqne.. j 



ARTICLE II. 

Fréquence* 

Je le disais tout-à-l'heure , la première et la 
deuxième de Baudelocque ne se sont jamais pré- 
sentées à moi^ et je n'en trouve aucun exemple bien 
évident dans les bons Recueils d'observations. Ce 
qu'en ont dit certains auteurs prouve même qu'ils 
n'ont pas fondé leur dire sur l'expérience : tel est 
Slein , qui , conlradictoirement aux autres el coa- 
tradictoiremeiit au bon sens, assure que la première 
( front sur les pubis ) est la pluS commune (t. ii , 
p. 137). 



TROISIEME MÉMOIRE. SÔg 

La troisième et la quatrième de Baudelocque 
s'offrent, au contraire, tous les jours dans ma pra- 
tique (i). Dans le cours de ce Mémoire, je leur 
conserverai le nom adopte' par Baudelocque pour 
les raisons que j ai exposées ailleurs. 

La troisième est beaucoup plus fréquente que la 
quatrième, et cela dans la proportion de quarante- 
un à trente-un , à en juger du moins d'après nos 
calculs. 

Ces positions ne sont pas toujours franches , et 
leurs déviations constituent d'assez nombreuses va- 
riétés qui peuvent toujours être rapportées à l'une 
des deux espèces : c'est ce qui a été fait dans la 
table énumérative, où nous n'avons établi que deux 
masses , une pour la troisième et une pour la qua- 
trième position (Baudelocque). Ces variétés sont 
d'abord les diagonales. Dans celles-ci , la face con- 
serve, par rapport au bassin, son horizontalité; 
mais le front , au lieu de toucher un des iliums , 
appuie ou sur une des éminences ilio-peclinées_, ou 
sur une des symph^-ses-sacro-iliaques. De là deux 
variétés pour chaque espèce : si le front est à gau- 
che , la position devra toujours être rapportée à la 
troisième espèce (Baudelocque); s'il est à droite, 
ce sera à la quatrième qu'il faudra 1 adjoindre. 

En second lieu , la face peut être inclinée de ma- 

(i) Nous en avons eu. ^2 sur 1 5,652 acconchetuens : c'est 
dans la proporlion de i à 217 à-peu-piès. {F^ojfZ^ pour les 
détails , la Table énumérative des Positions , elc. ) 

54 



SnO PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

iiière que son horizontalité n'est plus parfaite, rela- 
tivement au bassin : de là trois variétés nouvelles : 
1° les frontales ou fronto-bregmatiques^ qui souvent 
ne sont que le premier degré des positions franches 
(voyez Mécanisme); 2° les mentales ^ dans les- 
quelles le menton est au centre , et le devant du col 
en partie engafïé : elles sont quelquefois la suite d'un 
mécanisme ordinaire outré dans ses résultats ; S^^^'S 
malaires , dans lesquelles l'une ou l'autre joue s'a- 
vance plus que son opposée. Disons, par anticipa- 
lion , que c'est toujours la joue qui est en avant 
qui descend la première , comme dans les positions 
inclinées du vertex c'est le pariétal qui est en avant 
qui descend toujours le premier. Les trois dernières 
variétés peuvent se combiner avec la première. 
Ainsi la face peut être diagonale et présenter le front 
au centre, disposition assez ordinaire [voyez 3féca^ 
nisme) : de là naîtraient de nouvelles variétés ou 
sous-variétés ; mais tant de distinctions ne sont pas 
nécessaires, et il est toujours facile de rapporter 
toute variété, quelque compliquée qu'elle soit , à 
l'une des deux espèces : c'est le meilleur moyeu de 
s'entendre et d'éviter la confusion. 

Ces variétés ne sont pas également fréquentes ; 
ainsi les diagonales, dans lesquelles le front est en 
arrière, sont les plus rares (voyez Causes) ; car il 
ne faut pas donner ce nom à la direction que prend 
la face en descendant et roulant horizontalement 
dans le bassin. (Voyez Mécanisme. ) 

Les variétés frontales sont bien plus fréquentes 



TROISIÈME MÉMOIRE* 5^1 

que les aulres inclinées ; les mentales sont Irès-ra- 
res (i) ; les malaires le sont moins (2) ; mais on ne 
les voit guère qu'avec un vice du bassin (Voyez 
Obseri^ations pavticulièT^es >) . Enfin les fronto-trans- 
versales sont beaucoup plus rares que les fronlo- 
diagonales, et cela lient au mécanisme des posi- 
tions secondaires, comme nous le verrous dans un 
instant. 

ARTI CLE III. 

Causes. 

§ P^ Causes générales. Depuis Devenler tous 
les accoucheurs regardant comme cause des posi- 
tions de la face les obliquités utérines* Suivant cet 
auteur , la têle éprouve une sorte de bascule eu 
heurtant le côlé du bassin opposé à l'obliquité ; sui- 
vant Baudelocque , c'est la direction des forces uté- 
rines qui porte davantage sur un point de la léte 
antérieur à l'articulation occipito-alioïdlenne (3). 
Je ne veux point révoquer en doute la justesse de ces 
théories ; je veux seulement faire remarquer que 
souvent la Jace se présente sans qu'il y ait eu obli- 

(i) Delamotte, obs. ï5i. 

(ti) ^oj csDeleurye, pag. 240^ Ant. Petit , 1. 1^ p. 587 ; 
Maubiceau , obs. 11761554. 

(5) Malgré l'opinion de Baudelocque sur les idées de Levret 
par rapport à l'oblic^uilé utérine, je ne crois pas du tout que 
cet auteur ait voulu parler de la face , mais bien des côté» du 
crâue, (Levret , Accouchemens laborieux. ) 



372 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

quité Utérine ( Ant. Petit, t. i",p. 335). On la 
trouve même quelquefois déjà en plein au délroit 
supérieur avant que le terme de la grossesse soit 
arrivé et qu'il se soit développé le moindre sym- 
ptôme de travail puerpéral. C'est ce que nous avons 
observé deux fois sur le cadavre. Dira-t-on que ces 
faits font exception à la règle ? Ils sont trop nom- 
breux pour qu'on les considère comme tels, et 
ils doivent faire classe à part. Quant à ceux dont 
la production s'opère pendant la durée du travail , 
nous remarquerons encore que s'il n'y a point une 
disposition première du fœtus, l'obliquité utérine 
ne suffira pas pour produire les positions de la face; 
et tous les jours, en effet, nous voyons des obliquités 
énormes sans qu'elle s'avance. J'ajouterai encore 
que si cette disposition du fœtus existe , l'obliquité 
favorisera la présentation de la face ; mais que celte 
présentation aurait lieu même sans elle : c'est en- 
core ce que j'ai plusieurs fois observé. Solayrès lui- 
même, dont Baudelocque n'a fait que commenter 
l'opinion , laisse entrevoir qu'il faut que la tête soit 
déjà un peu renversée en arrière pour que les forces 
utérines, obliquement dirigées, achèvent ce renver- 
sement. Si l'attitude du fœtus n'était pas changée , 
si le menton restait appliqué sur la poitrine, jamais, 
comme le suppose Baudelocque , cette direction ne 
représenterait une ligne passant au-devant du centre 
des mouvemens de la tête (§ 1291 ) (1). Toujours 

(i) C'est l'articulation occipito-alloidienne, et non pas le 



TROISIÈME MÉMOIRE. SyS 

celle ligne passerait derrière , et les efforts ulërias 
fléchiraient davantage la face sur le sternum : on peut 
aisément s'en assurer sur le mannequin. M. Gardien 
a bien senti cette vérité quand il a dit (t. ii^ p. 527 
et suivantes ) : « Le renversement de la tête peut 

exister avant le travail, ce qui est le plus ordinaire 

Je regarde comme très-certain que s'il n'existait pas 
un commencement de renversement, l'obliquité de 
la matrice ne pourrait le produire pendant le tra- 
vail. >i Mais quelle est la cause première de ce ren- 
versement préliminaire? c'est ce que M. Gardien 
n'indique pas , et son obliquité du jœtus n'en rend pas 
bien raison. Si des hypothèses peuvent trouver place 
ici, voici quel est mon sentiment : qu'on n'y attache 
pas plus d'importance que je ne veux moi-même y 
en mettre. L'obliquité utérine est toujours plus ou 
moins antérieure, et le front du foetus est le plus 
souvent tourné en arrière; plusieurs causes concou- 
rent, en telle disposition, à renverser la tête : i" son 
propre poids qui l'entraîne en bas et porte le front, 
comme partie plus pesante, vers le vide du bassin; 
2** la contraction de l'utérus, qui , au moment de la 
rupture des membranes , appuie et pousse sur les 
parties les plus saillantes du fœtus , et par consé- 
quent sur le front. L'occiput ne résiste pas autant, 
il remonte , et le front descend en produisant l'ex- 
tension de la tête. 



verlex ni même le centre de la cavité du crâne, qui doit être 
considéré comme tel ; la raison le dit assez. 



374 PRATIQUE DES ACCOUCIIEMF.NS. 

§ II. Causes particulières. Quelles sont les cause.s 
qui rendent les positions transversales si ordinaires 
( 5'' et 4® ) et qui semblent exclure les autres ? 11 y en 
a plusieurs. Première cause : la forme même du dé- 
troit supérieur et ses diamètres qui s'accommodent 
mieux dans ce sens avec ceux de la face. Deuxième 
cause : la fréquence des positions du verlex qui amè- 
nent celles de la face. Nous avons dit que les obli- 
ques et les transversales étaient les plus ordniaires : 
or, ce sont celles-là qui , quand la tête se renverse, 
produisent la troisième et quatrième de la face. 
Troisième cause. Si ;, comme M. Gardien le pense 
(t. II, p. 329) , le fœtus peut être oblique indépen- 
damment de l'ulérus , il est évident qu'il trouvera 
Lien plus d'espace à son obliquité dans le sens trans- 
versal que dans l'antéro-postérieur. Si l'utérus con- 
serve sa reclilude,le tronc d'un fœtus oblique doit 
nécessairement tomber vers l'une ou l'autre fosse 
iliaque; l'ntérus offre dans ce sens sa plus grande 
iaroeur , et il est moins soutenu ; en avant il est 
comprimé par les parois abdominales, en arrière 
par le rachis : c'est donc sur les côtés qu'il s'élargira 
plus aisément sans s'incliner^ s'il est possible. En pa- 
reil cas , si c'est la face qui est en bas , nécessaire- 
ment sa position sera transversale. 

Quant à la fréquence plus grande de la troisième 
(avec ses variétés), elle doit tenir à la fréquence de 
la première du vcrtex^ dont elle dérive naturelle- 
ment quand elle est secondaire. 

J.es causes des variétés ne sont pas plus obscures, 



TR0ISIÈ3IE MÉMOIRE. SyS 

I «. Puisque ce sont le plus souvent des positions du 
vertex qui dégénèrent eu celles de la face , ces posi- 
tions étant le plus souvent diagonales amèneront 
des positions diagonales si le front, en se renversant, 
n'exécute pas une légère rolation latérale. 2\ Puis^ 
que ce sont des positions du vertex qui le plus sou- 
vent passent par degrés aux positions de la face , il 
est naturel que le front se présente dans un certain 
temps, et il peut arriver, par inertie de l'utérus ou 
par difformité du bassin, etc., qu'il reste en route 
et continue d'occuper le centre. 3°. Si le mouvement 
de renversement nécessaire pour que la face de- 
vienne horizontale est outré , si les causes qui le 
produisent agissent long-temps et fortement, le 
menton pourra s'avancer au centre, la tête se ren- 
versant fortement sur le dos. 4°- Enfin, la tête s' a- 
vançant transversale dans l'excavation, si l'angle 
sacro-vertébral est trop saillant , il retiendra la joue 
à laquelle il correspond, la face s'inclinera latérale- 
ment , et l'autre joue occupera le centre. 

A RT IC LE IV. 

Mécanisme. 

§1". Mécanisme des positions franches. Nous les 
supposons primitives, c'est-à-dire franches dès les pre- 
miers instans du travail (i). Baudelocque dit posi- 

( i) Les positions bien franches , c'est-à-dire horizontales et 
transversales , seul en effet ordinairement primitives, Obsei'vez 



576 PRATIQUE DES A€COUCHEMENS. 

llvement que la troisième et la quatrième posilioa 
peuvent seules se terminer spontanèmenl. Smellie 
( tom. II, pag. 321 , 524 ,327) n'a jamais vu Tac-» 
couchement s'opérer que la face ne se fût présentée 
en travers au détroit supérieur. Si Rœderer a dit 
que dans la première et la deuxième raccouche- 
ment pouvait se terminer spontanément , c'est qu'il 
n'avait observé les choses qu'au détroit inférieur. 
Je n'ai pas besoin de répéter ce que j'ai dit a cet 
égard ; on se rappelle que je n'admets que des po-» 
sitions transversales , ou à-peu-près transversales. 

Le mécanisme de l'accouchement spontané par 
la face comprend trois temps seulement, quand 
la position est primitive. Le premier consiste dans 
la progression de la face , qui s'enfonce transver^ 
sale dans l'excavation ; le deuxième est la rotation 
horizontale ; et enfin , le troisième est la flexion de 
la tête qui produit son entier digagement. 

Le preniier temps n'a rien de particulier à re- 
marquer: la face s'enfonce comme toute autre par- 
tie du fœtus : nous verrons bientôt que rien ne 
doit l'en empêcher pour ce qui est de sa forme et 
de ses dimensions. Le deuxième peut être regardé 
comme constant et constamment le même. J'ai 



pourlant que les positions diagonales dans lesquelles. le front 
est en avant doivent, dans leur mccanisme régulier, devenir 
un instant transversales, de luêtne que les transversales doivent 
devenir un instant diagonales , puisque te front doit se tourner 
eo arrière. 



TROISIEME MÉMOIRE. 577 

bien va deux ou trois fois la face sorlir transver- 
sale ou à-peu-près hors de la vulve , et j en don-* 
lierai des exemples ci après ; mais ce ne sont que 
des exceptions très-rares. On peut poser en principe 
général que dans toute position franche ou même 
diagonale de la face , il s'opère dans fexcavation 
une rotation par laquelle le menton est ramené 
6OUS les pubis , tandis que le vertex se loge dans la 
concavité du sacrum. Quant au troisième temps , 
on peut également établir en thèse générale que le 
menton , une fois sous les pubis , la mâchoire infé- 
rieure s'enfonce dans l'arcade , puis le menton re- 
monte au-devant de la symphyse , tandis que le 
front descend au-devant du périnée que fait saillir 
le vertex , et que peu à peu le même mouvement 
de (lexion de la tête en produit le dégagement en 
faisant passer sur la fourchette le bregma , la su- 
ture sagittale, et enfin l'occiput : c'est un mou- 
vement d'arc de cercle auquel la région de l'os 
hyoïde sert de centre , et qui répond au mouve- 
ment d'extension en arc de cercle auquel la nuque 
sert de centre quand la fontanelle postérieure s'est 
avancée la première ( Positions du vertex ). Il 
n'est pas besoin de dire que la face se tourne après 
cela spontanément vers le point que le menton re- 
gardait dans le premier temps, ni de répéter ce que 
nous avons dit au sujet des positions du vertex sur 
l'expulsion ultérieure du tronc. 

Tous les auteurs n'expliquent pas ainsi la rota- 
tioQ borizoalale. Smellie donae à entendre que le 



Oy8 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

menton peut se tourner vers le coccyx , et le front 
derrière les pubis. Il cite même un cas clans lequel 
les choses se sont ainsi passées (tom. ii, p. 528); 
mais , ajoute-l-il , l'enfant était petit , le bassin 
large , et les voies faciles. Je le crois , et je sou- 
tiens impossible la terminaison d'un accouchement 
par la face quand le menton est en arrière , soit pri- 
mitivement , soit secondairement^ à moins qu'on 
n'ait alTaire à un véritable avorton. Qu'on examine 
attentivement les choses, et l'on verra qu'il fau- 
drait pour cela , i° ou bien que les clavicules el 
le sternum restassent sur l'angle sacro-vertébral 
pendant que le menton descendrait jusqu'au-devaut 
du périnée , puisque _, jusque là , toute la tête rem- 
plirait l'excavation du bassin : le col, cnormément 
allongé, devrait mesurer toute la longueur du sa- 
crum , du coccyx et du périnée , c'est-à-dire , en- 
viron huit pouces ; 2° ou bien il faudrait que le 
thorax entier s'enfonçât dans l'excavation entre la 
tête et le sacrum , et qu'il fûl assez aplati pour 
n'occuper tout au plus que deux pouces de celte 
excavation , laissant les trois autres pouces du dia- 
mètre antéro-postérieur pour le diamètre sphéno- 
hregmatique de la tête. Deventer avait bien connu 
cet effet, qu'il n'aurait pas dû généraliser et appli- 
quer aux autres positions de la face ( pag. 208) : 
c'est, suivant lui , parce que la poitrine s'avance 
avec la tête que la présentation de la face est 
fâcheuse. Un coup-d'œil jeté sur la vingt-sixième 
planche de Smellie en fera plus que tous mes rai- 



TROISIÈME MÉMOIRE. 5jg 

sonncmens : on y verra la tèle écrasée , le col 
allonge , et le liant de la poitrine déjà enfoncé 
clans le bassin, comme si Smeilie s'était plu à don- 
ner un modèle de toutes les causes d'impossibilité 
d'un pareil mécanisme; il n'a même représenté cet 
état de choses produit par Faction du force ps , que 
comme pour avertir que la nature seule n'en pour- 
rait pas faire autant. 11 n'eu est pasdemêmede celui 
que nous décrivions tout-à-l'heure, et les planches 
précédentes de Smeilie, qui sont exactes , donneront 
encore une juste idée de sa possibilité et de sa facilité. 
§ H. Mécanisme des J^ariétés. Je n'ai pas beau- 
coup à dire des positions diagonales (i) sans incli- 
naison : en les supposant primitives , leur méca- 
nisme est celui des positions franches : seulement 
on conçoit que les diagonales dans lesquelles le 
menton est un peu en arrière ont plus à faire pour 
leur rotation que celles dans lesquelles il est un peu 
en avant: cependant elles n'en sont pas plus portées à 
suivre le mécanisme que je critiquais tout-à-l'heure : 
elles se réduisent en descendcmt à une position 
franche , c'est-à-dire qu'elles deviennent transver- 
sales, puis le menton se porte de gauche en avant 
pour la quatrième espèce, de droite en avant pour 
la troisième. Que ce mouvement soit plus dif?]cile. 



(i) Les positions diagonales sont presque loujotns secon- 
daires, et résultent des positions du veitex de'viées et renver» 
se'es. Cela paraît vrai , du moins pour celles dans lesquelles 
le front est eu ayant. ( Vojez plus b.u. ) 



58o PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

OU non que dans les autres positions, par cela même 
qu'il doit être plus étendu , c'est ce que nous exami- 
nerons tout-à-l'heure. 

Quant aux '^oûûons frontales y leur me'canisme 
doit comprendre deux temps de plus que celui des 
franches. Le premier temps, c'est l'extension pré- 
liminaire de la tête (voyez Causes) , qui amène la 
disposition au renversement vers le dos. Le deuxiè- 
me, c'est ce renversement même et la permutation 
d'une position du front en position franche de la 
face. Vous voyez que Je ne considère ici les positions 
du front que comme un degré , comme un passage 
des positions franches et secondaires : cela doit être, 
puisque nous nous occupons du mécanisme , et que 
nous parlons par conséquent de la marche qui a lieu 
dans une terminaison naturelle. 

Les positions secondaires de la face auront donc 
cinq temps : l'extension, le renversement, la des- 
cente , la rotation et la flexion en arc de cercle. 
Ce mécanisme n'est pas absolument constant dans 
toutes les positions du front : ainsi j'ai vu la tête se 
réduire à une des positions du vertex ; mais il est 
excessivement rare que cela se fasse seul : c'est en 
descendant dans l'excavation que la chose est arrivée. 
D'autres fois, mais tout aussi rarement _, la position 
du front a persisté, et j'ai vu la tête descendre et sortir 
le front le, premier sans s'être réduite ni d'un côté 
ni de l'autre, soit que les efforts utérins aient suffi 
à son expulsion ,• soit que le forceps y ait suppléé : 
ce ne sont encore là que des exceptions rares et qui 



TROISIÈME MÉMOIRE. 38l 

n'infirment pas la règle. Le plus souvent les posi-^ 
lions persistantes ne peuvent se terminer spontané- 
ment. On ne peut donc leur assigner un mécanisme 
particulier. 

Les positions du menton , pour que la télé sorte 
sans le secours de l'art , doivent se réduire à une 
position franche : cela s'opère à mesure que la face 
pénètre dans l'excavation (Delamotte , obs. i5i). 
Je ne crois pas qu'elles soient jamais primitives : si 
elles l'étaient^ la réduction n'en serait sans doute 
que plus facile ; mais quand elles sont secondaires 
les causes qui les ont amenées peuvent persister plus 
long-temps. Je parle de la mauvaise direction des 
forces utérines et de l'apposition du front sur un 
des bords de l'excavation. Mais si la face parvient 
une fois à s'enfoncer dans l'excavation , son redres- 
sement est alors inévitable , et rien ne peut guère 
s'y opposer. 

Celles des joues, pour que l'accouchement puisse 
s'opérer, doivent se réduire à une position franche, 
et c'est encore en descendant que le redressement 
s'opère , comme nous lavons vu ailleurs pour les 
positions pariétales. Remarquez , pour ces derniè- 
res variétés des positions syncipitales et des faciales , 
que dans toute position franche un pareil redresse- 
ment est en partie nécessaire; car une partie qui est 
horizontale par rapport au détroit supérieur, est 
inclinée par rapport à l'inférieur. ( J^ojez premier 
et deuxième Mémoires , Diagnostic. ) 

Cela nous aide à comprendre comment une posi- 



582 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS.' 

tion vraiment inclinée dans le sens antéro-posle'-» 
rieur peut se redresser graduellement en descen- 
dant dans l'excavalion du bassin; et nous concevons 
très-bien encore que l'angle sacro vertébral une fois 
franchi , rien ne s'oppose plus au redressement. 

ARTICLE V. 

Diagnostic. 

Le diagnostic est quelquefois très-facile, mais 
Mk d'autres fois il présente beaucoup de difficultés. Exa- 

minons-le dans les différens cas qui peuvent s'offrir 
dans la pratique. 

§ I". Diagnostic des positions franches , jm/niti^'es 
ou secondaires (i). 

A. Diagnostic facile. La forme connue de la face 
et la disposition relative de ses différentes parties , 
rendent dans les cas simples le diagnostic très-facile. 
Une surface arrondie et solide à laquelle on sent 



(i) Il n'est pas toujours indifférent de de'cider si une posi- 
tion de la face est primitive ou secondaire (voyez Pronostic ). 
Or, j'ai déjà dit que les primitives étaient ordinairement trans- 
versales, et les secondaires diagonales; mais nous savons aiis«i 
que le mécanisme des unes et des autres les fait passer de la 
direction transversale à la diagonale, de la diagonale à la trans- 
versale, etc. Pour éviter autant que possible l'équivoque que 
produiraient ces changemens de direction, rappelez-vous que 
la rotation horizontale ne commence que dans l'excavation du 
Lassin. Ainsi, toute position transversale horizontale au dé- 



TROISIEME ME^rOIRE- CiDil 

quelquefois une suture, et qui occupe un des côtés 
du bassin ( front ), à laquelle fait suite un enfonce- 
ment transversal suivi d'une saillie ; sur les côtés de 
cette saillie, deux parties mollasses qu'entoure un 
cercle osseux ; enfin, au-delà de la même saillie une 
fente transversale , etc. Voilà les principaux carac- 
tères : joignez-y , quand la tête est basse , la pré- 
sence d'une oreille derrière les pubis. Il est clair que 
dans la troisième position , c'est à gauche qu'on 
sentira la surface arrondie, et qu'elle sera à droite 
dans la quatrième. Mais il faut pour que tout cela 
soit bien sensible, que l'orifice soit un peu dilate, 
que les membranes soient rompues ou peu ten- 
dues , qu'elles soient rompues depuis peu de 
temps, et enfin que la tête ne soit pas trop élevée 
dans le bassin. 

B. Difficultés. Les circonstances ne sont pas tou- 
jours aussi favorables : aussi voit-on quelquefois 
ces positions donner lieu à des erreurs grossières , 
à des quiproquos ridicules. 

troit supérieur sera probablement primitive; loule position 
diagonale horizontale au détroit supérieur ou dans le liaat de 
l'excavation sera probablement secondaire. Mais quand la face 
est dans l'excavation, si on n'a fait aucun examen extérieur, il 
est, je crois, impossible d'en décider. Convenons encore que, 
même au détroit supérieur, une position transversale peut 
être secondaire, par exemple, si elle dérive d'une position 
transversale du vcrlcx : ce cas-là est, il est vrai , bien plus rare 
que les autres, par cela même que les positions transversales 
sont ]>lus rares que la plupart des diagonales du verlex. 



S84 PRATIQUE DES ACCOtJCHEMENS. 

i". Avant la rupture des membranes, on ne peut 
quelquefois bien sentir que le front, et rien alors 
de plus facile que de croire à une position du verlex. 
Sont-elles peu tendues , on pourra se douter de 
quelque chose, à cause des inégalités de la surface 
qui s'avance ; mais ce sera bien peu de chose si la 
poche des eaux empêche de suivre et d'apprëcier 
ces ine'galités , car les membres en ofïVent d'aussi 
petites et d'aussi saillantes. 

De ces inégalités, il en est une surtout qui peut 
éclairer beaucoup le diagnostic : c'est le nez : non- 
seulement il fait reconnaître la face , mais encore sa 
position : c^est surtout à l'ouverture des deux nari- 
nes qu'il doit ces avantages. 

2^. Après la rupture des membranes, peut sur- 
venir une nouvelle cause d'ambiguïté , que la tête 
soit haute ou qu'elle soit basse : c'est la tuméfaction. 
Dans quelques circonstances la face est tellement 
gonflée que le nez disparaît ou devient à peine 
trouvable dans le fond d'une dépression. C'est dans 
un pareil état de choses qu'on a pu prendre la face 
pour les fesses, comme Viardel en a parlé il y a 
long-temps ( pag. 1 14 ) > comme Sraellie dit l'avoir 
fait lui-même ( t. ii , pag. 627 ). 

Telle a été la cause du rislble événement arrivé à 
un ancien professeur de l'Ecole de Médecine: il 
assurait, aux élèves présens à un accouchement dont 
il suivait la marche , avoir reconnu la face et avoir 
même mis le doigt dans la boucîie du fœtus; tandis 
que ce doigt indicateur enduit de mécouiura , et 



TROISIÈME MÉMOIRE. 585 

qu'il étendait ea gesticulant vers les élèves, semblait 
lui donner un démenti formel. Ce sont alors les 
joues considérablement tuméfiées que l'on prend 
pour les fesses, et cette erreur serait pardonnable; 
mais prendre l'anus pour la bouche, c'est un qui- 
proquo qui suppose bien de la distraction ou bien 
de l'inexpérience. Rappelez-vous seulement les 
bords alvéolaires _, rappelez-vous la largeur de la 
bouche et la constriction de l'anus ; faites attention 
à la tuméfaction des lèvres , à leur renversement , 
aux saillies molles et irrégulières que produit alors 
leur déformation. Les paupières tuméfiées ressem- 
blent bien davantage aux parties génilales du sexe 
féminin , car le loucher juge toujours moins bien de 
la grandeur que de la forme. Le front tuméfié d'une 
part , une joue d'une autre part_, peuvent parla 
même raison simuler les fesses ; mais il est rare qu'oa 
ne puisse sentir le contour osseux de l'orbite; mais 
avec du soin on finit par trouver au voisinage le nez 
et les narines : c'est dans un enfoncement qu'il faut 
les chercher : on y trouve d'abord une petite saillie 
arrondie , et si on peut la circonscrire avec le bout 
du doigt , on sent bientôt les deux narines et la 
cloison qui les sépare. Dès qu'on aura trouvé ces 
dernières ^ plus d'équivoque ni sur la partie ni sur 
sa position : mais , sans cela même, avec de l'ha- 
bitude , on évite ordinairement toute erreur, et en 
suivant attentivement les parties, du front au men- 
ton j on parvient à se rendre un compte exact da 
ce qui existe. Le verlex tuméfié ne peut guère en 

20 



586 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

imposer , car on sait qu'il n'a que peu ou point 
d'inégalités , et celles qu'il peut acquérir quand la 
tumeur est molle , soit par l'action des instrumens , 
soit par celle des doigts qui cherchent à l'explorer , 
ne ressemblent point du tout à ce que dous avons 
dit de la face. 

§ IL Diagnostic des positions inclinées. Je ne 
parle pas des intermédiaires diagonales : la raison 
en est trop claire pour que je l'énonce. Le front, 
les narines et la bouche , voilàles jalons sur lesquels 
vous pourrez établir au juste la direction de la face. 

Â. Positions frontales et bregmatiques. Presque 
toujours , avec de telles positions existe une des 
difficultés dont j'ai parlé, savoir, l'élévation de la 
partie. Le mécanisme nous a rendu raison de cette 
particularité, puisque souvent pareille position 
n'existe que passagèrement et dans les premiers 
momens du travail. Si à cela se joint la tension 
des membranes, il est presqu'impossible de rien 
reconnaître : de là vient que bien des fois on a pu 
prendre pour primitii'es des positions de la face qui 
n'étaient que secondaires. 

Dans des cas plus favorables , quand les membra- 
nes sont rompues depuis peu et la partie mcdiocre- 
nient haute, on peut, dans les premiers temps , 
sentira la fois et la fontanelle antérieure, et le haut 
des orbites , et la racine du nez. Plus tard , la fon- 
tanelle fuit du centre à la circonférence , les yeux 
s'avancent , et enfin la face est horizontale et le 
mentOQ devient accessible. 



TROISIÈME MÉMOIRE* 58^ 

B. Les -positions mentales pourront (à en juger 
par l'observation deDelamolle) permeUre de sen- 
tir , non-seulemenl le larynx, mais encore jusqu'aux 
clavicules et au sternum. Pour moi^ je n'ai jamais 
ëlé si loin ; la bouche et les narines ont été mes 
guides principaux , et le menton mon point de dé- 
part et mon moyen d'appréciation. La base de la 
mâchoire et la saillie du larynx , c'est tout ce que 
j'ai senti de la partie antérieure du col. 

C. Enfin _, pour les positions malaires , je n'ai rien 
à en dire de plus que des positions franches , si ce 
n'est qu'une joue est plus basse ^ l'oreille plus acces- 
sible, et le nez, la bouche , etc., tournés en arrière. 
La situation du front et du nez bien connues , rien 
de plus facile que de déterminer quelle est la joue 
qui s'avance trop. Je rappelle encore une fois , à ce 
sujet, la différence des axes du bassin , et l'obliquité 
relative des plans perpendiculaires à chacun de ces 
axes, afin qu'on ne prenne point pour inclinée une 
position franche au détroit supérieur. 

ARTICLE VI, 

Pronostic, 

Le plus grand nombre des auteurs regarde la 
présentation de la face comme lrès-défavorab!e , 
tant pour la mère que pour l'enfant. Pour que ces 
accouchemens se fassent seuls, il faut, suivant Bau- 
dolocque, que la tête soit très-petite ou le bassin 
ttès-large (§i544) - c'est là l'opinion générale. 



58S PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

Quelques-uns pourtant , Portai ( pag. 282 ) , par 
exemple,, et Deleurye ( pag. 240 ) regardent la face 
présentée la première comme peu désavantageuse : 
le côté de la face est seul fâcheux , suivant ce der- 
nier. Rœderer et Ant. Petit assurent même que la 
première et la deuxième espèce ( Baudelocque ) 
peuvent se terminer spontanément. J'ai donné plus 
haut mes raisons pour douter de l'une ( 2*) , et pour 
rejeter absolument l'autre ( i"^^ ). Au milieu de ce 
conflit vous trouverez une multitude de faits qui 
prouvent contre la mauvaise opinion qu'on s'est 
faite généralement à ce sujet, dans Delamotle , 
Mauriceau, Smellie , etc. , combien d'enfaus sont 
nés seuls la face la première. Nous prouverons 
sans peine que la théorie n'est pas moins contraire 
aux antagonistes de Portai et de Deleurye. C'est 
par le plus faux des calculs , c'est d'après la théorie 
la plus erronée qu'un si grand nombre d'accoucheurs 
anciens et modernes ont pris comme en horreur les 
positions de la face. Afin de fixer plus positivement 
nos idées à ce sujet , entrons dans quelques détails. 

§ I". Pronostic relatwemejit à la mère. Il doit 
se baser surtout sur la facilité ou sur la difficulté de 
l'accouchement spontané. 

La face présentée la première retarde-t-elle l'ac- 
couchement ? Oui, suivant bien des gens. Comment 
le retarde-t-elle? En offrant les plus grands dia- 
mètres de la tête à ceux du bassin , répondent encore 
les mêmes personnes. C'est là que gU l'erreur, c'est 
de là que part cette prévenlionmal fondée. Uélon- 



TROISIÈME MÉMOIRE. 38g 

nante facilité avec laquelle Baudelocque a vu quel- 
quefois s'opérer ces accouchemens ne lui a point 
ouvert les yeux ; il s'en émerveillait et croyait la 
chose inexplicable. 

M. Gardien , qui ^ peu auparavant, avait si judi- 
cieusement secoué le joug de l'opinion au sujet des 
causes de ces positions , se laisse entraîner au pré- 
jugé général ( t. ii , pag. 35o ). Il va jusqu'à s'éton- 
ner que l'on ait pu croire « les accouchemens où 
l'enfant présente le front plus fâcheux que ceux où 
il. présente la face. » Eh bien ! saisissons cette idée 
de M. Gardien; analysons -la , établissons un paral- 
lèle entre l'espèce franche et la variété : quelle dif- 
férence énorme ! Suivons. 

A. Front, Prenez la tête d'un fœtus à terme , 
mettez-la en rapport avec le détroit abdominal du 
bassin dans une direction telle que le front soit au 
centre de ce détroit (i) , et vous verrez que l'axe de 
ce détroit traversera la tête dans le sens d'une ligne 
étendue du milieu du front jusque dernère le grand 
trou occipital ; que le plan de ce détroit coupera 
cette ligne à angle droit; que ce plaxi traversera la 
lête du menton à la fontanelle postérieure , et d'une 
oreille à l'autre : donc le grand diamètre de la tête , 
Voccipito-mentonnier,ser a enr apport avec le diamètre 
transverse j ou îun des diamètres obliques du détroit. 



(i) Nous supposons la face transversale , ou tout au plus 
diagonale} point de première ni deuxième posilioa (B.) 
franche. 



OQ^ PRATIQUB DES ACCOUCHEWENS. 

Il en sera encore de même par rapport à l'exca- 
val'Oii du bassin : toujours la tête oftVira sa plus 
grande lojigueur aux différens diamètres des pas- 
sages osseuK. Il ne faut point , pour le prouver, de 
démonstrations malhëaiatiques , l'inspection seule 
suflit. Ce diamètre fronto-mentonnier n'a pas , il 
est vrai , une étendue aussi considérable qu'on la 
lui attribue ordinairement; il ne dépasse guère que 
de six lignes l'étendue du diamètre occipilo-frontal 
( et non d'un pouce, comme le dit Baudelocque) : 
cette étendue est néanmoins suffisante pour opposer 
beaucoup de résistance ; elle est bien différente de 
celle du diamètre fronto-mentonnier et du sphéno- 
bregmatique. Pour que l'accouchement se termine 
seul quand ce diamètre est horizontal , c'est alors 
qu'il faut véritablement , c'est alors seulement quNl 
faut une tête petite et un bassin large : encore n'est- 
il que très-rare de voir pareil accouchement se ter- 
miner seul, à moins que la face ne vienne à se 
présenter plcineme?it , ou que l'on ne ramène le 
vertex au centre du bassin. Ces trois circonstances 
se sont plus d'nne fois présentées à mon observa- 
lion. J'ai vu la tête sortir, le front restant sa partie 
la plus basse; je l'ai vue bien souvent sortir après 
que le menton était descendu au niveau du front , 
et je 1 ai vue aussi sortir seule après avoir fait des- 
cendre l'occiput. 

B. Face. Présentez au contraire la même tête 
au détroit supérieur, et de telle façon que la face 
soit dans une horizontalité parfaite relativement 



TROISIÈME MÉMOIRE." 3g! 

nu plan de ce détroit , et vous vous convaincrez 
sans peine que l'axe du détroit traverse la tête de 
la fontanelle postérieure au centre de la face ( ra- 
cine du nez ) , et que le plan du détroit la traverse 
du bregma (ou un peu plus en devant) au men- 
ton , et d'une tempe à l'autre : donc la tête offre 
ses deux plus petits diamètres ( vertical (i) et trans- 
versal ) à ceux du détroit , et sa plus grande lon- 
gueur est parallèle à taxe de ce même détroit* 



(i) Je ne tiens pas compte dans ces calculs de la présence 
du col ; il ne faut pas pourtant la négliger , soit pour la face y 
soit pour le vertex. En effet, que la tête soit fortement fléchie 
ou fortement élendue, que la face ou l'occiput soient en bas , 
la télé n'en oflFrira pas moins au bassin y avec son diamètre 
sphéno-bregmatique, une certaine épaisseur du col) mais 
l'articulation occipito-atloïdienne est si mobile chez le foetus, 
le rachis est si flexible qu'il s'applique presque immédiatement 
5ur la base du crâne dans une flexion , comme dans une exten- 
sion outrée j et quant aux parties molles, elles sont si peu 
épaisses et si peu résistantes, qu'on peut presque les compter 
pour rien. Ain&i , on ne s'éloigne guère de la vérité, par rap- 
port à l'épaisseur , en considérant le diamètre spliéuo-bregm a- 
tique de la tcte abstraction faite du col. Ajoutons que rare- 
ment le diamètre sphéno-bregmalique se présente bien paral- 
lèlement à ceux du détroit j il est difficile que la flexion, il 
est moins difficile peut-être que l'extension soient assez con- 
sidérables pour que le diamètre sphéno-bregmalique soit abso- 
lument horizontal , eu égard au détroit supérieur; mais l'o- 
bliquité qu'il conserve est si peu de chose , qu'elle n'augmente 
point sensiblement l'étendue du diamètre de la tête , qui se 
met en rapport avec ceux du détroit. 



5g2 PRATIQUE DES ACCOUCIIEMENS. 

Qu'on y fasse alleution , et on verra que la léfe 
présente alors absolument les mêmes diamètres que 
ceux qui s'offrent dans raccouchement par le ver- 
tex après la flexion de la tête. La seule différence , 
c'est que , dans celui-ci^ la face est en haut et la 
fontanelle postérieure enbas (Solayriès) jlandis que, 
danscelui-là , la face est en bas à la place de l'occiput 
(RoEDERER, §5i5). La tête, suivant Levret , 
repre'sente un cône dont l'occiput est le sommet, 
dont !a face est laf base : or , qu'importe que la base 
marche la première , ou que le sommet précède , 
si le cône chemine également dans les deux cas 
dans le sens de son axe et de sa plus grande lon- 
gueur ? Les diamètres et les circonférences ne se- 
ront-ils pas toujours les mêmes ? 

Dans le deuxième temps du mécanisme (rotation), 
le cône tourne sur son axe et les diamètres ne chan- 
gent pas. 

Dans le troisième temps ( flexion , arc de cercle), 
la longueur du cône devient parallèle au diamètre 
antéro-postérieurdu détroit périnéal, et cela se pré- 
sente de même dans les positions du vertex ( temps 
d'extension , arc de cercle ) ; mais dans celles du 
vertex , le sommet du cône s'engage dans le vide 
de l'arcade , et fait que sa base peut facilement 
se dégager en arrière. Eh bien ! dans celles de la 
face c'est la base qui s'enfoi.ce dans l'arcade et 
permet au sommet de se dégager en arrière. Ce 
langage figuré n'est peut-être pas assez clair, et le 
dernier temps du mécanisme est assez important 



T R O I vS I È M E MÉMOIRE. SqS 

pour que je tienne à l'éclaircir. Dans le dernier 
temps du mécanisme des positions du verlex , Toc- 
ciput eu s'enfonçant dans l'arcade diminue d'au- 
tant le grand diamètre de la lête , et la rappor- 
tant toute entière en avant permet au front de se 
débarrasser du coccyx et du périnée. Dans le der- 
nier temps des positions de la face , le menton s'en- 
gage sous les pubis , toute la face (base du cône) 
tend à s'enfoncer dans l'arcade, et peut par con- 
séquent ( le menton étant libre ) se porter en avant 
avec toute la lête : autant elle se portera en avant, 
iautant elle diminuera de la longueur du grand dia- 
mètre pour permettre à l'occiput de se débarrasser 
du périnée. S'il est vrai que le menton puisse s'en- 
foncer autant sous les pubis que peut le faire l'oc- 
ciput , tous les diamètres seront égaux. Or, il y a 
bien plus d'espace libre entre le menton et le ra- 
chis qu'entre l'occiput et la même partie : donc 
Ja face peut s'enfoncer pius que locciput ; donc 
elle offz'e plus d'avantages. Ces avantages sont réels^ 
mais ils sont diminués par la largeur de la mâchoire, 
qui l'empêche de s'adapter à l'arcade et de s'y en- 
foncer parfaitement (i). Somme totale, j'affirme 
que de deux sujets d'égale force et offrant la même 
liberté des passages ^ enfin dans des circonstances 
semblables, celui dont l'enfaut offrira la face ac- 

(i) Tous ces raisonnemeiis théoriques ne sont pas de vaines 
paroles ; ils servent beaucoup pour l'élablissement des indica- 

liuns. coniiBe on le verra ci-aprè». 



3g4 PRATIQUE DES ACCOUCIIEMENS. 

couchera eut moins aussi facileraent que celui dont 
l'enfant offrira le verlex (i). Il faut bicD qu'il en 
soit ainsi puisque la plupart des accouchemens 
spontanés par la face dont j'ai e'té témoin étaient 
premiers accouchemens. Dans mon tableau , vous 
trouverez, sur nos soixante-douze positions de la 
face, quarante-un accouchemens spontanés; le reste 
a été terminé par l'art : encore celte grande pro- 
portion des accouchemens artificiels tient-elle, non 
pas aux ditlicultés du travail ni aux dangers de la 
mère , mais bien à ceux de i'enfant : c'est ce qui 
va nous occuper. 

§ II. Pronostic relativement a Venfant. On ne 
peut nier que l'attitude du fœtus quand il présente 
directement la face ne soit très-dangereuse à une 
certaine époque du travail , si elle c?M7'e pendant un 
temps trop long. L'apoplexie, ou au moins la plé- 
thore cérébrale et la disposition aux convulsions en 
sont trop souvent le funeste résultat. Je n'ai pas vu 
que ces enfans restassent plus sujets à l'ophthalmie, 
quoiqu'ils eussent quelquefois la conjonctive ecchy- 
mosée. Le tiraillement du prolongement jachi- 
dien du cerveau peut-il aussi entrer comme cause 
de sollicitude dans le pronostic? J'en doute forte- 
ment : néanmoins la crainle des autres accidens a 
nécessairement beaucoup d'influence dans l'étude 

(i) Il n'en serait pas de mémo, à beaucoup près, de celui 
dont l'enfant offrirait lo front sans tendance à réduction ia." 
ciale ou svncipiîale. 



TROISIÈME M É M O I f\ E. 5g5 

des indications : tel cas qu'on abandonnerait a la 
nature si l'on n'avait égard qu'à la mère , requiert 
l'emploi de la main ou des instrumens , parce que 
l'enfant est dans une situation pénible et dan- 
gereuse. 

Il serait bien difficile d'assigner un terme précis 
au-delà duquel il ne fût plus permis d'atteindre. On 
voit des fœtus rester long-temps dans celte altitude, 
soumis aux contractions utérines, sans en ressentir 
aucune atteinte notable ( Voyez /es observations 
particulières.). On en voit qui restent long-temps 
aux parties externes de la génération , qui remuent 
les lèvres et la langue , quoique pressés de toutes 
parts. En pareilscas, je me suis quelquefois réglée là- 
dessus j j'ai aidé à l'accouchement quand j'ai vu les 
mouvemens disparaître et la congestion sanguine 
augmenter. Vous verrez , au contraire , des enfans 
naître sans vie , quoiqu'on ait opéré avant la rup- 
ture des membranes; mais ce sont là des exceptions. 
En général^ on ne court presqu'absolument aucun 
risque tant que les membranes ne sont pas rompues 
et que la tête est haute : c'est pour cela que les po- 
sitions primitives ne sont pas plus dangereuses que 
les secondaires, quoique dans celles-là on ne puisse 
déterminer depuis quel temps au juste le fœtus est 
dans cette pénible attitude. Remarquez bien que ce 
n'est pas l'attitude même qui est dangereuse , c'est 
la compression du col et de ses vaisseaux. Dès que 
les membranes se rompent , le col , qui est étendu 
et saillant, se trouve comprimé par l'utérus ou bien 



5cj6 PRATIQUE DES ACCOUCIIEMENS.' 

appuyé sur les parois du bassin : de là la congestion 
et la tuméfaction. Jusque là la face ne s'était point 
tuméfiée ; ce n'est qu'alors qu'elle se gonfle : donc 
ce 71 est pas F attitude, mais la compression qui pro- 
duit la stase sanguine et la pléthore cérébrale. Ce 
gonflement de la face tient aussi en partie à la cause 
générale des tninéfactions qui ont lieu à l'orifice de 
l'utéwis ( T^ojez premier Mémoire.). Quelquefois 
elle sélend au col , et alors elle est d'un augure plus 
défavorable , parce qu'elle indique une compres- 
sion et une slase plus considérables : d'ailleurs, ce 
gonflement du col entrelient la gêne de la circula- 
tion dans les veines du cerveau et rend plus immi- 
nent l'état apoplectique ou convulsif. A peine doit- 
on faire entrer en considération la tuméfaction de 
la face relativement à la difformité. Je sais que 
rien n'effraie et ne tourmente plus les parens que 
de voir naître un enfant avec la face presque noire, 
les lèvres renversées , le nez à peine visible ; je sais 
qu'ils peuvent attribuer cet état à des manœuvres 
inconsidérées ; mais il sera toujours facile de mettre 
sa réputation à couvert en les prévenant avant l'ac- 
couchement, et en les rassurant ainsi d'avance. Si 
on ne parvient pas d'abord à les rassurer complète- 
ment _, ils n'en sont que plus agréablement surpris 
en voyant en cinq à six jours sortir de dessous ce 
masque hideux une figure et un teint agréables. 
Un peu de vin , d'eau végéto-minérale , ou d'eau- 
de-vie mêlée de beaucoup d'eau opèrent ce prodige. 
Il ne faut pas s'inquiéter davantage de la tendance 



TROISIEME MÉMOIRE. 397 

que conserve la tête à se renverser vers le dos : dès 
qu'on cesse de la soutenir, elle prend l'altitude 
qu'elle avait dans le bassin. C'est une affaire de deux 
ou trois jours au plus, et cela n indique aucune lésion 
alarmante. C'est la même cause qui fait que les enfans 
nés parles fesses ont beaucoup de tendance à relever 
sur l'abdomen et la poitrine leurs membres infé- 
rieurs , tout étendus comme ils l'étaient pendant le 
travail. 

En résumé, toutes les fois qu'une femme robuste 
et bien faite présentera un orifice bien ouvert, un 
travail récent et soutenu (i), on devra espérer et 
attendre (surtout si elle a eu d'autres enfans) la ter- 
minaison spontanée d'un accouchement par la face, 
on devra l'attendre et la favoriser. Mais il faudra 
agir d'une manière plus énergique toutes les fois que 
les membranes rompues et les douleurs suspendues 
pendant plusieurs heures exposeront l'enfant à une 
trop longue souffrance (2). 

(i) II faut encore une condition, c'est que la face se pré- 
sente bien ^ les positions mentales et malaires seraient des 
contre-indications ) les positions diagonales , le front en avant ^ 
sont aussi moins avantageuses que les transversales, à cause 
de la grande rotation qu'elles nécessitent. 

(2) J'ai déjà fait pressentir de quelle importance il est, 
dans certains cas, de savoir si la position est primitive ou se- 
condaire : c'est ici que cela se rattache. Les positions secon- 
daires ont deux temps de plus dans leur mécanisme : tant 
qu'elles ne sont pas parfaites, la tète doit rester au détroit 
supérieur. On ne s'élonnerait donc pas, en pareil cas, de 



598 PRATIQUE DES ACCOUCifEMÉNS. 

ARTICLE VII. 

Indications et procédés opératoires. 

Par cela même que le pronostic a paru diffe'rent 
aux divers auteurs , ils ont du aussi apercevoir des 
indications différentes^ et donner des conseils dis- 
semblables. 

Si quelques-uns_, comme Portai , ont conseillé de 
ne point se presser, et de laisser faire la nature , la 
plupart ont voulu qu'on s'empressât d'agir. Lorsque 
la face est encore haute, il faut, suivant Delamotte, 
terminer sur-le-champ en allant chercher les pieds 
(p. 295). Mauriceau veut qu'on lente auparavant 
de redresser la tête. Tel est aussi le sentiment de 
Dionis , Viardel , Smellie , Baudelocque , Stein , etc. 
D'autres encore , si la face est trop descendue , 
parlent du crochet (Peu, p. 079) ou du forceps 
(Deleurye, p. 241 ; Smellie , p. 299). Stein joint 
un lacs au forceps (t. 11 , p. i58) pour agir plus 
sûrement. 

Ces divers moyens peuvent effectivement trouver 

voir le travail durer depuis un temps plus considérable sans 
quela tête fût descendue. Mais dans une position primitive, la 
tête doit descendre dès les premières douleurs) si elle ne des- 
cend pas , il y a iinelqu'obs'acle pariiciiiier : c'est cet obstacle 
qu'il faut chercher; c'est lui qui doit délemiirier les indica- 
tions. On conçoit aussi que les positions secondaires seraient 
plus facilement réduites à celles du vcr'.ex si on voulait en- 
core recourir j celle manœuvre. 



TROISIÈME MÉMOIRE. ^Qf) 

Jeur application; l'important et l'essentiel, c'est 
de déterminer à quels cas chacun d'eux est appli- 
cable. 

Il ne faut pas sans doute une sagacité bien grande 
pour voir que le crochet ne convient que dans la 
complication de difformité du bassin et lorsque l'en- 
fant est mort sans aucun doute ^mais il n'est pas si 
aisé de démêler les cas où le redressement est opé-^ 
rable de ceux où il ne l'est pas. Examinons avec 
ordre tous ces objets , et suivons pour cela noire 
méthode ordinaire. C'est, si l'on s'en rappelle , une 
triprie division des indications : i° laisser agir la na- 
ture; 2° aider la nature sans changer ses disposi- 
tions; 5° changer les dispositions naturelles pour de 
plus favorables. 

§ I". Laisser agir la nature. J'ai dit plus haut 
tout ce que je pensais à ce sujet. Répétons seule- 
ment ici que, sur soixante-douze faits , quarante- 
un appartiennent à des accouchemens spontanés, 
et que, de ces quarante-un accouchemens, trente- 
huit ont amené des enfans vivans : trois seulement 
sont nés morts, encore étaient-ils putréfiés. Les 
précautions qu'un a à prendre pendant )e cours du 
travail sont peu nombreuses : détruire l'obliquité si 
elle existe, favoriser autant qu'on peut la rotation 
de la tête, et soutenir le périnée, voilà à-peu-près 
à quoi elles se bornent. La dernière demande quel- 
ques attentions. En soutenant le périnée, il fout se 
rappeler que le menton est engagé dans l'arcade, 
que le haut du col appuie sur le bord de celte arcade. 



/JOO PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

et que le devant du col appuie derrière les pubis, ii 
faut donc bien se garder de pousser fortement en 
haut et en avant : on augmenterait de beaucoup les 
dangers que court le fœtus : il faut simplement soU" 
tenir et non pas pousser la léte. Dès que l'enfant est 
né, quelques résolutifs sur la face, deux ou trois 
sangsues aux tempes s'il y a menace de convulsions, 
et, avant cela même, la saignée onibilicale , voilà 
quels sont les secours qu'il faut lui donner. J'avertis 
ici les élèves d'être bien circonspectes relativement 
à la saignée. Quelquefois on a trop laissé saigner le 
cordon ombilical ; les linges ensanglantés par la 
mère ont dérobé à l'atlenlion les taches produites 
par l'enfant, et on ne s'en est bien aperçu qu'après 
l'apparition des symptômes d'une faiblesse inquié- 
tante. Il en est de même des sangsues : leur piqûre 
laisse souvent couler beaucoup de sang si Ton n'y 
prend garde; quelquefois même on est obligé d'ea 
venir à la cautérisation. 

Quoique j'aie vu quelquefois la tête descendre îe 
front au centre; quoique la joue ne se soit redressée 
qu'au détroit inférieur dans quelques cas d'accou- 
chement spontané; quoique le menton ait remonté 
pour faire place à la face bien horizontale (Dela- 
motte), cependant, en général, toute position in- 
clinée qui ne paraîtra pas disposée à se réduire 
à une position franche, sera une indication d'agir, 
et rentrera dans l'un des articles suivans. C'est alors 
moins sur la position même que sur les circon- 
stances environnantes qu'on établira les indications. 



TROISIÈME MÉMOIRE. 4^^ 

§ II. Aider dans le sens des ejfbrts de la na^ 
ture. On ne peut agir ainsi qu'en favorisant le mé- 
canisme naturel. Je rappelle que dans les positions 
franches, ce mécanisme a trois temps principaux; 
il en a cinq dans les positions froti taies _, et au moins 
quatre dans leg mentales et malaires. 

A. Positions franches. La main ne peut guère 
avoir d'utilité ni pour faire descendre la lête, ni 
pour favoriser sa rotation ni son extension; elle n'a 
donc d'utilité qu'autant qu'elle est armée de leviers 
convenables, tels que le forceps ou les crochets* 

i^*" Temps. Si l'inertie de Tulérus ou un accident 
quelconque force d'employer le forceps ou détroit 
supérieur , il sera introduit suivant les règles ( P^oy. 
premier Mémoire.). Mais il sera ici plus que jamais 
nécessaire de placer les branches sur les côtés de la 
tête : le plus souvent donc l'une devra être mise en 
avant, l'autre en arrière. On en sent aisément la rai- 
son : le col , qui est d'un côté du bassin, ne permet 
pas d'y appliquer une des cuillers. Règle non moins 
générale, le bord concave du forceps doit toujours 
être du côté du menton ^ parce que c'est le menton 
qui doit toujours être ramenéeu avant. 

L'application du forceps sera par conséquent ici 
bien plus difficile que pour le vertex, surtout si la 
position est diagonale , et que le front reste en avant ; 
car alors, pour tourner le bord concave vers le 
menton, il faudrait nécessairement le tourner vers 
la partie postérieure du bassin : aussi nel'emploirai- 
je presque jamais, et préférerai-je constamment 

2Û 



/02 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

alors la version, si elle n'est pas tout-à-fait impos- 
sible. Le crochet, quand on a la certitude que l'en- 
fant est mort, sera peut-être plus facile à placer; 
on peut hardiment l'appliquer à la mâchoire infé- 
rieure; il y convient peut-être même mieux qu'au 
front, et surtout que dans les oreilles, comme le 
conseillent divers auteurs. L'appliquer là, ce serait 
produire une position malaire, position inclinée et 
défavorable, surtout si le crâne n'a pas été perforé. 
{Voy. d'ailleurs les règles générales, premier Mé- 
moire). 

2* Temps. Si le forceps peut être bien placé au 
détroit supérieur, ou si la tête, descendue dans l'ex- 
cavation, n'a pu exécuter la rotation, et que le for- 
ceps soit alors appliqué (ce qui devient beaucoup 
plus facile, surtout si la position est diagonale, le 
menton en avant (i), il est évident qu'il offre la 
plus grande énergie pour produire cette rotation. 
11 tournera aisément le menton sous les pubis, il l'y 
tournera par degrés et sans brusquerie. Smellie 
veut même qu'on l'y porte quand il était d'abord 
tourné vers le sacrum. Je n'ai jamais vu le menton 
lout-à-fait en arrière; mais j'ai rencontré des posi- 
tions diagonales dans lesquelles il regardait une des 
symphyses (sacro-iliaques) : le forceps eût été alors 

(i ) Piappelez-vous , à ce sujet , que la face ne cîescend ja- 
mais dans l'excavation en restant diagonale , de telle série que 
le front soit en avant ; la brièveté du col ne peut mesurer la 
longueur de la paroi postérieure de l'excavalion. 



TROISIÈMB MÉMOIRE. 4^5 

d'une application analogue à celle que Smellie exige , 
mais bien difficile; je ne l'ai employé qu'après ré- 
duction spontanée à une position franche; avant la 
réduction , j'ai préféré la version: c'est ce que je di-* 
sais encore il n'y a qu'un instant. 

Le crochet, est évidemment inutile pour le mou- 
vement qui constitue le deuxième temps. 

3^ Temps. Dans celui-ci _, après la mort de l'en- 
fant, le crochet pourrait servir : c'est sur la fonta- 
nelle antérieure j sur le synciput, qu'il faudrait tâ- 
cher de l'appliquer, que le crâne ait été ou non 
préliminairement perforé. Le forceps est encore ici 
d'une utilité incontestable, et son application est 
très-facile, puisqu'il doit entrer seulement sur les 
côtés du bassin, tirer horizontalement, puis pro- 
duire la flexion de la tête en élevant les crochets; 
telle est la manière de s'en servir. 

J'en ai dit assez ailleurs pour n'avoir pas 
besoin de répéter longuement les raisons pour les- 
quelles , quand la tête est entière , le menton ne 
doit jamais , sous quelque prétexte que ce soit , 
être conduit et dégagé en arrière : ce serait vou- 
loir se créer des obstacles invincibles et tuer Ten- 
fant. Il n'est qu'un seul cas où on serait excusable 
de le tenltT , si on croyait avoir plus de facilité de 
ce coté-là : c'est celui où l'enfant est dans un état 
complet de putréfaction, ou bien encore celui où 
le crâne a été d'abord vidé puis déchiré par les 
crochets , et où la tête se trouve réduite , pour 
ainsi dire, à la face et à la base du crâne. 



Zo4 PRATIQUE DES ACCOUCIIEMENS. 

B. Positions inclinées. Les positions mentales et 
nialaires n'étant jamais primitives , ont nécessai- 
rement deux temps de plus dans leur mécanisme , 
celui de déviation et celui de restitution. De ces 
deux mouvemens , le deuxième seul doit être fa- 
vorisé. Je ne puis donner de règle à cet égard : le 
forceps , le crochet, la main seule pourront servir 
suivant les circonstances ( voyez Règles générales) ; 
toujours ils agiront sur la partie arrêtée , sur celle 
qui est le plus en arrière afin de l'attirer, de la 
faire descendre ; ils n'agiront point en repoussant 
celle qui serait trop descendue , le tronc , par 
exemple, et les épaules dans les positions men- 
tales ; la version serait plus facile et bien plus sûre 
que de tels procédés, dont cependant sont remplis 
les livres de nos anciens maîtres ( Deventer , 

GuiLLEMEAU , MaURICEAU , CtC. ). 

Quant aux positions frontales elles sont toujours 
primitives ; jamais , que je sache , une position 
franche ne s'est tranformée en frontale. Elles ont 
aussi deux temps de plus dans leur mécanisme , 
celui de disposition et celui d'extension graduelle. 
Le premier ne doit point être favorisé : au con- 
traire, si on peut le prévoir^ on pourra peut-éire 
et on devra l'empêcher , s'il est possible . en cor- 
rigeant l'obliquité de l'utérus. Le plus ordinaire- 
ment , je pense , quand ces précaullons-là ont été 
suivies d'une position favorable , c'est que le fœtus 
était bien disposé d'abord. N'importe si cette pré- 
caution offre quelques chances heureuses, il ne faut 



TROISIEME MÉMOIRE. ^o5 

pas la négliger ; elle à d'ailleurs l'avantage d'aug- 
menter les forces expultrices. Quant au deuxième 
temps , c'est toute autre chose. Quand une fois la 
lête a commencé à se renverser sur le dos , vous 
aurez beau la retenir, vous ne l'empêcherez pas de 
se renverser davantage ; et nous avons prouvé plus 
haut d'ailleurs que ce serait un désavantage que de 
la retenir ainsi. C'est donc un avantage réel que 
de favoriser son extension complète afin de pro- 
duire y horizontalité de la face. Les auteurs la re- 
doutent, et nous la désirons ; 7îous ne la préférons 
pas à celle du vertex , mais bien à celle du fronts 
On favorisera ainsi le mécanisme nécessaire pour 
ia terminaison spontanée des positions frontales 
(Voyez Mécanisme. ). Or , on favorisera le méca- 
nisme de deux manières différentes : i° en soute- 
nant à chaque douleur d'abord le haut du front ^ 
puis le front lui-même , et permettant au mentoa 
de s'abaisser de plus en plus , jusqu'à ce que la face 
soit lout-à-fait parallèle au plan du détroit supé- 
rieur; 2° en tirant sur le menton avec deux doigts 
recourbés en crochets. Ces deux manières ont été 
mises en pratique par moi , tantôt séparées et tantôt 
combinées : on en trouvera ci-après des exemples* 
La dernière est préférable à la première. Par ces 
moyens, j'ai opéré le renversement complet de- 
plus d'uue tète parvenue, le front le premier, jusque- 
dans l'excavation. 

§ IIL Changer les dispositions naturelles. A. En- 
agissant sur la tête seule. Il s'agit ici du redres-* 



4o6 PRATIQUE DKS ACCOUCHEMENS. 

sèment de la tête ou d'un mouvement de flexion 
opposé à celui qui change une position du vertex 
en frontale ou en faciale. Deux manières d'j par- 
venir se présentent d'abord a l'esprit, et ce sont 
les mêmes dont nous avons parlé lout-à-lheure : 
repousser le menton et attirer l'occiput, i®. De quel- 
que manière qu'on s'y prenne , les auteurs con- 
seillent , en général , de repousser d'abord la tota- 
lité du fœtus pour se ménager de l'espace et de la 
liberté. C'est sur Tépaule , ou la poitrine , ou le dos 
que Guillemeau avait jadis conseillé de porter l'ef- 
fort destiné à repousser le fœtus avant d'agir sur 
l'occiput ( pag. ï83). Mauriceau ( pag. 298) et 
Dionis ( pag. 277 ) parlent également dé repousser 
l'épaule avant d agir. Deveuter ( pag, 208 ) assure 
qu'en repoussant la poitrine « la léte tombe d'elle- 
même ;). Smellie veut , je crois , qu'on repousse 
la tête même. Voilà bien des autorités; mais ce re- 
foulement est-il une chose bien facile? Oui, sans 
doute , il Test avant la rupture des membranes ; 
mais alors il est inutile ; car si la tête est basse , il 
vaut mieux laisser aller les choses; si elle est haute, 
on peut la redresser sans refoulement ; mais quand 
les eaux sont écoulées et l'utérus rétracté, c'est 
en vain qu'on cherchera à l'opérer , quelle que soit 
la partie sur laquelle on appuie ; on romprait plutôt 
la matrice. Je ne sais même pourquoi j'ai dit sur 
quelque partie qu'on appuie , car il est évident 
qu'alors la tête remplit l'excavation et qu'il fau- 
ilrait la repousser d'abord pour pouvoir saisir l'é» 



à 



TROISIÈME MÉMOIRE. 4^^ 

paule OU la poitrine. Voilà pour le refoulemeat 
préliminaire ; passons au redressement même. 

2^. Repousser la face n'est pas une chose bien 
commode ni bien facile : c'est cependant ainsi que 
Viardel (pag- 1 12), Dioiiis , Peu , Smellie ( t. 11 , 
p. 322 et 35o ) , disent l'avoir réduite, ou con- 
seillent de le faire, soit que le front se présente 
seul , soit que la face soit déjà pleinement horizon- 
tale. Soit qu'on veuille pousser sur le menton , soit 
qu'on veuille agir sur la racine du nez ou sur les 
joues ( positions frontales ) ; si on n'agit pas au mi- 
lieu des eaux de l'amnios et dans la plus grande 
liberté , je suis persuadée qu'on échouera constam- 
ment. Je dis plus, et j'affirme , d'après mon expé- 
rience , que de cette manière on ne pourra même 
pas s'opposer à la production d'une position fron- 
tale , ni à celle d'une position faciale complète. 
J'ai eu beau soutenir avec deux doigts la racine 
du nez , les sourcils , les joues , etc. , la face n'en 
est pas moins descendue : un ou deux doigts pou- 
vaient-ils résister à tout l'effort des contractions 
utérines et abdominales ? Trois fois de suite j'en ai 
pu faire l'essai dans ma pratique particulière pen- 
dant le cours de l'année i8ig. Si on pouvait faire 
quelque chose en pareil cas et de pareille manière , 
ce ne serait que retarder la marche de la tête , et 
s opposer au mécanisme de son expulsion spon- 
tanée. 

3'^. Ramener l'occiput au centre du bassin est 
un procédé bien plus rationnel et bien plus facile.: 



4o8 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENT.' 

Les doigts courbes s'avancent sur le crâne jusqu'à 
toucher la nuque , enveloppent l'occiput , l'alti- 
renl et l'abaissent en relevant la face. Le levier de 
Pioonhu'sen , le tire-tête à trois branches de Levret 
proposé récemment par Stein , ne valent pas les 
doigis dans l'exécution de celte manœuvre : re- 
commandée jadis par Guillemeau , elle a été re-r 
mise en faveur par Baudelocque , et moi-même 
j'en ai obtenu assez souvent ( sept fois sur soixante- 
seize ; voj'ez le tableau comparatif) des résultats 
avantageux. Neuf ou dix fois la tête^ réduite à une 
des positions du verlex, est descendue spontané- 
ment et est sortie sans difficultés j mais dans ces neuf 
ou dix cas la tête était très-élevée dans le bassin, 
elle était peu volumineuse et l'utérus était peu con- 
tracté ; les membranes venaient de se rompre. 
Que de fois , au contraire, n'ai-je point perdu ma 
peine à de semblables tentatives quand la tête était 
grosse , quand elle était engagée dans le détroit 
supérieur, quand l'utérus la pressait en bas et se 
contractait sur le corps de l'enfant î et même dans 
les circonstances les plus souhaitables je n'ai pas 
toujours réussi. Je ne suis pas la seule , au reste , 
è qui cela soit arrivé : Delamotte ne put en venir 
à bout dans deux accouchemens qui se terminèrent 
seuls (observations 148 et 149). Lorsque j'em- 
ployai ce procédé opératoire , j'étais encore im- 
bue du préjugé général j j'avais contre la lermi-? 
naison spontanée des accouchemens de cette sorte 
V,ne nrévcntion que je n'ai pins aujourd'hui ; jç 



TROISIEME MÉMOIRE. 4^9 

croyais ne pouvoir assez tôt apporter remède à ces 
.dispositions redoutables. Ce procédé , je l'ai mis en 
usage pour la dernière fois il y a cinq ans. Depuis 
ce temps, la nature a tout fait dans les mêmes cir- 
constances oii je m évertuais jadis à la combattre; 
je le regarde donc comme efïacé de mes règles 
de pratique : car, ou bien j'attendrai avant d'agir 
que la face soit descendue , et alors il sera trop 
tard pour redresser la tête , le forceps sera seul 
proposable ; ou bien si quelque considération par- 
ticulière qui exige une prompte terminaison me 
force à agir quand la face sera encore au détroit 
supérieur, je préférerai la version au redressement, 
qui n'accélérerait pas assez le travail. Quand le 
front se présente , je trouverai toujours plus de 
facilité à faire descendre la face , j'atteindrai le 
menton bien plus aisément que l'occiput; je favo- 
riserai la pente naturelle de la tête , et je naurai 
pas besoin de la repousser hors de Vexcai'ation. 
Que l'accouchement aille seul ou que le forceps 
soit indiqué, j'en obtiendrai toujours un égal avan- 
tage. Cela me rappelle que M. Baudelocque lui- 
même , malgré sa prévention , se vit forcé de se 
conduire ainsi ; lui-même me le raconta le lende- 
main de Tévénemenl, 

Le fœtus présentait le front , et M. Baudelocque 
voulut d'abord soutenir la face et l'empêcher de 
descendre : vains efforts , elle se rapprochait à cha- 
que douleur de la direction horizontale. Il voulut 
^lors aller chercher l'occiput , il ne put parvenir î\ 



4to pratique ces accouchemens. 

l'abaisser ; enfin il ne vit d'autre ressource que d'ac- 
célërer la marche de la nature en secondant ses efforts, 
c'est à-dire , en appuyant sur le front pour faire des- 
cendre le menton davantage. La tête sortit ensuite 
toute seule, et M. Baudelocque demeura tout sur- 
pris de la facilité de son expulsion. Son succes- 
seur , non moins célèbre que lui , est dans les 
mêmes idées. M. Dubois regarde comme excep- 
tions les faits constatés par les auteurs. Sans doute 
il n'y a pas réfléchi : l'explication est trop simple 
pour échapper à sa sagacité si son attention s'y 
arrêtait un instant. 

B. Changer , etc. , en agissant sur tout le fœtus. 
C'est de la version dont je veux parler. La version 
a été recommandée par les auteurs , par Baude- 
locque lui-même quand les circonstances lui sont 
favorables ; moi-même je me suis souvent cru for- 
cée de la mettre en parlique (vingt-quatre fois sur 
soixante-seize accouchemens ). Aujourd'hui, plus 
confiante dans les ressources de la nature , je n'y 
ai plus recours que dans les cas très-rares de né- 
cessité absolue. Ce n'est guère la position en elle- 
même qui m'y détermine , mais plutôt les acci- 
dens et les complications qui peuvent également 
se joindre à toute autre. C'est l'hémorrhagie^ les 
convulsions , l'issue du cordon ombilical ; c'est 
l'inertie de l'utérus ; c'est !a persistance d'une po- 
sition froniale , etc. Enumérer les conditions né- 
cessaires pour qu'on puisse opérer , exposer les si- 
gnes qui requièrent et indiquent l'opération , ce se- 



TROISIÈME MÉMOIRE. 4 ^ ^ 

rait revenir sur ce que nous avons amplement dé- 
taillé dans un autre Mémoire. 

Peut-être y a-t-il pourtant une exception, et la 
voici : si par hasard (chose que mon expérience 
me fait regarder comme impossible) je trouvais 
le menton tout-à-fait tourné en arrière , c'ePt-à- 
dire vers le sacrum , et que l'enfant fût présumé 
vivant, je crois que je ferais tout pour aller aux 
pieds ; la tête même fût-elle au bas de l'excava- 
tion , et eût-elle en partie franchi torijice utérin , je 
tacherais de la repousser et de me faire un passage. 
Cette méthode me paraît préférable à l'application 
du forceps et à des tractions directes (Voy. Méca- 
nisme.). Elle me parait préférable aussi au procédé 
de Smellie^ qui veut qu'on ramène le menton sous 
les pubis. Dans l'état de gêne et d'extension forcée 
où est le rachis, n'est-ce pas vouloir le lordre, le 
luxer, le rompre même, que de faire parcourir 
au menton un demi-cercle tout entier? Cette ma- 
nœuvre , d'ailleurs , ne pourrait être exécutée qu'a- 
vec un forceps droit. Je sais qu'il n'est pas facile de 
retourner un enfant dont la léte est dans l'excavation 
du bassin; j'y suis pourtant assez souvent parvenue. 

Mais si la tête en pareil cas avait franchi l'ori- 
fice, il faudrait bien se résoudre à choisir entre les 
deux manières d'appliquer le forceps; la version 
ne serait plus proposabîe. Mais pourquoi nous 
créer des diflicullés cbimériques? le raisonnement 
comme l'expérience ne nous prouvent-ils pas, en- 
core une fois, que cela e;st toul-à-fait impossible, à 



4l2 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS.' 

moins que le fœtus ne soit presque en putrilage^' 
ou que le crâne ne soit détruit par les instrumens 
ou par une maladie : alors sans doute on n'aurait 
pas grande difficulté à appliquer le forceps et à tirer 
directement; alors même peut-être il serait pos- 
sible d'aller j sans grand danger, à la recherche 
des pieds. 

Perdrai-Je le temps à détailler les particularités 
de la manière d'opérer dans les différens cas? Di- 
rai-je que la maiu droite convient pour la qua- 
trième position, et la gauche pour la cinquième? 
Répétitions inutiles , détails minutieux qu'on re^ 
trouvera avec bien plus de fruit dans les observa- 
tions particulières. 



THeiSlÈME MÉMOIRE. ^1$ 



OBSERVATIONS PARTICULIERES 

Faisant suite au troisième Mémoire sur les 
Positions de la Face. 



N*» P^ 



5* Position de la face ( i"). — Terminaison 
spontanée. 

Position primitive, 

XjA nommée Gob..., forte et sanguine> âge'e de 
trente*deux ans, abondamment réglée dès l'âge de 
dix-huit ans, était au neuvième mois de sa troi- 
sième grossesse» 

Le travail commença le 6 février 1817^ à sept 
heures du soir. Le cercle de l'orifice était souple et 
mince, ouvert de huit à dix lignes. Les membranes 
se rompirent dès les premières douleurs, et peu 
d'eau s'écoula; il fut alors facile de reconnaître la 
face, dont le front était au bas de l'ilium gauche, et 
le menton vers le bord anguleux de l'ilium droit. 
Cette position , reconnue dès les premiers instans 
du travail, était primitive y c'est-à-dire que la face 
avait été de prime-abord tournée vers l'orifice et 
qu'elle n'y était point descendue par degrés. L'ulé- 



4l4 PRATIQUE DES ACCOUCllÊMENS. 

rus était fort peu oblique en avant et point laléra- 
lement. La dilatation acheva de s'opérer, les dou- 
leurs se soutinrent, et la tête descendit dans l'exca- 
vation (i""" temps) : là, elle tourna de telle sorte, 
que le front se porta dans la partie Ja plus concave du 
sacrum, et le menton derrière les pubis (2^ temps). 
Cette rotation une fois faite, ses progrès furent de 
plus en plus rapides ; le menton s'avançait sur la 
commissure antërie,ure des grandes lèvres, et le 
front faisait saillir le périne'e , qu'il ne tarda pas à 
franchir sans toutefois l'endommager. Après lui 
passèrent en un instant, au-devant de la fourchette , 
la fontanelle antérieure, la suture sagittale, et enfin 
l'occiput (3*= temps)* La tête ne fut pas plutôt de- 
hors que le tronc s'échappa avec violence, suivi 
d'une assez grande quantité d'eau. 

Le travail en totalité ne dura que six heures. J'ai 
vu plusieurs fois pareil accouchement se terminer 
en trois heures de travail. Une ou deux fois, deux 
heures ont également suffi. L enfant était une fJlle 
vigoureuse; elle pesait sept livres, et avait la face 
tuméfiée et livide. Délivrance facile; sortie de l'hos- 
pice le 17 février. 

Celle femme avait eu déjà deux enfans, et les 
douleurs furent bonnes et soutenues : c'est à cela 
qu'il faut attribuer la promptitude de l'accouche- 
ment et la bonne santé de l'enfant. 

Le travail a été suivi avec attention, et on a pu 
se rendre un compte exact de tous ses phénomènes. 



TROISIÈME MÉMOIRE. 4'^ 

Puisque la face élait horizontale au détroit supé- 
rieur; puisqu'elle Tétait à l'inslant même où les 
membranes se sont rompues, on doit présumer 
qu elle élait ainsi placée avant le commencement 
du travail. Il est impossible de préciser la durée du 
temps que l'enfant a passé dans cette altitude, et on 
voit qu'il n'en a pas été bien affecté; mais on a pu 
juger du temps qu'il a passé ainsi placé dans l'ex- 
cavation, les membranes rompues et le col com- 
primé: ce temps n'a pas été considérable; sans quoi 
lenfant n'eût pas été aussi bien portant qu'il l'était. 

N° II. 

3^ Position de la face ( i'"^).— . Terminaison 
sponta?iée. 

Position secondaire. 

Le 17 Janvier 1820 , j'étais auprès d'une jeune 
dame enceinte pour la première fois. Elle était en 
travail depuis environ huit heures. J'avais trouvé 
l'orifice dilaté et les membranes tendues ; la tête 
était au-dessus du détroit supérieur et difficile 
à loucher. Quoique les douleurs fussent faibles , 
cependant la tête se plongea tout-à-coup dans l'ex- 
cavation , et, à travers les membranes, je recon- 
nus , non sans élonnement , la troisième position 
de la face. J'avais, dans le premier moment , senti 
ou du moins cru sentir le synciput au détroit supé- 
rieur : ainsi le renversement de la tête a du s'o- 



4lG PRATIQUE DES ACCOUCIIÈMEl^S. 

pérer brusquement et dans le moment même de sa 
descente : cependant il n'y avait point d'obliquité 
bien sensible de l'utérus. 

Quoi qu'il en soit , les douleurs se ralentirent 
alors , et je me vis forcée de rompre les membrainesj 
L'eau s'écoula , la tête descendit davantage , puis 
en deux douleurs tourna le menton sous les pubis. 
Peu après le front et le crâne glissèrent sur le 
périnée et franchirent son bord antérieur. Avant 
ce mouvement la face resta quelques instans comme 
encadrée par la vulve, et j'observai des mouvemenS 
des lèvres , et de la langue qui passait entre elles. 

L'enfant naquit sans efforts : il était bien portant 
et n'eut pas besoin de secours , sans doute parce 
que le renversement s'était opéré assez vite, él que 
la télé était restée peu de temps soumise, dans cet 
état forcé, aux contractions de la matrice et à là 
pression des parois du bassin. La face , un peu 
ecchymosée, effraya d'abord les parens. Des lotions 
avec du vin ont suffi pour dissiper toute crainte en 
trois jours de temps. 

La mère s'est très-bien portée. Quoique l'enfant 
fût assez gros, que les parties n'eussent point été 
dilatées par un premier accouchement^ et que je 
n'eusse exercé que des efforts modérés pour soutenir 
le périnée, il fut cependant presqu'intact et ne reçut 
qu'une très -légère atteinte. J'avais ménagé mes 
pressions pour ne point comprimer le col de l'en- 
fant contre les pubis. 



TROISIÈME MÉMOIRE. 4^7 

Dans le même trimestre , j'ai eu sous les yeux, 
dans ma pratique particulière , un cas tout sem- 
blable, et un autre dans lequel l'enfant présentait 
d'abord la fontanelle antérieure au centre du bassin. 
La télé se renversa graduellement et se réduisit à la 
troisième position de la face. Il y avait ici obliquité 
antérieure assez considérable. 

Les deux enfans ont vécu. 

Il faut noter que dans les deux cas il y avait eu 
déjà des accouchemens antérieurs. 

N° m. 

3^ Position de la face ( i"), — Accouchement 
spontané. 

Position primitive. 

Il s'agit ici d'une femme sanguine et forte , âgée 
de dix-neuf ans, réglée dès 1 âge de quinze ans, trois 
jours chaque mois , enceinte de son premier enfant 
et à terme. 

Elle arriva à l'hospice le i5 septembre 1810, 
verslesoi'r. L'orifice commençait à s'ouvrir (5 lignes 
de diamètre) ; il était fort en arrière j les contrac- 
tions étaient fortes, et la tension des membranes 
empêchait de reconnaître la partie présentée par le 
fœtus. 

Le 14 ) à cinq heures du matin , on reconnut à 
travers les membranes la face horizontale et le 
front du côté gauche. A six heures, rupture des 

27 



4l3 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

membranes ; la face descend dans l'excavation pel- 
vienne jusqu'au détroit inférieur. Là , elle est 
pressée par des contractions plus vives , et en une 
seule douleur elle tourne sur son axe ; le menton 
occupe l'arcade pubienne, et la racine du nez touche 
le bord antérieur du périnée, qui bombe fortement. 
Quelques nouvelles douleurs suffirent pour dégager 
la tête par un mouvement d'arc de cercle auquel le 
dessous de la mâchoire servait de centre : le reste se 
fît sans peine et sans accident. L'enfant était gros et 
parfaitement sain. 

Celait un premier accouchement , et cependant 
aussitôt après la rupture des membranes, la tête 
descendit , et l'accouchement fut en quelques ins- 
lans terminé. Il y avait ici obliquité antérieure de 
l'utérus; mais elle ne pouvait guère influer sur la 
position _, puisque la face était transversale : d'ail- 
leurs celte position n'a pu dépendre du travail , 
puisqu'elle existait ( toute transversale ) au détroit 
supérieur. 

N^ ÏV. 

3« Position ( i'"'' ). — Accouchement spontané. 

Position primiiive. 

Une autre femme, âgée de vingt-deux ans, forte 
aussi et enceinte pour la première fois , eut un ac- 
couchement tout semblable. 

Le II décembre 1816, elle commença à souffrir 



TROISIÈME MÉMOIRE. 4^9 

vers trois heures du malin. Les parties génitales 
externes étaient souples et humides de mucns ; l'o- 
rifice de l'ulérus était en arrière , ouvert de huit à 
dix lignes ; le fond de cet organe était incliné en 
avant et à droite , mais modérément ; les mem- 
branes bombaient sous l'influence de contractions 
vives et soutenues j elles empêchaient de rien sentir 
du fœtus. La dilatation augmenta , et je touchai su- 
perficiellement une partie volumineuse et molle: 
ce pouvaient être les fesses , et j'en eus la pensée ; 
mais les membranes s'ouvrirent , et je reconnus la 
face aux caractères qui lui sont propres. Elle était 
horizontale et sa plus grande étendue transversale^ 
le front vers la fosse iliaque gauche , etc. Bientôt 
elle envahit l'excavation pelvienne en franchissant 
l'orifice de l'utérus; un instant après elle exécuta sa 
rotation horizontale; le front , glissant sur la paroi 
postérieure et gauche du bassin , vint s'appuyer sur 
le coccyx et le périnée; le menton et la mâchoire 
inférieure, glissant en sens opposé, tombèrent dans 
l'arcade pubienne. Le menton se plaça entre les 
nymphes et remonta vers le mont de Vénus , tandis 
que le front franchissait la fourchette amenant après 
lui la fontanelle antérieure , la suture sagittale et 
l'occiput. Le haut du col servit de centre à ce mou- 
vement de flexion; lavulvejirès-dilatable^ n'en souf- 
frit pas d'une manière sensible. La tête , une fois 
sortie et libre , tourna la face vers la cuisse droite , 
et l'occiput vers la cuisse gauche de la mère. L'é- 
paule droite se dégagea en avant , la gauche en 



^20 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

arrière : le reste du tronc suivit immédiatement. 
Quoiqu'il se fut à peine écoulé une demi-heure 
entre l'ouverture des membranes et l'expulsion de 
l'enfanl , la face étaij; déjà tuméfiée; il était d'ail- 
leurs bien portant, quoique petit. Cette petitesse 
n'a pas peu contribué sans doute à la promptitude 
de l'accouchement et à ses heureuses suites pour les 
deux individus. Le poids de l'enfant était de quatre 
livres et demie. 

Ici encore la face était transversale et horizontale 
au détroit supérieur , et avant la rupture des mem- 
branes: donc la position était primitive. L'obliquité 
utérine était trop peu considérable pour être re- 
gardée comme cause productrice de cette position. 

N° V. 
4^ Position ( 2^= ). Accouchement spontané. 

Position primitive. 

Marguerite B , âgé de vingt- quatre ans , 

petite, faible, lymphatique , mais bien portante, 
enceinte pour la deuxième fois , fut soumise à notre 
observation le 8 thermidor an 6 , à sept heures 
du soir. 

A son arrivée on trouva l'orifice mince et mou , 
ouvert de dix lignes, et les membranes rompues de- 
puis une demi -heure. On sentit sans peine la face 
encadrée par le détroit supérieur, le front à droite 



TROISIÈME mémoire; 4^1 

et le menton à gauche. Pour faciliter la dilatation , 
on baigna la malade deux fois dans la nuit , et effec- 
tivement, vers le matin, la dilatation s'acheva, et en 
même temps la tête descendit si rapidement dans 
l'excavation qu'on n'eut pas le temps de penser à la 
version du fœtus ni au redressement de la tête. 
Bientôt le menton se tourna comme d'ordinaire 
sous les pubis , et deux ou trois douleurs expulsè- 
rent la tête. L'épaule droite sortit en arrière et la 
gauche en avant. 

L'enfant avait la face livide et gonfle'e , surtout 
du côté gauche, qui, avant la rotation , avait ré- 
pondu au vide de l'arcade pubienne. Quelques bat- 
lemens au cœur et à l'ombilic étaient les seuls signes 
de vie qu'il donnât {^Saignée ombilicale ; frictions 
sèches sur le rachis , les mains et les pieds ; bain 
tiède animé de vinaigre ; extraction des mucosités 
gutturales , etc. ). Bientôt il fut rendu à la vie , et 
des fomentations de vin rouge dissipèrent en quel- 
ques jours la lividité de la face. La tendance qu'a- 
vait la tête à se renverser en arrière a cessé sponta- 
nément ; le lendemain on ne s'en apercevait plus. 

Cet enfant était un garçon de six livres un quart : 
sa tête a été mesurée ; en voici les dimensions : 

Diamètre occipito-menlonnier. . 5 ponces. 

— occipito-frontal l^. poucei 5 lignes. 

— bi-pariétal 3 pouces 3 lignes. 

— fronlo-mentonnier. . . 3 pouces 5 lignes. 

La délivrance fut naturelle. Marguerite B est 



422 PRATIQUE DES ACCOUCHEMEM S. 

sortie bien portante îe neuvième jour après son ac- 
couchement. 

Ce n'est certainement pas a la faveur de la peti- 
tesse que cette tête a passé par le bassin : ses dimen- 
sions étaient des plus considérables , puisque le dia- 
mètre occipito- frontal avait cinq lignes de plui 
qu'on oe lui en assigne d'ordinaire , et que l'occi- 
pito-menlonnier en avait six de plus qu'on n'en me- 
sure à une tête de volume ordinaire. Ces deux dia- 
mètres étaient peu imporlans pour le mécanisme ; 
ce n'étaient pas eux qui étaient en rapport avec ceux 
du bassin , mais bien le fronlo-mentonnier ou mento- 
bregraatique , qui n'avait que trois pouces cinq 
lignes, et le bi-pariétal, qui était moins considérable 
encore : aussi la tête descendit-elle avec rapidité , 
et sortit -elle sans difficulté du détroit inférieur. 
1/enfant resta fort long-temps dans l'altitude gê- 
nante que cette position nécessitait : cependant il 
naquit vivant : c'est que k tête n'avait que peu sé- 
journé dans l'excavation ; c'est au détroit supérieur 
qu'elle était restée d'abord ; là , le col n'était pas 
comprimé , et l'enfant souffrait à peine. 

N° VI. 

4^ Position (2^). — accouchement spontaTié, 

Le 2 février 1818 , Éléonore Sang... arriva de 
Paris, en travail depuis deux jours. Depuis deux 
jours aus'^i les eaux de l'amnios étaient écoulées. 



TROISIÈME MÉMOIRE. 4^5 

Nous apprîmes d'elle qu'on avait plusieurs fois 
essayé d'aller chercher les pieds de l'enfant. Ce- 
pendant nous trouvâmes la tête dans l'excavation 
du bassin ,• elle présentait la face bien transversale, 
et dans la quatrième position. 

Les forces étaient tellement épuisées qu'après 
quelques tentatives infructueuses, je laissai reposer 
la malade. On lui donna un bain , et on lui per- 
mit de se livrer au sommeil. Dans la>. nuit survin- 
rent de nouvelles douleurs , et Tenfant fut expulsé 
avec une telle promptitude , qu'on n'eut le temps 
ni de remarquer la manière dont il sortit , ni même 
de soutenir le périnée : malgré cela cette partie ne 
fut qu'un peu échancrée. L'enfant cependant était 
fort gros , et offrait déjà un commencement de 
putréfaction. 

Rétablissement complet de la mère. 

La lenteur du travail nous fait présumer que la 
position était secondaire. Sans doute la léle avait 
d'abord présenté le front au centre du détroit su- 
périeur ; elle avait mis son diamètre occipto-men- 
lonnier en rapport avec ce détroit et n'avait pu 
descendre. On avait alors essayé d'amener les pieds ; 
on avait reconnu peut-être l'indication , mais on 
n'a pas su la remplir. Les tentatives qu'on a faites 
ont sans doute repoussé la tête , et par conséquent 
le front du côté opposé à la partie antérieure de 
l'enfant sur laquelle on cherchait les pieds. Le 
front rapproché d'un des côtés du bassin , le menlou 



424 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

a pu descendre davantage, la face est devenue hori- 
zontale : alors elle n'offrait plus au détroit que son 
diamètre mento-bregmatique ; elle a pu descendre 
dans l'excavation , et de là être projete'e au de- 
hors : sans doute elle e'tait d'abord diagonale au dé- 
troit supérieur ; elle est devenue transversale en 
descendant , et a par conséquent commencé ainsi 
son mouvement de rotation horizontale, si , comme 
il est probable , le front était d'abord un peu en 
avant : c'est , comme nous avons vu , le plus ordi- 
naire dans les positions secondaires , parce qu'elles 
dérivent plutôt de la première ou deuxième du 
vertex que de toute autre : celle-ci serait dérivée 
de la deuxième du vertex. Le périnée n'a pas été 
lésé , quoique non soutenu , parce que la tête ne 
lui a pas présenté de très-grands diamètres : d'ail- 
leurs, il avait été distendu et repoussé à plusieurs 
reprises dans les efforls qu'on avait faits pour pro- 
duire la version du fœtus. 

No VII. 
» 

4* Position secondaire (2"). — Accouchement 
spontané. 

La nommée Sév.... entra à la salle des accou- 
chemens le 18 mars 181 1 ; elle était en travail 
depuis deux heures. L'orifice assez largement ou- 
vert et les membranes peu tendues permettaient de 
sentir au détroit supérieur la tête dans la deuxième 



TROISIÈME MÉMOIRE. /}25 

positio7i du verteœ; mais la fontanelle antérieure 
élail beaucoup plus accessible que de coutume; la 
postérieure était trop élevée pour être sentie ( i^*" 
temps). Une heure et demie après _, je touchai 
cette femme , et je sentis sans grande difficulté tout 
le front et même lesarcades sourcilières au voisinage 
de la symphyse sacro-ilîaque gauche. Les élèves qui 
suivirent le travail s'aperçurent qu'il s'avançait (le 
front ) de plus en plus vers le centre. Elles vinrent 
m'avertir au moment de la rupture des membra- 
nes : une douleur l'avait produite. Je trouvai la face 
presque horizontale , le front , un peu plus bas que 
le reste, répondait derrière la cavité cotyloïde droite; 
toute la tête avait beaucoup descendu et s'était en- 
gagée complètement dans l'excavation (2^ temps^. 
Les douleurs continuèrent , la face s'abaissa davan- 
tage en devenant tout-à-fait horizontale et transver- 
sale (5^ temps). Quand le front fut tout-à-fail au bas 
de l'ischion droit , la tête suspendit quelque temps 
ses progrès^ puis des douleurs plus énergiques la 
firent rouler horizontalement , de sorte que le front 
se porta sur le bas du sacrum et sur le coccyx , 
tandis que le menton entrait dausl'arcade (4^ temps). 
Ce mouvement ne fut complet qu'après quatre à 
cinq douleurs ; il en fallut à-peu-près le double pour 
distendre le périnée et la vulve , et dégager la tète 
par le mouvement de flexion en arc de cercle déjà 
plusieurs fois indiqué (5"" temps). L'accouchement 
ne s'opéra que huit heures après les premières dou- 
leurs , et cinq heures et demie environ après la rup- 



426 PRATIQUE DES ACCOUCHEMEFS. 

ture des membranes et le renversement à-peuiprès 
completde la tête. L'enfant était bouffi et ecchymose; 
mais il a été bientôt ranimé , et n'a eu besoin que 
d'une légère saignée ombilicale. La tête n'a pas 
conservé au-delà d'un jour la tendance qu'elle a 
toujours en pareil cas à se renverser sur le dos. A 
sa naissance cet enfant pesait six livres : c'était un 
garçon. Il sortit avec sa mère neuf à dix jours après : 
tous deux jouissaient de la meilleure santé. 

Quand je n'aurais touché cette femme qu'au mo- 
ment de la rupture des membranes, je n'en aurais pas 
moins été certaine que la position était secondaire, 
parce que la face était diagonale et le front en avant : 
cette disposition indique que la tête a dû se présen- 
ter d'abord au détroit supérieur dans une des deux 
premières positions du verlex , et quand le front 
est à droite , c'est la deuxième qui a dû exister. La 
tête a eu ici à exécuter une rotation plus considé- 
rable que dans les positions primitives; le front, 
tourné en avant , avait plus d'espace à parcourir 
pour arriver dans la courbure du sacrum : cepen- 
dant il n'a montré aucune tendance à se diriger der- 
rière les pubis, dont il était bien moins éloigné; 
nous en avons amplement détaillé les raisons dans 
le troisième Mémoire. 



TROISIÈME MÉMOIRE. 4^7 

N» VIII. 
4^ Position primitive. — Mécanisme incomplet 

Une jeune femme grosse de son premier en- 
fant et arrivée au neuvième mois, accoucha à la 
INîaternilé le 24 septembre 18 19. 

On avait bien reconnu la face au détroit supé- 
rieur; on avait même reconnu la quatrième posi- 
tion ; mais, comme les douleurs étaient fortes, j'a- 
bandonnai à la nature l'expulsion du fœtus. La face, 
en effet, descendit jusqu'à la vulve^ toujours trans- 
versale j elle y resta près d'une heure après la rup- 
ture des membranes, et s'y tuméfia considérable- 
ment : cependant des mouvemens continuels de la 
langue et des lèvres nous annonçaient que le fœtus 
conservait ses forces. Enfin elle sortit sans aucun 
mouvement de rotation; le menton s'appuya sur 
la grande lèvre du côté gauche vers la branche ischio- 
pubienne de l'os coxal, pendant que le front et en- 
suite le verlex se dégageaient vers le ligament sa- 
cro-sciatique droit. 

L'enfant était d'un volume médiocre; il a vécu, 
et la mère s'est bien portée. 

Celte femme était très-bien conformée, i'enfant 
1 était aussi, et rien n'a pu m'expliquer celle irré- 
gularité du mécanisme. On se rappelle que de sem- 
blables irrégiilarilcs se rencontrent aussi dans les 



/{28 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

positions du verlex : aussi le présent fait n'apporte 
aucune contradiction à ce que nous avons dit de ge'- 
néral sur le mécanisme. 

Cette terminaison insoIFle a été en tout analogue 
à celle des positions du vertex, où la tête est sortie 
sans rotation. Dans celles-ci, l'occiput se renverse 
sur une des grandes lèvres; dans celles-là, c'est le 
menton qui se renverse de la même manière; dans 
toutes deux, le renversement amène le dégagement 
de tout le crâne vers la grande lèvre du côté opposé. 
Dans les positions du vertex, les divers points du 
crâne passent sur la grande lèvre depuis la fonta- 
nelle postérieure jusqu'au front et à la face; dans 
celles de la face, les mêmes points passent depuis le 
front jusqu'à la fontanelle postérieure et à l'occiput. 
Ce sont donc, dans les deux cas, absolument les 
mêmes diamètres qui se présentent à ceux de la 
vulve et du détroit inférieur : remarquez seulement 
que quand la face sort ainsi , il faut que le col s'al- 
longe plus qu'à l'ordinaire, parce que la paroi laté- 
rale du bassin, à laquelle répond sa partie anté- 
rieure, est plus étendue que la paroi antérieure : en 
conséquence l'enfant doit alors souffrir davantage. 

Remarquez encore dans cet te observation, comme 
dans les précédentes, que nous avons eu presque 
toujours affaire à des premières grossesses. Je les 
ai choisies telles à dessein de faire voir que les ac- 
couchemens par la face ne redoutent pas plus les 
obstacles que ceux qui se font par le vertex. 



TROISIEME MÉMOIRE, 4^9 

N» IX. 

4* Position inclinée. — Accouchement spontané. 

Le 27 prairial an lo, M. L. Blot.... accoucha 
spontanément d'un garçon vivant et vigoureux, du 
poids de six livres : la face e'iait tuméfiée, et sur- 
tout la joue et la tempe gauches. La face s'était en 
effet présentée au détroit supérieur dès les premiers 
temps du travail, et de telle façon que la joue droite 
semblait retenue sur l'angle sacro-vertébral, tandis 
que la gauche s'enfonçait dans le bassin. C'est dire 
assez que le front répondait à droite et le nienloii 
à gauche. Les membranes, qui s'étaient rompues 
dès les premières douleurs, permirent de s'assurer 
de ce fait. Ce fut la tête seule qui soutint et opéra 
la dilatation de l'orifice. Le travail marcha comme 
de coutume , c'est-à-dire que la face s'enfonça trans- 
versalement dirigée dans le bassin , et qu'ensuite le 
menton vint se jeter dans l'arcade pubienne. Le tra- 
vail en tout ne dura que neuf heures , quoique ce 
fût un premier accouchement et que la femme ne 
parût pas très-robuste. La face sembla se redresser 
en descendant , et les deux joues se présentèrent au 
même niveau relativement à l'axe du détroit infé- 
rieur , dès que le menton fut sous la symphyse pu- 
bienne. 

La cause de l'inclinaison première de la face m'a 
paru assez difficile à déterminer ; l'obliquité utérine 



45o PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

était presque nulle, et le bassin était très-bien con- 
formé. Au reste , cette inclinaison ne serait , à mon 
avis , dangereuse , et ne rendrait raccouchement 
difficile qu'autant qu'elle serait fort considérable et 
qu'elle rapprocherait le côté de la tête du plan du 
détroit supérieur , et par conséquent les diamètres 
occipito-faciaux du diamètre sacro-pubien de ce 
même détroit , à-peu-près comme on le suppose 
dans la troisième et la quatrième position ( B.) des 
côtés de la tête : or , il est bien difficile _, pour ne 
pas dire impossible , que l'inclinaison aille jusque 
là : il faudrait, pour qu'elle en approchât, un bassin 
bien diffi^rme^ un angle sacro- vertébral bien proé- 
minent , et alors son étroitesse même présenterait 
des indications plus positives que la mauvaise posi- 
tion de la tête. 

Mais quand il n'y a qu'une inclinaison légère , elle 
n'opposera pas de bien grandes difficultés. Si l'ob- 
stacle opposé par l'angle sacro-vertébral est une fois 
franchi, soit qu'onait favorisé cet effet en détruisant 
une obliquité utérine , soit que les efforts de la na- 
ture y aient suffi , la face ne tarde pas à se redresser 
en descendant dans l'excavation; elle se redj'esse 
en changeant de direction parle même mécanisme 
qui la change dans le travail ordinaire pour la mettre 
successivement en rapport avec le plan si différem- 
ment incliné des deux détroits. Qu'on se rappelle, 
à ce sujet , ce que j'ai dit dans plusieurs endroits de 
l'obliquité du plan du détroit supérieur par rapport 
à celui de l'inférieur, etc. , etc. 



TROISIEME MÉMOIRE. 4^1 

N^ X. 

Position frontale (intermédiaire à la 4* ^^ 
vertex et à la 3^ de la face }. — accouchement 
spontané sans changement. 

Une femme bien conforme'e, et qui avait déjà eu 
un enfant , entra à l'hospice il y a nne quinzaine 
d'années (c'était du vivant de B.indelocque). Les 
membranes étaient rompues ; les douleurs , qui 
avaient commencé à paraître vers le milieu du jour, 
avaient disparu dans l'après-midi. Vers le soir, je 
trouvai l'orifice dilaté et la tête au détroit supérieur. 
Il fallut introduire ma main dans le vagin pour 
m'assurer de sa position. Je sentis alors que le front 
occupait le centre , que le bas de la face appuyait 
sur la partie droite et un peu antérieure du détroit 
supérieur , et la fontanelle postérieure sur sa partie 
gauche et postérieure. Les fontanelles étaient si 
larges et les sutures si lâches , que j'eus un moment 
l'idée d'une hydrocéphale. Je ne sais pourquoi , d'ail- 
leurs, je ne pouvais atteindre les oreilles. Incertaine 
sur le parti qu'il fallait prendre , j'attendis. Dans la 
tiuit » les douleurs se réveillèrent et la tête descendit 
dans l'excavation, le front toujours au centre. En- 
fin , vers le malin , elle sortit brusquement de la 
vulve, de sorte qu'on ne put guère que soupçonner 
la manière dont eut lieu son expulsion. La plupart 
des élèves préseutes assurèrent cependant que la 



432 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

face ëlait sortie eu avant presque en même temps 
(sinon lout-à-fait) que l'occiput. 

L'enfant était mort et putréfié , la tête mollasse , 
les os vacillans ; le crâne contenait un peu de séro- 
sité rouge, comme cela se voit dans tous les fœtus 
putréfiés; l'épidémie s'enlevait de toutes parts au 
moindre frottement. 

Cette mollesse explique assez la possibilité d'une 
telle terminaison; car la tête avait présenté dans 
tout le temps du travail son diamètre occipito- 
raentonnier à ceux du bassin : on n'en tirera donc 
aucune induction favorable à l'opinion des auteurs 
qui croient la présentation du front plus heureuse 
que celle de la face. Ici , il n'y a eu aucun méca- 
nisme régulier : la tête , au lieu de se renverser, de 
rouler horizontalement , etc. , pour accommoder 
ses diamètres à ceux du bassin ; la tête , dis-je , s'est 
déformée, s'est aplatie, et de cette manière seule- 
ment s'est accommodée aux diamètres des deux dé- 
troits et deJ'excavation : on conçoit donc facilement 
pourquoi elle n'a , dans aucun temps du travail , 
changé de direction. Si la tète du fœtus était tou- 
jours molle, flexible, accommodable à la forme des 
passages qu'elle doit traverser , si elle pouvait s'al- 
longer , s'aplatir, se courber, elle n'aurait pas be- 
soin de suivre une marche si compliquée et d'exé- 
cuter des mouvemens si variés ; le mécanisme de sa 
sortie serait tout entier compris dans un seul mou- 
vement , celui de simple progression. 



TROISIEME MÉMOIRE. /^3J 

N« xr. 

Position bregmatique (intermédiaire à une 3^ de 
la face el une Iransveisaledu vertex }. — AccoU' 
chement spontané sans changement. 

Le 20 prairial an 11 , les élèves de service à 
la salle d'accouchement vinrent m'averlir qu'une 

femme nommée Catherine R , qui était depuis 

huit à dix heures en travail , en restait toujours au 
même point, et que la tête, enfoncée dans l'excava- 
tion , ne faisait plus aucnn progrès. Elles croyaient 
avoir reconnu la deuxième position du côté droit de 
la tête. Voici l'état dans lequel je trouvai les choses : 
la fontanelle antérieure occupait le centre de TcNCa- 
vation ; la suture sagittale en partait pour se diriger 
vers le bord gauche du détroit supérieur ; là devait 
se trouver la fontanelle postérieure ; le front était 
à droite : c'était donc une position transversale (^5*=) 
du vertex inclinée vers le dos. C'est souvent par là 
que commencent les positions de la face ; c'est le 
premier degré des positions secondaires. Ce qui 
avait trompé les élèves, c'est que le pariétal droit 
répondait à l'arcade pubienne, et que l'oreille était 
derrière la symphyse. Cela n'a rien d étonnant , 
puisque la tête était descendue dans l'excavation. 

C R avait déjà eu des enfans , et elle ne se 

croyait grosse que de huit mois et demi. Les dou- 
leurs étaient botuies, quoique les membranes fussent 
depuis long-temps rompues : j'espérai que la nalui e 



454 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS.' 

suffirait seule à Texpulsioa du fœtus. Je fis mettre 
la femme en travers sur le bord du lit , et en com- 
primant le bord du périnée , j'accrus et j'activai les 
douleurs. Le front se tourna bientôt en arrière et 
fit saillir le périnée. L'occiput ne s'était pas d'abord 
complètement enfoncé dans l'arcade j dès qu'il s'y 
fut avancé , le front se trouva dégagé du périnée , 
et l'enfant naquit. Des cris redoublés attestèrent 
sur-le champ sa vigueur : il pesait cinq livres. Une 
tumeur sanguine considérable couvrait la tempe 
droite et la partie voisine du pariétal jusque vers la 
fontanelle antérieure. On en conçoit la cause sans 
que j'y insiste davantage. 

La léte , ainsi placée , présentait à l'excavation et 
au détroit inférieur son diamètre occipito-fronlal , 
tandis qu'elle ne doit y offrir qu'un diamètre voisin 
du sphéno-bregmatique ; mais la femme avait eu 
des enfans et le bassin était large; par conséquent 
les passages étaient assez libres, et ils ont pu donner 
issue, quoiqu'avec un peu plus de difficulté, à la 
tête mal dirigée. 

N" XU. 

3* Position (i"). — Forceps après rotation 
incomplète pour inertie utérine. 

Le 20 décembre 1S20 , une femme âgée d'en- 
viron vingt-cinq ans , enceinte pour la première 
fois , arriva à la salle d'accoucliement. Dans Tin- 



TROISIÈME MÉMOIRE. 4~^J 

tervalle des douleurs, ou sentait très-bien la face 
au détroit supérieur et dans la troisième position 
(position primitive). La dilatation se fit, la tête 
descendit et les membranes se rompirent. Leur 
rupture favorisa l'avancement delà tête, qui des- 
cendit jusqu'au détroit inférieur toujours trans- 
versale. Le travail durait alors depuis sept heures. 
La tête resta là pendant une heure environ sans 
aucun changement ; les douleurs étaient presque 
nulles; enfin elies se réveillèrent, et pendant un 
espace de temps tout semblable , elles ne firent que 
tuméfier la face , et lui imprimer une rotation 
qui ramena le menton vers la branche droite de 
laVcade des pubis. Les parties extérieures , fort 
étroites, ne se dilataient point. La femme fut 
mise en travers sur le bord du lit , et y resta une 
demi-heure : point de changement ; les douleurs 
avaient cessé. Pour prévenir les inconvéniens d'un 
retard trop considérable, je décidai l'application du 
forceps. 

Elle n'était pas bien difiîcileà exécuter ; les bran- 
ches furent enfoncées presque sur les cotés du bas- 
sin , la droite pourtant un peu plus en avant : elles 
furent tenues dirigées selon l'axe moyen de lexca- 
vation du bassin _, c'est-à-dire , les crochets un peu 
au-dessus de l'intervalle des cuisses de la mère. 
En tirant dans ce sens, on sentit le forceps deve- 
nir lout-à-fait transversal , et le menton fut vu dis- 
tinctement entrant dans l'arcade pubienne et sé- 
parant lés nymphes l'une de l'autre. Les tractions 



436 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

furent continuées et combinées avec une élévation 
lente des crochets. Ces mouvemens dégagèrent 
la face , mais très-lentement , car le périnée avait 
besoin de ménagement. Ce dégagement ne fut 
complet qu'après dix minutes : aussi le périnée 
fut-il intact. L'enfant , très-déformé ^ était vivant 
et vigoureux ; il pesait six livres : c'était un garçon. 

Cet enfant est cependant resté dans l'attitude que 
nécessitent les positions franches de la face pen- 
dant dix heui'es (i) , et il est resté trois heures ex- 
posé dans cette attitude à l'influence d'un utérus 
vide d'eau. Cinq ou six jours après , il a été vac- 
ciné et gardé à l'hospice jusqu'à parfait dévelop- 
pement de l'éruption. Il est sorti bien portant le 
seizième jour ; sa mère s'est aussi très-bien portée 
pendant quelques jours , puis elle a été prise de la 
péritonite : elle a guéri. 

L'application du forceps n'a pas été très-difficile, 
parce que la tète était basse , et surtout parce qu'elle 
avait déjà commencé son mouvement de rotation. 
J'ai parlé de l'axe de l'excavation du bassin : à pro- 
prement parler , cette excavation n'a point d'axe 
réel , puisqu'elle représente un cylindre courbé , 
ou bien son axe devrait être pareillement courbe. 
Par l'axe moyen de l'excavation, j'entends un axe 
intermédiaire pour la direction entre celui du dé- 
troit supérieur et celui du détroit inférieur : ce se- 

(i) Il y est sans doute resté Lien davantage^ car il devait être 
ein^i placé bien avant que nous pussions nous en apercevoir. 



TROISIEME MÉMOIRE. 1{^'J 

rait l'axe d'un plan horizontal qui passerait par le 
milieu de l'excavation et la diviserait en deux par- 
ties égales , l'une supérieure, l'autre inférieure. 

]N° XIII. 

3« Position. —J5^55/72 resserré; perce-crâne et 
crochets^ 

L. M.... j âgée de vingt-six ans , rachilique, mal 
portante , enceinte pour la première fois et à terme , 
ressentit chez elle les premières douleurs le 22 
septembre 1811 à 11 heures du soir. Les mem^ 
branes ne s'ouvrirent que le 24 à dix heures du 
matin ; les contractions, faibles jusque là, devinrent 
plus fortes et durèrent jusqu'au 27 malin. Alors 
elles cessèrent tout-à-fail , et on apporta la malade 
à l'hospice à cinq heures du soir. La tête était 
alors dans l'excavation libre de l'orifice utérin , 
et présentait la face transversalement au détroit 
inférieur ; le front était à gauche et le menton à 
droite. 

Il y avait cinq jours que durait le travail, et trois 
jours que l'enfant était soumis à la pression im- 
médiate de la matrice : il était donc indubitable- 
ment mort; la mère n'en sentait plus aucun mou- 
vement depuis plus de trente-six heures. J'essay.ii 
l'appHcalion du forceps j mais l'instrument était 
trop gêné par la difformité du bassin pour pou- 
voir le placer convenablement. En conséquence y. 



438 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

je n'hésitai point à recourir au moyen le pins ef- 
/jpace. La face ne se présentait pas si pleinement 
que le front ne fût un peu plus avancé que le 
reste ; aussi fut-il facile d'atteindre la fontanelle 
antérieure vers l'écliancruresciatique gauche : j'y 
introduisis le perce-crâne , et aussitôt je lui sub- 
stituai le crochet mousse du forceps. Je le fis ag;r 
de manière à tourner le fiont en arrière pendant 
que de la main qui restait libre je poussais le men- 
ton vei's l'a-rcade : quand il y fut enfoncé , il suffit 
de tirer en avant de la vulve en relevant le crochet 
mousse pour faire sortir la tête par son mouve- 
ment de flexion ordinaire. L'enfant commençait 
à se putréfier ; il pesait cinq livres : c'était un gar- 
çon. La mère se porta bien pendant trois jours ; 
mais alors elle fut prise d'une fièvre adynamique 
dont elle mourut le 7 octobre. 

Cette position n'était certainement pas primitive, 
puisqu'elle n'était même pas tout-à-fait franche. 
En agissant sur la fontanelle antérieure , j'aurais 
évidemment fait avancer des diamètresdéfavorables, 
si la tète n'eût été aussi basse; mais au degré où eu 
était le travail , il ne restait plus , après la rotation , 
que la flexion à produire , et c'est à quoi tendaient 
les efforts du crochet enfoncé dans la fontanelle. 
J'ai oublié de dire que l'application du crochet avait 
(îté précédée de la sortie d'une bonne partie de 
l'encéphale; il en sortit encore pendant l'extraction. 

C'est évidemment h la clifTormilé du bassin 



TROISIÈME MÉMOIRE. 4^ 

( trois pouces ua quart ) qu'a été due la lenteur du 
travail., La diminution de volume qu'a entraînée la 
perforation du crâne a rendu les diamètres de la 
tête plus analogues à ceux du bassin , et a permis 
de l'extraire sans grand travail. 

N'' XIV. 
4® Position. — Forceps. 

J. Leg était âgée de vingt-un ans, lympha- 
tique , maigre , et parvenue au neuvième mois de 
sa première grossesse. Du deuxième au cinquième 
mois elle avait eu une péripneumonie, actuellement 
très-bien guérie. Elle se mit entre mes mains le 
i^'^août 1806. 

Le travail était à peine commencé , et on ne pou- 
vait sentir quelle partie présentait l'enfant. Les 
douleurs étaient fortes et rapprochées , et cepen- 
dant le 3 août la dilatation de l'orifice n'était que 
de quatre à cinq lignes. La tête était basse ^ mais 
la position impossible à déterminer à cause de la 
tension des membranes. La femme fut mise au 
bain ; les contractions devinrent plus fortes et l'o- 
rifice se dilata : dans la journée , on put recon- 
naître la face dans la quatrième position. 

Le bassin était bien conformé et l'utérus très- 
contractile : j'espérais d'abord que la nature se suf- 
firait à elle-même. A deux heures du soir, les 
membranes s'ouvrirent et lancèrent au dehors des 
eaux verdâlres. Depuis quelques heures la femme 



4(0 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

ne sentait plus remuer son enfant ; les douleurs 
s'affaiblissaient , les organes génitaux externes se 
gonflaient , la face du foetus était descendue dan» 
l'excavation , et on pouvait la voir en écartant les 
lèvres de la vulve ; elle était noirâtre et fortement 
tuméfiée. Je ne voulus pas attendre davantage , et 
je désespérai même d'amener un enfant vivant. 
Déjà un peu d'obliquité de la face annonçait le 
commencement de la rotation horizontale; le men- 
ton louchait la branche ischio-pubienne gauche ; 
le front appuyait sur le ligament vSacro-sciatique 
droit , et le vertex couvrait l'échancrure sciatique 
de ce côté. 

J'introduisis la cuiller gauche en avant et à droite, 
et la cuiller droite en arrière et à gauche. La tête 
fut saisie latéralement, et la longueur des cuillers 
mesura le diamètre occipito-mentonnier. Une lé- 
gère torsion mit le menton sous le ligament trian- 
gulaire des pubis; le forceps, alors relevé en avant 
et porté doucement de droite à gauche et de gauche 
à droite, fît passer sur la fourchette le front, la 
fontanelle, le vertex et l'occiput, pendant que le 
menton remontait sous le mont de Vénus. La 
face se tourna ensuite spontanément vers la cuisse 
gauche ; l'épaule droite sortit en arrière aidée par 
mes doigts ; la gauche sortit ensuite sous les pu- 
bis , et le reste fut , en un clin d'oeil , au dehors. 

L'enfant était mort, la face tuméfiée et livide, 
tous les membres dans un état de roideur remar- 
quable ; il pesait six livres. 



TROISIÈME MÉMOIRE» Y^^l 

La couleur verdàlre de l'eau de Tamnios indi- 
quait le mélange d'une certaine quantité de méco- 
nium , et par conséquent la faiblesse extrême ou la 
mort de^ l'enfant. Cependant nous avons vu quel- 
quefois les eaux foncées en couleur et même très- 
fétides, sans que l'enfant fût plus mal portant que 
de coutume. 11 est bon de savoir que, en général, 
V enfant vivant ou mort , les matières qui s'écou- 
lent de l'utérus prennent une fétidité souvent exces- 
sive quand il y a fort long- temps que les mem- 
branes sont rompues. 

N« XV. 

4* Position de la face. — Rupture de Vutérus ^ 
■perce-crâne , forceps. 

Marie Mar , âgée d'environ vingt-trois ans, 

avait eu déjà trois enfans. Elle était faible et lym- 
phatique , enceinte de neuf mois. 

Elle commença à souffrir le 22 juin i8i2j les 
membranes se rompirent le 26 matin. 

Le 29 , on essaya d'aller chercher les pieds, puis 
d'appliquer le forceps : après des efforts répétés inu- 
tilement , on nous apporta la malade. 

Le toucher m'apprit que la face se trouvait un 
peu engagée dans le détroit supérieur , et que le 
vagin était séparé en arrière du col de Vutérus par 
une large déchirure qui donnait passage à deux por- 
tions d'intestin grêle. Je tentai d" aller chercher les 



^i!^2 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

pieds , et ma main fut à peine entrée dans l'ulérus 
qu'elle me fit sentir une nouvelle lésion, c'est-à- 
dire y une ample rupture à gauche et en arrière. 
La première était due , sans doute , au forceps ; il 
est probable que la deuxième avait été produite 
par la main , lorsqu'on avait essayé la version du 
fœtus. 

Je n'allai pas plus en avant ; je fis prévenir 
M. Dubois de l'état des choses , et , d'après sa dé- 
cision , j'opérai de la manière suivante. Je ne pou- 
vais douter de la mort de l'enfant ; je perforai donc 
le crâne vers la fontanelle antérieure , et après 
avoir fait sortir une partie du cerveau , j'appliquai 
le forceps en dirigeant, aulatit que possible, ses 
cuillers vers les côtés de la tête. Je parvins sans 
peine à l'extraire. Cet enfant pesait sept livres ; la 
putréfaction commençait à s'en emparer. Le pla- 
centa sortit immédiatement après. 

On pense bien que je n'avais point l'espoir de 
sauver une femme ainsi mutilée ; mon seul but 
était de diminuer ses douleurs, et de ne l'abandon- 
ner qu'aux derniers confins des ressources de l'art. 

L'abdomen resta développé et douloureux j sur- 
vinrent bientôt des hoquets , des vomissemens bi- 
lieux et un affaiblissement extrême. Le lendemain 
Mar avait cessé d'exister. 

Ici les réflexions viennent en foule ; mais elles 
sont plutôt de nature à exciter l'indignation qu'à 
éclairer la pratique, et je les abandonne aux lec- 



TROISIÈME MÉMOIRE. 44^ 

teurs. Observons seulement que les le'sions pro- 
duites par des inslrumens conduits par des mains 
ii^noratites se remarquent presque toujours en ar- 
rière. Cela tient à la direction de l'axe du détroit 
inférieur dans laquelle ces instrumens sont tou- 
jours poussés alors ; ils vont heurter le haut du 
vagin, et le déchirent avec d'autant plus de fa- 
cilité que c'en est la partie la plus faible , la plus 
dépourvue de tissu cellulaire ; car le péritoine seul 
recouvre , comme on sait , la moitié supérieure 
de la paroi postérieure du vagin. 

Quand de pareilles violences ont été exercées sur 
la mère , on ne peut douter que l'enfant n'en ait 
souffert presqu'autant qu'elle : c'est ce qui m'a 
fait dire que sa mort était ici indubitable : d'ail- 
leurs, il était depuis long-temps soumis à la con- 
traction de l'utérus entièrement vide. Le cordon 
avait dû être tiraillé dans les efforts qu'on avajt faits 
pour aller chercher les pieds , et il est même pro- 
bable qu'on avait ainsi décollé le placenta, puisqu'il 
suivit immédiatement l'enfant. 

N° XVI. 

Position frontale ( intermédiaire à la i*^ du 
vertex et la 5^ de la face ). — Forceps, 

Chez la nommée Marguerite Fess... , on avait re- 
connu, dès les premiers momens du travail ( i4 fri- 
maire an 12), une position intermédiaire et défa- 
vorable. 



444 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS.' 

Les premières contractions avaient rompu les 
membranes et permis de sentir la tête au détroit 
supe'rieur; elle était tournée de telle façon que la 
face regardait la symphyse sacro-iliaque droite^ et 
elle commençait à se renverser vers le dos , de sorte 
que la fontanelle antérieure occupait le centre du 
détroit. Elle s'enfonça dans l'excavation sans s'y 
engager tout-à-fait, et ne fît que se renverser da- 
vantage, en sorte que le front se trouva presque di- 
rectement au centre. 

Les choses en étaient là, et le travail durait de- 
puis vingt-quatre heures, lorsque je crus indispen- 
sable l'application du forceps. Ses branches furent 
placées assez aisément sur les côtés de la tête ; les 
premières tractions furent dirigées vers l'anus, et 
firent, non sans peine, descendre la tête sans chan- 
gement dans sa disposition. 

Quand elle fut assez basse pour faire saillir le 
périnée, les branches du forceps achevèrent une 
rotation lente et graduelle qui s'était combinée dès 
le principe avec les tractions en bas, et se trou- 
vèrent en conséquence tout-à-fait latérales par rap- 
port au bassin ; en même temps, l'occiput entra 
dans l'arcade, et la tête se trouva dans la même si- 
tuation que celles qui descendent et roulent le plus 
régulièrement possible : aussi je pus sans crainte 
extraire le forceps, et laisser la nature achever mou 
opération. 

Périnée intact; suites heureuses. 

L'enfant ne pesait que cinq livres; il vécut. 



TROISIÈME MÉMOIRE. 44^ 

Le forceps avait laissé son empreinte derrière et 
sous les oreilles. 

Cet accouchement, dans lequel la tête a presque 
constamment présenté son grand diamètre à ceux 
du bassin , n'a pu se terminer qu'à la faveur de la 
largeur de cette cavité et de la petitesse de l'enfant : 
encore a-t-il été très-pénible. Le forceps a été ap- 
pliqué assez aisément, parce que la tête était basse j 
il a agi comme pour une position du vertex, et 
non comme pour une position de la face. Pour le 
faire agir comme dans ce dernier cas, il aurait fallu, 
conlradictoirement aux principes généraux, tourner 
sa concavité en arrière, et faire exécuter une rota- 
tion très-considérable à la tête ; il aurait été impos- 
sible d'y parvenir , et nous avons agi absolument 
comme dans la première position du sommet. Re- 
marquez qu'il a fallu tirer bien plus bas la tête 
pour que l'occiput se trouvât au niveau de l'arcade; 
mais que l'occiput, une fois là , la tête avait fait un 
pas de plus que dans les cas ordinaires, puisqu'elle 
était déjà dans l'extension. 

N° XVIL 

Position frontale (intermédiaire à la 5* du vertex 
et la 3e de la face ). — Forceps. 

A. F. Col...., enceinte pour la deuxième fois et 
à terme , était en travail depuis trois heures ; on 
avait^ dès les premiers momens, senti le vertex dans 



^^6 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

la cinquième position. Peu à peu on s'aperçut 
que la fontanelle antérieure se rapprochait du 
centre du détroit supérieur ; le front finit même 
par s'y présenter , et la fontanelle postérieure par 
s'élever et devenir inaccessible. Ce fut sans fruit 
qu'on remédia à une obliquité latérale gauche 
considérable. On redressa f utérus ; mais la tête 
n'en continua pas moins à se renverser , et bien- 
tôt les douleurs cessèrent. Malgré la rupture des 
membranes, la tête restait engagée dans l'excava- 
tion , ou, pour parler plus exactement, y faisait 
saillie, et le front en était toujours ia partie la plus 
basse. 

Je plaçai les branches du forceps assez exacte- 
ment sur les côtés de la tête, et je lirai directement 
en bas. Mes eflbrts étaient insufîisans; j'en fis em- 
ployer de plus énergiques , et je suivis du doigt la 
marche de la tête : je la sentis descendre, et tour- 
ner tout-à-fait l'occiput vers le sacrum; la fonta- 
nelle postérieure descendit le long de la concavité 
de cet os, tandis que le front se rapprochait de 
plus en plus des pubis ; bientôt il se trouva derrière 
la symphyse, et en relevant les crochets du forceps_, 
on fit avancer davantage encore l'occiput. JNon- 
seulement la tête était redressée, mais elle conti- 
nua à se fléchir jusqu'à ce que l'occiput se fût dé- 
barrassé du périnée. Malheureusement il ne s'en 
dégagea qu'en le fendant assez profondément, non 
pas pourtant jusqu'à l'anus. Après l'occiput, le 
front sortit seul de dessous les pubis^ car j'avais ôté 



TROISIEME MÉMOIRE. 44? 

le forceps. Rien après cela d'extraordinaire. L'en- 
fant était petit (fille de quatre livres et demie); il 
a vécu. Sa mère est morte le 26 de fièvre puerpé- 
rale. 

J'ai vu une fois aussi le verlex, dans la quatrième 
position, se renverser ainsi. Ce renversement est 
incomparablement plus ordinaire dans les positions 
où l'occiput est en avant. Réfléchissez , je vous prie, 
à l'obliquité de l'utérus, à l'inefficacité de sa réduc- 
tion, etc., etc. ; et faites-en l'application à ce qu'on 
dit ordinairement des causes qui amènent le front 
et la face au centre du bassin , et aux moyens de 
réduction qu'on propose généralement. 

Remarquez aussi que dans le cas présent , le for- 
ceps a, comme dans le précédent^ agi absolument 
comme pour une position du vertex; mais remar- 
quez qu'il aurait produit une rotation toute semblable 
quand même la face aurait été horizontale. Dans 
l'observation qui précède^ nous avons vu que l'ex- 
tension de la tête avait été, à une certaine époque, 
un pas de fait vers l'expulsion , et avait diminué 
d'autant l'étendue du dernier mouvement du for- 
ceps : ici, au contraire, cette extension préliminaire 
nous a forcées de donner à ce mouvement une 
étendue plus considérable que de coutume, puisqu'il 
nous a fallu amener l'occiput , de beaucoup plus 
loin , au-devant du périnée. Ici nous cherchions à 
produire la flexion , et là l'extension de la tête. 



448 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

N° XVIII. 

Position frontale (4* du vertex dégénérée).—' 
Perce-crâne , crochet , forceps. 

Victoire D.. , déjà une fois accouchée, nous 

fut apportée, après huit heures de travail, le 2 5 bru- 
maire an 14. Depuis dix heures les eaux étaient 
écoulées , et depuis quelques jours elle n'avait pas 
une fois senti les mouvemens du fœtus. Le toucher 
nous indiqua une dilatation complète , et rious fît 
sentir la tète engagée et fortement serrée au détroit 
supérieur , non pas pourtant enclavée^ car on pou- 
vait avec quelqu'effort la soulever et la pousser uq 
peu hors du détroit. Le front était au centre , la face 
en avant et à gauche , de sorte que le diamètre occi- 
plto-mentonnier mesurait un diamètre oblique du 
détroit. Je pensai que la tête s'était d'abord pré- 
sentée daus la quatrième position du vertex , et 
qu'elle s'était renversée peu à peu vers le dos. Une 
obliquité latérale droite de l'utérus pouvait passer, 
peut-être, pour cause de ce renversement, car elle 
était assez considérable. 

En touchant la tête du fœtus , j'amenai au bout 
du doigt une portion de membrane et quelques 
cheveux : j'en conclus , comme Delamotle avait fait 
en cas pareil , que le fœtus commençait à se putré- 
fier. Je n'hésitai plus dès -lors à porter sur lui les 
instrumens. Je songeai d'abord à diminuer les dia- 
mètres de la tête en perforant le crâne : il fut ou- 



*r R O i s I F. IVI É MEMOIRE. 449 

Vert à la fontanelle anlëiieure et vidé de son con-' 
tenu. J'engageai alors le crochet mousse du forceps 
dans l'ouverture, et la tête descendit dans l'excava- 
tion ; mais bientôt les os cédèrent et il s'echappaj 
J'appliquai donc le forceps, et je l'appliquai vers 
les côtés du bassin ; il fallut en serrer fortement les 
crochets au moyen d'un cordon ; avec cette précau- 
tion , la tête , quoique Saisie diagoualement , sortit 
sans difficultés. 

L'enfant, après l'extraction , pesait cinq livres et 
un quart. La mère a eu une fièvre bilieuse bénigne 
et facilement curable^ 

Le bassin paraissait un peu étroit : cependant la 
tête avança sans grande difficulté , quoique présen- 
tant des diamètres défavorables : la raison en est 
toute simple : le crâne était presque vide t c'est 
pour cela que j'ai conseillé de s'astreindre peu stric- 
tement aux règles dans l'application des crochets. 
Quand le crâne est vide , il n'y a plus de diamètres 
défavorables ; et sa plus grande étendue, toute dé- 
duction faite , c'est celle qu'on peut mesurer d'une 
creille à l'autre : c'est, en effet, là la largeur de lai 
base du crâne, qui seufle présente assez; de solidité 
pour résister aux pressions latérales : or , comme 
l'a remarqué Baudelocque , celte largeur est bien 
moindre que le diamètre bi-pariétal. 



29 



45o PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

N° XIX. 

Position frontale ( réduite artificiellement à la 
3^ de la face, i"^^ espèce secondaire, variété 
diagonale). 

Carp...., femme forte, brune et bien confor- 
mée , était âgée de trente-un ans ; accouchée en 
1811 d'un enfant qu'on a, dit-elle , tiré par mor- 
ceaux , elle a depuis mis au monde deux jumeaux 
qui sont nés vivans sans grande peine. Cette fois 
(2 mai 1819)^ elle est à terme et malade depuis 
quinze jours. Les symptômes principaux sont la 
douleur et la sensibilité de l'abdomen. 

Le 2 maij les douleurs se déclarent, les mem- 
br ânes s'ouvrent y les eaux s'écoulent; le loucher 
fait reconnaître le col utérin non entièrement dé- 
veloppé, mais mou , et au-dessus du détroit supé- 
rieur la tête, dont le niilieic offre une large fonta- 
nelle : c'est bien l'antérieure. Le lendemain ( 3 mai), 
vers onze heures, la dilatation est entière, la tête 
est fort haute, et la tuméfaction empêche d'en dis- 
tinguer la position. 

Vers une heure, elle a un peu descendu. Une 
personne instruite louche la femme , et sent le front 
et lesorbites en arrière etun peu à gauche; la fon- 
tanelle antérieure est bien au centre du bassin , et 
un vide manifeste est facile à sentir entre le hauldn 
front et la paroi de cette cavité ; les arcades orbi- 
taires appuient sur le détroit : la position est donc 



TROISIEME MÉMOIRE. /^5 1 

une deuxième tlu verlex altérée , inclinée sur le dos. 
L'orifice utérin hride autour de ces parties, et toute 
la portion du crâne qui répond à son ouverture 
est tuméfiée. Les douleurs sont rares , la femme 
oppressée et rouge, la peau chaude et sèche, le 
pouls fréquent , mais mou et peu développé, 

A deux heures, la tête est plus basse encore; elle 
occupe le haut de l'ouverture ; je sens et fais sentir 
aux assistans le haut de la face tourné en arrière et 
a droite. La position est donc le résultat d'une pre- 
mière du vertex déviée, et il est évident que l'on 
s'est trompé de coté dans le premier diagnostic. Au 
moment où je faisais mettre la femme en travers 
sur le bord du lit , l'orifice recule au-dessus de la 
tête. J'essaie en vain plusieurs fois de faire descendre 
l'occiput, soit en repoussant le front, soit en atti- 
rant le vertex. Enfin, je me décide à favoriser la 
tendance naturelle de la tê!e : je porte la main gau- 
che en arrière et à droite ; j'accroche le menton et je 
le fais descendre de manière à rendre la face hori- 
zontale : elle conserva néanmoins un peu de sa di- 
rection diagonale , de sorte que le front était un 
peu en avant et h gauche. Je voulais appliquer le 
forceps; mais il eût fallu incliner la concavité de 
ses bords vers la partie postérieure du bassin , chose 
impossible , surtout à pareille hauteur, et j'y re- 
nonçai d autant plus aisément que je vis les con- 
tractions se- réveiller. Sous leur influence, la tête 
descendit to»U-à-faIt , et en descendant , le front se 
porta vers l'ischiura^ de sorte que la face devint trans- 



452 PRATIQUE DES ACCOUCIIEMÉNS. 

versale (5^ posilion franche). Bientôt elle s'appro- 
cha du détroit inférieur, et tourna de nouveau sur 
son axe, de telle sorte que le menton vint se placer 
dans l'arcade pubienne. Tout se termina par le mé- 
canisme ordinaire. 

L'enfant était gros (sept livres trois quarts ) et du 
sexe féminin. Son état apoplectique fut dissipé par 
la saignée ombilicale, 1 insufflation , les frictions, 
le bain chaud et les sangsues aux tempes. 

La femme a été de mieux en mieux. L'utérus est 
resté gros et douloureux pendant quelques jours ; 
puis tout s'est évanoui , et elle est partie bien por- 
tante. 

L'erreur qui a eu lieu dans le diagnostic ne doit 
point étonner; il arrive souvent qu'on ea commet 
de semblables, même avec la plus grande habitude; 
c'est plutôt une faute d'attention qu'un défaut de 
connaissance , et cela provient seulement de ce qu'on 
ne se rend compte de ce qu'on a senti qu'après 
avoir retiré le doigt , et non pendant les recherches 
mêmes. C'est à quoi il faut bien prendre garde dans 
les cas où l'erreur pourrait avoir quelqu'imporlance 
relativement au procédé opératoire. 

Cette observation est précieuse sous plus d'un 
rapport : on y voit la difTicu'lé du redressement par 
l'un ou l'autre procédé ; la facilité du renversement 
complet, et enfin, l'impossibilité de la rotation du 
menton en arrière; car ici, le menton, rapproché 
de la symphyse sacro-iliaque droite , avait moins de 



TROISIÈME MÉMOIRE. 4^^ 

cliemin à parcourir pour se porter vers le sacrum, 
et cependant il a gagné l'arcade pubienne. Enfin , 
on trouve encore ici une preuve de la diflficullé de 
l'application du forceps pour les positions de la face 
lorsque celle-ci n'est point entièrement descendue 
dans l'excavation , et principalement lorsqu'elle est 
encore diagonale; car on doit se rappeler que nous 
avons donné pour précepte indispensable de tourner 
toujours la concavité des bords vers le menton , et 
de ne la tourner jamais vers la partie postérieure du 
bassin. 

Ordinairement, en descendant dans l'excavation, 
la face diagonale (le front en avant) au détroit su- 
périeur devient transversale. Elle est devenue telle 
ici au bas de l'excavation. Si elle ne l'était pas immé- 
diatement après l'opération , c'est parce que le ren- 
versement avait été un peu brusque ; c'est surtout 
parce que la tête n'était pas très-basse , quoiqu'elle 
eut franchi l'orifice, et que le devant du col pouvait 
mesurer la portion de la paroi postérieure à laquelle 
il répondait. 

N" XX. 

Position frontale (réduite artificiellement à la 
4® de la face). 

Jeanne P _, grosse Picarde, âgée de vingt- 
six ans, très-criarde et très-pusillanime, était en- 
ceinte de son premier enfant, et parvenue au teinis 
naturel le 22 janvier 1820. 



A5A PRATIQUE DES ACCOUCHEMENT, 

Ce jour-là les premières douleurs se firent sentir; 
l'oridce resta long-temps dur et épais , et les dou- 
leurs faibles. Le 25 , à sept heures et demie du liia- 
lin, la dilatation se trouva enfin acheve'e et les mem- 
branes s'ouvrirent. Je sentis alors la tête dans la 
direction suivante : la fontanelle antérieure était 
au milieu du bassin , la postérieure en arrière et à 
droite , et la racine du nez en avant et à gauche; le 
doigt parcourait sans peine tout le front jusqu'aux 
arcades sourcilières. C'était , comme on voit , une 
quatrième position du sommet imparfaite. Une seule 
élève se trouvait près de la femme , et ne pouvant 
la mettre dans une position convenable , ce fut en 
vain que je tentai de profiler du moment où l'uté- 
rus n'était pas encore serré sur l'enfant. En vain je 
voulus amener l'occiput , eu vain j'essayai d'aller 
chercher les pieds. Bientôt les élèves de service arri- 
vèrent toutes; mais déjà la tête avait franchi l'orifice 
utérin : je ne pouvais donc plus aller chercher les 
pieds. Après avoir mis la femme en travers sur le 
bord de son lit , je portai la main gauche sur l'occi- 
put ; mais il me fut impossible de le faire descendre 
et de redresser la tête : j'y travaillai pendant la dou- 
leur^ puis pendant le calme, et toujours inutile- 
ment. Je tournai alors mes vues d'un autre côté ; je 
glissai la main droite le long de la face , et j'appuyai 
mes doigts recourbés sur le menton : la face des- 
cendit un peu , mais elle remontait dans l'intervalle 
des douleurs , sans doute à cause de l'élasticité des 
parliesgénilales. Les mêmes efforts, répétés plusieurs 



TROISIÈME MÉMOIRE. 4^5 

fois, parvinrent à amener la face dans un plan lout-à- 
fait horizontal et dans une situation telle que le 
front re'pondait à droite et en arrière, et le menton 
à gauche et en avant ; on la voyait entre les lèvres 
de la vulve. 

Les douleurs étaient fortes et fréquentes, mais 
courtes ; chacune produisait un petit mouvement 
qui poussait horizontalement le menton vers les 
pubis; bientôt il occupa l'arcade , et le front dislen- 
dit le périnée et l'anus. La bouche se trouvait entre 
les nymphes, qui n'étaient ni déployées, ni tendues^ 
ni déformées ,' la langue s'avançait de temps en 
temps ^ et annonçait que l'enfant vivait _, quoique 
depuis plusieurs heures ses mouvemens n'eussent 
pas été sentis par la mère. 

Cependant la tète restait là. P , épuisée et 

craintive , se refusait aux efforts qu'on exigeait 
d'elle ; parfois même son découragement était tel 
qu'il fallut lui permettre de loucher de la main la 
face de son enfant pour la convaincre qu'il était au 
passage. Un peu rassurée, alors elle poussa plus vi- 
goureusement, et au moment où je me faisaisap- 
porterle forceps (g heures), le front se dégagea au- 
devant du périnée , et le reste du crâne suivit la même 
roule , pendant que le menton s'élevait un peu au- 
devant du ligament triangulaire des pubis. Une seule 
secousse fit sortir le reste de l'enfant. Le périnée > 
bien soulenu , resta intact, et les nymphes conser- 
vèrent leur première forme, quoique la vulve eût 
d'abord paru fort étroite , et qu'elle n'eût dans le 



456 pratiqi;e des accoucî5emeîvs. 

principe formé sur la face qu'un anneau de la forme 
pt (les dimensions d'un petit œuf de poule. 

Après raccouchement, perle légère et bientôt 
supprimée ; convalescence prompte. 

L'enfant a crié sur-le-champ , quoique les mou»- 
vemens de la langue et des lèvres eussent cessé de-^ 
puis une demi-heure. 11 était fort gros ; son cordon , 
tumélié et comme variqueux , n'a été lié qu'après 
l'écoulement d'une ou deux onces de sang à-peu»- 
prés : c'est beaucoup. 

Ou conçoit bien _, je pense , les raisons qui m'en»- 
gageaient à opérer au moment de la rupture des 
membranes ; c'étaient la lenteur du travail et le ca-»- 
ractère indécis ou défavorable de la position. Mais,, 
dans la situation que nous donnons ordinairement 
3UX femmes pour les «iccoiichemens naturels , c'esl- 
à-rdire, la femme étant couchée sur le dos, je ne 
pouvais agir avec avantage ni d'une façon ni de 
l'autre : le lit gênait mon bras et m'empêchait de 
pénétrer dans la direction de l'axe du détroit su<- 
périeur. 

Remarquez que cette position a dû produire une 
.position diagonale de la face , même dans l'excava- 
lion^ parce quele front se trouvait uu peu en arrière, 
etquele devant du col a pu mesurer une des courtes 
parois (antérieure) de l'excavatioa du bassin. Celle 
direction diagonale était un pas de fait vers le com- 
plément de la rotation horizontale, qui s'est opérée 
(l'autant plus promptenient que la tête était déjà 



TROISIÈME M r M O I R E." /^5j 

assez basse au moment du renversement complet. 
INous avons dit qu'elle avait déjà franchi l'orifice : 
elle occupait donc en partie l'excavation du bassin. 
Dans le fait précédent, si le renversement artificiel 
avait comme ici amené la face au délroit inférieur , 
elle n'aurait pu rester diagonale; elle serait devenue 
nécessairement transversale, parce que le devant du 
col n'aurait pu mesurer la totalité de la paroi de 
l'excavation à laquelle il répondait (postérieure): 
elle est beaucoup plus étendue que lui. 

N° XX bis, 

3® Position secondaire incllinéf, (espèce i'"", 
variété diagonale et maJaire). — Réduction arti- 
ficielle à la troisième position franche. 

Une femme de vingt-cinq ans vient de nous pré- 
senter une observation assez remarquable pour 
qu'elle mérite de trouver place ici. Cette femme a 
déjà eu des enfans. Elle était à terme et en travail 
depuis deux à trois Leures, lorsque les membranes 
se rompirent (5 mars 1821 au malin). L'oiiiice 
était alors fort en arrière et à droite , et l'utérus for- 
tement oblique à gauche. On sentait au détroit su- 
périeur le vertex avec ses sutures et une fonta- 
nelle; mais on pouvait sentir aussi, en arrière et à 
droite, le front et les orbites. La femme eut, jusqu'à 
son accouchement, de fortes douleurs; sous leur 
iiUluence, la face devint toul-à-fait horizontale; 



458 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

elle l'e'tait à onze heures du matin ; mais le front était 
autant en avant qu'à gauche : c'était une troisième 
position diagonale. Le nez^ les yeux_, la bouche, 
tout était bien reconnaissable. La face descendit 
dans la journée sans cesser d'être diagonale; elle 
s'avança dans l'excavation du bassin, s'y tuméfia, et 
vers quatre heures, cessa de faire des progrès. On 
s'aperçut alors aussi que la joue droite était bien plus 
descendue que la gauche : celte dernière était re- 
tenue par l'angle sacro-verlébral, qui m'a paru un 
peu trop rapproché des pubis. Le menton était aussi 
facile à atteindre, et même on pouvait sentir le haut 
ducol: cependant, le menton n'était pas plus abaissé 
que le front. Voyant que la femme s'épuisait en vains 
efforts , que déjà même la fièvre était survenue^ 
je résolus de la débarrasser au moyen du forceps. 
Il fallait placer la branche droite sous le trou ova- 
laire droit, et par conséquent tourner la concavité 
de ses bords en arrière et à droite. On sent combien 
«ne pareille introduction doit être difficile : aussi 
j'y rencontrai de telles difficultés, que j'y renonçai 
sur-le-champ; je préférai redresser la face. Je glis- 
sai la main en arrière, j'appuyai les doigts sur la 
joue gauche, et je la fis descendre dans la courbure 
du sacrum : de cette manière , je fis parvenir la tota- 
lité de la tête dans l'excavation , et la joue gauche se 
trouva , avec la droite, dans les rapports nécessaires 
pour que le plan de la face fût parallèle au plan de 
la partie inférieure de l'excavation. Le front était 
toujours en avant; mais la face ne fut pas plutôt re- 



TROISIÈME MÉMOIFxE. 4^9 

dressée , qu'il commença à cheminer en arrière ; 
trois douleurs le conduisirent dans la concavité 
du sacrum j et amenèrent le menton dans l'arcade 
pubienne. Le reste, comme à l'ordinaire, se déga- 
gea spontanément. 

L'enfant pesait sept livres et trois quarts; il avait 
dix-neuf pouces et demi du lalon au verlex ; il était 
raort depuis long-temps sans doute : cependant il 
n'offrait aucune trace de pulréfaction. Il a été évi- 
demment victime de la rupture prématurée des 
membranes, de la lenteur de la dilatation de l'ori- 
fice et de la mauvaise conformation du bassin ; toutes 
causes qu'il était impossible de combattre , et qui 
contrariaient les indications. Le cerveau était gorgé 
de sang; il y en avait même une couche à sa sur- 
face. Les vaisseaux des yeux et de toute la face 
étaient remplis de sang. Les poumons, quoiqu'on 
ait pratiqué l'insufflation , étaient compactes en bien 
des endroits. Le rachis ni son contenu n'avaient 
nullement souffert. 

Combien ce fait n'est-il pas précieux , soit sous le 
rapport du mécanisme des positions secondaires de 
la face , soit sous le rapport du mécanisme général 
de ces positions, et surtout de la rotation constante 
qui doit amener le menton en avant ! 

J'ai vu peu de positions diagonales dans les- 
quelles le front fût si rapproché des pubis, et peu 
par conséquent dans lesquelles la rotation ait été 
aussi considérable. Autre chose à considérer ici : 



46o PRATIQUE DES ACCOUCIIE3IEÎVS, 

c'est la cause de l'inclinaison , cest la réunion des 
varie'le's diagonale et malaire. 

Tout cela entre encore en preuve pour la clarté' et 
la simplicité de ma nomenclature; car, remarquez 
qu'elle ne laisse rien passer d'important j remar- 
quez aussi qu'elle ne surcharge point la mémoire 
ou le discours; car la seule expression de preniière 
position altérée dit tout, et le reste n'y sera ajouté 
que comme épilhèle ou commentaire. 

On remarquera encore les causes qui m'ont fait 
échouer dans l'application du forceps : elles sont 
trop visibles pour que je les répèle. 

Une autre chose dont j'aurais dû faire mention 
dans le cours de l'observation , c'est qu'on a dissipé 
l'obliquité latérale gauche par le décubitus sur le 
côté droit; on avait même produit ainsi une légère 
obliquité en sens opposé : or, on s'y était pris pour 
cela dès les premiers momens du renversement de 
la tète. Il est facile de voir où j'en veux venir : si 
l'obliquité eût été la 'véritable et seule cause du 
renversement , l'obliquité détruite , le renverse- 
ment eût dû être, sinon arrêté, du moins singu- 
lièrement ralenti : eh bien ! le contraire arriva , car 
\ horizontalité de la face acheva de se produire avec 
une rapidité étonnante fort peu de temps (demi- 
heure peut-être) après la réduction de l'obliquité 
utérine. Cette réduction eut un autre efiet bien sen- 
sible : ce fut !e retour de l'orifice au centre du bassin. 

Quatrième réOexion : rappelez-vous qu^on sen- 
tait aisément le haut du col, et qu'un degré de 



T R O I s i È m E M É .11 O I II E. 4^ I 

plus dans l'abaissement du menton aurait pu don- 
ner lieu à une des positions qu'on eût prises jadis 
pour des positions du devant du col. 

Enfin , une dernière remarque doit être faite re- 
îaùvement aux lésions qu'a pre'senlées le cadavre du 
fœtus. Ce sont toutes traces de congestion sanguine, 
et cela n'est pas surprenant, puisqu'il avait séjourné 
long-temps dans l'utérus après l'évacuation de l'eau ; 
puisque la tête avait séjourné long-temps dans le 
]j3ut de l'excavatiou, et que le col avait par consé- 
quent été comprimé sur un des cotés du détroit su- 
périeur. Le rachis n'était point lésé, les vertèbres, 
leurs ligamens, leurs cartilages, n'avaient qu'un peu 
de tendance à se ployer en arrière par suite de leur 
distension ; mais point d'éraillemens , point de rup- 
ture. Le cordon rachidien était aussi parfaitement 
sain, et la courbure du canal ne le comprimait en 
aucune façon dans la plus forte extension de la tète. ' 
Ceci confirme ce que j ai dit du pronostic des posi- 
tions de la face; on y voit de quelle manière elles 
peuvent devenir funestes; on y trouve la preuve 
que l'attitude en elle-même n'est pas la cause des 
accidens. 

N° XXL 

3^ Position de la face , réduite à la première du 
vertex (B.). 

M. Serg... , âgée de vingt-quatre ans, maigre et 
faible, avait été alTeclée de diarrhée pendant tout le 



^62 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

cours de sa troisième grossesse. Elle commença à 
sentir les douleurs puerpérales le 1 5 fructidor an ii, 
à minuit. 

Les contractions étaient fortes et suivies ; la dila- 
tation de l'orifice offrait dix-huit à vingt lignes. 

On put sentir assez aisément la face au détroit 
supérieur (position primitive )_, le front à gauche 
et le menton à droite du bassin. Les membranes se 
rompirent pendant l'examen , et bientôt l'orifice fut 
largement dilaté. L'expérience ne m'avait pas en- 
core rassurée contre le danger tant exagéré de la 
présentation de la face ; les faits favorables que 
j'avais eus sous les yeux me semblaient autant d'ex- 
ceptions : ce fut ce qui me détermina à tenter la 
terminaison artificielle. Je voulus d'abord essayer de 
ramener le sommet de la tête au centre du bassin : 
pour cela j'introduisis la main droite; avec la paume 
de celle main je repoussai la têt î en haut et à droite 
pourfaireplaceetà ma main, et auvertex, qui devait 
descendre du côté gauche. Remarquez, en effet, que 
le redressement , en pareil cas, ne peut guère se 
faire qu'au-dessus du détroit supérieur; il y a un 
moment oii le diamètre occipito-mentonnier me- 
surerait la largeur de l'excavation augmenté qu'il 
serait de l'épaisseur des doigts appliqués sur l'occi- 
put. Ma main donc glissa sur le vertex jusqu'à ce 
que l'extrémité de mes doigts eût rencontré la nuque 
et enveloppé l'occiput. Parvenue là , j'abaissai à la 
fois et ma main et ce qu'elle avait accroché , en ré- 
duisant ainsi la position à une transversale ( 5« ) du 



TROISIÈME MÉMOIRE. /jC5 

verlex : trois à quatre douleurs suffirent pour la ro- 
tation et l'expulsion de la tête. 

L'enfant était vigoureux, la face à peine gonflée. 
Rien de fâcheux pour la mère dans les suites de 
couches. 

Cet accouchement, confié a la nature, se serait 
infailliblement terminé seul , puisqu'il l'a fait après 
la réduction de la tête ; et si par hasard les progrès 
de la tête n'avaient pas continué ; si quelque chose 
s'était opposé à la marche ultérieure du travail , le 
forceps n'aurait pas été très-difficile à appliquer, 
puisque la face n'était point diagonale. Dans le 
moment même où j'opérai, on aurait pu , en cas 
de nécessité , recourir sans plus de difficultés à la 
version du fœtus, qui aurait donné moyen de faire 
une extraction très-prompte. 

N"' XXII. 

3^ Position secondaire de la face , réduite à la 
première du vertex. 

Le mois de floréal an 12 nous donna , à très- 
peu de distance, trois occasions d'essayer la réduc- 
tion de la tête , et de ramener le vertex au lieu de la 
face. Je réussis dans les trois cas, parce que les cir- 
constances étaient , dans tous trois, presque abso- 
lument les mêmes. Un seul de ces faits suffira pour 
donner une idée exacte de ce qui s'est passé dans 
les autres. 



i^64 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

M. Dod.. , âgée de vingt-deux ans , enceinle pour 
la deuxième fois et à terme, arrive à Fhospicele lo 
floréal à sept heures du matin. L'orifice est ouvert 
de dix-huit à vingt lignes; les douleurs étant fai- 
bles, les membranes, peu tendues, laissent recon- 
naître la face dans la troisième position; le front, un 
peu en avant, est à peine engagé dans le détroit su- 
périeur. 

Peu à peu la dilatation s'opéra ; à neuf heures 
elle était fort grande, et la tête était à-peu-près à 
la même hauteur. Je portai la main droite dans le 
vagin, je repoussai légèrement la tête à droite,et en 
même temps j'ouvris les membranes. Pendant que 
l'eau s'écoulait, je pus avec facilité glisser mes 
doigts sur le crâne et embrasser l'occiput. Ert re* 
tirant ma main, je ramenai la fontanelle posté- 
rieure au centre du bassin; le vertex était ainsi trans- 
versal; mais il se tourna sponianément en diago- 
nale. Le mouvement que je lui avais imprimé l'a- 
vait déjà fait bien descendre; il s'enfonça plus en- 
core dans l'arcade , et finit par rouler et sortir comme 
d'ordinaire. Ce fut l'affaire de cinq quarts d'heure. 
L'enfant vécut; il était petit. La face et le devant 
du col n'étaient pas tuméfiés. Dans un des trois cas, 
ils l'étaient un peu ; mais cela tenait à ce que les 
membranes s'étaient rompues environ trois quarts 
d'heure avant l'opération; la tête avait bouché pas- 
sage aux eaux, et l'utérus n'avait pu se vider; chose 
à noter relativement à la facilité que présenta l'exé- 
culion du procédé opératoire. 



TROISIEME MÉMOIRE. 4^5 

Ces trois cas soiil à l'appui de Tulililé de la réduc- 
tion ; mais je suis persuadée qu'abandonnés à la 
nature, ils n'auraient pas e'té moins prompts et 
moins heureux. C'est certainement ce que j'aurais 
fait si j'avais eu alors mes opinions d'aujourd'hui. 

N° XXIII. 
3^ Position diagonale (réduite àla l'^^du vertex). 

J. Gai.... , âgée de vingt-quatre ans , bien por- 
tante , et enceinte de son premier enfant , sentit 
les premières douleurs à neuf heures du soir (i). 

Elles continuèrent la nuit et la journée suivante» 
Api es vingi-sept heures de travail (deuxième jour 
à minuit), la dilatation n'avait encore que vingt 
lignes de dianîètre. A travers les membranes , oq 
sentait la face placée diagonalement , de sotte que 
le front répondait au côté gauche du bassin et ua 
peu en arrière , et le menton au côté droit et un 
peu en avant. Je craignis des difficultés et des re- 
tards préjudiciables à l'enfant, et je tentai de re- 
dresser la tète. J'y parvins en agissant comme dans 
le cas précédent ; je rompis les membranes en en- 
trant dans l'orifice , dont ma main acheva sans ef- 
forts la dilatation : ce qui prouvait que son étroi- 
tesse dépendait moins de sa rigidité que de l'ab- 
sence de pressions sui^santes. En abaissant l'occi- 
t' ■ 

(i) Point de date dans la noie qui m'en reste. 

5a 



A66 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

put , je le ramenai un peu en avant , c est-à-dire, 
derrière la cavité cotyloïde gauche. 

Après dix douleurs, J. Gai.... accoucba seule 
d'un enfant vivant , mais un peu livide et plétho- 
rique. Je fis saigner le cordon ombilical , et bien- 
tôt la respiration s'établit. La mère s'est bien portée. 

Cette rotation que j'ai imprimée à la tête en la 
faisant descendre de manière à ramener l'occiput 
en avant , ne sera pas confondue avec celle que j'ai 
essayé quelquefois vainement de produire dans les 
positions ordinaires du verlex. La direction diago- 
nale de la face me fait présumer que la position 
était secondaire. Peut-être aurait-il suffi d'ouvrir 
les membranes pour procurer la terminaison na- 
turelle de l'accouchement, et c'est assurément ainsi 
que je me serais conduite si j'avais eu affaire à 
une position du verfex ; mais je n'ai pu me dé- 
fendre de la prévention générale ; j'ai craint que 
l'enfant ne fût déjà trop fatigué , trop lésé par l'at- 
lilude pénible dans laquelle il était depuis un temps 
peut-être assez long. Cependant on voit qu'il est venu 
non avec la face tuméfiée , mais avec tout le corps 
livide et généralement pléthorique. Cet état tenait 
à la longueur du travail et non à l'altitude du 
fœtus. 

Il faut cependant convenir d'un fait , c'est que la 
simple ouverture des membranes n'aurait peut-être 
pas produit aussi énergiquement le retour des con- 
tractions utérines que l'a fait Tintroduclion de la 



TROISIÈWE MEMOIRE. 4^7 

main. La première n'aurait mis eti jeu que le 
ressori de la fibre et, par suite, sa conlractililé ; 
la deuxième a excité vivement et immédiatement 
sa sensibilité et sa contractilité musculaire. 

N*» XXIV. 

4* Position DE la face (réduite à la s^du vertex). 

Le igaoût 1817 arriva, à sept heures du matin, 
une femme sanguine et vigoureuse , âgée de vingt- 
six ans; elle était réglée depuis sa seizième année 
et arrivée au neuvième mois de sa première gros- 
sesse. 

Orifice ouvert de sept à huit lignes , épais _, un 
peu dur ; membranes tendues et empêchant de 
distinguer la partie présentée ; point d'obliquité 
utérine liien sensible. A midi, douleurs fortes , face 
rouge , céphalalgie ( saignée du bras ) , soula- 
gement. A deux heures, rupture des membranes ^ 
écoulement médiocre de l'eau de l'amnios, con- 
tractions énergiques , orifice ouvert de douze à 
quinze lignes, plus mince et plus souple. 

On put alors sentir la face couvrant l'axe du dé- 
troit supérieur et dans la quatrième position. A six 
heures , orifice entièrement dilaté ; la tête n'a- 
vance pas ; le front est plus rapproché du centre 
et plus abaissé que le reste , et tourné un peu en 
avant (position secondaire). C'était peut-être le 
cas d'abaisser le menton , et de mettre ainsi en rap- 



468 PRATIQUE DES ACCOUCIIEMENS. 

port avec le détroit supérieur le diamètre menlo- 
bregmatique au lieu de l'occipito-mentonnier. Mais 
trop peu confiante encore dans la puissance de la 
nature, quoique déjà instruite par plusieurs exem- 
ples _, intimidée surtout par l'opposition qui exis- 
tait déjà comme aujourd'hui entre mes opinions 
et le sentiment général , je préférai ramener le 
vertex vers l'excavation pelvienne. La main gauche 
fut introduite à cet effet jusque sur l'occiput _, et 
en l'abaissant , je tâchai de le tourner un peu plus 
en avant encore que n'était d'abord le front , dont 
il venait occuper la place. J'y réussis : la position 
devint la deuxième du vertex, et la femme ac- 
coucha comme dans les circonstances ordinaires, 
à neuf heures du soir. L'enfant , un peu défiguré , 
se portait bien , et la mère n'a éprouvé aucun ac- 
cident. 

Remarquez que la léte était haute par cela même 
qu'elle offrait un trop grand diamètre au détroit 
supérieur , comme cela a lieu dans toutes les po- 
sitions frontales. Celle hauteur a favorisé l'opéra- 
tion; elle a permis le redressement de la tête ; peu 
d'eau s'était écoulée, et l'utérus en conservait beau- 
coup encore , parce que la face couvrait l'aire du 
détroit supérieur : nouvelle raison pour que l'opé- 
ration fût plus facile. La face était diagonale, et sa 
réduction simple a produit une position favorable 
du vertex. Si le front était en arrière le contraire 
aurait lieu , puisqu'on ne produirait que la qua- 



TROISIÈME MÉMOIRE. 4^9 

Irlème ou la cinquième (B. ) du verlex, et nous 
avons déjà vu qu'il n'était pas toujours facile d'inn- 
primer à la tête une rotation susceptible de chan- 
ger la position en une plus favorable , même alors 
qu'on en opère le redressement ( /''o/e:^ Observa- 
tions des positions du vertex , version. ) : ce fut en- 
core une des raisons qui m'engagèrent à agir. 
Une autre réflexion que peut faire naître encore 
cette observation , c'est l'efficacité de la rupture des 
membranes pour la reproduction des douleurs : 
j'en ai déjà parlé plusieurs fois , et j'en ai donné 
l'explication. 

N" XXV. 

4" Position de la face (réduite à une 2^ du 
vertex ). 

Je procédai absolument de la même manière et 
avec le même succès dans un cas tout semblable, 
mais bien antérieur en date ( 27 brumaire an 12 ). 

La femme, nommée R. T était à sa deuxième 

couche. Le front s'était d'abord présenté au centre , 
puis la têle avait continué de se renverser vers le 
dos; le menton même était devenu un peu inférieur 
au front , et s'était un peu rapproché du centre 
( position mentale secondaire ). Les membranes , 
rompues au-dessus de Vorijice j ne laissaient écouler 
l'eau que très-lentement ; il en restait encore dans l'u- 
lérus lorsque j'opérai. Une obliquité latérale droite, 
assez considérable, semblait avoir favorisé le dépla- 



470 PRATIQUE DES ACCOUCHEWENS. 

cément de Ja tête. Je fis incliner la femme sur le 
côtégauche pour faciliter mes manœuvres, ou plutôt 
pour les rendre plus fructueuses. La lêle fut réduite 
à la deuxième position du vertex ; elle sortit ensuite 
spontanément en quelques douleurs et pai* le méca- 
nisme propre à la position susdite. 

Suites heureuses pour la mère et pour l'enfant. 

En faisant coucher la femme vers le côté , on 
pense bien que je n'avais pas l'ititention de redresser 
la tête par ce seul moyen , puisque je ny avais re- 
cours que pour me faciliter Toperalion. Il ne faut 
pas prendre non plus cette inclinaison pour un dé- 
cubitus toul-à fait latéral. Si la femme avait été 
toul-à-fail sur le côté , la cuisse droite aurait empê- 
ché l'introduction de la main, au lieu que l'incli- 
naison médiocre du bassin lui permettait d'entrer 
plus facilement dans la vulve, qm était alors un peu 
oblique, et elle donnait à la niain introduite (c'était 
la gauche j beaucoup plus de force en lui pern>et- 
tant d'agir non- seulement de droite à gauche de la 
mère, mais encore de hauten bas , absolument par- 
lant. On a bien plus de force quand on agit pour 
déprimer et abaisser un obstacle, que quand on cher- 
che à le pousser de droite à gauche ou de gauche à 
droite. 

J'ai dit que les membranes étaient rompues au- 
dessus de l'orifice utérin : récoulemeal de l'eau est 
alors fort lent, el souvent il n'est que partiel; la 
pocheresle entière àl'orifice. Nous observons souvent 



TROISIEME MÉMOIRE. ^'] l 

à l'hospice unsemblable écoulement dû. évidemment 
à cette cause. Je ne doute pas que les jausses eaux 
des auteurs ne soient, dans le plus grand nombre 
des cas, des e'coulemens tout semblables à celui de 
cette observation. 

N° XXVI. 



3* Position primitive. — Version régulière. 



Une femme de vingl-un ans , d'une constitution 
robuste, d'un tempérament sanguin, réglée huit 
jours chaque mois depuis l'âge de treize ans, en- 
ceinte pour la première fois et à terme , arriva à 
l'hospice le 5 février, à neuf heures du matin. Cinq 
à six lignes d'ouverture à l'orifice, ses bords dila- 
tables, mais épais. A travers les membranes on sent 
la face horizontalement placée, le front à gauche et 
au niveau du détroit supérieur , le menton à droite 
et au même niveau. 

Point de progrès , peu de douleurs pendant vingt- 
quatre heures. Enfin, la dilatation s'acheva en même 
temps que les douleurs revinrent; elles cessèrent 
encore bientôt après. 

Une élève instruite, nommée par le sort , fut des- ' 
linée à extraire l'enfant par les pieds. La main gau- 
che rompit les membranes en entrant dans la ma- 
trice, suivit le côté gauche de l'enfant, et passant 
sur les fesses , descendit sur les pieds : le droit fut 
amené d'abord , et l'élève ne pouvant trouver l'autre, 



472 PRATIQUE DES ACCOyCHEMENS." 

on tira sur celui-là seul , en le portant un peu à gau- 
che el m arrière. De cette f;iÇon l'évolution se fit 
aisément, et renfantfulexlraitsans peine , la hanche 
djoite en avant et à gauche, la gauche en arrière 
et à droite (2" position des pieds). Les bras et la 
tête ne donnèrent aucu embarras. 

L'enfant pesait six livres ; il a eu besoin de se- 
cours. La mère a été prise de convulsions , et a 
succombé vingt-quatre heures après la délivrance. 
11 en sera , sous ce rapport , parlé plus amplement 
par la suite. 

C'est moins la présentation de la face que la len- 
teur du travail et la crainte de ses suites , relative- 
ment à la mère et à l'enfant , qui nous a engagées à 
agir : or, celte lenteur était tout-à-fait indépendante 
de la position. 

Peut-être aurait-on pu opérer beaucoup plus tôt, 
s'il j avait eu des indications positives. Je le soup- 
çonne, parce que l'orifice acheva de se dilater aux 
premières douleurs; c'est-à-dire^ dès que l'ulérus 
poussa un peu plus fortement la poche membra- 
neuse. Cet orifice-là devait être mou el dilatable bien 
avant sa dilatation • il aurait cédé à la main ; il y 
avait déjà là une des deux conditions de la dilata- 
tion , le ramollissement : la main aurait produit la 
deuxième , la distension. 



TROISIEME MÉMOIRE. 4?^ 

N'' XXVII. 

3* Position secondaire. — F'ersion. 

Celle ci avait Irenle-neuf ans, et c'était aussi, 
disait-elle, sa première j^rossesse. Elle était ro- 
buste, réglée depuis Tâge de seize ans , deux jours 
chaque mois. 

Le 29 novembre i8i5, premières douleurs. Vers 
le soir , l'orifice commence à s'ouvrir ; membranes 
tendues, douleurs médiocres , position incertaine. 
Le 3o matin , point de progrès dans la dilata- 
tion ; on distingue au détroit supérieur la face dans 
la même situation que dans le cas précédent , à cela 
près pourtant que le front est plus bas et plus rap- 
proché du centre , et le menton plus élevé. 

A trois heures du soir , dilatation entière : dit 
reste , nul changement et point de douleurs va- 
lables. L'extraction de l'enfant est décidée. 

L'élève suivit d'abord la même marche que celle 
de l'observation précédente : seulement elle tâcha 
de pousser en avant l'épaule gauche , et après avoir 
ameiié le pied gauche , elle trouva sans grand tra- 
vail celui du côté droit et les amena tous deux 
hors de la vulve. î.lie tira d'abord davantage sur 
le dernier , et détermina ainsi le tronc à sortir 
comme dans la deuxième position des pieds ( Bau- 
delocque). Pour s'assujettir aux règles, elle voulut 
de la inain gnuche repousser l'occiput; mais ce 



474 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

qu'elle fit de bien plus utile, ce fut l'abaissement 
de la face au moyen de quelques doigts de la main 
droite introduits dans la bouche. 

L^enfant, faible d'abord, s'est bientôt ranimé: 
c'était un garçon de cinq livres. Tout du reste alla 
bien. 

Mêmes réflexions que pour le cas précédent ; 
ajoutez-en quelques-unes sur la manière dont on a 
procédé à la manœuvre. L'élève a cherché à s'as- 
treindre le plus strictement possible à toutes les rè- 
gles , et il en est plusieurs dont elle aurait pu très- 
bien se dispenser : tels furent les tentatives qu'elle 
a faites pour faire pivoter le fœlus en poussant l'é- 
paule en avant, et les efforts qu'elle a dirigés contre 
l'occiput pour faciliter la flexion de la tête el l'en- 
foncement de la face dans l'excavation. Ou ne pou- 
vait cependant pas l'en blâmer , car ces tentatives 
n'avaient d'autre inconvénient que d'être inutiles ; 
elles n'ont pas fait perdre beaucoup de temps , et 
nous n'étions pas pressées par les circonstances. 

N« XXVIII. 

5* Position. — p^ersion , tractions sur un seul pied. 

Un femme de vingt-trois ans , pâle et d'appa- 
rence lymphatique, arriva le 17 septembre 1810 
au soir , enceinte de neuf mois,et dans sa deuxième 
grossesse. L'orifice était épais ^ mou, ouvert de 



TROISIÈME MÉMOIRE. 4?^ 

quinze lignes environ el un peu porlé à gauche _, 
le col ulérin tout-à-fait effacé. Elle ne souffrait pas ; 
mais il y avait dans les membranes des alternatives 
manifestes de tension et de relâchement. 

A dix heures , douleurs utérines , agrandisse- 
ment de l'orifice ; dans l'intervalle des ( on tractions, 
on sent au niveau du détroit supérieur , à gauche , 
une tumeur ronde et solide , et à droite des iné- 
galités (positon primitive). A deux heures du 
matin, i8 septembre, dilatation complète , rup- 
ture des membranes , écoulement de très-peu d'eau; 
la face , car alors on la reconnut sans peine , cou- 
vrait le déiroit , bouchait l'ouverture de l'utérus, 
et retenait l'eau vers le fond de cet orgarje. L'ori- 
fice avait paru se resserrer ; mais sa mollesse in- 
diquait que le défaut de soutien était la seule cause 
de son rétrécissement et qu'il n'en était pas moîns 
dilatable. Je voulus profiter du moment, et je fis 
opérer l'accouchement par une élève. Le travail , 
trop peu avancé , me faiî-ait craindre que la nature 
ne débarrassât pas assez vite l'enfant de la gène où 
il devait être. 

L'élève choisie se servit de la main gauche , et 
parvint sans grand travail Jusqu'au pied gauche. 
Des aidet) fixaient le fond de l'utérus que la laxité 
des parois al)dominales rendait fort mobile. Il lui 
fut iujpossible d'avoir le deuxième pied ; mais en 
tirant sur le premier^ elle parvint à faire descendre 
le tronc. Pour faciliter cette manœuvre, tna njain, 
aplatie sur le côté gauche du bassin y soutenait la 



^^6 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

tète au-dessus du dëlrolt. En descendant , le tronc 
tourna de telle façon que la hanche gauche sortitsous 
les pubis ; beaucoup d'eau s'échappa alors , et nulle 
difficulté n'empêcha la sortie ultérieure du fœtus. 
11 pesait six livres et demie , il n'eût pas besoin de 
secours, et sa mère se porta très- bien aussi. 

L'accouchement fut opéré par mademoiselle 
Guignard , élève du département de l'Ain. 

On remarquera ici d'abord les alternatives de 
contraction et de relâchement qui indiquèrent l'ap- 
proche du tra\ail. El!es existent bien long-temps 
avant l'accouchement, comme aussi les alternatives J 
de dureté et de mollesse du globe utérin ; mais elles 
ne sont très-sensibles que lorsque le terme est pro- | 
chain : ce sont des contractions utérines trop faibles 
pour être douloureuses , et on peut , ce me semble, 
les comparer au mouvement pèrislallique des intes- 
tins et de l'estomac. Ce mouvement n'est pas dou- 
loureux ; mais devient-il violent et spasmodique , 
alors il cause des douleurs vives, des coliques, etc. 

On notera encore l'utilité que nous avons tirée 
d'une manœuvre dont il a été parlé ailleurs. J'ai 
soutenu la léte pendant qu'on tirait sur le pied , et 
j'ai ainsi permis aux fesses de descendre sans l'en- 
traîner. Comme on n'avait eu qu'un seul pied, les 
fesses formaient un gros renflement trop dispro- 
portionné au volume du membre inférieur pour 
pouvoir le suivre sans presser sur la tête et la 
pousser au-devant d'elles. 



TROISIÈME MÉMOIRE. 4y7 

Le tronc s'est dégagé irrégulièrement , et cela 
a dépendu sans doute de la présence de la tête au 
passage ; elle a dévié les hanches et les a forcées de 
se tourner dans un sens différent de celui qu'elles 
avaient d'abord , afin que leurs diamètres pussent 
s'accommoder aux siens et à ceux des passages. 

N° XXIX. 

5* Position. — Version pénible. 

La femme dont je vais parler avait vingt -neuf 
ans; elle portait tous les caractères du tempéra- 
ment lymphatique , bien portante cependant et ré- 
glée depuis sa quinzième année, six jours chaque 
mois. Comme tant d'autres^ elle assurait en être à 
sa première grossesse. 

Le 25 avril i8i i , elle ressentit des douleurs non 
équivoques ; elle était à terme. 

En treize heures de temps, la dilatation fut com- 
plète , et à travers les membranes on pnf sentir la 
face horizontale et le front à gauche. La face, sentie 
dèsles premiers instansdu travail _, descendit forlbas, 
quoique les douleurs fussent faibles et rares : elles 
finirent même par se suspendre entièrement, et, 
pour sauver à l'enfant les dangers d'une position 
forcée et si long-temps soutenue , je me décidai à 
faire opérer la version. Les membranes étaient en- 
tières ; l'élève choisie pour agir les rompit en en- 
trant dans l'utérus ; sa main gauche , après avoir 



478 PRATIQUE DES ACCOUCIIEMENS. 

repoussé la tête vers la fosse iliaque gauche , mar- 
cha rapidement sur la surface latérale du fœtus, 
saisit son pied gauche et l'a mena au dehors , où il 
fut maintenu par un lacs. Elle chercha vainement 
à aniener l'autre pied ; vaineîTient aussi voulut-elle 
tirer sur un seul : les fesses poussaient la tête, au- 
dessus de laquelle elles étaient encore, et tendaient à 
l'eni^ager dans l'excavation. Il fallut que je vinsse à 
son aide ; j'amenai le pied droit en suivant les règles 
ordinaires : il fut alors facile d'achever l'extraction. 
La hanche et l'épaule gauches passèrent en arrière , 
la hanche et l'épaule droites sortirent sous les pubis; 
la tête fut extraite dans une direction convenable , 
c'est-à-dire , la face d'abord à gauche , puis en ar- 
rière ^ et le menton abaissé par deux doigts de la 
main gauche appuyés sur l s côtés du nez. 

L'enfant était faible ; il fut ranimé. La mère se 
rétablit promptement. 

La tête était trop basse pour qu'on put tenter 
aisément la réduction du crâne, et les men)branes 
étant encore entières. Je préférai la version au 
forceps. 

Accouchement commencé par mademoiselle La- 
fon , de la Corrèze. 



TROISIÈME MÉMOIRE. 479 

N° XXX. 

3^ Position inclinée (malaire). — Version 
difficile. 

Le 7 floréal au i2, on nous apporta une femme 

nommée M. A , paraissant âgée de vingt-cinq 

à vingt-six ans et enceinte pour la première fois. 
Elle souffrait depuis trente-six heures, et les eauoc 
étaient écoulées depuis dix-huit. 

Cette femme avait les cuisses contournées _, et le 
toucher nous apprit que le bassin n'avait guère que 
trois pouces et demi de diamètre sacro-pubien au 
détroit supérieur. Sur ce détroit on sentait la face 
dans une direction telle que le front était vis-a-vis 
l'ilium gauche , et le menton sur lilium droit , la 
joue gauche appuyée sur l'angle sacro-vertébral , la 
droite presqu'au centre du bassin , quoiqu'un peu 
plus en avant. 

Enfin, au-dessus des pubis, je parvins à sentir 
l'oreille droite; mais ce ne fut qu'en introduisant 
dans le vagin une partie de la main. 

Les circonstances antécédentes et l'état actuel des 
choses me déterminèrent à opérer sur-le-champ 
€t à opérer moi-même ; car l'utérus contracté ren- 
dait la manoeuvre fort difficile et fort dansereuse. 

Je passai , comme je pus , la main gauche à droite 

et en arrière et en rampant sur le fœtus, quoique 

j'en distinguasse assez mal les diverses régions. Je 

' parvins jusqu'au pied droit ; je l'amenai au dehors, 



48o PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

el je fis tirer sur lui seul pendant que de la maia 
droite je repoussais la tête, qui tendait à s'engager. 
Après des efforts assez long-temps soutenus^ l'évo- 
lution s^opéra et l'extraclion devint dès-lors simple 
et facile. 

L'enfant pesait sept livres : c e'tait un garçon : il 
n'a donné aucun signe de vie; et^ quoique non pu* 
tréfié, il semblait mort depuis assez long-temps. La 
face était livide, ainsi que la tempe droite; le col 
était tuméfié. 

La mère s'est bien portée. 

La cause de la mort de l'enfant n'est pas difficile h 
déterminer : c'est évidemnient la pression del "uté- 
rus sur son corps, c'est la compression du col par le 
détroit supérieur, et la strangulation nécessairement 
produite par l'aplatissement des \ aisseaux. Cet apla- 
tissement était encore favorisé par l'extension forcée 
du col; mais l'extension n'aurait pas seule et sans 
compression produit des résultats aussi funestes. Le 
rachis a peu souffert, et la moelle radiidienne n'a 
point du tout été altérée. C'était, sans contredit, 
l'élroitesse du bassin qui empêchait la tête de des- 
cendre et qui avait dévié la face; la position en 
elle-même n'était pas plus défavorable qu'une du 
vertex. 



I 



TROISIÈME MÉMOIRE. 4^' 

N« XXXI. 
5* Position diagoistale. — Version. 

Le 2 février 1821^ à deux heures du i-natin, arriva 
à la salle des accouchemens une femme de moyenne 
constilulion , déjà accouchée une fois fort heureu- 
sement. Elle souffrait depuis la veille à huit heures 
du soir : cependant l'orifice utéro-vaginal (externe) 
n'était qu'enlr'ouvert; mais le cervico-ulérin ( in- 
terne) était tout-à-fait eflacé ,• les douleurs étaient 
faibles et rares ; elles faisaient bomber médiocre- 
ment les membranes, assez pourtant pour empêcher 
de reconnaître positivement la position du fœtus: on 
crut à la pi;ésence du vertex. 

Vers neuf heures du matin, on put reconnaître 
la face presqu'horizontale au détroit supérieur dont 
elle était encadrée; le front, un peu plus bas que 
le reste, était au-dessus de l'éminence iiio-pec- 
linée gauche (position secondaire). Les douleurs 
augmentèrent et la dilatation fut bientôt achevée. 

J'espérais que la tête descendrait dans l'excavation 
et qu'au moyen de la rotation ordinaire , elle sorti- 
rait spontanément. A quatre heures du soir, elle 
était à peine engagée dans l'excavation; le menton 
paraissait un peu plus bas que le front , et elle avait 
toujours sa direction diagonale. Les membranes 
étaient entières _, et je résolus de profiter de cette 
circonstance favorable. 

Une élève ancienne fut appelée par le sort ; elle 

5i 



f.%2 PRATIQUE DES ACCOUClIEMEKS.' 

introduisit la maia gauche jusqu'au fond de l'utérus 
en respectant les membranes ; là , elle les rompit , 
sentit les fesses, saisit les pieds au-dessous d'elles 
et les amena au dehors tous deux réunis. Rien de 
plus simple dès-lors que l'exlràctioa ultérieure : elle 
se fit comme pour la deuxième position des pieds. 
L'enfant pesait , dit-on , huit livres : c'est un peu 
trop ; il était bien portant et peu défiguré. 

La mère fut prise de péritonite, et, malgré la 
saignée, les sangsiies^ les purgatifs, etc. , elle périt 
le 8 février , à dix heures du soir. 

C'est mademoiselle Foguelfang, élève au frais 
du ministre de l'intérieur , qui a opéré la version. 

Cette position était-elle primitive ou secondaire? 
Sa disposition diagonale prouve pour la deuxième 
opinion , et ou pourrait fort bien avoir eii raison 
dans le premier diagnostic qu'on a porté sur elle. 
La marche du travail le prouve encore , puisque le 
menton s'est abaissé de plus en plus jusqu'à devenir 
même un peu inférieur au front. La direction dia- 
gonale a peut-être été pour quelque chose dans le 
retard qu'a éprouvé le travail. Elle aurait rendu 
l'application du forceps très-difficile si on avait voulu 
attendre la rupture des mèriibranes. On s'est donc 
bien gardé de les rompre : Tenfant aurait dès-lors 
trop souffert de la suspension du travail : en les con- 
servant, il n'a point été coniiprimé , par conséquent 
il n'a point souffert; car nous savons que ce n'est 
pas l'altitude en elle-même qui est dangereuse. 



TROISIÈME MÉMOIRE. 4^5 

N° XXXII. 
3e Position inclinée (mealale). — Version. 

Dans le même mois de llore'al déjà menllonné 
(n° 22 et n° 5o), se présentèrent deux autres accou- 
chemeos dans lesquels le fœtus offrait la face au dé- 
troit supérieur (i). Tous deux, comme celui du 
n° 3o _, exigèrent la version du fœtus ; mais la posi- 
tion offrait ici quelque chose de remarquable et qui 
demande quelques détails. 

La femme , nommée L. Chib..., était en travail 
depuis quelques heures, lorsque (9 floréal) , à tra- 
vers l'orifice déjà un peu dilaté , on chercha à re- 
connaître la position du fœtus. On seutit une partie 
dure et arrondie vers la fosse iliaque gauche ; mais, 
du reste, on ne put rien apprécier. L'utérus était un 
peu oblique à droite. Au moment de la rupture des 
membranes j on reconnut que la partie première- 
ment sentie était le front, et que la face regardait 
directement l'excavation du bassin. Peu à peu les 
contractions de l'utérus la pressèrent davantage sur 
le détroit supérieur; le front sembla remonter un 
peu vers la fosse iliaque, et le menton s'approcher 

(i) En tout six accouchemens par la face ont eu lieu dans 
ce seul mois. Trois de ces faits ont déjà été mentionnés au 
n" XXII, le quatrième au n° xxx , et le sixième va suivre : 
c'est un rapprochement extraordinaire , mais qu'on ne peut 
rapporter, ce me semble, à aucune cause rationnelle. 



484 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

(lu centre ; on pouvait toucher tout le bord de la 
mâchoire inférieure ; le devant du col et le larynx 
étaient appuyés sur le bord de la fosse ih'aque droite. 
Considérant l'état de gêne du fœtus et l'impossibilité 
d'une terminaison naturelle , j'allai sur-le-champ 
chercher les pieds. L'opération fut facile; l'utérus 
était peu serré sur l'enfant : aussi fut-il amené vivant 
et vigoureux. La mère eut ensuite une fièvre bi- 
lieuse dont elle guérit. 

Le travail avait duré huit heures^ et l'enfant pe- 
sait six livres et demie. 

C'est le seul cas où j'aie vu la face aussi déviée et 
le menton beaucoup plus abaissé que le front. Une 
des deux observations que Delamotte donne pour 
des positions du devant du col me paraît tout-à-fait 
semblable à celle-ci. 

Dans une pareille position le pronostic est bien 
différent de ce qu'il est dans une position franche. 
Ici , non-seulement la tête présente des diamètres 
peu favorables , raiais encore le tronc tend à des- 
cendre en même temps qu'il la repousse du passage, 
et met ainsi obstacle à sa sortie. 

Par rapport au fœtus, l'attitude est bien plus 
forcée encore que dans les cas ordinaires. Cepen- 
dant l'enfant a vécu ; c'est en efïbt moins l'attitude 
que la compression des vaisseaux qui est à craindre. 
Or, ici l'utérus n'était pas en constriction perma- 
nente , et d'ailleurs on opéra peu de temps après 
la rupture des membranes. 



TROI SliÈME MÉMOIRE» /^S5 

N« XXXIII. 

4* Position- — Tentative de redressement^ 
version régulière. 

Cat. L âgëe de vingt-deux ans , enceinte 

de son premier enfant et à terme , portant des si- 
gnes d'affection scorbutique , se pre'senla à l'hos- 
pice le 10 florëal an 12. Elle n'était point en tra- 
vail : comme la plupart des autres , elle attendit 
dans la maison la révolution des neuf mois , et ne 
ressentit les premières douleurs que trois semaines 
après son admission. 

La marche du travail fut lente et les douleurs 
faibles. On ne put, dans les premiers momens , 
reconnaître quelle partie offrait le foetus , à cause 
de son élévation et de la tension des membranes. 
Après douze heures de travail, la dilatation était 
complète; le fœtus, descendu, laissait reconnaître 
la face cintrée par le détroit supérieur , le menton 
à gauche et le front à droite. 

Je portai la main gauche dans l'orifice, et en re- 
poussant la tête à gauche, je rompis les membranes. 
Pendant que je pénétrais jusqu'à l'occiput, J'eau 
sécoula , la matrice s'appliqua sur le fœtus par l'ef- 
fet d'une vigoureuse contraction. En vain j'essayai 
d'abaisser l'occiput , toute la tête descendait avec 
ma main, qui se trouvait serrée entre elle et le dé- 
troit supérieur , et je me vis forcée de renoncer 
à mes tentatives. Je ne voulus pas donner à l'u- 



/l36 pratique des accouchemens. 

tërus le temps de se mouler davantage sur le corps 
du fœtus , et je me décidai sur-le-champ à aller 
chercher les pieds. Je portai pour cela la main 
droite le long du côté droit du fœtus , et passant 
rapidement par-dessus les fesses , je saisis à la fois 
les deux pieds, qui se trouvaient, sinon croisés , au 
moins fort rapprochés l'un de l'autre. L'enfant des- 
cendit après cela sans difficulté, comme s'il se fût 
présenté dans la première position des pieds. En 
tirant davantage le pied gauche , je tournai le de- 
vant du tronc et la face un peu en arrière : c'est 
dans ce sens qu'elle fut extraite avec la plus grande 
facilité. L'enfant pesait huit livres ; quelques se- 
cours le ranimèrent en un instant. 

Délivrance simple. 

Suites de couche ordinaires. Sortie en bon état le 
dixième jour. 

La cçnséquence est facile à déduire : c'est que 
\ç redressement de la tète , pour être facile ou 
même possible , exige bien des conditions, et par- 
dessus tout la présence de l'eau dans l'utérus et 
l'inaction de cet orçane. 

N° XXXIV. 

4** Position.»— Version. 

Le sujet de celte o])servatioD est une femnje lym- 
phatique , âgée de trente-six ans , et dans le der- 
nier mois de sa troisième grossesse. 



TROISIÈME mÉMOIRïï. 4^7 

Elle monla à la salle d'accouchemeqt le 12 sep- 
tembre i8i5 , à dix heures du walin, lo,uEme^te'Q 
par les premières douleurs utérines. Les parles gé- 
nitales externes étaient peu dilatables ; l'orifice ulé- 
ria était au centre de l'excavation , ouvert de douze 
à quinze lignes ; les membranes bombaient et pa- 
raissaient minces : pour ne point les rompre ou 
s'abstint des recherches nécessaires pour recon- 
naître la partie présentée par le foetus : cependant 
on crut avoir reconnu la tête. 

A huit heures du soir, dilatation complète, ou- 
verture spontanée des membranes. On reconnaît la 
face encadvée par le détroit supérieur et placée en 
travers , le front à droite et le raeuloa à gauche. 
La femme était faible et les douleurs presque 
nulles. Je choisis le parti le plus sûr et le plus expé- 
ditif, et, sans essayer le redressement de la tête, Je 
portai moi-mêrne la main droite dans l'utérus : il 
contenait encore de l'eau ; et en avançant la main 
jusqu'au poignet dans l'orifice , je trouvai sur-le- 
champ les pieds ; j'en amenai un au dehors : c'était 
le droit : fixé par un lac, il me conduisit sur l'au- 
tre, qui fut aussi bientôt dégagé. Je tirai surtout sur 
le gauche pour tourner en arrière la face antérieure 
de l'enfant: bientôt les hanches parurent à la vulve; 
le cordon ombilical , passé entre les cuisses , était 
tiraillé et tendu ; il fallut le couper pour éviter son 
arrachement. Les bras furent dégagés sans peine, 
et la tête n'exigea pas beaucoup d'efforts. L'enfant 
était mâle, et pesait six livres. Il ne donna d'abord 



/^88 PRATIQUE DES ACCOUCIIEMENS. 

aucun signe de vie; mais, après trois quarls-d'heure 
de soins et de secours , il fut rappelé au jour. 
La mère est sortie bien portante le i8 septembre. 

Cet enfant n'avait pas e'té long-temps exposé à 
l'influence des contractions utérines, et cependant 
il était dans un véritable état d'asphyxie complète. 
Cela revient à ce que j'ai dit ailleurs : il y a des 
enfans que peu de chose fait périr ', il en est qui 
résistent aux plus violens etïbrls. 

Le cordon, coupé avant l'extraction totale^ n'a pas 
assez donné de sang pour faire croire que l'hémor- 
rhagie était cause du mauvais état de l'enfant ; les 
bras et la tête ont été extraits en un clîn-d'œil. Ce- 
pendant ce n'est pas là ma pratique ordinaire : 
pour prévenir cet inconvénient de la section pré- 
maturée du cordon, j'en débarrasse ordinairement 
les membres du fœtus; c'est à quoi on parvient 
avec un peu d'adresse et d'habitude sans causer 
de grands tiraillemens, 

N« XXXV. 

4* VosiTiois.—^Version y puis forceps pour rigidité 
de la vulve. 

La femme dont il s'agit était dans sa vingt-unième 
année, valétudinaire et lymphatique, réglée huit 
jours chaque mois depuis l'âge de quatorze ans. 
I^Jle était enceinte de son premier enfant et à terme 



TROISIÈME MÉMOIRE.* 4^9 

lorsqu'elle arrtva à l'hospice. Le 17 février 1812, 
à quatre heures du soir, premières douleurs puer- 
pérales. 

Malgré la tension des membranes et l'étroitesse 
de Torifice, on putj dès les premiers momens du 
travail, distinguer la face au détroit supérieur : le 
front était au bas de la fosse iliaque droite et un 
peu rapproché du centre; le menton, plus élevé, se 
portait vers la fosse iliaque gauche; les douleurs 
étaient rares et faibles ; les parties génitales externes 
fort étroites , sèches et peu dilatables : aussi , après 
avoir attendu jusqu'à cinq heures, et trouvant alors 
la dilatation complète, je me décidai à faire opérer 
la version. 

L'élève choisie pour cet objet fut forcée, à 
cause de l'étroitesse de la vulve, d'introduire suc- 
cessivement ses doigts, et de glisser la main avec 
ménagement et avec lenteur : c'était, on le conçoit 
bien, la mqin droite, car les pieds de l'enfant de- 
vaient répondre au côté gauche. Pour les rappro- 
cher davantage du bassin , la main gauche , appuyée 
sur l'abdomçn, inclina l'utérus à gauche; pendant ce 
temps, la main droite repoussait à droite et en haut 
la tète du fœtus saisie entre le pouce placé en avant 
et les doigts placés en arrière. Cela fait, la même 
main entra dans la cavité des membranes qu'elle ve- 
nait de rompre, suivit, autant que possible^ le côté 
droit du fœtus, et passant sur les fesses, saisit le 
pied droit et l'amena au dehors : là^ on le retint 
ftvec un lacs; puis, le long de la jambe dégagée, 



490 PRATIQUE DES ACCOIJCHEMENS, 

rélçvealla chercher le pied gauche, qui fut, quoi- 
qu'un peu difficilement, extrait comme l'autre. 

Le pied gauche était sous las pubis : c'est sur lui 
que je fis principalement diriger les tractions, dans 
la vue de tourner le devant du tronc et la face vers 
la partie postérieure du bassin. La hanche et l'épaule 
droites furent dégagées successivement au-devant du 
'périnée, et les mêmes parties du côté gauche furent 
après elles extraites derrière les pubis. 

La tête se présenta au détroit supérieur, dans une 
direction convenable, c'est-à-dire que la face ré- 
gardait lasymphyse sacro-iliaque droite, et l'occiput 
l'éminence ilio-pectinée gauche. De deux doigts de 
sa main droite , l'élève essaya de repousser 1 occiput 
pour enfoncer le menton dans l'excavation pel- 
vienne, en imprimant à la tête un mouvement de 
bascule. Je crois qu'elle n'opéra pas grand change- 
ïiaent par cette manœuvre; mais elle fît bien plus 
énergiquement descendre la tête en introduisant 
deux doigts de la main gauche dans la bouche. La 
tête descendit, mais elle descendit sans tourner, et 
la face resta sur le ligament sacro-sciatique droit. 
La vulve, excessivement étroite, n'avait pas permis 
de glisser, comme je l'aurais voulu, la main droite 
dans la courbuçe du sacrum ; on aurait alors pu 
accrocher la bouche et tourner la face en arrière. 
Au reste, l'étroitesse même de la vulve n'en au- 
rait pas moins subsisté comme obstacle réel, quoi- 
que moins grave, a la sortie de la tète. 

Pour éviter des tractions dangereuses, et lâcher 



TROISIÈME MÉMOIRE. 4.9^ 

do conserver les jours de l'enfant, je pre'férai l'ap- 
plication du forceps à l'extraction ordinaire. 

Le tronc relevé vers l'aï ne droite de la mère, je* 
plaçai la branche droite au-devant du ligament sa- 
cro-sciatique gauche , et par conse'quent sur le pa- 
riétal droit. Le tronc fut abaissé vers la fesse gruche, 
et la branche gauche glissée derrière le trou sous- 
pubien droit, et par conséquent sur le pariétal gau- 
che. J'articulai les deux branches sous le col du fœ- 
tus , et relevant les crochets du forceps par un mou- 
vement qui les ramenait en même temps vis-à-vis 
les pubis (de gauche en avant) , je fis rouler la face 
en arrière. Ce mouvement ne fut exécuté qu'en tâ- 
tonnant , sans rien forcer et avec beaucoup de len- 
teur. Il fallut alors tirer en élevant les crochets du 
forceps; mais il fallait y mettre beaucoup de cir- 
conspection à cause de la rigidité de la vulve ; il fal- 
lut s'opposer, par une vigoureuse pression, à la 
rupture du périnée. Je favorisai la dilatation de la 
vulve en inclinant légèrement le forceps à droite et 
à gauche, et dès que le menton fut très- voisin de la 
commissure du périnée, j'ôtai doucement le for- 
ceps : la face passa bientôt toute entière du menton 
au front, au-devant de la fourchette, et la tête se dé- 
gagea sans rupture. 

L enfant était un garçon du poids de huit livres; 
il était mort, mais récemment : la longueur de l'ex- 
traction , la lenteur nécessaire des manœuvres en 
ont peut-être été la cause. Cette lenteur était obli- 
gée; car l'extraction des bras et l'application du 



402 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

forceps dans une vulve aussi resserrée demandè- 
rent un temps considérable : la deuxième branche 
(gauche) du forceps fut surtout d'une application 
très-difficile. Le tronc de l'enfant ne pouvait être 
abaissé suffisamment puisqu ilélait retenu par l'autre 
branche ; j'eus ensuite beaucoup de peine à les arti- 
culer, même en faisant relever le tronc. La totalité 
de l'opération dura environ trois quarts-d'heure. 

Le placenta sortit aisément : il pesait une livre 
et demie. 

La mère s'est promptement rétablie. 

L'application du forceps , en pareil cas , m'a 
toujours parue fort difficile , et je ne lui ai point 
trouvé d'avantage sur l'extraction ordinaire : on voit 
qu'ici elle n'a point conservé la vie à l'enfant. Je 
crois vraiment que j'aurais mis moins de temps à 
opérer en n'employant que les doigts , ou tout 
au plus en portant dans la bouche le crochet mousse 
du forceps : j'aurais peu à peu dilaté la vulve , et les 
manœuvres seraient devenues plus faciles. J'ai, du 
reste, donné ailleurs des détails sur mes idées à ce 
sujet. 

N*» XXXV I. 

Position frontale. — Procideiicc d'une main; 
version irre'gulière. 

Une femme vigoureuse, âgée de trente-trois ans, 
réglée depuis sa dix-huitième année , cinq jours 
chaque fois , était au neuvième mois de sa Iroi* 



TROISIEME MEMOIRE. 49^ 

sleme grossesse. Elle disait avoir souffert \ingt 
heures à son deuxième accoucliemenl. Le bras de 
l'enfant avait glissé sous la tête ; il avait fallu aller 
chercher les pieds, et il élail né sans vie. 

Le 5 janvier, elle entra à l'hospice; le 7 à mi- 
nuit_, les membranes s'ouvrirent subitement ; elle 
n'en avertit que dans la matinée. On trouva alors 
J'orifice à peine ouvert ^ épais , mais souple ; on 
sentit la main du foetus et la tête au-dessus , njais 
trop élevée pour qu'on en pût distinguer la posi- 
tion. Les douleurs devinrent fortes et rapprochées; 
l'orifice se dilata , et à une heure il avait toute la lar- 
geur désirable. Je pus à cette époque m'assurer de la 
position de la tête , qui était beaucoup plus basse. La 
fontanelle postérieure était au-dessus deréniincnce 
ilio-pectinée gauche, et l'antérieure au-devant delà 
symphyse sacro-iliaque droite et bien plus basse que 
l'autre. La tête était donc dans la première position 
du sommet , mais renversée vers le dos. J'essayai 
de repousser la main ; mais elle retombait aussitôt 
en arrière et à gauche de la tête. Les douleurs s'é- 
taient beaucoup affaiblies , et ne produisaient plus 
rien que de rapprocher le front du centre du détroit 
supérieur. Tout cela me détermina à recourir à une 
terminaison plus prompte. 

Une élève fut chargée d'aller chercher les pieds : 
elle introduisit la main gauche , et après bien des 
tàlonuemens_, elle am.ena un pied : c'était le droit. 
L'utérus contracté aurait rendu l'extraction du 
gauche fort difficile j il fallut nous eu tenir à celui- 



/ 



^g4 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

là : on tira donc en le portant à gauche , et le pe- 
lolonnemeat s'opéra. Lorsque les hancLes s'of-« 
frireat à la vulve , on aida à leur sortie en passant 
un doigt dans le pli de l'aine gauche. Le reste mar- 
cha re'gulièrement ; les bras et la lêle furent ex- 
Irails sans grande peine. 

L'enfant naquit faible , il fut ranimé; mais bien- 
tôt des convulsions le saisirent , et malgré tous les 
secours , l'enlevèrent vingt-quafre heures après sa 
naissance : il était du sexe masculin , et pesait six 
livres. Larmère s'est bien portée. 

La contraction de l'utérus, qui, de temps à autre, 
augmentait au point d'engourdir et de paralyser la 
main de l'élève , l'empêcha de suivre les règles 
prescrites. Elle la porta au hasard ; elle saisit le 
pied droit tandis qu'elle aurait du descendre sur le 
gauche; mais peut-être moi-même n'eusse je pas 
mieux réussi. Au reste^ ce pied même nous a été 
très-utile : en tirant sur lui et le portant un peu à 
gauche sous la branche du pubis , nous avons favo- 
risé la rotation du fœtus et tourné la face en arrière. 

Opération faite par mademoiselle Edet. 

N° XXXVU. 

PoSITIOiV FRONTALE, VeTSlOU. 

Une femme bien portante, forte, sanguine, 
réglée six jours chaque mois depuis l'âge de dix- 
neuf ans, âgée pour lors de vingt-quatre, enceinte 



TROISIÈME MÉMOIRE. 49^ 

pour la première fois et à terme , arriva le 6 avril 
i8i I à sept heures du malia. 

Elle souffrait depuis quelques heures. L'utérus , 
très- volumineux, avait son fond incliné en avant et 
un peu à gauche ; son orifice , dirigé à droite, mince 
et souple , était assez largement ouvert. Des con- 
tractions vives tendaient à chaque instant les mem- 
branes,el rendaient ainsi inaccessible la partie qu'of- 
frait le fœlus. 

Mêmes douleurs toute la matinée. A midi , rup^ 
titre des membranes , écouiement d'une petite quan- 
tité d'eau ; la tête ( on put alors la reconnaître ) 
reste haute , et loin de presser sur l'orifice , elle 
le laisse se resserrer , et , comme nous le disons à 
l'hospice 5 retomber sur son centre. 

A six heures du soir, peu de progrès ; nouvel 
examen : il apprend que la fontanelle antérieure 
est au centre du bassin , que le front est vers l'é- 
minence ilio-pectinée droite , et la fontanelle pos- 
térieure au - dessus de la symphyse sacro - iliaque 
gauche : c'est donc une position voisine de la cin- 
quième du sommet. La peau du crâne est un peu 
tuméfiée. Dans les heures suivantes , nul change- 
ment , si ce n'est un peu d'augmentation dans la 
tumeur du crâne et renfoncement du front vers 
le centre. L'abdomen , encore fort gros, indiquait 
que la tête avait retenu beaucoup d'eau dans l'u- 
térus , et j'en voulus profiler pour terminer l'ac- 
couchement. 

En redressant la tête, si la chose avait été possible, 



;^g6 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS. 

oti l'aurait laissée dan^ la cinquième position du 
sommet , et l'accouchement aurait été long et dif- 
ficile. En appliquant le forceps , on aurait tiré la 
lêle offrant au passage son plus grand diamètre : 
la version était donc préférable. 

Une élève en fut chargée. Elle introduisit la 
main gauche et amena assez promptement le pied 
droit; avec lui sortit beaucoup d'eau. Sur la jambe 
dégagée elle conduisit la même main pour amener 
' l'autre pied : elle ne le trouva qu'avec peine , et je 
lie sais comment elle en fil Textraclion; mais à peine 
eul-elle tiré sur tous deux que les hanches descen- 
dirent brusquement avec un nouveau flot d'eau ^ et 
qu'elles tournèrent leur parlie antérieure vers le 
trou ovalaire gauche , et leur partie postérieure 
vers l'échancrure sciatique droite. J'essayai de tour- 
ner lentement le sternum en arrière en profitant 
de toute la longueur du tronc ; mais je sentis une 
résistance trop grande, et craignant de croiser un 
bras derrière la nuque et de me créer ainsi de 
grandes difficultés à son extraction , je préférai 
suivre la tendance naturelle. L'aisselle gauche pa- 
rut en arrière , et le bras gauche fut dégagé sans 
peine au-devant du périnée et sur la grande lèvre 
franche. Le bras droit fut ensuite extrait sans beau- 
coup de peine sous le pubis droit. 

La tête restait dans l'excavation ; la face , comme 
je m'en assurai par le loucher , élait derrière et 
au-dessus du trou sous-pubien gauche ; l'occiput 
s'enfonçait dans le bassia au-devajit de la sym- 



troisïIme mémoire^ 497 

pîiyse sacro-iliaque droite. Je fis soutenir îé tronc, 
et je glissai ma luaiii gauche bien graisse'e dans la 
courbure du sacrum ; de là je la fis passer entre 
le côté gauche du bassin cl le côté gauche de la 
léle , jusqu'à ce quel index et le médius pussent, 
parleurextrémité, accrocher la mâchoire inférieure. 
Arrivée là, il me suOit de tirer ma main pour abais- 
ser la face et l'enfoncer dans le bassin , et pour la 
tourner en même temps en arrière et dans la cour- 
bure du sacrum : l'extraction n'eut plus alors rien 
que d'ordinaire. 

L'enfant donnait a peine quelques signes de vie : 
on le secouru» , et il fut bientôt rétabli. C'était un 
garçon de huit livres , fort gros par conséquent. 
La mère n'a tien éprouvé de remarquable. 

Opération faite par n.ademoiselle Nallard, du 
département de l'Ain. 

Cette observation pourrait donner lieu à beau- 
coup de réflexions , dont la plupart ont déjà été 
faites. On notera les motifs qui ont déterminé à 
choisir la version , le dégagement irrégulier -des 
hanches, l'impossibilité de produire la rotation du 
tronc après l'écoulement de l'eau qui restait ; enfin 
on fera encore attention à la manière dont j'ai fait 
tourner la face en arrière. Il semblerait, en pareil 
cas , plus naturel d'employer la main du côté où 
regarde la face , la droite si la face est à gauche 
et en avant de la mère^ etc. ; mais qu'on y réflé» 
ehisse , et on verra combien elle aurait de peine à 

3a 



^gS PRATIQUE DES ACC0UCIIEMEN8. 

monter en pronation derrière les pubis , combien 
peu elle aurait de force pour diriger la face en ar- 
rière. L'autre , au contraire , pénètre aisément en 
supination dans le sacrum , et en forçant la supi- 
nation, l'extrémité des doigts parvient assez facile- 
ment en avant et du côté opposé au lieu où a com- 
mencé l'introduction , et alors cette main agit avec 
toute sa force et avec toute celle de l'avant-bras et 
du bras : il suffit de faire effort pour l'extraire , 
pour imprimer à la tête la rotation et la flexion 
qu'on désire. 



TABLE ANALYTIQUE 

Des Matières contenues dans les trois Mémoires 
pre'cédens. 

Introduction, page i. 

Notice historique sur la Maison d'accouchement. — Sa cre'a- 
tion , son organisation , sou accroissement , son état actuel. — 
Instruction des élèves. — Théorique, pratique, répétitions, 
observation des malades , sciences accessoires , i-8. 

Explication des tableaux ; i°. Table énumérative de 1 5,65.2 
naissances j 2°. table énumérative des positions observées 
sur le même nombre d'accouchemens j 3°. table compara- 
tive des terminaisons de ces accouchemens , 9-12. 

I"^MEM0IPiE.CoNSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES POSÏTION3. 

Définition du mo/ position; division du Mémoire , 10-17. 

Art. I*"". Notnbre et fréquence. § I". Inconvéniens de la 
classification de Solayrës et de Baudelocque. — Réduclioa 
fondée sur la pratique. — Examen des faits rapportés dans 
les auteurs, relativement à certaines positions extraordi- 
naires ( note) , 18-21. 

Nouvelle nomenclature des positions : on évitera de s'en 
servir jusqu'à nouvel ordre, 23. 

^W. Fréquence relative des positions admises dans la nouvelle 
nomenclature; proportions, 23-25. 

Art. II. Fixité. La position peut changer jusqu'à un certain 
point. — Idées des anciens. — Causes de ces changemens. — 
Petitesse du fœtus et surabondance de l'eau. — Exemples 
de mobilité et de changemens attribuables à cette cause; 
indications qu'elle présente; circonspection nécessaire; — 
mauvaise conformation du bassin, 5" cause; — obliquité 
de l'utérus, 4* cause, 25-28. 
Art. III. Diagnostic. Doit être considéré surtout relative* 
ment à ses difficultés, 28. 



500 tABLK Ari^ÀLYTlQUE DES MATIERES; 

§ 1er. Dijfficullês relatives à la partie présentée. — Avis aut 
con3raençans(ri6le). — A^ Dijformllés, — B. Déformation.,—' 
allongement, aplatissement, tuméfaction. — EfFets de la 
putréfaction du foetus. — Erreurs auxquelles elle peut con- 
duire. — Fréquence delaluméfaciion. — Erieurs auxquelles 
elle a donné lieu j i". pour la partie présentée; 2°. pour la 
position de cette partie, même api es la naissance (note).^ 
Causes et mécanisme de la tuméfaction et des thrombus, 
28-5 2. — C. Elévation de la partie présentée. — Précautions 
relatives aux membranes. — La forme de la poche de l'eau 
n'est d'aucune utilité pour ledi.^gnoslic. — Il n'en est pas ainsi 
de la forme du ventre. — Son ulililé, même pour le pro- 
nostic. — Causes de l'élévation de la partie présentée. — Avis 
aux commençans : manière d'apprécier l'élévation susdite 
(noie). — Résistance des membranes ^ i"^* cause. — Utilité 
et dangers de leur ruj)ture artificielle^ distinction difficile, 
presqu'inslinctive et d'expérience^ prircipaux signes j en 
cas de doute, a! tendre. — DiJJormilé du bassin y a® cause. — 
Mauva'sp position , ''>* c;iuse, 52-37. 
§ 11. Di/ficiiUés relatives à la position de la partie préseniêc. 
— Tontes les difficultés du § i*"^ sont applicables au 2*.— 
Exceptions. — Causes qui rendent la position difficile à 
déterminer. — Positions intermédiaires, — A. Dans le sens 
vertical j pour la tête, pour les fesses, 1rs genoux, les 
pieds , la face, l'épaule. — Toutes peuvent être rapportées 
à une position franche et déterminée. — B. Dans le sens hori- 
zontal; intermédiaires proprement di'es. — Leur mul'ipli- 
cité. — Les rapporter aux cardinales ou franches, dont 
elles se rapprochent le plus, ':>'--f^o. 
Aut. IV. Causes. — Délerrainée' par Solayièsj aJoutez-y 
les causes de changemens. ( Voyez Fixité. ) — La réduction 
des obliquités utérines a quelquefois changé la direction ho- 
rizontale , 4o-'2. 
Art. V. Pronostic. — Conditions nécessaires pour un pro- 



TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES. 5oi 

nostic favorable. — Pronostic fâcheux : i°. relativement au 
fœtus j 2» relativement à la mère. — L'obscurilé du dia- 
gnosiic , la longue dure'e du travail , les tentatives de lernai- 
Tiaison , l'indication et la ne'ccssilé d'opérations graves et 
difficiles rendent le pronostic fâcheux pour l'un et pour 
l'autre. — Re'sislance singulière de certains enfans. — Dan- 
gers de la version et du forceps. — Fracture spontanée du 
crâne, 4-'47* 

Art. YI. Indications. Trois différentes, 47. 

§ I. Première indication, laisser faire la nature. — Con- 
ditions nécessaires ; — soins particuli' rs j — soutenir le pé- 
rinée, même pendant la sortie des épaules , 47-4S. 

§ II. Deuxième indication. Aider la nature : \° en agissant 
sur la mère. — A. Favoriser ladilatation des parties. — B. Lu- 
brijier les passages. — C. Exciteriez organes expulseurs. — 
Seigle ergoté inefficace. — L'excitation mécanique augmente 
les douleurs, mais ne les provoque guère. — .D. Diriger les 
forces utérines. — E. Enlever les obstacle s. ~~- 1^^ obst. Pléni- 
tude de la vessie^ comment elle empêche Je travail .—Manière 
de sonder quand la tête est basse. — Piuplure de la vessie 
très-rare; paralysie plus fréquente ; fistules. — a* obsl. Pié-* 
sistance des membranes, -r- Plénitude de l'utérus; cause 
d'ineriie , 49-55. 

2®. En agissant sur Venfant. A. Sur les pieds, les fesses, 
les genoux. — Doigts, crochets mousses, lacs. — B. Suc 
la tête du fœtus, — Instrumens oubliés. — In^tlunlens 
employés. — r- Première classe. Instruaiens à employf>r sur 
l'enfant mort. — ^ a. Crochet aigu — Forme. — Emploi 
régulier , — • irrégulier. — - b. Crochet mousse. — Cas 
d'emploi, -r- c. Perce-crâne. — A quelquefois suffi seul. — 
Emploi régulier , irrégulier, 55-6o. 

Z)euxième classe, -r- Le levier est ou!)Hé. — Forceps : — ■ 
modifications qu'il a subies. —^Lequel est préférable. — 
Changer Iç nom des brancl\ea mâle et femelle &d oeJui d^ 



502 TABLE AîiALYTIQUE DES MATIERES.' 

droite et de gauche , et celui des courbures ancienne et 
nouvelle en celui de courbure des faces et courbure des 
bords. — A. Principes généraux sur son emploi. — Tou- 
jours sur la tête , et autant que possible sur ses côtés. — Ex- 
ceptions. — Courbure des bords toujours en avant. — 
B. Procédé opératoire. — Situation de la femme. — La 
rassurer en lui montrant rinstrument. — Précautions rela- 
tives à l'orifice utérin. — Manière d'introduire les cuillers. 

— Laquelle la première. — Exécution. — Signes de réussite. 

— Puotation artificielle. — Elévation — Extraction de l'ins- 
trument avant celle de la tête. — Utilité de cette manœuvre, 
6o-y2. — Exceplions : i'" exe. : la tête restée au-dessus du 
détroit supérieur,doit-on employer le forceps? — Difficultés. 

— Diagnostic souvent impossible. — Mobilité de la tête. — 
Défaut de guide sûr. — Impossibilité de placer une branche 
en arrière. — Présentation du grand diamètre de la tête et 
application d'une cuiller sur la face. — Dangers. — Glisse- 
ment du forceps 3 — dans le sens horizontal ^ — dans le sens 
vertical.— Décliirure de l'orifice.— Compression nécessaire 
du crâne. — Cas dans lesquels je tente l'emploi du forceps et 
manière dont j'y procède (la tête au-dessus du détroit su- 
périeur. — 2<= earc: le tronc étant sorti , lo forceps est-il utile 
pour l'extraction de la tête ? — Cela ne m'a point réussi. — 
Pourquoi? — On peut s'en passer , 72-79. 

§ IIL Troisième indication. Changer la position. A. En 
ramenant le verlex à l'orifice. -- Première circonstance. 
Pour une partie éloignée de la lêle. — Opinion d'Uippocrale 
et de ses suivans. — Réfutation sensée qu'en a faite Mauri- 
ceau. — Deuxième circonstance. Pour une mauvaise posi- 
tion de la tête. — Réduction dans le sens vertical , face , 
oreille, etc. — Dans le sens horizontal , rotation artificielle, 
. — Opinion variée des auteurs. — De M. Dubois, néga- 
tive. — La mienne , mixte. — Exécution ; cinq procédés. 
— I. Situation de la mère, correction des obliquités.— 



TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES. 5oa 

Elle m'a été peu utile. — 2. La main m'a souvent servi , noa 
pour la réduction horizontale , mais pour le redressement. 

— C'est en attirant qu'elle agit , et non en poussant. — 5. Le 
levier n'a pas d'avantage réel. — Même chose du forceps 
relativement au redressement. 4- Le forceps agit très-utile- 
ment pour changer la direction dans le sens horizontal ; ro- 
tation artificielle. — Souvent son application produit, sans 
qu'on le veuille , cet effet-là j — comment. — 5. Le crochet 
aigu agit avec force. — Cas d'emploi ^ circonspection néces- 
saire , 79-85. — B. En amenant les pieds. — Réfutation de 
quelques mauvaises manœuvres. — Conditions nécessaires. 

— i"^^. Dilatation del'orifice. — Resserrement passif, dilatabi- 
lité. — Danger d'opérer avant dilatation sufiSsante. — 2*. Télé 
à une certaine hauteur, et surtout encore dansl'ulérus. — 
3^. Bassin assez large.— Soins préliminaires, — Situation 
de la femme. — Modification. — Choix de la main. — 
N'est pa;s toujours possible , quelquefois inutile. — Quand 
est-il nécessaire? — Graisser la main, 85-go. — Exé- 
cution, — Introduction de la main. — Temps à choisir. 

— Ménager les membranes jusqu'à ce qu'on soit au fond 
de l'utérus. — Repousser la partie présente à l'orifice. — 
Suivre le côté du fœtus. — Ce conseil est dû aux modernes. 

— Quelquefois précieux , souvent impraticable et souvent 
inutile. — Quand. — Amener les deux pieds. — Quand 
peut-on et doit-on tirer sur un seul? — Manière d'agir en 
pareil cas. — Soins ultérieurs. — Relatifs au cordon ombi- 
lical. — Relatifs à la direction du tronc. — Suivre la ten- 
dance naturelle. — Danger d'une torsion forcée^ son inuti- 
lité. — Preuves ; observation de Delamolte. — Dégagement 
des bras. — Procédé particulier d&M. Dubois. — Dégagement 
de la tête. — Au détroit supérieur j — à l'inférieur. — La 
face tournée en avant ; — tournée sur les côtés , 90-98. — 
Difficultés, i». Pt.elalives à la mère. — Rigidité de l'orifice. 
— Abaissement de la tète. — Resserrement de tout l'ulé- 



5o4 TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES. 

rus. — De l'orifice interne. — Noie sur la tendance âe cet 
orifice à la consliiction. 2° Relatives à l'tnfatit.-^ Obscu- 
rité du diagnostic. — Confusi )n des membres. — Spon-. 
lance, artificielle. — ^ Parti à prendie alors-, tâtonner. — 
L'introduction de la main est moins pénible la deuxième 
que la première fois, et ainsi des autres. — Obsiacle pro- 
duit par la tête dans l'évolution. — La repousser en même 
tenjps cju'on lire sur les pieds. — Croisement d'un bras 
derrière la nuque. — Difficultés de son dégagement. — 
Danger de ne le point dégager avant la lête. — Accident 
assez facile à éviter. — Conclusion , 98-105. 

Ile MÉMOIRE. Positions nu vertex.. 

Définition. — On y joindra les positions dites de roccipul et 
des côlés de la tête , iG^. 

Abt. I^'. Subdivisions. — Explication du premier genre de 
la nouvelle nomenclature. — Six espèces, six variétés, 104- 
106. 

AnT. n. Fréquence. — La 3« et la 6® de Baudelocqne ne se 
voient jamais. — Propor'ions numériques des diverses 
espèces. — - Réflexions sur les positions transversales. — Sur 
les positions de l'occiput. — Sur celles du pariétal, loG-» 
108. 

Aht. III. Causes. — La plupart hypothétiques. — Causes 
des variétés , 1 og- i i o. 

Art. IV. Diagnuilic. — Sutures, fontanelles, portions osseu- 
ses. — Un pli remplace quelquefois les sutures.— Note sur la 
tuméfiiclion des tégumens. — Observation. — Quelquefois il 
est nécessaire d'introduire la main. — Positions inclinées; 
faits tirés des auteurs. — Résultats de ma pratique. — Re- 
marque sur la direction de la tête relativement aux deux 
détroits, iii-ii5. 

Art. V. Mécanisme. — Noie sur la direction dans laquelle 
la tête sorf du b.3ssin . 1 1 .'ï. 



TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES. 5o5 

§ I*'. Positions franches. — A. Remarques sur la rotation j 
elle s'opère à diverses hauteurs. — Quelquefois elle ne 
s'opère pas du tout. -~- La tête sort même quelquefois tout- 
à-fait transversale. — B. Rotation insolite des 4* et 5* ( Bau- 
âe\oc(\'ae).'— Rotation des po<>ilions transversales, i i5-i 18. 

§ II. Positions inclinées {variétés). -^ Redressement graduel. 

— Rare. — Exemple { note ) , 1 18-120. 
Art. VI. Pronostic. 

§ I*'. Complications ^—\.. Enclavement. — Rare et même nul 
sans difFormités. — ^.Inertie. — Prise pour enclavement. 

— Ses caractères , 120-122. 

Ç IL Positions en elles-mêmes. — Toutes celles du vertes 
sont les plus favorables dans les cas simples. ■^~ Remarque 
sur le pre'lendu déploiement des nymphes. — » A. Posi^ 
tions oii le front est en avant. —Peu favorables : — pour- 
quoi. — Inertie , complication ou effet? — Rétention d'u- 
rine, escarres, etc. — Pesanteur uréiro-vaginale. — Note 
sijr les fongus urétraux. — 'Rupture du périnée. — Con-. 
çlusion. — B. Positions transversales. — Opinion des au-. 
leurs 3 — la mienne. — C. Positions pariétales. -^¥9.-' 
cheuses. —.-Pourquoi, 122- i2y. 

Art. YII. Indications et Procédés opératoires. 

§ I*\ Indications. — A. Dans les deux premières positioqs, 
Iqissçr agirla Rature, à moins d'accident. — ^.Dans la 4* 
et 5'. — Premier cas : laisser agir la nature. — Deuxième 
cas : aider avec le forceps. — Troisième cas : changer 
la position .• version. — Quatrième cas, crochets, etc. — i 
C. Rotation des transversales ^ybrc^^*. D. Positions paiié- 
tales.— Préceptes des auteurs. — Quelquefois laisser agir la 
nature. — Pres(iue «oujours l'aider ou la suppléer, 127-1.32, 

§ II. Procédés opératoires. — Précautions relatives à la pre- 
mière indjcf^tion.-:- Relatives à la deuxième indication. — 
A. Forceps. — Piéce|jtes généraux. — Il est quelquefois 
^jéçessaire de saisir la lêle d^f'Qnt à r occiput. — • Le forcep» 



5o6 TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES. 

ne porte pas sur la face, parce que la tête est fléchie. — 
— Exemple. — A quoi ou reconnaît que le forceps est 
ainsi appliqué. — Rotation artificielle. — Circonspec- 
tion nécessaire. — Dégagement de la face; dans la 4' et 
5^ position, inutile et dangereux. — Application du for- 
ceps pour les positions pariétales. — Ses difficultés suivant 
la méthode ordinaire. — Sa facilité , du frontàrocciput. — 
Ses avantages , i52-i58. — B. Crochet et perce-crâne. — 
Hègles et préceptes. — Exceptions fréquentes, i38-i3g, — 
troisième indication. A. Changer la direction delà partie 
présentée. — Rotation horizontale. — Difficile à produire 
sans une tendance naturelle. — Redressement des positions 
pariétales. — Je n'y ai presque jamais réussi. — Le forceps 
est préférable. — B. Changer la partie. — Version. — 
Voir à ce sujet le premier Mémoire et les observations 
particulières, 139-142. 

Observations particulières sur les positions du vertex. 

N" i^^. Première position du vertex; accouchement spontané 
et régulier. — Détails sur le mécanisme et les phénomènes de 
l'accouchement en général.-— Délivrance facile.— Remar- 
que sur la durée du travail. — Table de la durée du travail 
observée dans 2,596 accouchemens. — Remarquesurlepoids 
de l'enfant. — Table du poids de 7,883 nouveau-nés, i45. 

K" 2. Première position du vertex. — Dégagement irré- 
gulier du tronc. — Réflexions sur ce fait , i^g. 

R" 3. Première position / accouchement spontané , rota- 
tion de la tête incomplète. — Remarques sur les difficultés 
de la rotation artificielle , i5r. 

Tf' 4' Première position intermédiaire [2* variété); accou- 
chement spontané. — Enfoncement du frontal gauche, i53. 

N° 5. Première position inclinée (6* variété); accouche- 
ment lent. — Travail activé par la situation. — Thrombus 
à la tête du fœtus, i55. 



TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES. 5oy 

N" 6. Deuxième position , terminaison naturelle. — La 
mère avait une fracture à la jambe. — Gêne produite par 
celte fracture dans l'accouchement ; ■ — et surtout dans la 
délivrance. — Péritonite et mort. — Réflexion sur la dé- 
livrance, et r inclinaison de l'utérus après l'accouchement, 
i56. 
îî" n. Quatrième position (3*)} accouchement spontané ; — 
mécanisme ordinaire. — Rétention d'urine. — Remarques 
sur les difficultés de ces sortes d'accouchemens ; — sur la 
force utérine mise en parallèle avec la force musculaire de 
l'individu, i6o. 
N° 8. Quatrième position (5^); terminaison insolite. — Ré- 
duction à la deuxième position. — Travail activé. — R.0- 
tation insolite. — Rétention d'urine, i63. 
N® g. Quatrième position inclinée (3* espèce, 4^ variété ou 
bregmalique).R.éductionà la deuxième position. — Accou- 
chement spontané. — Diagnostic difficile. — Rotation et 
redressement insoliles. — Remarques sur l'ampleur du 
bassin , i65. 
N** lo. Cinquième position {i^")', accouchement spontané j 

mécanisme ordinaire, 167. 
N° II. Cinquième position {^^^^ ; accouchement spontané j 
mécanisme insolite. — Réduction à la première position. 
— Névralgie scialique, iGg. 
!N° 12. Position transversale (5''); terminaison spontanée 

par mécanisme ordinaire. — Travail excité , 170. 
N° i5. Position transversale. — E-Otalion hors du détroit 
inférieur. — Précèdent des réflexions sur une terminaison 
insolite de ces accouchemens ,171. 
t\° i4- Position transversale (5''); terminaison insolite. — 
Point de rotation. — Vaines tentatives de rotation artifi- 
cielle , 172. 
IS° i5. Position transversale (6'); terminaison insolite. — 
Travail activé. — Sortie de la télé sans rotation , 1 74- 



5o8 TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES. 

N» 16. Première position. — Forceps pour faiblesse de la 
mère. — Pleurésie et péritonite, luême avant l'accouche- 
ment. — Presqu'agonie. — Rotation artificielle facile. — 
Extraction complète. — Mort. — Remarques sur les dou- 
leurs utérines , l'inertie , la rotation , la mort du fœtus , 
celle de la mère, et sur sa maladie , 176. 
N* 1 7. Première position. — Forceps pour inertie. — Ro« 
tation par une seule cuiller. — Sortie spontanée de la tête. 
— Remarque sur la rotation et ses causes, 17g. 
K* 18. Première position. — porceps pour inertie. — Âpres 
rotation spontanée. — Branche droite introduite la pre- 
mière. — Héuaorrhagie. — Rétention d'urine, l8l. 
N* 19. Première position. — Forceps. Inertie. — Té' e sur 
le détroit supérieur. — Glissement du forceps. — Réap- 
plication, du frontal à la région mastoïdienne. — Rotation et 
sortie spontanées. — Péritonite guérie. —^ Remarques sur 
les difficultés de la manœuvre , sur la diminution du dia- 
mètre occipilo-frontal. — Sur l'immqbilité de la tête , i83. 
N» 20. Première position. — Forceps. Inertie. — Tête dans 
rexcayaiion. — • Note sur le diagnostic. — ^ Rotation artifi» 
cielle. — Expulsion spontanée. — Péritonite mortelle , 186. 
N° 21. Première position. — Forceps. Inertie. — Tête basse 
— - Rolalioii artificielle. — Extraction artificielle. — Re- 
marques >ur la rotation , sur le décroisement des branches, 
188. 
fj" 2". Première position. — Forceps. Inertie et obliquité 
utérines. — Tête au détroit siipérieur. — Rupture des mem« 
branes non vis-à vis l'orifice — Application diagonale et 
bipariétale (i) — Rotation artificielle. — Sortie sponta- 
née^ igi. 

(1) Ces expressions application diagonale , antéro-postérieure , trafis-^ 
yersale , doivent ètteenicnducs relative(uent an bassin Ainsi , application^ 
transversale , c'est une cuiller vers un côte', el i^iiatre vers l'autre çô.ie. 
4ubassiA : cda oons cviloia des jpc'rij^hcases.t * 



TABLE ANALYTfQUE DFS MATIERES: 5og 

N* 25- Trois exemples de premittv position au rletroit su- 
périeur. — Forceps pour leri. ur du iravail. — Réduction 
laléraledesbranchesdu foi cf'j;s.-^ Application sur nn ^iOutal 
et une région mastoïdifiMie. — RiV^n-a sponlai.ée , —et 
sortie après extraction ■ , ri'Ktî iwjieiv — Réflexions surla di- 
niinuiioTi présumée u déiioil su| éricur par .spsoas, ig5. 
N* 24. Première pc:: ion. — Ftjrcfps pour inertie. — Rota- 
lion spontanée. — - Ëxlrartit-n ..1 lificielle. — Dégagement 
des épaules difficile. — IW uiiirqne sur l'influence qu'ont 
sur tout le fœtus le -ractions portées sur l'épaule qui est en 
avant , 196. 
N» 25. Première pos- lion devenue transversale. —Forceps. 
Application antéro-.oslérieure. — Rotation artificielle. — 
Péritonite niorlf Ile , !y7. 
N* 26. Première position inclinée ( breginalique). — For-^ 
ceps. Application (liagon.i'»^. — Rotation arli(icie]le. — Dé- 
gagement arlifiriel. — Péiiionile f.;uerie , 198. 
N* 27. Première posU^'on inclinée ( pariétale). — Forceps, 
— ïêle au détroit snj»érieur. — Ap])licalion irrégulière. — 
Glissement , léictroduclioM , glissement. — Application 
transversale et froulo-o( ci|jitale. — Rotation et dégagement 
spontanés. — Thrombus à la tête de l'enfant. — Péritonite 
guérie, 200- 
H* 28. Première position inclinée ( pariét,). — Forceps. — 
Tête haute. — Obliquité utérine. — Bride charnue excisée. — 
Tentatives de redressement. — Réduction latérale des cuil- 
lers. — Application transversale et fronto-occi))i'iale , 2o3» 
K* 2g. Première posi'ion inclinée ( parié'-ile'!. — Foneps,. 
— Etroitesse du bassin. — '■ A, plicalion ]>iiisquvi tiansver— 
sale. — Dépression au frontal g.nifli^ , avec fricture, 2(j5. 
N» 3o. Deuxième position — Fc^rcf^j pour inertie. — Tète 
au détroit supérieur. — Application transversale ei iconlo- 
mastoidienne. — Rotation et expulsion spontatues. — Re- 
marque sur la constriction avec inertie de l'ulci us , 207. 



5lO TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES.' 

Ko 5i, Deuxième posilion. — Forceps. — Inertie. — Rup- 
ture prématurée des membranes. — Douleurs lombaires. 

— Travail fébrile. — Tête dans l'excavation. — Rotation 
et extraction artificielles. — Rupture du périnée au dégage- 
ment des épaules. — Hémorrhagie. — Remarques sur 
l'hémorrhagie et la rupture du périnée , 20g. 

N" Sa. Deuxième posilion. — Forcept, — Inertie. — Res- 
serrement du bassin. — Rétention d'urine. — Rigidité et 
déchiiure de l'orifice. — Rupture des membranes au-des- 
sus de l'orifice. — Tête dans l'excavalion. — Rotation arti- 
ficielle imparfaite. — Remarque sur les signes et la cause de 
la miort de l'enfant, 212. 

K® 55. Deuxième posilion intermédiaire ( presque transver- 
sale). — Forceps pour faiblesse générale et inertie. — Appli- 
cation transversale et fronto - mastoïdienne. — Expulsion 
spontanée; mouvement du tronc en pas de vis. — Enfant 
pléthorique. — Guérison , 2 1 4. 

N° 54. Deuxième posilion inlerniédiaire ( occipito-pubienne). 

— Forceps. — Orifice retombé sur son centre. — Tête au 
détroit supérieur. — Application transversale et bi-pariétale. 

— Rotation lente et insensible. — Expulsion spontanée. — 
Remarque sur la troisième posilion de Baudelocque. — " 
Problême, 216. 

K" 35. Deuxième position devenue transversale. — Méca- 
nisme irrégulier. — Forceps. — Rotation artificielle in- 
complète. — Causes de l'irrégularité ,219. 

N° 56. Deuxième position. — Forceps pour inertie. — Ixé- 
duclion latérale du forceps. ~ Application transversale et 
fronlo-masloïdienne. — Sortie sans rotation, 221. 

N° 57. Deuxième posilion inclinée (pariétale). — Forceps. 

— Resserrement du bassin. —Obliquité antérieure. — Ap- 
plication transversale et fronto-occipitale. — Redressement. 

— Rotation et expulsion spontanées, 225. 

N° 55. Quatrième position ( 3' ). -^ Forceps. — Tête dans 



TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES 5l I 

Pexcavalion. — Tentatives de rotation avec la main. — Ap- 
plication diagonale. — Rotation artificielle avec l'instrument. 
— Sortie spontanée. — Convulsions et mort de l'enfant.— 
Fièvre ataxique mortelle. — Mobilité des symphyses, 225« 

N' 3n. Quatrième position. — Forceps. — Tèle au détroit 
supérieur. — Application transversale et fronto-mastoï- 
dienne. — Rotation et dégagement spontanés. — Remar- 
que sur les névralgies scialîques , 228. 

N" \o. Quatrième position réduite spontanément à la 
deuxième. — Mécanisme insolite. — Forceps. — Appli- 
cation transversale et fronto-masto'idienne. — Périnée en- 
dommagé. — Péritonite guérie. — Remarque sur la per- 
mutation présumée. — Opinion de M. Dubois. — Sur la 
forme globuleuse de la têtej — sur la manière de constater 
les faits j — sur l'application transversale ; ~ sur l'obstacle 
apporté à l'application par la saillie sacro-vertébrale,, 25 1. 

N' 4.1. Quatrième position. — Rotation insolite (devenue 
transversale). — Forceps. — Tête dans l'excavation. — 
Tentatives de rotation avec la main. — Tumeur singulière 
à l'hypogastre. — Rotation artificielle. — Remarque sur la 
résistance vitale des enfiinsj — sur les plans inclinés dti 
bassin et la théorie en général; — sur l'immobilité de la 
tête ,254» 

N" 4^. Quatrième position. — Forceps. — Tête dans le 
détroit supérieur. — Application diagonale et bi-pariétalo. 

— Rotation artificielle. — Sortie spontanée. — Suites de 
couches funestes pour la mère et l'enfant. — Remarque 
sur les causes des convulsions de l'enfant , 289. 

N" 42* Quatrième position intermédiaire {ùonto-puhiemie)» 

— Forceps, — Resserrement du bassin. — Rétention d'u- 
rine. — Application diagonale et bi-pariétale. — Rotation 
artificielle sans manoeuvre exclusive. — Délivrance artifi- 
cielle. — Fracture aux pariétaux. — Réflexions sur ces 
fractures ; — sur les causes du retard du travail ,2\i. 



5l2 TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES." 

K" 44- Quatrième position prise pour première. — Forceps^ 

— Têle dans l'excavalion. — Inertie. -^- Diagnostic er- 
roné. — ■ Application diagonale et bi-parielale. — Rotation 
artificielle et dégagement , id. — Sortie irréguliëre du 
tronc. — Remarque sur cette irrégularité, ses causes et sott 
influence, 245. 

K" 45* Quatrième position. — Forceps. — Travail fébrile. 

— Tête au détroit supérieur, — Réduction latérale du 
forceps. — Application fronto-mastoïdienne. — ' Rotation 
insolite et spontanée. — Remarques sur divers oLjetsj — 
sur la péritonite mortelle qui a suivi; — sur la mort de 
l'enfant , 248. 

N" 46. Quatrième position inclinée (bregmalique). — For* 
ceps. — Travail fébrile. — Application diagonale , puis 
transversale et fronto-mastoïdienne. — Sortie spontanée 
sans rotation. — Remarque sur la position et ses effets. — 
Convulsions de l'enfant. — Mort, sSî. 

N* 47- Quatrième position inclinée { pariétale). — Obliquité 
utérine. — Forceps. — Application transversale et fronto- 
mastoïdienne. — Rotation et expulsion spontanées, 255. 

N° 48. Cinquième position (4*)- — Forceps. — Rupture 
prématurée des membranes. — Tète dans l'excavalion. — 

— Application diagonale et bi-pariétale. — Rotation et 
extraction artificielles, 257. 

]S* 49' Cinquième position. — Forceps. — Mort de l'enfant. 

— Télé au détroit supérieur. — Application transversale et 
ffonto- mastoïJienne. — Glissement et réapplicalion. — 
Sortie sans rotation. — Inconiinence d'urine. — Remar- 
ques sur l'application du forceps, son glissement, sa soli- 
dité , la tumeur du crâne et l'incontinence d'urine , ciôg. 

K" 5o. Cinquième position. — Forceps, — Têle au détroit 
supérieur. — Application transversale et fronto mastoï- 
dienne. — Rotation et expulsion spontanées. — Hénaorrha- 
gie. — Mort de l'enfant/ 265. 



TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES. 5lS 

SI" 5i. Position transversale ( 5* ). Forceps.' — Rupture 
prématurée des membranes. — Première applicalion fau- 
tive. — Deuxième application transversale. — Têle prise 
du front à l'occiput. — Rotation spontanée. — Forceps 
réappliqué pour l'extraction. — Crochet mousse pour l'é- 
paule gauche. — Enfant mort. — Remarque sur l'hori- 
zontalité du grand diamètre 3 la double application du 
forceps, 265. 

N" 62. Position transversale (5^). ^^ Forceps. — Rupture 
prématurée des membranes. —Travail fébrile. — Tête au 
détroit supérieur. — Application diagonale et fronto-mas- 
toïdienne. — Rotation achevée spontanément. — Avan- 
tages réels de l'application bi-pariétale , 268. 

;N« 55. Position transversale (6^ espèce ). Forceps. — Tête 
dans l'excavation. — Application antéro-posléiieure et bi- 
pariélale. — Rotation artificielle. — Extraction artificielle , 
270. 

N' 54. Position transversale ( 5" espèce ), — Forceps. — 
Tête basse. — Application antéro-postérieure et bi-parié- 
tale. — Rotation artificielle. — Expulsion spontanée. — Enfant 
mort, 272. 

N» 55. Position transversale. — ■ Forceps. — Resserrement 
du bassin. — Tète basse. — Application antéro-posféiieure 
et bi-p.nriétale. — Relation et extraction artificielles , 273. 

N« 56. Position transversale. — Forceps. — Resserrement 
du bassin. — Tête haute. — Application antéro-postérieure 
et bi-pariétale infructueuse. — Réapplication transversale 
et fronto-occipitale. — Succès. — Rotation et expulsion 
spontanées. — Remarque sur l'enclavement et la facilité 
accidentelle de l'application antéro-postérieure du forceps 
au détroit supérieur, 2^5. 

N. 67. Position transversale changée spontanément en cin- 
quieme. — Mécanisme irréguHer. — Forceps. — Tê(e basse. 
— Applicalion diagonale. — Dégagement artificiel , 27S, 

33 



5r4 TABLE ANALY'i'IQUE DES MATIERES. 

N° ^8. Posi'iion transversale un peu inclinée ( bregiiialique).— . 
Forct'ps. — Femme fJifFoiiiie. — Tète basse. — Ajiplica- 
tion (lansversdle et fioiilo-occij^i'aie. — Si>itie sans rota- 
tion. — Pifinarques sur l'applicalioii du force]>s , et sur les 
échaiicrures de l'orifice utérin, 281. 

N" 69. Position transversale ( un peu bregmatique ). — 
Forceps. — Tèle basse. — Applicalion transversale et 
fronto-occipilale. — Sortie sans n talion. — Mort de l'en- 
fant. — Hémorrliagie. — Péritonite luorielle. — Remar- 
ques sur le pronostic dps positions transver.-ales , 282. 

N» 60. Position presque transversale. — Forceps. — • Tra- 
v.'iil fébrile. — Tête basse. — Application diagonale et 
fronlo-iuas'oïdienne, — llofalion artificielle. — Expulsion 
naturelle. — Péritonite luorlelle. — Adhérence de l'épi- 
ploon à l'utérus. — Remarque sur le courage des malades^ 
285. 

N" 6 1 . Deuxième posiiion. — Tentatives inutiles d'appHcalion 
du forceps. — Enfiinl reconnu mort. — Perforation du, 
crâne. — Forceps appliqué transversalement. — Guérison, 
2S8. 

N° 62. Position transversale inclinée ( pariétale ). Quatre 
tes tafives d'ii|)plication du forceps, — Rélenlioii d'urine, 
— Obliquité uléiine. — Apj-.licalion transversale et fronlo- 
occipitoie du forceps. — Perforation du ci âne, — Appli- 
Ciii'n siiiHilt.iiiée du crocheL «igu. — Remarques sur les 
difficultés , les causes , e'c , 290. 

N" 6 i. Pns'tlnn inconnue et non déterminée. — T^ersion 
biuiquee peur iiieilie utérine. — Tête au-drssus du détroit 
sufK'rieur. — Membranes entières. — ExUaclion régulière, 
295. 

N» 64- Première observation. — Position inconnue. — Rup- 
turp Sjioritanée des riieinbraues. — Prociderice d'un pied et 
d'une main. — Extraction de l'.iutie pied. — Remarque 
sur le déploiement du membre , 297. 



TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES. 5l5 

Deuxième observation. — Remarque sur la petilesse du fœ'usj 
ses avantages et ses inconveniens. — Héinorrhagie. — 
Venion. — Mort de la mère el de l'enfant. —■■ Utilité de 
la version hnisquée , 299. 
N° G5. Première position <]'abord inconnue. — T^ersion 
brusquée pour inertie, et procideuce d'une main. — ïête 
au détroit supérieur, membranes entières. — La rupture 
en eût été peu ulile — Introduction de la main droile. — 
liéflexions sur la manière de saisir les pieds en pareil cas j 
erreur de quelques élèves, 3oi. 
N" ^Ç). Première position à'ahardincovnue. — ^ery/'o« pour 
inertie. — Tête haute, raembiares entières. — Indication 
de les conserver. — Emploi de la main gauche. — Extrac- 
tion successive des pieds. — Sortie inégulière du tronc. 
— Croisement d'un bras. — Dégagement remarquable.— 
Embarras du cordon , 3o3. 
I^ote de VEdiieur. — Son opinion particulière sur le croi- 
sement d'un bras derrière la nuque. — Théorie f!e la ma- 
nière dont s'opère ce croisement. — Deux espèces de croi- 
sement. — Diagnostic, pronostic, indications. — Avis au 
lecteur , 3o6. , 
N" 67. Première position. — Hémorrlingie , tamponne- 
ment y — tuméfaction du ventie. — Ouverture artiliLielle 
des membranes. — J^ersion facile. — INJain droite em- 
ployée. — Croisement du bras. — Fracture prévue. — Pé- 
ritonite mortelle. — Remarque sur la fréquence de la péri- 
tonite après les hémorihagies , Soy. 
H» ()8. Première position. — lueitie. — Ouverture artificielle des 
membranes. — Nul effet. — ^emo« régulière. — Extrac- 
tion du tronc irrégulière, 3i/,. 
No G9. Première position. — Procidence du cordon om- 
bilical. — Rupture spontanée des membranes. — Version 
et extraction régulières, 5i5. 
N"* 70. Première position. — Immobilité de la tête sans 



5l6 TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES. 

inertie. — Travail de Irente-six heures. — T^ersion. — . 
Membranes enlièresj rompues seulement au fond de l'uté.. 
rus. — Extraclion successive des deux pieds. — Exlraclion 
régulière. — Hémorrhagie. — Problèmes, 3 17. 
îf ° 7 i . Première position d'abord inconnue. — Rétrécisse- 
iiienl du bassin. — Membranes entières. — J^ersion. — 
Décollement du placenta. — Extraction .«successive des deux 
pieds, -.— Extraction de la lê'.e difficile. — Péritonile gué- 
rie, -r- Remarques sur l'étroitesse du bassin et ses indica- 
tions j — sur l'abaissement de la face en agissant sur les os 
malaires j-^ sur le décollement du placenta , 5ai . 
Jf" 72. Première position. — Rachitisme sans difformité du 
bassin. — Rupture spontanée des membranes. . — Travail 
fébrile. — Diagnostic difficile. — Tentatives d'application 
du forceps ^ glissement, puis obstacle invincible. — Ver- 
sion. — Impossibilité de se conformer aux règles. — Trac- 
tion sur un seul membre. — Croisement d'un bras j déga- 
gement en avant. — Péritonite mortelle, 525. 

N" ^3. Première position intermédiaire ( 2* variété ). — 
Obliquité antérieure. -. — Travail pénible. — Diagnostic. — 
Version brusquée. — Remarque sur l'abaissement de la 
mâchoire inférieure , 55o. 

N° 74. Deuxième position. — Resserrement du bassin. '— 
Inertie.— Ouverture artificielle des membranes; — dia- 
gnostic ; choix de la main, — Version régulière. — Rotation 
artificielle de la tête. ^- Remarque sur l'innocuité de la 
sortie du tronc, le sternum en avant, 552. 

N* 75. Deuxième position.— iLVSszWî^hiWe. — Tête immo- 
bile et haute. — Conservation des membranes. — Version 
brusquée. — Extraction régulière, 556. 

N<> 76. Deuxième position inclinée ( pariétale). — Membranes 
rompues. — Diagnostic. ^ — Bassin étroit, — Tentatives de 
redressement. — Version régulière, 558. 

K' 'j') . Deuxième position intermédiaire (oçcipitO'pubienne). 



TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES 5lJ 

Membranes lotupues. — Tcnlalives de version. — Bassia 

e'troit f^ersion irrégulière. — Perforation du crâne. — 

Cwchet mousse. — Remarques sur la cause qui nous a éloi- 
gnées de la symphysolomie, etc. , 34o. 
N" 78. Quatrième position (3^). — Diagnostic à travers les 
parois abdominales. — Rupture artificielle des membranes. 

— Version régulière. — Fièvre adynamique mortelle , 544* 
K' 79. Idem. — Membranes rompues. — Bassin étroit. — Dia- 
gnostic. — Cathétérisme. — Tentatives d'application du 
forceps j glissement. — J^ersion. — Traction sur un seul 
pied , 84,0. 

K° 80. Quatrième position imparfaite ( tête dans la fosse 
iliaque droite). — Membranes entières; choix de la main 
inutile. — Version brusquée. — Extraction régulière. — 
Réflexions sur la position ; — sur l'obliquité du foetus sans 
obliquité utérine j — sur la dilatabilité de l'orifice; — sur sa 
contraction spasmodique , 34g. 

N* 81. Cinquième position ( 4^)- — Tête fort grosse. — Iner- 
tie après rupture spontanée des membranes. — Version 
régulière. — Tête difficile à extraire. — Enfant mort. — 
Remarques sur l'abaissement de la face en agissant sur la 
mâchoire inférieure. — Sur l'inertie sans constriclion , 552. 

K* 82. Cinquième position . — Membranes rompues. — Dia- 
gnostic. — Version et extraction régulières , 355. 

N* 83. Position transversale (5*=). — Membranes rompues. 

— Tuméfaclion de la tête. — Bassin étroit. — Vaines ten- 
tatives d'application du forceps. — Version irrégulière. — 
Tractions sur un seul pied. — Enfant mort. — Réflexions 
sur l'écoulement intermittent de l'eau de l'amnios; — ■ sur 
les infractions aux règles , 356. 

Iî° 84. Position transversale inclinée (bregmatique). — Bas- 
sin étroit. — Diagnostic. — Version irrégulière. — Trac- 
lions sur un seul pied.— ^ Rotation imprimée au fœtus 

Croisement d'un bras sur la nuque. — Tentatives d'applica- 



5l8 TABLE ANALYTIQUE DES MATIÈRES. 

tion (lu forceps. — Extraction manuelle de la lête. — En- 
fant mort. — Remarque sur le choix de la main , 56o. 

No 85. Position iransi'enale inclinée (pariétale). — Obli- 
quilé utérine. — Diagnostic. — Membranes rompues. — - 
Version et extraction re'gulières^ 565. 

No 86. Position transversale inclinée ( 6*" espèce , 6* va- 
riété). — Bassin bien fait. — Diagnostic. — Obliquité lé- 
gère. — T^ersion et extraction régulières. — Enfant mort. 

— Réflexions et remarques sur la réduction des posifions 
pariétales ^ — sur leur influence sur la vie dfi l'enfant, 5G5. 

m* MÉMOIRE. Positions de la face. 

Art. P"". Définition, division. — Il comprend tout le 
deuxième genre de ma clasM'ficalinn. — On en exclut la pre- 
mière et la deuxième position de Baudelocque. — Tableau 
des espèces et des variétés, SG^-SCS. 

Art. II. Fréquence. — Troisième et quatrième de Baude- 
locque fort fréquentes^ — surtout la troisième. — Propor- 
tions. — Variétés dans le sens horizontal \ — dans le sens 
vertical ou positions diagonales , frontales , mentales et 
malaires. — Variétés combinées. — Fréquence relative des 
diverses variétés, 5G8-5^i. 

Art. III. Causes. § P'. Causes générales. — Obliquité uté- 
rine, etc. j — non constante. — Renversement ou extension 
préliminaire. — Autres hypollièses, 3^ 1-3^5. 

^11. Causes particulières. — Des positions transversales. — 
Obliquité spéciale du fœtus. — Causes de la fréquence de 
la troisième position. — Causes des variétés , —diagonales, 

— frontales, — mentales» — malaires, '5'^{-'5-j5, 

Art. IV. Mécanisme. § I". Positions franches et primitives. 

— Oj)inio!i des auteurs. — Premier temps. — Deuxième 
temps, constant et constamment le même. — Troisième 
temps. — Réfulalion de la théorie contraire, 376-579. 



TABLE ANALYTIQUE DES MATITRES. 5l(J 

§ II. T^ariétés.'— Diagonales ; comme les | ositions franches. 

— Frontales, — Deux temps fie plus — De là les positions 
franches et secondaires de la face. — ^Exceptions aux règles 
du mécanisme ordinaire. — Mentales et malaires ; réduc- 
tion. — Remarques sur l'inclinaison relative dos délroits et 
des parties qui s'y présentenf , oyg-SSa. 

Art. V. Diagnostic. § \". Positions franches. — Note sur le 
diagnostic des primitives et des secondaires. — A Faa'lr;. — 
Conditions nécessaires. — B. Difficile : i* avant la rupture 
des membranes. — Narines. — 2° Après la rupture ; tu- 
méfaction. — Caractères de la bouche , — des paupières , 

— du nez, 58^-58(3. 

§ II. Positions inclinées. A. Frontales et bregmatiques. — 
Fontanelle. — Orbites, etc. B. Mentales. — G. Malaites. — 
Oreille, etc. , 386-887 
Art. VI. Pronostic. — Opinion des auteurs. — § I". Rela- 
tivement à la mère. — A. Front. 11 avance en présentant le 
diamètre occipito - nienlonriier. B. Face. Elle avance en 
présentant les deux plus petits diamètres du crâne. — C'est 
la même chose que quand l'occiput s'avance. — Premier 
temps. — 2^ temps. — 5' temps. — En somme l'accou- 
chement par la face est aussi facile que l'accouchement par 
le vertex. — Il n'en est pas ainsi Ju front , 587-594' 
§ II. Relativement à l'enfant. — Son atlitLide Cit dange- 
reuse. — Jusqu'à quel point. — Les positions primitives 
ne sont pas plus dangereuses que les secondaires. — Eti quoi 
l'attitude est dangereuse. — Innocuité de la luméfjiclion 
simple et de la tendance de la tète à se porter en arrière. — 
Résumé. — Note sur le pronostic des primitives et des se- 
condaires , 594-597. 
Art. \'II. Indications et procédés opératoires. — Jugement 
des auteurs. — ^V" . Laisser agir la nature. — Soins re- 
latifs aux obliquités ; au périnée. — Kenjarc^ue importante 
à ce sujet, — Avis sur la saignée ombilicale et les sangsues» 
3g8-4o i • 



520 TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES. 

€ II. Favoriser les efforts naturels. — A. Positions francités. 
— Premier temps. — Forceps, — Nécessité d'en placer les 
branches sur les côtés de la tête , et le bord concave du côté 
du menton. — Emploi difficile. — Crochet. — Certitude de 
la mort du fœtus. — Oii l'appliquer.— Z?e«ar/ème temps, — 
Rotation au moyen du forceps. •— Difficultés. — Troi^ 
sième temps — Crochet, — Forceps. — Application facile 
et simple. — B. Positions inclinées, mentales et malaires ; 
point de règles spéciales. — Frontales. — Quels temps doi- 
vent être favorisés. — Deuxième temps. — Comment. — 
deux manières, l^o\^[^o5. 

§ III. Changer les dispositions natufelles. — A. En agissant 
sur la tête. — Redressement. — Deux procédés. — Conseils 
des auteurs. — Repousser le fœlus, chose impossible ou 
înulile. — Repousser la face , impossible ; on ne peut même 
l'empêcher ainsi de devenir horizontale. — Ramener l'oc- 
ciput au centre. — Plus rationnel et plus facile. — Les doigts 
sont préférables aux inslrumens. — Quelquefois impossible. 
— Mes opinions d'aujourd'hui. — Le redressement est effacé 
de mes tablettes. — Observation à l'appui, l^ob-l^^xo. — B. 
En agissant sur tout le fœtuî. — Version. — Voyez les règles 
générales (premier Mémoire). — Exceptions. — Le menton 
tourné en arrière me ferait tenter la version , même après 
que la tête aurait en partie franchi l'orifice si elle était en- 
core entière. — Pourquoi, [^\c-\\'2. 

Observations particulières sur les positions he la face. 

N° I*'. Troisième position primitive. — Mécanisme ordi- 
naire^ terminaison spontanée, 4'^- 

N" 2. Troisième position secondaire, — Rupture artificielle 
des membranes. — Terminaison spontanée. — Note sur 
quelques autres faits analogues , 4' 5. 

N° 3. Troisième position primitive, — Accouchement spon- 
tané, 4'7- 

N° 4* Jdem , idem. — Idem. — Enfant petit , 4' 8. 



TABLE ANALYTIQUE DE5 MATIERES. bil 

N*» 5. Quatrième position primitive. — Travail lent. — Face 
tuméfiée, asjjhyxie passagère. — Mesure de la (ête , 420. 

N° 6. Quatrième position. — Travail !ong. — Tentatives de 
version. — Accouchement spontané'. — Enfant mort. — 
Réflexions sur le mécanisme, efc, 422. 

N* 7. Quatrième position secondaire. — Diagnostic facile.— >« 
Temps du mécanisme bien distincts. — Terminaison spon- 
tanée. — Remarques sur la posilion ^ sur la rotation de la 
tête , 424* 

N° 8. Quatrième position primitive. — Accouchement spon- 
tané sans rotation horizontale. — Réflexions. — Comparaison 
avec la marche analogue du vertex, 427. 

N° g. Quatrième position inclinée primitive. — Accouche- 
ment spontané. — Mécanisme ordinalr^e. — 'Remarques sur 
le pronostic et le mécanisme, 429* 

N° 10. Position frontale primitive.-— Accouchement spon- 
tané sans- changement. — Enfant putréfié. — Réflexions 
sur la nécessité des divers mouvemens qui constituent le 
mécanisme en général. — Causes de cette nécessité, 45i. 

K° 1 1. Position bregmatique. — Travail long. — Accou- 
chement spontané sans changement. — Enfant vivant, 4-^3. 

N* 12. Troisième posilion primitive. — Forceps au détroit 
inférieur après rotation incomplète. — Extraction régulière. 

— Enfantvivant. — Remarque sur l'application du forceps^ 

— sur les axes de l'excavation pelvienne , 4^4* 

W» i3. Troisième position. — Bassin resserré. — Travail 
lent. — Enfant mort. — Perforation du crâne. — • Crochet 
mousse. — Extraction simple.— Fièvre adynamique mor- 
telle. — Remarques y 4^7 • 

N° 14. Quatrième position. — Diagnostic diflicile. — Travail 
lent. — Forceps au détroit inférieur. — Extraction facile. 

— Enfant mort. — Remarques sur la couleur verdâlre de 
. l'eau de Tamnios} sur sa fétidité; ce qui la produit et ce 

ce qu'elle annonce , 43<j. 

34 



522 TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES. 

K» 1 5. Quaiiitme position. — Tentatives de version et d'em- 
jjloi du forceps. — Double rupture à l'utérus. — Perfora" 
tien (lu crâne. — Forceps. — Extraction facile. — Mort de 
la mère. — Réflexions sur la rupture utéro-vaginale ^ — et 
sur la mort de l'enfant, l^l^x. 
N° i6 Position frontale primitive. — Forceps dans le haut 
de l'excavation. — Application régulière, — Extraction un 
peu pénible. — Remarques sur le désavantage de ces po- 
sitions dans l'excavation et leur avantage au détroit infé- 
rieur^ — sur l'application du forceps, 445- 
N" 17. Position frontale secondaire. — Obliquité utérine 
corrigée. — Forceps. — Application régulière. — Extrac- 
lion , le front en avant. — Rupture du périnée. — Fièvre 
puerpérale mortelle. — Réflexions sur l'application du for- 
ceps ; — sur les causes productrices , 445. 
N° i8. Position frontale secondaire. — Diagnostic. — En- 
fant mort. — Perforation â\i crâne. — Crochet mousse 
inefficace. — Forceps serré , 448* 
N° 19. Position frontale secondaire. — Rupture prématurée 
des membranes. — Diagnostic erroné , — rectifié. — Abais- 
sement artificiel du menton et production d'une troisième 
position franche. — Vaine tentative d'application du forceps 
en haut de l'excavation. ^Accouchement spontané, méca- 
nisme ordinaire. —Enfant gros; asphyxie dissipée.— 
Réflexions sur l'erreur de diagnostic } — sur les tentatives de 
redressement , — d'application du forceps j — sur le méca- 
nisme du renversement artificiel , ^60. 
N* 20. Position frontale dérivée delà quatrième du vertex.— 
Tentative de version au moment de la rupture des mem- 
branes.— Tentatives de redressement de la tête. — Abais- 
sement artificiel du menton et production d'une position 
franche de la face. — Accouchement spontané. — Enfant 
vivant. — Réflexions sur la cause de l'inutilité des tentatives» 
— Sur le mécanisme du renversement , etc. ; 453. 



TABLE ANALYTIQUB DES MATIERES: 525 

N" 20 bis. Troisième position secondaire j inclinée et diago- 
nale. — Rupture prématurée des membranes. — Menton 
rapproché du centre.— Tentative d'application du forceps. 
— Redressement artificiel de la face. — Terminaison 
spontanée. — Enfant mort. — Pourquoi. — Examen du 
cadavre. — Remarques sur le mécanisme, les causes de la 
position , celles de la mort du fœtus, 457. 

N* 21 . Troisième positionprimitive. — Réduction artificielle 
à la première position du verlex. — Terminaison sponta- 
née , 4^^' 

N' 17.. Troisième position secondaire. — Même réduction 
dans trois cas analogues. — Membranes entières. — Ter- 
minaison spontanée, 463. 

N" 28. Troisième position diagonale. — Membranes en- 
tières. — Même réduction.— Même terminaison. — Remar- 
ques sur la réduction. — L'utilité de cette opération, etc., 465. 

N® 24. Quatrième position secondaire. — Réduction à l.i 
deuxième du vertex. — Terminaison spontanée. — Remar- 
ques sur la facilité de l'opération. — Smy le retour des 
douleurs , 467. 

N* 25. Idem. , idem. — Obliquité utérine. — Réduction à la 
deuxième position du vertex. — Terminaison spontanée. — 
Remarques sur le décubitus latéral. — Sur les fausses eaux 
et la rupture des membranes au-dessus de l'orifice , 469. 

N* 26. Troisième position primitive. — Membranes entières. 
— Version régulière. — Convulsions mortelles pour la mère. 
— Remarque sur la dilatabilité de l'orifice , 47 ï* 

N** 27. Troisième position secondaire. — Membranes entières.' 
— Version régulière, 47^' 

N* 28. Troisième position primitive. — Membranes récem- 
ment rompues Resserrement passif de l'orifice. — Ver- 
sion. — Tractions sur un seul pied. — Extraction facile. 
*— Kécessilé de soutenir la tète.— -ïlemarques sur les con- 



524 TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES. 

tractions sans douleurs j comparaison 3 — sur le de'gage- 
ment irrégulier du tronc, 474- 

N» 29. Idem j idem. — Membranes entières. — Version. — ■ 
Tractions vaines sur un seul pied. — Sur tous deux , extrac- 
lion facile j 477* 

N** 5o. Troisième position inclinée (malaire ). — Membranes 
rompues prématurément. — Bassin resserré. — Version ir- 
régulière. — Tractions sur un seul pied. —Tête soutenue. 
Enfant mort , 479. 

N*3i. Troisième position diagonale secondaire. — Mem- 
branes entières. — Version brusquée. — Extraction facile. 
— Péritonite mortelle. — Remarque, 481. 

N" 32. Troisième position inclinée (mentale) secondaire. — 
Membranes rompues, — Version facile. — Remarques sur 
le pronostic des positions mentales , 4§^' 

N" 33, Quatrième position. — Tentative de redressement.— 
Version régulière. — Réflexion , 485. 

N° 34. Quatrième position. — Membranes récemment rom- 
pues. — Version brusquée. — Asphyxie dissipée. — Remar- 
que sur la section prématurée du cordon , 486. 

N° 35. Idem. ^Elroilesse de la vulve. — Version régulière. 
— Forceps appliqué après la sortie du tronc. — Rotation 
artificielle. — Enfant mort , 488. 

]N° 56. Position frontale . — Rupture prématurée des mem- 
branes. — Procidence de la main sur la léle. — Version 
irrégulière. — Traction sur un seul pied. — Convulsions 
mortelles pour l'enfant, ^1)1. 

N" 57. Idem. — l\upture prématurée des membranes. — 
Version irrégulière. — Détails sur l'extraction de la tête.— 
Asphyxie dissipée , 494* 

FIN DE LA TABLE ANALYTIQUE DES MATItRKS. 



TABLE énuniérative des Accouchemens obsei-vés depuis le i*^'" Germinal an XI jusqu'au 31 Décembre 181 1. 



.1 • 

Les 6 derniers 
mois de Tanxi- 


NOMBRE DES ACCOUCHÉES ET DES ENFANS. 




'cadeau aiic. 


Brumaire ' 


T,im>i,t. 


M«ic. 


Plovloie. 


V,.,ose. 


ai Mars 
iSo3. 

Germinal. 


noréal. 


Prairial, 


Merfidor, 


Thermidor. 


FractlJor. 


TOTAL 

(Ici 
ac<oucbéet. 


1' 1 


^ 


" ï 


RAPPORT 

des grossesses 

composées aox 

simples. 


TOTAL 

desenfaos. 


o.»ço«s. 


FILLES. 


ei viables. 


EiNfANS 

oés morts 
oiourans. 


pnucûes. 


•joxal 

des moru. 


RAPPORT 

da 
eofaos Des mort» 




- 


. 


" 


" 


•■ 


" 


l55 


107 


120 


1 15 


109 


i34 


748 


738 


10 


» 


I 
.. , . ou com- 
7^-H 
me I esta 754. 


758 


4i3 


345 


722 


10 


26 


S6 


1 
: — r 00 com 

me 1 estâaoy^ 




An XII. 


109 


ii5 


l32 


161 


16S 


197 


167 


.45 


II I 


116 


110 


i3i 


1,662 


i,G47 


i3 


2 


I 

r-ou com. 

'09+3 
I est à 1 09 i. 


1,679 


856 


823 


1,602 


25 


J2 


77 


1 




20+|f 

I est à 20 14 




An XIII. 


124 


loy 


98 


127 


145 


■49 


■49 


■47 


■47 


ii3 


114 


142 


1,564 


1,542 


22 


'• 


I 

, — r ou com. 

7o+r7 
I est à 70 -i. 


1,586 


829 


7^7 


l,5l2 


23 


3i 


7i 


I 




20 -H*"""" 

I esta 20 jl. 




Trois mois el 
10 jours de 
l'an iiv. 


12- 


i5i 


160 


58 


•• 


" 


- 






■> 


» 


» 


496 


492 


4 


" 


j-^ ou comme 
I esta 123. 


5oo 


268 


232 


479 


7 


■ 4 


21 


1 

-.ou com 

22-Ht 
I est à 22 if. 




An 1806. 


Jiitiet. 


Fi.ritr. 


Mari. 


Avril. 


Mai. 


Juin. 


Jaillel. 


Aolt. 


Septembre, 


Octobre. 


Novembre. 


Décembre. 


1,625 


'.597 


28 


„ 


I 
^^ — ,— pOu com. 

57+rï 
I est à 57 -Jï. 


1,653 


837 


816 


1,585 


■9 


49 


68 


— — — jonconi. 
1 est à 23 fj. 




1C8 


l52 


189 


l52 


i5o 


ii5 


116 


124 


92 


1.4 


125 


128 




An 1807. 


178 


161 


192 


i/,8 


i3i 


99 


157 


i3o 


148 


1 12 


124 


i3i 


1,69. 


1,675 


16 




1 
— ■.— j— rr o" ^■ 

1 esta 104 fi. 


1,707 


863 


844 


1,632 


12 


03 


:5 


I 
,— ïtOu com 

1 esta 21 ?i 




An 1808. 


■/^7 


i58 


i65 


146 


l52 


125 


IIO 


i38 


ii5 


1.52 


i46 


.37 


1,691 


1,676 


i5 


>• 


I 
— — - ou c. 

■ ■■-l-fi 

I est à 1 1 1 73. 


1,706 


846 


860 


1,636 


10 


60 


70 


1 
-,0a com 

1 est à a3 j|. 




An 1809. 


i65 


i3() 


i-j5 


K^8 


l52 


iSo 


l32 


i5o 


117 


i54 


168 


i35 


',795 


1,780 


■ 4 


l 


-■-^oucom. 
I esta 1 18 |. 


i,8u 


9^^ 


900 


1,722 


12 


77 


89 


I 
r-Ta ou com 

-H-s7 

I est à 20 i| 




An iSio. 


164 


161 


l;,0 


173 


.4. 


.24 


148 


ia5 


,42 


127 


i65 


iG4 


i,8i4 


■.79^ 


23 


" 


I 
.— ï:;Oucom. 

77+»-3 
I est 377 |i. 


1,837 


gSo 


8S7 


1,764 


6 


67 


-5 


I 




I est à a4^ 




An 1811. 


>9' 


.84 


276 


212 


184 


200 


IG8 


166 


172 


180 


229 


233 


2,595 


2,375 


20 


" 


1 esta 118 3. 


2,41 5 


1,256 


1 , 1 59 


2,309 


25 


81 


106 


1 est à 2 1 ^. 




l'oianx géncraax 

EL—' 


■' 


•■ 


■■ 


>■ 


" 


« 


•■ 


•> 


" 


'. 


>■ 


" 


i5,48i 


i5,5i3 i65 


3 


I 
— j-r ou com. 
91+? 
1 est à 91 |. 


1 5,652 


8,029 


7,625 


14,963 


■49 


5',o 


eeg 


I 

:^^ OU C 

I e>là 2t llf. 




! M Toialpooichaqa 

Il ^t'UijO à 181 


,,0.^. 


1 ''' 


,,,f', 


((89 


010 


8i3 


811 


855 


78G 


839 


957 


928 


1 1,01 1 


1 
1 

• 





(N°II.) 

ÉNUMÉRATION COMPARATIVE 

Des diverses Positions observées depuis le i" germinal an xi 
jusqu'au 3i décembre 1811. 



l'OSlTlONt? 
d'après 

BAUDELOCQl'E. 


i" 


a* 


3' 


/,' 


5' 


6' 


TOTK\j\. 


RAPI'OHT 

de cliar|nc genre 

lolal général. 


VEr.TEX. 


1 1 .Ooo 


2,853 


" 


112 


;8 


" 


^\fill 


f| OU comme 

i5 e8( h iG i-pea- 
prJ,. 


rESSEJ. 


208 


>,5 


K 


12 


" 


>' 


3/,9 


TT— 00 comme 


riEts. 


l32 


9' 


c, 


G 


'• 




23j 


, 


66+14» 
i35 


GENOtl. 


I 


» 


I 


» 


" 


a 


2 


I 
7»j6 


FACE. 


> 


" 


/,! 


3. 


>' 


» 


r- 


I 

18 


ÉPACLE Dr.OlTE. 


' 


» 


iG 


22 


>• 


" 


38 


, 


4n+34 
38 


Ù'AlLE GAUCHE. 


>- 


" 


12 


18 


» 


" 


:5o 


, 


52 1+Jl 

3o 


INDÉTERMINÉES 


" 


" 


'■ 


» 


» 


» 


•i'iO 


» 


roTAI. OÉNÉr.AL. 

h. 


> 


" 




" 


» 


'■ 


1 5,r):':>. 


" 



TABLE COMPARATIVE 

Des Terminaisons des Accouchemens précédemment énumérés, avec l'état physique 
des Nouveaux-nés. 



1 

z 

■ s < 

G 
o 

U 

< 











:zL 


E IN 1- A N S 




So»», i<,5io< 


V,,.,., 1 »o.,.. |™,.t„i,. 




■i.495 

4i 

333 
o37 

8 
M9 


ia n'en a pas faii ile dénombrera 






b.„inb:eoco„. ''d";;c°l".'.l""''7°"''''f"''°°"'- ' ■ 

rorioé . ( ,. cordon.- ■l-on repoo-e. 

posiuoa inclinée ou p.rrieialc. 


5 
38 


l 


: 




SPONTANÉS, i5,38o...' 


( 


h...mdiironne.{p;;.;°;ii„i,(y. 






Deoombrcmeni non delaillé. 
Idtm. 

3 5 
Pas de détails. 














InoiTEivInti 
ToT»l,(J'»piè 

f 












iS,38o 


.4,77» 


86 


5« 




pour iuerlie de l'olcrus 


47 
7 
8 

i3 

4 


6 
3 


5 
4 

3 


5 




/So>.»ET,S9.( 


p„„, mauvaise po.ilioo ( froo. eo o.anl , p.rîei.l ao 












pour apooie U. .nile dW oaUdi. .iRuS- •.■■...■■•■ ■ 








TERMINÉS 

PARI.'iBT, 


FORCEPS / l. 


nniir rnovulsious . Ics auire» poOT leoleor du uavall 








93 


7» 


|5 


6 




/ 


P„„,inerl-ieonf.ibl..seJ.l'olérus • 


5 

3 
3 

3 
6 

4 
4 


4 

l 
3 

3 
3 

■7 


3 
3 
3 
3 




3 






















don'ombUical.] -le bras « l'aMai-bca» sons la i^te. ■ ■ ■ 




■ i\ t^'ilTZl^/''''y.y '.'■'■'■ ■'■'•'■ 






















pnTÛ°o'n'c"oie! fronl en avaol ( 5- posilioo ) 

— présence d'oo pariétal. 




VERSION . 


( I r>onr orrànuiion d'oo» .eole ftsse , on .oUioïce de l« 

Fessiîs l Vanche; aponriiioedotordonii pour prt.cnccdoo 

( 2' erifaiil(iiiiiiM0)j It. aoire. poor meriie. 




'■'"'•' {pooriiroil.... doba.,iD(3) 


4 
60 


46 


,1 








i55 


iro 


35 


,0 








^ ^^^^^^^^^ 


7 


7 








Reo.essi:me«tuo..toi„ 
rp.«foii«Tioiiiloc'i"«.'4 
Sections pobicnnes pour t 


(ponr litroiiejsedabosîin (4) 


i3 


: 


, 


' 




roi.essede bassia ; anc Boênc ( a poncnno qnarl ) ; .-nfan 


, 


, 


, 






more ptu 

OfÉiATro» 
le Icndcm 


p,è. i 1 aulrc m 
céaarienne. i8l 


gnesd'flvaoïenarrièteflndélroitsop^rlcQt : roofi de lami' 


. 


. 


. 




S 




0. 


,7. 


191 


C3 


^^ 




\ ToT.Ldo. 


nfaoje.lr.il.. 





,„ D-.V.P1 en arrière ao deiroi, supérieur , 3 pouce, e, demi . 3 ponces e, un ,..r, ei 3 pouce. 
(a) Trots pooces cl ou qnari au déiroil supérieur. 

(3) Trois pouces el demi , 3 pouces ci un quarl , 3 ponces , ut enfin 19 liBUC- 

(4) Du « pou... .. demi i-,roi. p.uu... Plusi.n„ de ce. (.rame, .rmir.u. .p.». 4 ' 5 1»°" de ■ 



MAU 
àUGERARD (D. Jean-Bap- 

;), né, en 1740, à AuzeviUe 
Lorraine ), d'une famille pau- 
alla grâce à un de ses oncles , 

ses études dans l'abbaye de 
lieu; il s'y distingua et des 
de dix-huit ans, pritlbaoït de 

Benoît , dans la congrégation 
aint-Fannes. Ou l'envoya pro- 
r au collège de Saint-Sympho- 
k Metz. L'évêque de cette ville, 
tmorenci - Lavai (depuis car- 
l ) , lui confia T'éducation de ses 
re neveux, et le nomma son bi- 
:liécaire. D. Maugerard avait le 
de doyen de l'abbaye de Chimai, 
e secrétaire perpétuel de l'acadé- 
de Metz : il fut aussi conserva- 

de la bibliothèque publique de 
baye de Saint- Arnoul. Il consa- 
t tout sou temps à l'étude , et 
■ialement à celle des antiquités 
le la topographie de Metz ; il 
it même fait graver, sur ces deux 
;ts , beaucoup de planches , qui 
l perdues. Maugerard émigra en 
)i , avec le cardinal de Montmo- 
ci , et habita quel(iue temps Er- 
t ; mais il rentra en France deux 

après , fut chanoine honoraire 
Metz , depuis le concordat , et 
nmiisaire du gouvernement pour 
objets d'art, dans les quatre dé- 
rtements de la rive gauche du 
in. Il est mort à Metz, le i5 
llet i8i5. Eu Allemagne comme 
ns sa patrie , il s'occupa de le- 
erches littéraires : il passait sa vie 
ns les biljliotlièques, ou les raaga- 
is de librairie , et était fort curieux 
Mitions rares. Nous ne connais- 
ns d'imprimé de lui que deux 
orceaux insérés d'abord dans le 
mmal encyclopédique; l'un est 
le Lettre sur une édition de Té- 
nce , qui a reparu dans l' Esprit des 
urnaux , janviw 1789; l'autre , 

XXVII. 



MAU 

une Notice de Védition orig 
des OEuvres de Hrosvite , repiT 
te aussi dans V Esprit des jour] 
( Fojez Hrosvite, tome XXII 
jie/) A. B-r 

MAULÉON (LoYSEAU 

LoiSEAU. 

MAULTROT (Gabriel-INj 
jurisconsulte et canoniste, 
ris eu 17 14, ^'^tra fort 
barreau , et fut reçu avoca'j 
lement de Paris en i733:^ 
l'époque des démêlés de U 
trature avec le clergé; et l'o 
avocats y avait pris une asse/ 
de part. Maultrot adopta les 
cipes qu'il voyait dominer parmj 
confrères , et qui tendaient à 
donner plus d'importance. Ils 
bliaient alors beaucoup de raémoj 
et de consultations sur les conte 
tions qid régnaient dans l'Egli^ 
l'on invoquait souvent leur minisl^ 
contre l'autorité ecclésiastiquei 
contre ses jugements. IVIaultrot | 
se livrant au droit canonique, l'd 
dia donc avec l'esprit qui prév.; 
dans son corps. H plaida peit 
il dut uniquement sa répulatic 
ses nombreux écrits. Nous ne 
rons que ses mémoires les 
intéressants, et ses ouvrages 
des matières de religion , de 
canonique et de jurisprudence 1 
liste en sera encore la plus comjj 
qui ait paru. I. Apologie despy 
vient s rendus en France ca 
le schisme par les tribunaux s j 
liers, 1752, 2 vol. in- 12, et i-;' 
3 vol. in- 12. Il n'y a que la dei 
me partie qui soit de Maultrotj 
première est de l'abbé Mey, T 
ami. Il Y a contre V Apologie uuj 
de Benoît XIV . du 'io nov(' 



1-5 t. II. Consultation pour 
dé la Chalotais, datée du i3 
'î8,ia-4<'. Cette Consultatif] 



^Ti 



Il 



i 



if 

I 

I 

I 



I 



* LIBRAIRIE DE J.-B. BAILLIÈRE. 

* 

^ A. C. CELsr. De re medica libri ccto , editio nova, curantibus P. Fo 

g, quier, iu salubenima facnllate parislensi professore , et F. S. Ratie 

* 6. M. PaWsùs^ 1820, 1 vol. in-i8. 4 fr. 5o 
^ — Le même , sur papier vélin. ,<j 

* A. C, Cklse. Traité de la médccinR en vin livres, traduction nouvel! 
I)ar MM. Fouquier, professeur de la faculté de médecine de Paij 
médecin de l'hôpital de la Charité, etc., et Eatier, D. M. P. Pats 
1824, 1 vol. in-i8 de 55o pages. /j. fr. 5y 

Be&tik. Traité des maladies du cœur et des gros vaisseaux, rédiger 
J. Lôuillaud. Paris, 1824, in-8", avec C pla«ches 



I 
I 




* BoiSsKAu. Pyrétologie physiologique , ou Traité des fièvres considéW 
« dans Tet^pril de la nouvelle doctrine médicale ; deuxièu.e édition , re* 



*t augmentée. Paris, j824,in-8«. g 

CAjhAKis. Rapports du physique et du moial de l'homme, précédés d'u 

table analytique, par M. Oestutt-Tracy, et suivis d'une table alpbnl 
, tique ; nouvelle édition, augmentée d'une Notice sur la vie de Paul. 
'','^ Paris, i'^24» 5 vol. iu-ia. y 

<3«iLLiK. De l'ivencs méthode'» d'exploration de la poitrine et de leur ; 

pUcatiou aii diagnostic de ses maladies. Paris, 1824, iu-8. 2 fr. ôo 
DiCT:or5-,Af«R LBS TrBsn:s dk médi^cime, cniEOBOîE , abt vjtxiRiNAiBE , pha 

MACIB , UISTOœR KATCBELLE , BOTANIQUE, PBVSIQCR , CHIMIB ^ etC. j 

MM. F.é^in, Boisseau, Jourdan, Munlgarny, Richajd,8anson, DD. MA. 
et Uupuy, professeur à l'école vétérinaire d'AIfoit. Paris, i32Ô , i vc 
in-8" de Coo pigeî-. , ' . g' 

(jot>p;L. lixpositim d's principes de la nouvelle doctrine médicale, av 
un Précis des thèses soutenues sur ses difléreutes parties. Paris, 483. 
in-8*. ' jj^t 

Mkckel ( F,). Manuel d'anatomie générale, descriptive, et pathologiqg' 
traduit de l'iilleniand , et augmenté de* faits nouveaux dont la scieç! 
fi'est enricbîe jusqu'à ce jour , par G. Brcscbet, chef des travaux an 
toniiqui'fi ;• la faculté de^médtcinc de Paris, et A. J. L. Jourda; 
i>. M. F. Paris, 1835, 5 forts volumes in-8° de 800 pages oh 
«""• ^ 25 1 

RAtikk. Formulaire pratique des hôpitaux civils de Paris, ou recueil 
proscriptions médicajjienteuses employées par les médecins et chii : 
giens <.c CCS établisseinens , avec (les notes sur les doses, h; mo. 
d'administration, les applications pwticidiéres, et les considétalic, 
H«-»t raies sur chaque hùpital , sur le genre d'affections auquel i! . 
spécialement destiné, cl sur la docliinc des praticiens qui lo diri^cn 
Deuxième édition, augmentée. Paris, 1825 , in-i8. 5 fr. 5o ■. 

TrEDKMiKs. Anatomie du cerveau , contenant l'histoire de son déveloj 
pemeut dansie ftf tus , avec une exjiosition comparative de !=a struf 
turc dans les animaux , traduit de l'allemand , avec un disconrà pf 
liminaire sur l'étude de la phy.^iologie en général, et sur cèRé f* 
l'nctjoiî du cerveau en particulier^ par A.-J.-L. JourdanyD. M. 1 
Pr/r/.';, iSaâ, ) vol. in-8°, avec !/[ planche». ' ' - |' 



DE L'IMPRIMERIE DE L ACH li V ARDIERE Vlh&'Â 

SOCCESSKt.l DE CELLOT, HUE CU COtOBBIEE "ft" 5o. ' i 



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